• Grands ensembles, centres commerciaux, gratte-ciel, gated communities et « grands projets » sont les principaux dispositifs architecturalo-urbanistiques qui accompagnent l'accélération de l'urbanisation partout dans le monde. Emblématiques de la société productiviste et construits au nom du « progrès » et de la « marche de l'histoire », ces désastres urbains n'ont en réalité comme seule fonction que de rentabiliser des territoires désincarnés et interconnectés.
    Cette enquête montre - visites de bâtiments, romans, essais, films ou rapports officiels à l'appui - comment ils façonnent l'uniformisation des paysages urbains, amplifient les déséquilibres sociaux, économiques et écologiques et contribuent à l'enfermement et à l'assujettissement de leurs habitants. Sans compter qu'ils se combinent aujourd'hui aux catastrophes dites « naturelles » (ouragans, tsunamis, séismes, inondations...) pour créer une instabilité et une dangerosité sans équivalent historique.
    Ce livre combatif vise à fournir des outils critiques pour les contester et faire advenir dans un avenir proche des alternatives architecturales, des expérimentations urbaines et des modes de vie ouverts et émancipateurs.

  • Une invitation à rencontrer des auteurs américains du XIXe siècle, incontournables et connus pour avoir marqué la pensée internationale, et éveillé les consciences quant au rapport de l´homme à la nature et de l´écologie en général.

  • Philosophe mais aussi historien, prêtre « en congé » de l'Église, professeur itinérant et polyglotte, fondateur d'une université libre et sans diplôme, Ivan Illich (1926-2002) fut une figure incontournable des débats intellectuels des années 1970. Implacable critique de la société industrielle, il a démontré qu'au-delà d'un certain seuil, les institutions se révèlent contre-productives et a dénoncé la tyrannie des besoins dictés par la société de consommation.
    Il oppose au productivisme et à la croissance économique indiscutée une ascèse choisie, un mode de vie qui entremêle sobriété, simplicité et générosité.
    Thierry Paquot nous invite à la redécouverte d'une pensée stimulante et anticonformiste qui accompagne aujourd'hui nombre de pratiques alternatives.

  • Une histoire personnelle et philosophique autour de ce qu´habiter le monde et la Terre signifie. Une rencontre avec les lieux, les territoires, la langue et les grands philosophes qui ont marqué la réflexion autour de la notion d´"exister".

  • Y a-t-il une « juste taille » des villes et une « bonne échelle » des territoires de notre existence ? Les métropoles actuelles, lancées dans une extension sans limites, encombrées de gratte-ciel et de centres commerciaux, sont-elles la solution ? Faudra-t-il privilégier des villes plus petites ?
    Depuis Platon, avec sa cité idéale de 5040 foyers, jusqu'à Ivan Illich, nombre de philosophes et d'intellectuels se sont penchés sur ces questions de la taille des villes, de leur mesure. Au-delà des statistiques, c'est bien une question existentielle et politique qui se pose à chacun d'entre nous.
    Dans cet essai foisonnant, Thierry Paquot entrelace démographie, histoire, urbanisme, écologie et nous guide dans le labyrinthe des idées et des expérimentations : naissance et croissance des cités, utopies phalanstériennes de Fourier, garden-city d'Ebenezer Howard, shrinking cities américaines... Il nous initie aussi à la pensée de théoriciens souvent méconnus en France (Kohr, Schumacher, Bookchin, Bairoch, Magnaghi, Sale...), parmi lesquels les partisans du small is beautiful ou des biorégions.
    Périple intellectuel et bibliographique, cet ouvrage propose des pistes concrètes pour définir une urbanité nouvelle, libre, respectueuse des humains et du monde vivant, des temps et des territoires.

