Librairie Generale Francaise

  • L'OEUVRE INTEGRALE ANNOTEE : A la prison de Bicêtre, un homme est condamné à la peine de mort. Durant ses dernières heures, il note dans un cahier ce qu'il ressent : l'enfermement, ses angoisses et l'adieu tragique à sa fille. Il témoigne aussi de ce qu'il aperçoit au-dehors - le départ des forçats pour le bagne, le comportement complice du peuple, l'arrivée de son bourreau. Qui est ce narrateur, et son crime justifie-t-il la guillotine ? DOSSIER THEMATIQUE : L'HOMME FACE A LA SOCIETE PA R AURELIA DAL ZOTTO - Biographie de l'auteur, histoire de l'oeuvre - La critique d'une société cruelle - Résister pour rester homme - Persuader, convaincre, faire évoluer les mentalités PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES : - Histoire des arts - Education aux médias et à l'information - Cinéma Vocabulaire, exercices écrits et oraux, groupements de textes et lecture d'images autour de l'oeuvre LE + POUR L'ORAL : Des extraits de l'oeuvre lus par des comédiens et accessibles grâce à des flashcodes.

  • Victor Hugo Les Misérables ** Ce livre est un livre de charité, c'est-à-dire un livre fait pour exciter, pour provoquer l'esprit de charité, c'est un livre d'une nature terrible et navrante, disant à la conscience du lecteur : « Eh bien ? Qu'en pensez-vous ? Que concluez-vous ? » Les Misérables sont un étourdissant rappel à l'ordre d'une société trop amoureuse d'elle-même et trop peu soucieuse de l'immortelle loi de fraternité, un plaidoyer pour les Misérables (ceux qui souffrent de la misère et que la misère déshonore), proféré par la bouche la plus éloquente de ce temps.
    Le nouveau livre de Victor Hugo doit être le Bienvenu (comme l'évêque dont il raconte la victorieuse charité), le livre à applaudir, le livre à remercier. N'est-il pas utile que de temps à autre le poète, le philosophe prennent un peu le Bonheur égoïste aux cheveux, et lui disent, en lui secouant le muße dans le sang et l'ordure : « Vois ton oeuvre et bois ton oeuvre » oe Charles Baudelaire.

    Présentation et notes de Guy Rosa.
    Commentaires de Nicole Savy.

  • > Victor Hugo Les Misérables * Tant qu'il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d'une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l'homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l'atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l'asphyxie sociale sera possible ; en d'autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.
    Hauteville-House, 1er janvier 1862.
    Victor Hugo.

    Présentation et notes de Guy Rosa.
    Commentaires de Nicole Savy.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Victor Hugo Les Contemplations Les Contemplations, que Hugo fait paraître en 1856, sont à un double titre marquées par la distance et la séparation : parce que le proscrit qui, dans Châtiments, vient de fustiger Napoléon III, est en exil à Guernesey ; mais aussi parce que le recueil, en son centre, porte la brisure du deuil, et ses deux parties - « Autrefois », « Aujourd'hui » - sont séparées par la césure tragique de l'année 1843 où Léopoldine, la fille de Hugo, disparut noyée. La parole poétique prend naissance dans la mort, et « ce livre », nous dit l'écrivain, « doit être lu comme on lirait le livre d'un mort ».
    Mais Les Contemplations construisent aussi une destinée. Il se peut qu'elle emprunte à la biographie de l'écrivain ; on se tromperait pourtant à la confondre avec la sienne. Car si le lyrisme de Hugo touche à l'universel, c'est que le poète précisément dépouille ici l'écorce individuelle pour atteindre à l'intime : le sien propre et celui du lecteur qui saura ainsi se retrouver dans le miroir que lui tendent ces Mémoires d'une âme.

    Edition de Ludmila Charles-Wurtz.

