Contemporaine

  • Attendu que

    Layli Long Soldier

    • Isabelle sauvage
    • 27 Octobre 2020
  • Incantation pour nous toutes

    Anna Milani

    • Isabelle sauvage
    • 24 Juin 2021
  • Barque pierre

    Frederique Carvalho

    • Isabelle sauvage
    • 12 Juin 2020
  • Tremble

    Benoît Colboc

    • Isabelle sauvage
    • 24 Juin 2021
  • Le livre des morts

    Muriel Rukeyser

    • Isabelle sauvage
    • 14 Février 2017
  • Swifts

    Camille Loivier

    • Isabelle sauvage
    • 20 Octobre 2021

    Construit en trois parties, comme Éparpillements (éd. isabelle sauvage, 2017), Swifts en est selon l'autrice le jumeau, mais aussi une suite, au sens musical, une variation sur les mêmes motifs, avec toujours cette même attention aux choses, à la nature, aux bêtes...Le mot anglais swift (en français martinet) dit à la perfection tout à la fois le vol, la trace, la promptitude, le son que produit dans l'air le passage de l'oiseau, mais aussi son sifflement strident si caractéristique - « leurs longs sifflets s'entrecroisent en filets / seul sillon à l'écoute / hauts fins filants ». Les swifts « volent au travers du corps », restent constamment en vol, plongent mais ne se posent : ils ne pourraient plus repartir - « car je n'en ai pas tenu dans ma main / je sais que s'ils tombent ils ne sauraient se relever ». Comme les mots ? « la parole attendue ne vient pas / les mots tombent en avant de la bouche / par terre ».Mais « il existe une autre langue / que je ne parle pas / qui s'apprend / (je l'approche dans le vent) ». Il faudrait donc pouvoir se taire - « car si une parole sort / un silence doit souffrir » - ou « parler la langue des swifts », « la langue de la chienne », « la langue de la laie », la langue des bêtes en somme, une langue qui s'apparenterait au silence, « un silence qui n'a pas peur du silence », une langue du silence qui rassemblerait hommes et bêtes « tandis que la parole nous coupe ».La chienne, les sangliers, les swifts, le jardin aussi, disent tous ce silence, les gestes du silence, une langue du silence à opposer au silence du père, à cette langue paternelle devenue incompréhensible - « car que peut-on dire quand on ne parle pas la même langue / dans la même langue ».À la recherche de cette langue du silence, le texte de Camille Loivier avance par répétitions, reprises ou allitérations, se bat « avec le tourbillon qui écrit » pour finir par écrire le silence même, que ce silence demeure écrit et n'encombre plus la bouche, ne l'asphyxie plus - « ce qui occupe la bouche en sa cavité profonde / est un mot que l'on cherche et qui ne vient pas ».Dire enfin « (qu'écrire redonne vie et ne la retire pas) » et aussi, simplement, retrouver la « joie qu'apporte l'animal sauvage chaque fois qu'on le croise ».

  • Kryptadia

    Anne Malaprade

    • Isabelle sauvage
    • 24 Juin 2021
  • Proella

    Erwann Rougé

    • Isabelle sauvage
    • 3 Juillet 2020
  • Fragments du discontinu

    Howald I B.