  • C'est avec la publication de L'Utopie de Thomas More en 1516 que le mot se répand et que naît un genre littéraire associant critique sociale et description d'une « société heureuse ». L'utopie n'est pas une anticipation, mais un présent qui mise sur le bonheur, l'équité, l'abondance et le respect de chacun.
    Thierry Paquot explore diverses utopies écrites ou expérimentées qui se sont succédé depuis le XVIe siècle, en privilégiant certains thèmes : le travail et les loisirs, l'éducation, la famille et les relations amoureuses, la ville et l'architecture. L'utopie s'enrichit au XIXe siècle de l'uchronie, puis de la science-fiction, pour proposer de nouvelles alternatives à la « société de consommation ».
    L'utopie contient le pire et le meilleur, elle se révèle parfois autoritaire, totalitaire, culpabilisatrice, triste et uniformisante, tout comme elle peut favoriser le déploiement des désirs, démultiplier les plaisirs, répondre joyeusement aux attentes de ses membres. Ce sont ces paradoxes qu'analyse cet ouvrage documenté à l'écriture directe et passionnée, en s'attardant sur les oeuvres de Thomas More, Francis Bacon, Fénelon, Diderot, Sébastien Mercier, Robert Owen, Saint-Simon, Charles Fourier, Edward Bellamy, William Morris et quelques autres « sublimes rêveurs ».

  • Issu du vocabulaire des peintres, le mot « paysage » a progressivement conquis d'autres domaines et acquis d'autres sens selon les disciplines. Simultanément, il s'émancipe du seul regard pour devenir polysensoriel et se placer entre « environnement » et « nature », quitte à provoquer quelques confusions. L'art des jardins, la création de parcs, la nécessité d'attribuer à la nature une place plus importante dans les villes et les territoires urbanisés confortent le rôle grandissant du paysagiste dans la fabrication de « paysages » aux côtés des agriculteurs, ingénieurs des infrastructures, architectes, designers, urbanistes, concepteurs lumière, écologues.
    Cet ouvrage, véritable état critique de la pensée en matière de « paysage », examine aussi bien les paysages urbains que leur patrimonialisation, les transformations du sentiment de la nature que ses représentations. Il appelle à une « éthique paysagère » soucieuse des nouvelles exigences environnementales et conclut que le paysage s'apparente à un « don de sensations », une poétique des écosystèmes.

  • L'Office Mondial du Tourisme fanfaronne : les touristes sont de plus en plus nombreux et le cap des deux milliards sera prochainement franchit ? Que signifie qu'un Terrien sur quatre soit à un moment de l'année un touriste ? Une plus grande tolérance envers autrui ? Une ouverture d'esprit marquée par une curiosité sans limite et une disponibilité accrue envers ce qui nous est étranger ? Le tourisme n'est pas neutre. Il favorise une économie globalisée aux retombées locales minimes et banalise un néo-colonialisme de subordination généralisée... De même, croire que le hit-parade des « hauts lieux » de l'Humanité mis en place par l'Unesco stimulerait une « mémoire collective » aux fonctions éducatives se révèle un incroyable leurre. La multiplication des équipements standardisés (aérogares, hôtels, musées, fronts de mer et de fleuve, « quartiers historiques », etc.) et des coûteux « événements » (Jeux Olympiques, Expositions universelles, etc.) homogénéisent les sites, leurs temporalités et leurs spectacles. Le pic pétrolier et le dérèglement climatique appellent à une plus grande responsabilité envers le pourquoi et le comment des mobilités. Le tourisme est déjà responsable de 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre... Fautil, là aussi, décroître ? Il convient, à coup sûr, de rompre avec le tourisme massifié (et ses sous-produits que sont les tourismes sexuel, médical, équitable, durable...) et de privilégier le voyage et ses acclimatations progressives aux cultures que l'on découvre, plus lent, plus économe, plus attentif. L'être humain est relationnel, il serait aberrant de lui interdire de voyager ! Mais, compte tenu des nouvelles contraintes environnementales, il devient indispensable de repenser le proche et le lointain, ces deux aimants de toute boussole existentielle.