  • « ...Un homme nommé Claude Gueux, pauvre ouvrier, vivait à Paris en 1831. Il avait avec lui une fille qui était sa maîtresse et un enfant de cette fille... Il était capable, habile, intelligent, fort mal traité par l'éducation, fort bien traité par la nature, ne sachant pas lire mais sachant penser. Un hiver, l'ouvrage manqua. L'homme, la fille et l'enfant eurent froid et faim. L'homme vola. Il en résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l'enfant et cinq ans de prison pour l'homme. Il fut envoyé faire son temps à la Maison Centrale de Clairvaux.
    On va voir ce que la Société en a fait. » Relation allégorique d'un drame individuel, cet ardent plaidoyer contre la peine de mort et contre la prison met à nu le mécanisme de la brutalité sociale qui ne sait répondre à la détresse que par la répression. Avec Claude Gueux, Victor Hugo n'est plus simplement romancier ou poète. Il conquiert une place éminente auprès des plus grands orateurs de la Liberté.

    Présentation et notes par Emmanuel Buron.

  •   Victor Hugo Hernani « Quelle heure est-il ? » : est-ce là une manière de parler pour un roi ? Et au lieu qu'on lui réponde dignement : « Du haut de ma demeure, Seigneur, l'horloge enfin sonne la douzième », voilà qu'il s'entend dire tout bêtement : « Minuit »...
    Il n'en fallait pas plus pour que la bataille s'engageât. Passion racinienne, honneur cornélien, rien ne manquait à Hernani, fors le respect du majestueux alexandrin. Epluchures, balayures, ordures, injures se mirent à voler dans le sacro-saint Théâtre-Français, lancées par les tenants du classicisme sur la horde barbue et chevelue des romantiques. Un trognon de chou alla même atterrir sur la tête de M. de Balzac. Et soir après soir la bataille recommença, s'étendit jusqu'à la province où, à Toulouse, un jeune homme mourut en duel pour avoir pris la défense de Victor Hugo.
    Mort qui donne tout son poids de vérité à l'illusion théâtrale.

    Préface d'Antoine Vitez.
    Commentaires et notes d'Anne Ubersfeld.

  • Édition enrichie (Introduction, notes et chronologie)Sorti du libre élan mystique, le gothique, comme on l'a dit sans le comprendre, est le genre libre. Je dis libre, et non arbitraire. S'il s'en fût tenu au même type, s'il fût resté assujetti par l'harmonie géométrique, il eût péri de langueur. [...] Comment compter nos belles églises au xiiie siècle ? Je voulais du moins parler de Notre-Dame de Paris. Mais quelqu'un a marqué ce monument d'une telle griffe de lion, que personne désormais ne se hasardera d'y toucher. C'est sa chose désormais, c'est son fief, c'est le majorat de Quasimodo. Il a bâti, à côté de la vieille cathédrale, une cathédrale de poésie, aussi ferme que les fondements de l'autre, aussi haute que ses tours. Si je regardais cette église, ce serait comme livre d'histoire, comme le grand registre des destinées de la monarchie. [...] La grande et lourde église, toute fleurdelysée, appartient à l'histoire plus qu'à la religion. Elle a peu d'élan, peu de ce mouvement d'ascension si frappant dans les églises de Strasbourg et de Cologne. Les bandes longitudinales qui coupent Notre-Dame de Paris arrêtent l'élan ; ce sont plutôt les lignes d'un livre. Cela raconte au lieu de prier. [...] Notre-Dame de Paris est l'église de la monarchie ; Notre-Dame de Reims, celle du sacre.
    Jules Michelet, Histoire de France, iv, 8, « Eclaircissements : la Passion comme principe d'art au Moyen Age » (1833).
    Présentation et notes par Jacques Seebacher.

