Classiques Garnier

  • Poème allégorique complexe et foisonnant, La Divine Comédie mène le lecteur des neuf cercles de l'Enfer aux terrasses du Purgatoire pour aboutir aux neuf sphères du Paradis. Cette oeuvre est autant le récit didactique de la conversion de l'âme du poète perdu « au milieu du chemin de la vie » que l'avènement d'une création poétique universelle et totale alliant les traditions antique et médiévale au « poème sacré ». Sous l'égide de Virgile puis de Béatrice, Dante nous donne à voir des histoires tragiques et des visions mystiques, qui ont durablement inspiré les peintres, écrivains, musiciens et cinéastes. L'édition critique d'Henri Longnon éclaire la dimension historique et politique d'une oeuvre également ancrée dans les débats de son époque.

  • Héroïne à la fouge délicieusement exotique, Indiana échappe à tout plan romanesque. Par elle transparaît la réalité de l'âme humaine, l'authenticité des passions et des voluptés. Entre Paris et la Réunion, entre la Restauration et la monarchie de Juillet, elle profile les déchirements d'une société, mais aussi les déploiements d'une révolte intérieure contre des moeurs patriarcales et bourgeoises. Avec ce premier roman signé de sa seule plume, George Sand obéit à une impulsion ; impulsion à la verve éminemment moderne et dont la justesse lui vaudra la reconnaissance immédiate de ses pairs.
    L'appareil critique de cette édition, soigneusement établi par Pierre Salomon, rend toute justice à la place de l'auteure dans son siècle.

  • Balzac projetait l'écriture d'une nouvelle : mais La Cousine Bette se déploie au fil de sa plume, grossit et finit par s'imposer comme l'un des drames les plus riches et les plus fournis de La Comédie humaine. Lisbeth Fischer n'est pas seulement la parente pauvre, elle est l'incarnation féminine de la frustration et du sadisme qui, par jalousie, s'emploie à causer la ruine financière et morale de sa propre famille. Figure redoutable dans laquelle l'auteur télescope les femmes qui l'auraient malmené, elle représente le pendant noir du Cousin Pons. Cette édition critique de Maurice Allem remet à l'honneur «ce roman terrible» avec lequel Balzac n'entendait pas moins que surpasser Eugène Sue.

    Maurice Allem, de son vrai nom Léon Allemand, fut historien de la littérature et co-éditeur de la revue des Lettres françaises. Cet éminent philologue, spécialiste de la littérature française au xix e  siècle, signa d'importantes monographies sur Balzac, Sainte-Beuve, Musset, ainsi qu'une étude historique, La Vie quotidienne sous le Second Empire (Paris, 1948).

  • « Mon livre est tout entier une invective contre les romans de chevalerie » avertit sans détour Cervantès. Difficile, en effet, de prendre au sérieux les aventures abracadabrantes de cet hidalgo improvisé, adoubé par un aubergiste, et suivi comme son ombre par un écuyer paysan. En défiant la littérature chevaleresque et en se jouant des codes, Cervantès ne se cantonne pourtant pas à la caricature. Ridicule jusqu'au panache, Don Quichotte de la Manche se hisse dès le xviie siècle en mythe intemporel que l'on ne cesse de lire et de réinterpréter. Enrichi d'un apparat critique de Maurice Bardon, l'ouvrage à la polyphonie foisonnante continue de surprendre par sa modernité et par son burlesque sublime.

  • Paul et Virginie est depuis sa parution en 1788 une des oeuvres les plus lues, éditées et diffusées de la littérature française. La présente édition s'efforce de donner les éléments nécessaires pour comprendre l'oeuvre dans son contexte premier et dans le projet général de l'auteur.

  • Formée à partir de plusieurs nouvelles, cette Scène de la vie privée est l'une de celles que Balzac aura le plus longuement remaniées. S'y orchestrent, comme autant de drames intimes, des saynètes de la vie conjugale, au coeur desquelles le destin amer de Julie Aiglemont se noue d'âge en âge, en tant qu'épouse puis mère. Alliant l'art de la satire, de la peinture sociale et du rocambolesque, Balzac livre un roman-feuilleton engagé, qui interroge avec acuité la condition des femmes dans ce jeu d'apparences qu'est le mariage.
    Ainsi déploie-t-il, sur fond historique, une trame éminemment moderne, que cette édition critique établie par Maurice Allem se propose de mettre savamment en lumière.

