Gallimard

  • Outsider sa vie durant et lecteur aigu de Baudelaire, du Paris du XIXe siècle et des signes de la ville en général, Walter Benjamin fut l'auteur d'une oeuvre dont une grande part est restée à l'état de fragments, mais dont la portée ne cesse de se révéler dans le temps.

  • Le dossier ici réuni rapproche des textes aux sujets variés, certains devenus classiques, comme L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée, d'autres plus rares ou pratiquement inconnus du public français : le premier exposé de ce qui devait devenir Paris, capitale du XIXe siècle, une étude sur les «Tableaux parisiens» de Baudelaire, telles autres sur Les Allemands de quatre-vingt-neuf, ou sur l'épopée et le roman.
    Tous appartiennent à la dernière période de la vie de Walter Benjamin, en exil en France de 1933 jusqu'à son suicide en 1940, quand il ne put obtenir de visa pour passer en Espagne. Il s'agit tantôt d'écrits qu'il rédigea directement en français comme les cinq fragments d'Enfance berlinoise ; tantôt des traductions auxquelles il a directement collaboré.
    Ces treize essais ont été choisis par les éditeurs à partir de la grande édition allemande des OEuvres complètes, de façon à présenter, à travers un parcours chronologique, une image aussi précise que possible de la relation riche et complexe que Walter Benjamin entretient avec la langue et la littérature françaises, de Baudelaire à Proust, de Paul Valéry aux surréalistes.

  • « Nous devons veiller à mettre le meilleur de nous-mêmes dans nos lettres car rien n'indique que le moment de nos retrouvailles soit proche », écrit Walter Benjamin dans l'avant-dernière lettre de ce volume, peu de temps avant de se donner la mort. Qu'il soit à Paris, aux Baléares, au Danemark ou en Italie, Benjamin n'a jamais cessé de correspondre entre 1930 et 1940 avec Gretel Karplus qui - quittant elle-même Berlin pour Londres puis New York - allait devenir Mme Adorno en 1937. Cette belle amitié - mais, comme le demande Gretel elle-même dans une lettre, « où passe finalement la subtile limite entre amitié et amour ? » - fait de cette correspondance où ils ont effectivement mis le meilleur d'eux-mêmes, ainsi que leurs plus grandes joies et leurs plus grandes peines, un document exceptionnel. Walter s'y livre sans masque comme à personne d'autre ; Gretel fait de même avec celui qu'elle veut tout d'abord « adopter » comme un fils (de dix ans plus vieux qu'elle) avant de le considérer comme un « grand frère ». Ils s'y racontent, parlent de futilités, de survie et de bien d'autres choses plus et moins graves.

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