  • Édition enrichie (Présentation, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Pour pouvoir reconstruire un nouveau bateau à vapeur après le naufrage de La Durande, il faudrait sauver la précieuse machine du navire dont le constructeur est mort. Donc qu´un homme seul, matelot mais aussi forgeron, ait l´audace de se risquer plusieurs jours jusqu´aux rochers Douvres où repose l´épave - et d´affronter la mer. L´homme qui accepterait ce péril seraitplus qu´un héros. «Je l´épouserais», dit alors Déruchette, la nièce de l´armateur. Et parce qu´il s´est épris de la jeune fille, Gilliatt va tenter l´entreprise. Mais suffit-il d´une idylle pour construire un roman d´amour ? Celui-ci en tout cas ne saurait bien finir, car le coeur humain, dit Hugo, est une «fatalité intérieure». Les Travailleurs de la mer, dont l´action se déroule dans l´archipel de la Manche, est d´ailleurs aussi bien un roman d´aventures, à l´époque de la machine et de la révolution industrielle, que la fable épique d´un homme seul face aux éléments. Et bien avant de le faire paraître en 1866, Hugo n´avait pas sans raison choisi de l´intituler L´Abîme.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Victor Hugo Quatrevingt-Treize Dans la Vendée de 1793, trois personnages s'affrontent : l'aristocrate Lantenac, fidèle à son passé, son petit-neveu Gauvain, tourné vers l'avenir généreux de la République, et le conventionnel Cimourdain, plus durement soucieux des exigences présentes de la Révolution et de la Terreur. Dans cette épopée où le romancier mêle la fiction de l'intrigue et la réalité de l'Histoire - Danton, Robespierre et Marat sont au centre du livre -, chacun des trois héros se trouve ainsi guidé par une certaine idée du devoir et de l'honneur. Et chacun sera conduit à une forme d'héroïsme qui n'écarte pas la mort.
    L'écrivain se refuse donc à trancher, et Quatrevingt-Treize n'est pas un roman à thèse : «Je ne veux ni du crime rouge ni du crime blanc.» Mais la violence où s'achevait l'Ancien Régime était certainement un mal nécessaire, et ce qui s'affirme dans ce livre qui paraît en 1874 et sera le dernier roman de Hugo, c'est une vision de l'Histoire qui garde trace, sans doute, de la Commune récente où une même violence fit retour, mais ne s'interdit pas l'espérance.

    Edition de Bernard Leuilliot.

  • Victor Hugo Ruy Blas «... Quel miracle que ta pièce, mon pauvre bien-aimé... jamais je n'avais rien entendu de si magnifique... C'est une richesse, une magnificence, un éblouissement... mon esprit en est encore plus obscurci, comme quand les yeux ont trop longtemps fixé le soleil...» Juliette Drouet.

    «A propos, Ruy Blas est une énorme bêtise, une infamie en vers...» Balzac.

    «Quelle brusque et prodigieuse fanfare dans la langue que ces vers de Victor Hugo !» Emile Zola.

    «... ou Ruy Blas est une gageure contre le bon sens, ou c'est un acte de folie» Gustave Planche.

    Un texte qui soulève des passions aussi contraires... il ne reste vraiment plus qu'à le lire si on veut s'en faire une idée.

    Edition de Guy Rosa.

  • À Ferrare, en Italie, la redoutable Lucrèce Borgia fait régner la terreur. Indifférente à la haine qu'elle suscite, mêlée à des affaires crapuleuses, la seule faiblesse de cette femme impitoyable est un jeune capitaine, Gennaro, dont elle est tombée amoureuse. Mais le destin est cruel, et Gennaro se révèle être le fruit des amours incestueuses de Lucrèce avec son frère, Jean Borgia. Gennaro ne sait rien de ses origines et Lucrèce va devoir tout faire pour le protéger alors que son époux, le duc de Ferrare, qui le prend pour son amant, a juré de le tuer.
    Créé en 1833 au théâtre de la Porte-Saint-Martin, empruntant tout autant à la tragédie qu'au mélodrame, Lucrèce Borgia est sans doute l'un des plus sombres drames de Victor Hugo.
    Édition de Sophie Mentzel