  • Ce penseur exceptionnel, dont on ne mesure pas encore l'importance tant son oeuvre pluridimensionnelle mérite plusieurs lectures, aurait-il épousé la cause « décroissante », terme alors inusité ?
    Ivan Illich (1926-2002), prêtre, théologien, historien, philosophe n'a pas été qu'un « agitateur d'idées » comme on se limite trop souvent à le présenter. Certes ses ouvrages sur l'école, la santé, les transports, la technique sont le fruit d'une analyse percutante et débouchent sur des conclusions radicales.
    Mais sa dénonciation du productivisme, et par conséquent de la croissance économique indiscutée, se double d'une critique des services qui transforment chacun en « consommateur » dépendant et souvent béat.
    Ivan Illich a été le témoin du passage de l'« outil » (aussi bien le marteau que le réseau de chemins de fer, le vélo que l'hôpital, la cruche que l'école...) au « système technique » qui empêche quiconque d'intervenir sur son propre environnement et le prive de toute autonomie. Il a démontré le principe de la « contre-productivité » (qui veut qu'à partir d'un certain seuil, toute institution censée servir les citoyens cesse d'atteindre les fins pour lesquelles elle a été conçue). Le premier, Illich a vu dans l'« l'aide au développement » une tactique pour généraliser le productivisme à tous les pays et tous les esprits et ainsi déposséder les peuples de leurs cultures pour mieux les soumettre aux grands groupes multinationaux. Méfiant vis-à-vis du Club de Rome, insatisfait des actions des écologistes, Ivan Illich considérait impossible d'inverser l'ordre des choses et trouvait dans l'ascèse et la convivialité la possibilité d'une existence réconciliée avec elle-même.

  • En ce début de siècle, un constat s'impose : l'urbanisation est planétaire. Un standard de vie, plus ou moins homogène, se répand partout, avec son cortège de normes de consommation, de comportements types, de valeurs collectives et de pratiques individuelles qui déséquilibrent les écosystèmes.
    C'est cette révolution aux expressions paradoxales que Thierry Paquot explore ici sous ses multiples formes territoriales - bidonville, mégalopole, enclave résidentielle sécurisée, ville moyenne, global city, urbain diffus. L'auteur pointe les défis à relever : la « bonne » occupation des sols face à l'extension des zones urbaines et à la réduction des terres agricoles ; la « bonne » manière de se déplacer, dans un monde confronté à la pénurie probable de pétrole et à la multiplication des mobilités ordinaires (tourisme de masse, shopping, pratiques sportives.) ; la « bonne » façon d'assurer à tous un confort urbain minimal, en favorisant une décroissance raisonnée de certaines consommations ; la « bonne » gouvernance, qui exige l'invention de nouvelles pratiques démocratiques ; la « bonne » habitabilité entre soi et les autres.
    Seule une écologie existentielle respectueuse de la diversité culturelle, de l'éventail des croyances et des rites, de l'incroyable différence des temporalités qui régissent et animent la vie de tout homo urbanus peut assurer à tous un devenir urbain.

  • Lewis Mumford nous aide à dénoncer les méfaits du « toujours plus » et du « gigantisme » propres au capitalisme actuel, afin de redonner à chacun sa part d'autonomie, indispensable au mieux-être.

    Lewis Mumford se présente comme un « généraliste » heureux de l'être, car cela lui permet d'associer des disciplines opposées, d'enrichir des questionnements inattendus, de contester des interprétations, à ses yeux, unilatérales. Lecteur infatigable, il puise dans ses lectures de quoi nourrir sa curiosité et prendre position. Mumford n'est pas vraiment un activiste, comme on dit aux États-Unis, mais un « intellectuel public », qui n'hésite pas à dénoncer la bombe atomique au lendemain du bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki, l'urbanisme au bulldozer de Robert Moses à New York, les agissements du Président Johnson au Vietnam, etc.

    L'une de ses originalités et de ses forces est, chaque fois, de miser sur l'individu, sa capacité à devenir lui-même, malgré les obstacles de tous ordres. Les « besoins croissants » de ses concitoyens le désespèrent. Mumford possède un incroyable esprit critique, une culture transdisciplinaire et une volonté de changer le monde qui lui permettent d'élaborer de nombreuses alternatives. Il milite pour un régionalisme décentralisé, une ville à « taille humaine », un équilibre entre l'industrie et l'agriculture, et surtout il adhère à cette idée neuve à l'époque d'une démocratie de l'entraide et de la plénitude. Son oeuvre s'inscrit dans le prolongement d'une tradition méconnue de pensée communautaire qui débute avec les oeuvres des géographes anarchistes Pierre Kropotkine et Élisée Reclus. Critique d'une organisation économique qui sacrifie le progrès de l'humanité au perfectionnement des machines, l'auteur revient au souci du bien public, à la recherche d'un équilibre écologique et à la coopération sociale comme base de notre milieu de vie.

