Albin Michel

  • Art

    Yasmina Reza

    « Mon ami Serge a acheté un tableau. C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. »

  • A l'école, Ferdinand attaque Bruno à coups de bâton. Les parents se rencontrent pour régler le litige dans l'appartement du blessé. Au tout début, urbains, bienveillants, conciliants, ils tentent de tenir un discours commun de tolérance et d'excuse qui s'envenime peu à peu. Entre Alain Reille, avocat sans scrupule qui répond sans cesse à son portable tout en défendant une vision du monde à la John Wayne, Véronique Houillé à la morale citoyenne qui écrit un livre sur le Darfour, son mari Michel qui vient d'abandonner le hamster de sa fille dans le caniveau et Annette Reille qui se met à vomir, c'est la débandade, le chacun pour soi, le conflit ouvert, la catastrophe qui s'annonce...
    A partir d'un petit fait du quotidien chez des quadras bourgeois (l'univers de Art et de Trois versions de la vie), Yasmina Reza évoque avec jubilation, férocité et tendresse aussi tous les paradoxes de la condition humaine : l'égoïsme et la générosité, la responsabilité et l'indifférence, la politesse et la brutalité, le futile et le grave, tout le dérisoire des grandes déclarations qui s'effondrent à la moindre anicroche.

  • Nulle part

    Yasmina Reza

    « Où est l'enfance ? Des jours écoulés et vécus, il devrait de temps en temps jaillir une image lumineuse, une fulgurante réminiscence.
    Mais rien ne surgit. Rien ne triomphe du désir d'oubli. »

  • Une désolation

    Yasmina Reza

    « Tu me bravais avec cette ridicule soif d´absolu qu´ont les gens de cet âge et je me disais, le petit est véhément à souhait, il sortira du lot. Mais tu n´es sorti de rien. Les vapeurs de jeunesse passées, tu as repris ta place dans la moyenne. Plus trace d´insurrection. Plus trace de vengeance. Tu as si vite craint pour ta peau, mon pauvre enfant. Comme la cohorte de tes amis les veules, tu sais que tout geste se paye, aussi as-tu choisi d´emblée de ne plus te signaler. Ecarter la souffrance, tel est votre horizon. Écarter la souffrance, vous tient lieu d´épopée. »

  • Hammerklavier

    Yasmina Reza

    " J'ai fait le rêve suivant.
    Mon père mort revenait me voir.
    - Alors, lui dis-je, comment est-ce ? As-tu rencontré Beethoven ?
    Il se renfrogne et secoue la tête avec dégoût et tristesse :
    - Ah, la, la ! Horrible rencontre !
    - Comment ça ?
    - Très antipathique. Très.
    - Mais comment, papa ?
    - Je m'approche de lui, poursuit mon père, prêt à le serrer, sais-tu ce qu'il me dit : " Comment avez-vous osé vous attaquer à l'Adagio d'Hammerklavier ? " - Pardonnez-moi maître, lui répondit mon père, je vous imaginais au-dessus de ça à présent.

    - Mais enfin ! s'écrie Beethoven, être mort n'est pas être sage ! ".

  • « Le maître de mon mari a étranglé sa femme, lui se contente de laisser sa main choir au bout de l'accoudoir, de façon lamentable et flétrie. Mon mari n'a pas de radicalité. C'est un disciple. La génération de mon mari a été écrasée par les maîtres. »

  • " Un beau jour on s'assoit et ça y est, on se fout d'être Adam Haberberg.
    "

  • "Arrête avec ces chaises ! ... Nous sommes des gens civilisés, nous souffrons avec des règles, chacun retient son souffle, pas de tragédie. Pourquoi au fond ? Je n'en sais rien, mais c'est comme ça. Toi et moi, nous participons à cet effort de dignité..."

  • "Je fais de l'argent. J'en gave mes fils qui sont deux nullités, c'est sûrement le plus mauvais service que je peux leur rendre, mais au moins je m'épargne artificiellement le souci que me cause leur indigence. Je n'ai jamais douté que ma vie était ailleurs."

  • La première édition de ce roman tragique et burlesque fut publiée en février 2003.
    Il avait pour titre le patronyme du personnage principal. adam haberberg, écrivain sans renom et hypocondriaque qui se confronte par hasard a une ancienne camarade de lycée. son titre originel hommes qui ne savent pas être aimés regretté par l'auteur, préféré par certains éditeurs étrangers, disait sans doute mieux son universalité et sa vérité profonde, c'est pourquoi cette nouvelle édition le reprend aujourd'hui.

  • Yasmina Reza a décidé d'être elle-même : drôle, nerveuse, impertinente, impatiente, autant de qualités réunies dans " Art ", comédie hilarante et sensible.
    Le Monde Une comédie remarquablement intelligente, profonde et spirituelle. " Art " touche à l'universel. The Times Un miracle. La plus haute école de la comédie. Die Welt Conversations après un enterrement, une pièce violente, noire, drôle. Yasmina Reza est parmi ces écrivains qui manient en virtuoses une ironie onirique. Le Nouvel Observateur La Traversée de l'hiver, un des plus beaux imbroglios d'amour que j'aie vu depuis longtemps.
    Le Canard enchaîné

  • "J'aime les voyages. En posant le pied à Francfort, je serai une autre : la personne qui arrive est toujours une autre. D'ailleurs c'est ainsi qu'on va, d'autre en autre, jusqu'à la fin." Un écrivain de renom voyage dans le train Paris-Francfort en face d'une inconnue qui lit son dernier livre, L'homme du hasard. Deux monologues solitaires, chacun ressassant sa vie, lui perdu dans ses pensées aux couleurs d'amertume, elle l'ayant reconnu et ne sachant comment l'aborder.

  • Une pièce espagnole

    Yasmina Reza

    " Les acteurs sont des lâches.
    Les acteurs n'ont pas de courage. Moi le premier. Les qualités humaines habituelles dans le monde normal sont contraires au bien de l'acteur. "

  • " A l'âge de sept ans, j'ai eu un professeur de violoncelle qui s'appelait M.
    Litnick. M. Litnick était la bonté même. Il avait un bras qui tremblait. Il ne pouvait plus jouer à cause de ce bras qui tremblait. Et il ne pouvait plus enseigner car il n'inspirait plus confiance... Le jour où il est venu pour la dernière fois chez nous, je lui ai dit au revoir et je l'ai regardé disparaître de ma vie par la fenêtre.. M. Litnick traversait la rue. Je pouvais voir de dos qu'il marchait avec chagrin.
    A l'arrêt de l'autobus, il a levé les yeux vers notre appartement, il m'a vu à la fenêtre, et il m'a fait un signe en soulevant son chapeau avec une gentillesse... Dans le sourire de Vienne, il y avait un encouragement identique, quelque chose que je n'avais pas vu depuis des années, de tendre et d'humain, d'une solitude à une autre... Quelque chose de vraiment inattendu de la part d'une femme à mon égard.
    " Un film de Didier Martiny avec Philippe Noiret, Carole Bouquet, Niels Arestrup, Stéphane Audran, Michel Aumont, Judith Magre, Johan Leysen.

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