  • Victor Hugo Le Dernier Jour d'un condamné « V. Hugo a écrit d'admirables poëmes, il a écrit d'admirables romans et d'admirables drames ; mais, pour nous, son oeuvre capitale - quand le bourreau aura été chassé -, ce sera d'avoir aidé à chasser le bourreau.
    « Il y a quelque chose de plus grand qu'un grand poëte ou un grand romancier, c'est un sage. Il y a quelque chose de plus beau, de plus enviable que l'imagination, c'est le coeur. » C'était au temps où Joseph de Maistre voyait en la peine de mort la clef de voûte de l'édifice social. Mais Pierre Larousse avait raison de se féliciter de l'efficacité de ce livre étrange. Hugo réinvente son art pour servir la plus noble des causes. Qui est-il, ce condamné ? Quel crime a-t-il commis ? Nous ne le saurons pas. De la main, de la plume, il suffit qu'il nous conduise vers son avenir immédiat. Comment penser l'homme quand l'homme décide de la mort de l'homme oe édition de Guy Rosa.

  • Victor Hugo Les Châtiments L'histoire ne marche pas à reculons. On ne fonde pas un empire bourgeois sur les ruines d'une république. Pour l'avoir clamé, Victor Hugo est exilé par celui qu'il appelait Napoléon le Petit, caricature de l'autre, celui d'Austerlitz. La République, croit-il, c'est le progrès moral, la vertu individuelle, la légitimité, le peuple justement représenté. « Dix millions, cent millions de voix scrutinant en masse ne comptent pas devant cet atome, devant cette parcelle de Dieu, l'âme du juste. » Victor Hugo sera ce juste qui se dresse devant le coup d'Etat du prince Louis-Napoléon. « Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée. » Ils résonnent encore dans ces vers grandioses et passionnés, pleins d'un rêve de justice et d'égalité.

    Préface, commentaires et notes de Jean-Marie Gleize et Guy Rosa.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Victor Hugo Les Orientales Les Feuilles d'automne Lorsque Les Orientales paraissent en 1829, le romantisme français s'est déjà tourné vers l'Orient que la guerre d'indépendance grecque a rendu plus présent encore. Mais si Hugo n'est pas ici un précurseur, la nouveauté de son recueil éclate pourtant dans la couleur, l'étrangeté luxuriante des mots, la puissance d'images concrètes et toute la virtuosité du vers. Ainsi se compose la somptueuse image d'un monde désarrimé comme un fantasme, mais un monde ardent et sensuel, plein de désir et d'énergie.
    Deux ans plus tard, Les Feuilles d'automne sont d'une tonalité tout autre, ouvertes à ce lyrisme intime où Lamartine s'est imposé. Dans cette poésie « de la famille, du foyer domestique, de la vie privée » qui évoque les joies fugaces et les tristesses diffuses, une sorte d'autobiographie s'écrit, mais qui s'ouvre aussi bien à l'identité collective du siècle et à la plénitude du monde sensible. La voix que nous entendons ici, c'est bien celle que Hugo imposera désormais comme la sienne.

    Edition présentée et annotée par Franck Laurent.

  • 1791, île de Saint-Domingue. Les esclaves noirs, menés par le mystérieux Bug-Jargal, se révoltent contre la domination des colons français. Héroïque et généreux, Bug-Jargal s'engage dans une lutte sans merci, mais ne peut oublier son amitié pour Léopold d'Auverney, jeune officier blanc, et surtout son amour pour Marie, la fiancée de ce dernier. Victor Hugo a seize ans lorsqu'il écrit Bug- Jargal, en quinze jours, en 1818. La nouvelle est publiée deux ans plus tard, avant d'être étoffée et éditée sous forme de roman en 1826, puis dans les OEuvres de Hugo en 1832. C'est cette dernière version que nous vous présentons ici. Récit historique d'une insurrection qui conduira à l'indépendance de la République d'Haïti, Bug-Jargal pose les fondements de l'identité politique de Hugo et de ses engagements à venir.

  • Lorsque Victor Hugo publie en 1859 La Légende des siècles, il entend raconter l'Histoire de l'humanité des origines jusqu'à la fin des temps. Mais la poésie désormais porte à des pièces plus brèves, et ce n'est pas une longue narration qu'il compose, mais une suite de Petites Épopées, courts récits héroïques et pittoresques qui cependant ne s'interdisent pas les éclairs visionnaires.

