Albin Michel

  • À l'heure où la quête du spirituel se fait de plus en plus vive, il peut être salutaire de se (re)plonger dans l'une des dernières grandes oeuvres cosmologiques de l'Occident dont la beauté mystérieuse fascine les lecteurs depuis cinq siècles. Encore faut-il, pour pénétrer l'univers de la Divine Comédie sans s'y perdre, disposer de certaines clés historiques, linguistiques et symboliques.
    La très belle traduction d'Alexandre Masseron ainsi que tout l'appareil critique rédigé par ses soins (sommaires, introductions, notes, plans et tableaux synoptiques) nous éclairent pour ce qui est de la langue et de l'Histoire. Quant au sens spirituel du chef-d'oeuvre, il s'illumine à la lecture de Michel Cazenave qui, dans sa préface, décrypte minutieusement la symbolique des nombres présente au coeur du texte et révèle les liens intimes unissant la figure féminine de Béatrice à la Sagesse divine.
    Ainsi, tout en saisissant le grand poème initiatique dans son contexte médiéval et italien, le lecteur d'aujourd'hui pourra-t-il appréhender sa dimension sacrée.

  • L'énéide

    Virgile

    L'épopée latine par excellence, l'Énéide de Virgile, est un long poème de 11 000 vers. De même que l'Iliade et l'Odyssée - dont l'Énéide s'inspire largement -, l'ouvrage a suscité l'admiration de générations de lettrés de l'Antiquité à nos jours et fut une source d'inspiration récurrente pour les artistes et les poètes.
    Ce récit des épreuves du Troyen Énée, ancêtre mythique du peuple romain, fils d'Anchise et de la déesse Vénus, depuis la prise de Troie jusqu'à son installation dans le Latium, a été écrit entre 29 et 19 av. J.-C. (mort de Virgile) et se divise en douze chants.
    Ce texte canonique est traduit, et annoté, par le grand historien de Rome Paul Veyne. À quatre-vingt deux ans, ce savant inclassable et mondialement connu, n'a pas hésité à relever le défi de proposer une nouvelle traduction de ce monument de la culture latine. Un événement.
    En coédition avec Les Belles Lettres.

  • Tout Homère

    Homère

    Sous la direction d'Hélène Monsacré, directrice du Département des Sciences humaines des Éditions Albin Michel et qui a publié, notamment, Les Larmes d'Achille (1984, 2010).
    Avec les contributions de Victor Bérard, Manon Brouillet, Eva Cantarella, Michel Casevitz, Adrian Faure, Xavier Gheerbrant, Giulio Guidorizzi, Jean Humbert, Christine Hunzinger, Pierre Judet de La Combe, Gérard Lambin, Silvia Milanezi, Hélène Monsacré et Heinz Wismann.

  • Le personnage féminin qui occupe la première place dans le roman qu'on va feuilleter est une courtisane antique, mais, que le lecteur se rassure : elle ne se convertira pas.
    Elle ne sera aimée ni par un moine, ni par un prophète, ni par un Dieu. Dans la littérature actuelle, c'est une originalité.
    Courtisane, elle le sera avec la franchise, l'ardeur et aussi la fierté de tout être humain qui a vocation et qui tient dans la société une place librement choisie ; elle aura l'ambition de s'élever au plus haut point ; elle n'imaginera même pas que sa vie ait besoin d'excuse ou de mystère : ceci demande à être expliqué.
    Jusqu'à ce jour, les écrivains modernes qui se sont adressés à un public moins prévenu que celui des jeunes filles et des jeunes normaliens ont usé d'un stratagème laborieux dont l'hypocrisie me déplaît: "J'ai peint la volupté telle qu'elle est, disent-ils, afin d'exalter la vertu". En tête d'un roman dont l'intrigue se déroule à Alexandrie, je me refuse absolument à commettre cet anachronisme.

  • En 1935, au moment où, signant un pacte d´alliance, la France et l´U.R.S.S. se rapprochent, Romain Rolland se rend à Moscou, invité par Gorki. Il y séjourne un mois, rencontre les dignitaires du régime : Iagoda, Boukharine..., et passe plusieurs heures avec Staline. Il note ses impressions, ses rencontres, il résume ses conversations. Rentré à Villeneuve, il fait le point, dresse les portraits des uns et des autres, s´interroge sur les contradictions qu´il a perçues. Malgré tout il reste fidèle à son engagement et défend l´U.R.S.S. Mais la mort de Gorki en 1936, puis les procès de Moscou commencent à ébranler sa foi. En 1938 il ajoute des « Notes complémentaires » au récit de son voyage. En 1939, après la signature du pacte germano-soviétique, il rompt nettement avec Moscou : « Cette magistrale scélératesse me dégoûte à jamais du Kremlin. » Bernard Duchatelet, professeur à l´université de Brest, spécialiste de l´oeuvre de Romain Rolland, retrace dans une présentation nourrie l´évolution politique du partisan de l´Indépendance de l´Esprit, depuis son enthousiasme, en 1895, pour le socialisme, jusqu´à l´aveu, en 1940, de ses erreurs - rappelant quels furent entre ces deux dates ses refus, ses hésitations, ses doutes et son engagement.
    Voyage à Moscou contribue à éclairer les ambiguïtés et les difficultés de l´engagement des intellectuels de l´entre-deux-guerres pris entre la nécessité de la lutte contre le fascisme et l´inévitable reconnaissance des dérives du régime stalinien.