    Les auteurs réunis dans cette collection constituent les racines de la pensée politique de la décroissance. L'apport de Mumford à cette pensée est présenté ici par Thierry Paquot ; la seconde partie de l'ouvrage est composée d'extraits qui offrent un accès direct à son oeuvre.

  • Au singulier, l'espace public désigne la sphère du débat politique, la publicité des opinions privées. Au pluriel, les espaces publics correspondent au réseau viaire, rues et boulevards, places et parvis, parcs et jardins, bref à toutes les voies de circulation ouvertes aux publics, dans les métropoles comme dans les villages urbanisés. Les deux relèvent de la communication.
    La mondialisation, la révolution communicationnelle, la vidéosurveillance, la multiplication des murs réels et virtuels «effacent » les espaces publics. L'urbanisation planétaire (centres commerciaux, tourisme de masse, mobilier urbain, enclaves sécurisées, etc.) transforme leurs usages et les uniformise. Pourtant, des résistances se manifestent (street art, spectacles de rue, code de la rue, cyber-rue, actions féministes, etc.) qui associent aux espaces publics, gratuits et accessibles, les trois qualités des villes : l'urbanité, la diversité et l'altérité.

  • Dans les années 1970, on débattait beaucoup d'Une société sans école (1971) ou de La Convivialité (1973) ? L'auteur de ces ouvrages, Ivan Illich (1926-2002), a été un personnage atypique, grand voyageur, lecteur insatiable, polyglotte, curieux de tout et de tous, qui a rédigé une oeuvre exigeante et impressionnante. Sa pensée suit une étonnante continuité critique et autocritique.

    Penseur critique de la société industrielle, il a démontré qu'au-delà d'un certain seuil les institutions (l'Église, l'école, l'hôpital, les transports, etc.) se révèlent contre-productives, c'est-à-dire oeuvrent à l'encontre de leur finalité : l'école désapprend, l'hôpital rend malade, etc.

    En France, Ivan Illich a bénéficié du soutien de la revue Esprit, mais aussi d'auteurs comme André Gorz, Jean-Pierre Dupuy ou encore Serge Latouche. C'est ce qui explique, en partie, que des écologistes et des décroissants le citent, alors même qu'il demeure inclassable. Son analyse de l'Église catholique, son histoire de l'homo educandus, sa dénonciation de la théorie des besoins, ses réflexions sur le développement, l'outil convivial, la technique dévastatrice, la fin des communaux, l'abolition du genre, l'obligation du travail fantôme, la substitution du garage à parquer les humains à un « chez soi » où se déploie l'art d'habiter, la déconsidération de la langue maternelle au profit de la culture numérique, l'imposition de l'écran qui nous empêche de voir ce que l'on regarde, la perte de nos sens au nom d'une technologie toujours plus performante sont quelques-uns des thèmes qu'il a abordé dans des conférences, des séminaires ou de courts essais. C'est cette pensée stimulante et anticonformiste que ce livre souhaite faire revivre.

  • Le gratte-ciel, avec l'étalement urbain, le centre commercial et l'autoroute constituerait-il la négation de ce qui fait une ville ? Serait-il l'expression d'un avenir appartenant au siècle passé ? Enfin, serait-il une impasse en hauteur, une enclave sécurisée fermée ? C'est ce que tente de démontrer Thierry Paquot à travers ce plaidoyer pour la diversité des paysages urbains, l'originalité des formes contrastées loin de cette folie des hauteurs. Plongez dans cette réflexion qui remet en lumière le bien fondé desdites constructions, tant sur le plan social que sur les structures.