    OEuvre d'un exilé qui vient de refuser l'amnistie, ces poèmes sont aussi des «paroles dans l'épreuve» qui projettent sur toute l'Histoire la dénonciation de la répression de 1848 et du coup d'État de Napoléon III. Non pas une Histoire progressiste, puisque le présent étouffe sous la domination, mais un monument qui dénonce les tyrans et fait revenir les héros du passé pour que le lecteur en garde mémoire quand la liberté reviendra. Car toujours se maintient « ce fil qui s'atténue quelquefois au point de devenir invisible, mais qui ne casse jamais, le grand fil mystérieux du labyrinthe humain, le Progrès».

  • Collection Classiques dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety. Édition de Frank Laurent.Le 15 décembre 1840, lors du transfert des cendres de Napoléon aux Invalides, Hugo se trouve parmi la foule ; le 22 février 1848, quand commence ce qui sera une révolution, il quitte la Chambre des pairs pour assister aux affrontements de la place de la Concorde. Mais ce dont Hugo est témoin, c'est aussi l'agonie de Balzac dont il serre une dernière fois la main inerte, et de nombreux événements de toute nature, dont, hélas, les plus tragiques : la folie de sa fille Adèle et la disparition de ses deux fils, Charles et François-Victor. C'est en 1887, deux ans après sa mort, que son ami Paul Meurice puise dans ses papiers et carnets la matière d'un premier volume de Choses vues qui plus tard s'accroîtra. Des Mémoires ? sans doute non. Une sorte de Journal, plutôt, mais qui accueille à la fois des pages écrites a posteriori et de simples notes très diverses : un ensemble de fragments à la fois historiques et intimes, où l'écrivain, souvent placé comme en retrait, nous propose, si l'on veut, sa chronique d'un demi-siècle.

  • Dans le lointain passé médiéval d'une île écossaise, Lady Janet et Lord Slada, deux amants pourchassés par le roi jaloux, ont trouvé asile dans un cloître où poussent des plantes vénéneuses. Ils s'aiment, mais ils ont faim : mangeront-ils ? Aïrolo, un voleur vagabond plein de jovialité, vient à leur secours et il sait qu'il risque d'être pendu par le roi. Mais comme une sorcière a prédit au monarque superstitieux qu'il mourrait juste après Aïrolo, il ne peut que céder au chantage du vagabond.
    Ecrit en 1867, pendant l'exil de Hugo à Guernesey, Mangeront-ils ? fut publié après sa mort dans le Théâtre en liberté, et joué pour la première fois en 1907. Or c'est bien de liberté qu'il s'agit dans cette pièce où volent en éclats les normes dramatiques et où, de manière plus puissante encore que dans son théâtre romantique, l'écrivain allie le sublime et le grotesque pour ici mettre en scène la révolte contre la tyrannie - celle-là même qu'incarne alors à Paris Napoléon iii. Ce que nous disent ainsi les alexandrins virtuoses de Hugo, c'est ce que lui-même appelle « la puissance des faibles ».

  • Ce livre IV occupe une place centrale dans Les Contemplations comme dans l'oeuvre complète de Victor Hugo. Le poète y exprime sa souffrance de père, après le décès de sa fille Léopoldine. Sentiments mêlés de douleur et d'amour, souvenirs heureux, communion avec la nature, hommage à la jeune disparue, Pauca meae est un chef-d'oeuvre du romantisme français.