  • Un panorama qui rassemble les plus hauts et les plus nobles sommets de la littérature romantique.

    Qui mieux que Marcel Brion, le conteur de La Chanson de l'oiseau étranger et de La Ville de sable, pouvait nous rendre fraternelles les âmes et les oeuvres de Heinrich von Kleist, de Clemens Brentano, de Ludwig Tieck, de Wilhelm Heinrich Wackenroder, de Caroline von Günderode, réunis dans ce premier volume, nous faire éprouver tout ce qu'il y a en eux de rare, d'exceptionnel et de merveilleux, et nous aider à ne pas nous sentir dépaysés dans un univers aussi peu souvent visité par les lecteurs français ?

    Ce nouveau livre de Marcel Brion rend un très grand service à la culture française en ce qu'il explique le phénomène romantique et le fait revivre devant nous dans les écrivains chez lesquels il s'est le plus magnifiquement incarné, en même temps qu'il familiarise le lecteur avec des formes de pensée, de sensibilité et d'expression avec lesquelles il lui est, enfin, permis de communier.

  • Aux grandes figures présentées dans le premier volume de L'Allemagne romantique Kleist, Tieck, Brentano, Wackenroder, Caroline von Günderode , Marcel Brion se devait d'ajouter celles de quatre des plus grands écrivains allemands du XIXe siècle : Novalis, Hoffmann, Jean-Paul, Eichendorff. Ainsi le second volet de ce diptyque romantique complète-t-il le passionnant panorama de cette littérature encore trop mal connue en France, et dont l'influence fut pourtant déterminante sur les Romantiques de notre pays.
    Marcel Brion, subtil et savant connaisseur de l'âme romantique, auteur de grandes biographies de Goethe et de Robert Schumann et lui-même romancier du fantastique, parvient superbement à nous familiariser avec les livres et les visages de ces quatre génies du Romantisme allemand. L'Allemagne romantique : un grand classique.

  • Stendhal fut un être mobile et complexe, un être rétractile et caché. Il a passé une bonne partie de son temps à se travestir. Et nombre de ses contemporains se sont trompés sur son compte.
    Dans Le coeur de Stendhal, Henri Martineau a néanmoins tenté de résoudre les énigmes que l'écrivain a lui-même posées tout au long de son existence.
    Au-delà des livres, déchiffrant - avec le privilège de la postérité - d'innombrables pages où Stendhal a multiplié les confidences, Henri Martineau nous dévoile un Stendhal tout neuf. Celui qu'on a pris longtemps pour un esprit sec se révèle inapaisé de tendresse, ce prétendu méchant ne chérissait rien autant que la musique, le rêve, les enfants et les femmes.
    Vie de fonctionnaire, de dilettante, d'amoureux, d'écrivain. mais surtout vie consacrée à la poursuite du bonheur, dont Stendhal pensait qu'elle peut mieux occuper notre coeur que le bonheur lui-même.

  • Stendhal fut un être mobile et complexe, un être rétractile et caché. Il a passé une bonne partie de son temps à se travestir. Et nombre de ses contemporains se sont trompés sur son compte.
    Dans Le coeur de Stendhal, Henri Martineau a néanmoins tenté de résoudre les énigmes que l'écrivain a lui-même posées tout au long de son existence.
    Au-delà des livres, déchiffrant - avec le privilège de la postérité - d'innombrables pages où Stendhal a multiplié les confidences, Henri Martineau nous dévoile un Stendhal tout neuf. Celui qu'on a pris longtemps pour un esprit sec se révèle inapaisé de tendresse, ce prétendu méchant ne chérissait rien autant que la musique, le rêve, les enfants et les femmes.
    Vie de fonctionnaire, de dilettante, d'amoureux, d'écrivain. mais surtout vie consacrée à la poursuite du bonheur, dont Stendhal pensait qu'elle peut mieux occuper notre coeur que le bonheur lui-même.