  • Rares sont les philosophes sur le «front urbain», alors même que l'urbanisation planétaire transforme tous les territoires et les modes de vie, et multiplie les brèches qui ne cessent de grandir entre les inclus et les exclus...
    C'est à une philosophie de l'urbain qu'invite Thierry Paquot en s'attaquant à des questions trop souvent minimisées?: les portes et les murs, l'architecture de verre, les rythmes urbains, la place de ceux qui n'en ont pas (les SDF), ce qu'habiter veut dire, la rupture avec l'urbanisme, ce moment occidental de l'urbanisation productiviste...
    Pour traiter ces thèmes qui concernent chacun d'entre nous, Thierry Paquot opte pour l'écologie comme démarche qui croise les processus, la transversalité et l'interrelation.

    Deuxième édition mise à jour et augmentée.

  • Thierry paquot, philosophe de l'urbain, est professeur des universités et éditeur de la revue urbanisme. ses thèmes de prédilection sont le temps et l'espace, les représentations de la ville et les utopies.

  • Quelle satisfaction que de marcher dans Paris pour rien d'autre que le plaisir d'observer le spectacle sans cesse renouvelé de ses rues?? Le promeneur, le badaud et le flâneur constituent un bon public?! Rien n'échappe à leur perspicacité, le flâneur paraît insatiable, il monte et descend les boulevards, pénètre dans les passages, s'attarde sur les quais, se repose un instant dans un square ou un jardin public, avant de poursuivre sa quête d'aventures, d'imprévus, de surprises... Revient-il bredouille de ses expéditions urbaines?? Non, il a toujours une anecdote à relater, un bon mot entendu ici à répéter, il sait que la flânerie, comme la définit si justement Balzac, est «?la gastronomie de l'oeil?». Bon appétit?!

    Avec des textes de Louis-Sébastien Mercier, Honoré de Balzac, Louis Huart, Paul de Kock, Auguste de Lacroix, Charles Baudelaire et George Sand.

    Choix de textes par Thierry Paquot, philosophe de l'urbain (qui signe aussi l'introduction) et Frédéric Rossi, archéologue et historien.

  • Mon cher Thomas, C'est inconscient de mon audace que j'ose m'adresser à toi, l'Humaniste, l'auteur de L'Utopie - publié il y a tout juste cinq cents ans -, d'abord pour te remercier de ce texte si original qui a nourri d'innombrables rêves pour changer la société.
    Tu ne me croiras pas, mais dans la jeune URSS, des ouvriers ont donné ton nom à leur soviet. Et, de son côté, le Vatican t'a canonisé ! Quel héritage ! Quand on pense que toi, l'Érudit, tu es devenu chancelier du roi Henri VIII (qui t'a fait décapiter.), que tu n'as pas mis en oeuvre une seule réforme digne de ce nom (toi, le saint patron des gouvernants), tu comprendras que ta vie, ton oeuvre et sa postérité restent un vrai mystère.
    Depuis quelque temps, l'utopie a mauvaise presse - il faudra que je te parle de ces « totalitarismes » qui ont abîmé ta belle idée. Et pourtant, je connais nombre de mes contemporains qui seraient ravis de ta proposition de réduire le temps de travail quotidien à 6 heures ou celle de laisser tout individu libre de croire dans le dieu qu'il veut. Qu'est-ce qu'un bon gouvernement ? Comment mettre fin à la guerre ? Comment libérer l'individu tout en assurant les conditions de son bien-être social ? Toutes ces questions étaient les tiennes. Je suis persuadé que notre époque est en panne, que notre imaginaire politique bégaie ou fait du sur place. Il lui faut carburer à l'utopie pour quitter cette désespérance et avancer sur le chemin des possibles.
    En ta précieuse compagnie.
    Bien à toi, Thierry