  • Pair de France sous la monarchie de Juillet, député sous la République, et plus tard sénateur, Hugo fut aussi un homme politique à l'instar d'autres écrivains prestigieux, Chateaubriand ou Lamartine. Mais toujours resté à l'écart de l'exécutif, il put dire sous la Seconde République: « Je veux l'influence et non le pouvoir », et cette influence, pendant soixante ans, s'exerça d'abord par le verbe d'un poète souverainement descendu dans l'arène, et toute la puissance incisive d'une parole souvent pamphlétaire.
    L'ambition de cette anthologie est donc de reconstituer, au travers des plus célèbres interventions de l'écrivain, le long parcours politique qui le conduisit à soutenir la République après une jeunesse royaliste et à pourfendre, depuis l'exil, un Second Empire honni. Mais l'objet de ce livre est aussi de nous rappeler toute la diversité des causes défendues par Hugo, de l'abolition de la peine de mort à la lutte contre le paupérisme, de la liberté d'expression à l'égalité des sexes, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes à l'unité de l'Europe. Ces textes de combat, qui raniment l'histoire d'un siècle, sans doute portent leur date : ils nous restent pourtant présents, par la conviction passionnée qui s'y lit mais aussi par l'importance, bien souvent, de questions qui maintenant encore nous regardent.

    Série dirigée par Michel Jarrety.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Victor Hugo Oeuvres poétiques Anthologie Mallarmé le dira : « Dans sa tâche mystérieuse », Hugo « était le vers personnellement ». Et plus encore que le vers, la poésie elle-même qu'il incarne sur près d'un siècle : une poésie ouverte à son univers intérieur comme à l'immensité de la Nature, aux fracas de l'Histoire comme à l'intimité de la famille. Car c'est le même Je qui dans l'oeuvre désigne l'individu, le citoyen et le prophète, et adresse au lecteur une parole où lui-même se retrouve : « Nul de nous n'a l'honneur d'avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir et regardez-vous-y. » Chaque génération, depuis plus d'un siècle, s'est construit son anthologie de Hugo. A son tour, celle-ci cherche à rassembler les poèmes consacrés par notre mémoire collective - et à restituer au plus près l'image d'un poète qui maintenant encore nous regarde.

    Anthologie établie, présentée et annotée par Claude Millet.

  • Victor Hugo Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour Dans une contrée germanique du Moyen Age, le beau Pécopin et la belle Bauldour s'aiment d'un amour partagé et leurs pères les ont fiancés. Grand chasseur, le jeune homme est souvent absent et sa belle, grande fileuse, se désennuie auprès de sa quenouille en attendant que le mariage les unisse pour toujours. Mais alors qu'approche le jour des noces et que tous les deux s'en réjouissent, dans une clairière Pécopin rencontre un comte et sa troupe de cavaliers : éblouis par son talent de chasseur, ils l'enrôlent pour une longue aventure loin de la belle Bauldour.
    La Légende du beau Pécopin est l'une des lettres de voyage que Hugo a réécrites et rassemblées en un volume, Le Rhin, paru en 1842. Mais en fait, c'est dans sa maison de l'actuelle place des Vosges qu'il invente et écrit cette Légende ironique, qui n'est germanique qu'en surface et nous fait plutôt songer aux contes de Voltaire. Car si Pécopin croit dur comme fer à ce qui lui arrive dans un monde livré à la fantaisie du hasard, la leçon donnée au lecteur est de ne pas se laisser, comme le héros, berner par trop de féerie.

    Edition de Claude Millet.

  • A la fin du XVIIe siècle, un jeune lord est enlevé sur ordre du roi et atrocement défiguré, la bouche fendue jusqu'aux oreilles. Abandonné une nuit d'hiver, il parvient à rejoindre la cahute d'un philosophe ambulant, et devient saltimbanque. Quinze ans plus tard, rétabli dans ses droits, il est pair d'Angleterre. Mais sa mutilation ne s'effacera pas, et celui qui se serait voulu prophète à la chambre des lords restera condamné à n'être qu'un bouffon.
    Lorsqu'il publie le livre en 1869, Hugo le présente comme le roman de l'aristocratie, premier volume d'une trilogie consacrée à une Histoire de la Révolution que Quatrevingt-Treize achèverait. Et ce livre sombre dénonce bien en effet le despotisme de l'aristocratie. Mais si L'Homme qui rit est une méditation historique et métaphysique, c'est aussi une oeuvre foisonnante et baroque, une manière de drame qui réclame un « lecteur pensif », puisque Hugo nous donne à réfléchir sur la misère et sur le peuple, sur l'amour et sur le désir, aussi bien que sur le Mal.

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