  • Mort en novembre 1922, Marcel Proust n'a pas eu le temps de connaître la gloire universelle qui s'attache désormais à son oeuvre. Seuls quelques critiques, ainsi qu'une petite cohorte d'amateurs éclairés, voyaient déjà dans À la recherche du temps perdu le monument littéraire du siècle. Parmi ces enthousiastes de la première heure, le jeune Jacques Benoist-Méchin.
    Ce fut à la demande de l'écrivain allemand Ernst Robert Curtius, lui aussi admirateur de Proust, que Benoist-Méchin écrivit à l'auteur des Jeunes Filles en fleurs pour lui demander d'autoriser une traduction, au moins partielle, de ses livres en allemand. Une visite d'ensuivit, extraordinaire rencontre que fit le jeune homme de l'écrivain allongé dans un salon privé du Ritz, auquel une lampe rose donnait l'aspect d'une grotte marine.
    Et Marcel Proust, au cours de cet entretien, non seulement accepta qu'on effectuât la traduction, non seulement posa mille questions à son interlocuteur ébloui, mais suggéra à celui-ci d'écrire un essai sur La Musique du Temps perdu...
    Ce que fit Benoist-Méchin l'année suivante d'abord avec incertitude et angoisse, pour finir avec une étonnante maîtrise.
    Aujourd'hui, c'est cet essai, rédigé voilà cinquante ans et devenu introuvable, qu'il nous livre. Pages à la fois profondes et ferventes, et d'autant plus remarquables si l'on songe à ce qu'elles représentaient d'originalité et de prescience, pour un jeune homme de cet âge.
    En même temps, Benoist-Méchin cite les lettres inédites que lui adressa Marcel Proust, raconte le détail des circonstances qui marquèrent sa mémorable entrevue avec lui, et enfin nous fait découvrir tout ce qu'il puise encore dans ce souvenir, autant que dans une oeuvre qui n'a cessé de poursuivre son itinéraire à l'intérieur de sa conscience. Une oeuvre, dit-il, « indissolublement liée aux élans, aux émotions et aux enthousiasmes de ma jeunesse ».

  • 13 lettres de Balzac, 7 lettres de Musset, 151 lettres de G. Sand, 7 lettres de Lamartine, 81 lettres de Victor Hugo, 5 lettres de Mme Victor Hugo, 6 lettres de Charles Hugo, 4 lettres de Thiers, 2 lettres de Michelet, 32 lettres de Proudhon, 8 lettres de Sainte-Beuve, 2 lettres de Barbey d'Aurevilly, 4 lettres de Fromentin, 5 lettres de Gustave Doré, 5 lettres de Mérimée, 16 lettres de Tourguéneff, 19 lettres de Jules Verne, 2 lettres d'Émile Zola, 2 lettres de Huysmans, etc., etc.

    Pour cette vaste correspondance, ce volume constitue une authentique Édition originale.
    Une contribution exceptionnelle à l'histoire littéraire des années 1836-1886.

  • Bernanos vivant

    Bruckberger R L.

    « J'avais dix-neuf ans quand a paru Sous le soleil de Satan et que je l'ai lu : dès ce jour, Bernanos devint pour moi le grand Initiateur, je savais que ce serait de lui que j'apprendrais les grandes choses sur l'esprit et la vie, sur un certain comportement dans la vie et dans l'exercice de l'esprit. C'est dire avec quelle anxieuse impatience - celle de la toute première jeunesse - je me suis mis à attendre chacun de ses livres, comme si, de quelque manière, mon sort en dépendait, et il en dépendait en effet. Chacun, sitôt paru, je le lisais, le relisais indéfiniment, moins pour apprendre - apprendre quoi ? - que pour accorder mon souffle à cette puissante respiration, pour sentir en moi des portes s'ouvrir magiquement, silencieusement : mon espace intérieur élargi à l'infini. La vision que Bernanos me donnait de la vie chrétienne était tellement libératrice; ample, généreuse que, tournant vers moi mon regard, je ne pouvais plus attribuer les mesquineries de mon existence qu'à ma propre ladrerie : c'était merveilleux ! »

  • Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.
    Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • « ... Il ne faut pas me leurrer. - Et je ne me leurrais pas. Aux heures même où je me grisais complaisamment des mirages de l'esprit, au long cours du Voyage, l'esprit ne cessait pas de percevoir le rappel lancinant des tourments présents.Ce n'était pas seulement le rêve cosmique que j'étais venu nourrir aux sources de l'Inde somnambule ; j'y avais transporté mes préoccupations d'Europe, le spectre de la guerre qui avait ravagé les champs de l'Occident et qui continuait de rôder autour des ossuaires. Je savais trop que les Erinnyes étaient tapies, au chevet des tombes, d'où montait la fumée rouge du sang répandu. Et j'avais le désir anxieux de leur opposer, comme au terme de la trilogie d'Eschyle, une digue de raison souveraine, qui mît fin au conflit. Elle n'était guère à attendre des impérialismes vainqueurs d'Occident qui entendaient jouir des dépouilles et, gorgés, stupidement n'avaient même point la prudence élémentaire de savoir les garder. Je pensais la trouver dans la révélation qui me fut faite, en 1922, du petit Saint François de l'Inde : Gandhi. Apportait-il, dans les plis de sa bure, le mot libérateur des meurtres à venir, la Non-Violence héroïque qui ne fuit pas, mais résiste, « l'Ahimsa » ? J'avais un tel besoin d'y croire que j'y ai cru passionnément pendant plusieurs années, et j'ai versé, à pleins seaux, cette foi. J'avais la certitude (ah ! je ne m'en dédis pas !) qu'elle seule pouvait être le salut du monde chargé de crimes, de ses crimes passés, de ses crimes futurs...8 septembre 1940R. R

  • Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.
    Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

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