  • Alors que notre société est rongée de l'intérieur - ghettoïsation des quartiers d'habitat social, « vivre ensemble » malmené par la multiplication des résidences sécurisées et l'exacerbation des communautarismes, etc. - nous semblons accepter cette situation. À croire que cela n'aurait aucun effet sur notre vie quotidienne. Observateur sans complaisance du territoire, Thierry Paquot n'est pas de ceux qui tournent le dos à la réalité. Ce livre, il ne l'a pas écrit pour les prosélytes de la nuance. L'Urbanisme est votre affaire ! est une invitation qui, pour peu qu'on la suive, pourrait faire demain de nos villes des lieux solidaires, écologiques et démocratiques. Il suffit en effet de regarder autour de soi pour se convaincre que ses cinq propositions en faveur d'un nouvel urbanisme, enthousiasmantes et pleines d'espérance, nous sortiront de nos vies trop vite résignées.

  • L'eau est indispensable au vivant (aux plantes comme aux animaux) et à l'humain. Chacun à en tête la photographie d'un champ aride, craquelé, sec, encombré de carcasses de bovins en décomposition. La sécheresse depuis des temps immémoriaux est considérée comme une calamité, la punition d'un Dieu mécontent ou un sinistre aussi grave que son contraire, l'inondation !
    Si la quantité d'eau présente sur Terre ne varie guère d'une année à l'autre, elle est inégalement répartie, aussi certains territoires doivent effectuer un dessalement coûteux en énergie (solaire, éolienne.), tandis que d'autres pratiquent l'épuration et protègent l'aquifère. Au final, l'eau apparaît aux uns comme un enjeu et aux autres comme une ressource, dans les deux cas, elle fait l'objet de tensions géopolitiques et enrichie les multinationales qui la distribuent.
    C'est principalement l'agriculture productiviste qui surconsomme l'eau, les canons à eau arrosent les champs de maïs tandis que le lisier des cochons pollue les nappes phréatiques. L'industrie agro-alimentaire n'est pas en reste, chaque bien nécessite une certaine quantité d'« eau virtuelle », ainsi un kilo d'hamburger réclame en moyenne 16 000 litres d'eau, un kilo de poulet 5 700, un kilo de fromage 5 000, de pain 1 300. Pour le dire autrement, il faut de 400 à 2000 litres d'eau selon les régions pour récolter un kilo de blé ! Les entreprises de textiles, d'électronique, de métallurgie, etc., utilisent également beaucoup d'eau.
    Chaque année les organisations internationales dénombrent les sans eau (plus de 800 millions en 2015), la majorité résident en Afrique et sont victimes des maladies hydriques (choléra, diarrhées, légionellose). L'inégalité face à l'eau potable est flagrante. Si l'on considère que 20 litres par jour et par personne est un minimum, certains terriens ne disposent que d'un à deux litres tandis qu'un Américain « moyen » en consomme 500 litres (certains moins et d'autres plus pour laver leurs 4x4, remplir leur piscine et arroser leur pelouse dans les régions particulièrement chaudes de la Sun Belt), un Européen « moyen » environ 300 litres.
    L'eau appartient aux quatre éléments selon la culture occidentale, avec la terre, l'air et le feu. La culture orientale admet cinq éléments et ajoute le métal ou le bois. Les philosophes s'en sont préoccupés dès l'aurore de la pensée. Gaston Bachelard (1884-1962) a consacré plusieurs ouvrages à cette « imagination matérielle » des éléments, dont L'Eau et les rêves (José Corti, 1942) que nous relisons ici et situons dans l'ensemble de son oeuvre afin de penser l'eau en ce début du XXI siècle où nombreux sont ceux qui la proclament « bien en commun ».