  • Cet ermite tenté par le Diable, Flaubert en découvre la grandeur sur un tableau de Breughel. Dès lors, il le sait : Saint Antoine sera l'oeuvre de sa vie. Durant près de trente ans, il réécrira ce projet poético-mystique en parallèle de ses autres écrits. Saint de solitude et de désir en proie à l'éclat des ténèbres, aux obsessions et aux révoltes de son esprit, Saint Antoine devient pour l'écrivain son entreprise littéraire la plus haute et la plus personnelle... un Faust trop humain entre deux infinis. Enrichie d'une intro- duction d'Édouard Maynial, cette édition critique remet au jour le chef-d'oeuvre de Flaubert, dont l'imaginaire, conjuguant visions romantiques et antiques, répond à tous les siècles.

  • Comment être plus moderne que Scarron, en un temps où l'on goûte de nouveau le mélange des genres, du burlesque au galant, du grotesque au réalisme, du vraisemblable au romanesque, de la satire des caractères à quelques observations sociales essentielles? Au travers d'aventures comiques et amoureuses, ce romancier très conscient des jeux et des enjeux de la fiction donne à réfléchir «comiquement» à ce que c'est que de «raconter une histoire», pour le plaisir et l'instruction des lecteurs.

  • Édition établie par Jeanne-Lydie Goré à partir du manuscrit autographe (B.
    N. Res 14944) complété par le cahier et les feuillets autographes (FF), enrichi des corrections et additions ajoutées par Fénelon à la " copie dite de l'abbé Porée ".

  • Le Médecin malgré lui. Pastorale comique. Le Sicilien ou l'Amour peintre. Amphitryon. Georges Dandin ou le Mari confondu. L'Avare. Monsieur de Pourceaugnac. Les Amants magnifiques. Le Bourgeois gentilhomme. Psyché. Les Fourberies de Scapin. La Comtesse d'Escarbagnas. Les Femmes savantes. Le Malade imaginaire. La Gloire du Val-de-Grâce. Poésies diverses.

  • Avant d'être l'homme des Pensées, Pascal a été jusqu'au romantisme l'homme des Provinciales: ne serait-il pas en train de le redevenir? Les études se multiplient depuis quelques années autour d'un texte aussi éblouissant dans sa forme que crucial dans ses enjeux: dans ce chef-d'oeuvre de la littérature polémique en langue française, au-delà de la querelle entre jansénistes et jésuites sur la grâce et la morale, il s'agit en effet pour Pascal de défendre, depuis la clandestinité et avec les seules armes de l'ironie et de l'indignation, les droits de ce qu'il nomme "la vérité" et ceux de la conscience contre la violence ouverte ou sournoise des institutions.

  • Indissociables du reste de son oeuvre, les écrits philosophiques de Diderot ont pour- tant traversé les siècles dans la clandestinité : éclipsés par le rayonnement de l'Encyclopédie, souvent amputés par l'auteur lui-même pour ménager ses contemporains, il leur reste beaucoup à nous révéler. C'est la pensée la plus authentique, la plus personnelle et la plus audacieuse de Diderot que la présente édition, établie par Paul Vernière, s'attache à rendre dans le respect des textes manuscrits. De la Lettre sur les aveugles au Rêve de d'Alembert, toute la profondeur de ce philosophe matérialiste, qui arc-boute sa morale sur les connaissances nouvelles en physiologie, se retrouve dans ces pages aux allures de conversations.

  • Quand il écrit Mademoiselle de Maupin en 1835, Théophile Gautier y verse toute la liberté et l'ardeur de ses vingt-quatre ans. Un coup d'éclat valu d'abord par ce destin amoureux rocambolesque de Madeleine, actrice scandaleuse, qui manie l'épée comme le travestissement. Mais aussi par un art de la forme composite qui allie correspon- dances et récits, fantaisies et morceaux de bravoure ; ou encore par une préface devenue célèbre, fustigeant non sans verve les journalistes braillards en temps de polémique, et affirmant un art exempt de tout autre dessein que lui-même. Adolphe Boschot, à qui l'on doit cette édition critique, nous le rappelle bien : « Avant de parler de Maupin, il faut la relire, et avec soin. »

  • Parues en 1740, aussitôt traduites en français et diffusées dans toute l'Europe, ces lettres d'une femme de chambre en butte aux harcèlements de son maître ont inauguré une nouvelle ère dans l'histoire du roman européen. Ce monument n'a pas été réédité en français depuis près de deux siècles.