  • Comment saisir cette chose étrange, « la ville » ou plus exactement « l'urbain » ? Il n'existe pas de discipline universitaire qui se consacre exclusivement à elle. En revanche, chaque discipline peut contribuer à mieux la connaître et la comprendre. L'époque actuelle est marquée par l'urbanisation planétaire. Il est donc essentiel d'en circonscrire les moteurs, les effets, les mutations, les impasses. Dorénavant, les comportements des terriens, leurs valeurs, croyances et peurs, leurs désirs et leur imaginaire, leurs temporalités et leurs manières d'être sont largement imprégnés par la civilisation urbaine, qui s'affirme en tous lieux, de manière variable selon les spécificités culturelles locales.
    Depuis plus d'une décennie, Thierry Paquot s'entretient avec des intellectuels reconnus, chacun éclairant à partir de sa spécialité un aspect de cette nouvelle civilisation planétaire. L'ensemble de ses soixantequinze entretiens forme un voyage dans le monde des villes et un parcours unique à travers plusieurs disciplines. Les invités de Thierry Paquot sont philosophes, géographes, anthropologues, sociologues, historiens, économistes, architectes, paysagistes, urbanistes, linguistes, écologues, femmes et hommes de terrain ou de bibliothèque. Ils ont tous la passion de la ville et celle du savoir.

    Ce livre est un voyage à travers les disciplines qu'ils ont pratiquées et les villes qu'ils ont aimées.

  • Toutes les banlieues du monde ne se ressemblent pas et les banlieues nées de l'urbanisation française méritent une présentation spécifique à laquelle cette anthologie prétend. Comment définir la «banlieue» et les «banlieues»oe Quelles en sont les caractéristiquesoe Quels processus socio-territoriaux les «travaillent», quelles formes urbaines s'y dessinent, quels avenirs s'y annoncent, quels imaginaires s'y enracinentoe Les textes rassemblés ici sont considérés comme des références indispensables aux étudiants, chercheurs, responsables locaux, urbanistes et. banlieusards. Une courte présentation les accompagne ainsi qu'une copieuse bibliographie et une filmographie commentée. Cet ensemble renseigne utilement le grand public et corrige quelques idées reçues sur une réalité changeante dont la diversité des manifestations infirme les habituels lieux communs, qu'une hâtive généralisation affuble. Penser les banlieues afin de mieux comprendre le devenir des villes, des faubourgs, de l'urbain diffus, et leurs incroyables dynamiques entremêlées, telle est l'intention de cette anthologie.

  • Influencé par la lecture de Charles Fourier, Jean-Baptiste André Godin, l'inventeur du fameux poêle, se lance, dans une tentative utopique de bâtir une société modèle. La solution sociale qu'il expérimente - fondée sur l'association du capital et du travail - ne se veut pas une tentative personnelle mais un exemple à suivre et à améliorer. Persuadé de la capacité de l'architecture à interagir sur les comportements, il édifie à partir de 1858, un ensemble singulier à proximité de son usine : le Familistère de Guise. Véritable " cité de l'avenir ", elle préfigure un monde harmonieux, celui du progrès et de l'épanouissement individuel dans un univers ayant jugulé la lutte des classes.

    Quand bien même ses écrits et réalisations peuvent être perçus de différentes façons comme en témoignent, depuis lors, réactions comme analyses, ce qui étonne dans la mise en oeuvre du Familistère est son caractère précurseur. Dès 1860, le premier des trois édifices de cet " habitat unitaire " est achevé. Seule ou presque la Cité Napoléon, construite sous l'impulsion du président Louis-Napoléon, l'a précédé. Et encore. puisqu'il s'agit d'une " caserne ouvrière " et non d'un " palais pour le peuple ". En effet, les logements sains que Godin réalise sont complétés par toutes sortes d'équipements et de services (crèche, école, théâtre, coopérative d'achat, lavoir, infirmerie, etc.) qui procurent aux habitants du Palais social les " équivalents de la richesse ".

    Faire ressortir la singularité de l'expérience menée, est le but de l'enquête pluridisciplinaire que sociologues, économistes, philosophes, architectes, historiens ont menée. En complément, cette nouvelle édition comprend d'une part les témoignages d'observateurs anglais Tito Pagliardini (1865) et Henry Roberts (1866) ou français de Jules Moureau (1866) et Jean Roseyro de L'Illustration (1896) ainsi qu'un extrait du roman Travail d'Émile Zola, fortement inspiré de l'expérience de Guise. D'autre part, l'ouvrage compte aussi un important album photographique, couleur et noir et blanc. Ces clichés, certains inédits, restituent l'épopée de ce projet unique, mais également la destinée contemporaine du Familistère.

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