  • L'Ensorcelée, ce roman des guerres de la chouannerie, est plus qu'une rêverie nostalgique sur un passé aboli : en faisant « du Shakespeare dans un fossé du Cotentin », Barbey d'Aurevilly a donné à sa méditation sur l'Histoire une dimension tragique et fantastique qui provoque « les vertiges de l'incompréhensible ».

  • Cette édition est strictement chronologique. Le tome I est abondamment illustré, puisqu'il reprend toutes les gravures de Jarry lui-même, et celles qu'il convoque pour les commenter. Outre un rigoureux établissement du texte, l'apparat critique renouvelle entièrement la connaissance que l'on avait de la manière d'écrire de Jarry, à partir de ses cultures les plus diverses.

  • Cette nouvelle édition, strictement chronologique, démontre combien l'oeuvre de Jarry, symboliste à l'extrême, côtoie la consécration du roi Ubu. Il dynamite toute écriture, de l'intérieur, tandis que, d'autre part, le soldat s'évade du réel sinistre par la rêverie. L'annotation, particulièrement riche, témoigne de l'ampleur des sources révélées.

  • Cette nouvelle édition des oeuvres complètes d'Alfred Jarry est strictement chronologique. Outre un rigoureux établissement du texte à partir des manuscrits retrouvés, l'apparat critique renouvelle la connaissance de l'inventeur de la pataphysique.

  • Furetière revendique de raconter « avec fidélité » les aventures galantes de « bonnes gens de médiocre condition ». L'intrigue amoureuse permet ainsi de décrire avec réalisme le langage, les sentiments et les moeurs de la bourgeoisie parisienne sous le règne de Louis XIV, tout en engageant une réflexion sur l'invention romanesque.

  • Le roman inachevé de Goethe, La Vocation théâtrale de Wilhelm Meister, brosse, à travers le récit des aventures d'un jeune bourgeois fasciné par le théâtre, un vivant tableau de la société allemande du XVIIIe siècle et éclaire la problématique d'une culture théâtrale nationale en voie de constitution.

  • L'Anabase de Xénophon, chronique et premier récit autobiographique, raconte le périple des Dix-Mille, mercenaires levés par Cyrus pour détrôner son frère, le roi de Perse. Ce récit constitue une source essentielle sur la Perse, les peuples du plateau anatolien et la Grèce des Ve-IVe siècles avant Jésus-Christ.

  • Les Rêveries ne sont pas une simple suite des Confessions et des Dialogues. Elles ne valent pas non plus par leur seule beauté littéraire. Chacune de ces dix Promenades est une méditation philosophique, un exercice spirituel témoignant de ce même « souci de soi » qui animait les sages antiques. La question sur laquelle s'ouvre la première promenade (« que suis-je moi-même ? ») peut dès lors être lue comme le point extrême d'un question- nement philosophique d'autant plus important que le sujet qui l'énonce, ici le moi qui nous parle, apparaît comme doutant, à certains moments, de sa propre authenticité.

    La présente édition, qui se fonde sur un examen scrupuleux des manuscrits dispo- nibles, est la seule à proposer l'intégralité des variantes de ce texte. Accompagnée d'un riche appareil critique, elle ouvre de nouvelles pistes interprétatives, et invite à porter un regard rétrospectif sur l'ensemble de l'oeuvre de Rousseau.

  • La Vie de mon père retrace le parcours d'un « honnête homme » et propose le tableau des vertus de la vie à la campagne. Mais Rétif propose en filigrane une remise en cause de l'autorité paternelle. La biographie du père apparaît ainsi comme un préalable narratif à l'autobiographie du fils, entamée cinq ans après.

  • Fervent américaniste, Condorcet propose une analyse résolument moderne des constitutions américaines. Dans ces écrits, il affine les principes fondamentaux de sa propre philosophie politique. La présente édition rend à Condorcet la place qu'il mérite dans l'histoire de la pensée libérale française.

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