    • Isabelle sauvage
    • 3 Juillet 2020
  • Ou je coule

    Christine Caillon

    • Isabelle sauvage
    • 1 Mars 2021
  • La hure-langue

    Cornthwaite Roland

    • Isabelle sauvage
    • 20 Octobre 2021

    C'est du côté de la bête, du sauvage, des grognements, du terrier, que Roland Cornthwaite, par-dessus son histoire familiale, se tourne, érigeant le sanglier en emblème de liberté, contre le cochon polissé, dressé, dépecé, vidé de sens.Contre la domestication ou, en l'occurrence, un « dérèglement de fam'fille », étant né (« sang lié ») d'un père dont la langue étrangère dut être tue, en « famille, la bonne, la française, la famille maternelle » (« parle pas c't'oiseau / pas not'langue »). Comment s'inscrire dans cette lignée assignée unilatéralement, « avec elle, pour elle, contre elle », comment « oser // to lose her », la mère, comment vivre/rompre avec le « corps frontière [...] toutes racines de terre souffrances / identiques semblables / tous hommes de nuit / même nuit » ? Comment dire « colère sur colère sur colère », sinon « renâcle[r] bâcle[r] la langue », celle qu'on l'enjoint de parler ? Sinon se construire à part soi une hurlangue ? Et oser le « miroir du risque » (« inversion du su- / jet du tu / et sortir par un je »). C'est un corps-à-corps, dès lors, un bégaiement rugueux « doigt sur percuteur stylo », où les jeux de mots déplacent sans arrêt la lecture d'un sens à un autre comme pour empoigner le lecteur, où l'humour a toute sa place également.Car la colère ne saurait suffire, puisqu'il faut bien « sortir de cette ire tirelire l'ire lyre », et interroger ce grondement en soi, et hésiter, le calmer, le reprendre... Face à la mort de la mère notamment (« vu la déesse nue / sans fard ») : que faire avec ça, autrement ? « Tu(e », séquence plus émouvante, apparaît ainsi comme une transition, une pause. Elle s'ouvre sur le récit de la mort de la mère en un texte à elle adressé, posé, et le « tu » ne cessera dans les poèmes suivants de la séquence. « tue, c'est silence », et « tu as / avalé la nuit », c'est « le nu du temps ». Si « [ses] mains / pour pas d'au revoir », « peut-être réparer / le lien de soi à soi [...] peut-être apaiser / un penser va-et-vient » ?Quand « soir de sanglier / rejoint l'enfant », ne faut-il pas rentrer dans la comptine et la prendre pour ce qu'elle est, comme sont les contes, cruels ? Et « tête sortir miroir », accepter une fois pour toutes d'être, debout, « aux marges », titre de la dernière partie en guise d'épilogue : « aux marges / saccage (tu dis) / sa cage / ferme le mot ». Oui, dire pour « sort'ire », se débarrasser de ce qui, toujours, a empêché.

  • Les caduques

    Coat Maryvonne

    • Isabelle sauvage
    • 20 Octobre 2021

    Les caduques est un livre à multiples entrées. Maryvonne Coat y explore l'enfantement au plus intime, au creux de la chair de la femme, la fusion utérine entre la mère et l'enfant, mais on peut y voir également la relation sexuelle et amoureuse des amants. C'est une plongée, ou une traversée, du corps-matrice, du corps-vie.Si l'usage du mot « caduc/que » pour quelque chose de périmé est fréquent, l'est beaucoup moins son acception médicale, au féminin, qui désigne la/les membranes qui vont former le placenta et être expulsées au moment de l'accouchement. Le terme vient du latin caducus qui veut dire « tombé » ou « tombant ». Cette signification plus courante du mot est là aussi présente, dans cette « chute » originelle, comme dans l'épuisement - et le renouvellement - qui s'opère dans un couple.C'est une expérience d'écriture - et de lecture - qui s'apparente à de la couture, aux prises avec une matière dont la souplesse s'avère assez vertigineuse. Soit un poème en vers initial et trois versions qui en découlent, nous avons dans ce livre deux « fils », et deux « trames », chaque fois versant et envers. Chaque fois rigoureusement les mêmes mots, les poèmes « fils » se déroulant en vers brefs sur la page, filets, écoulements, les poèmes « trames » constitués de ces fils tissés serré, formant tissus denses ; les versants allant de A à Z, si l'on peut dire, les envers de Z à A. Seuls changent les coupes aux vers, et la disposition dans la page entre les fils et les trames.On suit, dans les séquences versifiées, l'agencement des mots au rythme fluide, pris dans une sorte de spirale (ou de siphon), qui se dilate en versant, se rétracte en envers. D'un côté le foetus qui se détache de l'utérus, la « peau commune », formant « deux nous / le nous / l'un l'autre / de chacun », et c'est la naissance (la séparation), la délivrance et le vide, « du tissu / affranchi / corps flotté / s'invente un espace », « le passé / nous sépare / de ce qui nous relie » ; quand, de l'autre, avec les corps unis « un espace / s'invente / flotté / corps / affranchi / du tissu », « un temps / nous relie / de ce qui nous sépare », et c'est comme un commencement, tout peut recommencer... C'est pulsations des deux côtés, « spasmes puissants », c'est liquide, vagues, déversements et échouages, le corps est port, jetée, plages ou grand-voile.Les séquences en prose, au centre du livre, sont imprimées sur papier calque, redoublant le brouillage, ou l'empilement des couches. Si l'on est davantage du côté contenant, et la sensation d'un rembobinage plus que d'une spirale, ou d'une boucle, le bloc n'est qu'en apparence plus cadré, puisqu'il appartient au lecteur de relier tels ou tels mots, groupe de mots et d'avancer dans le texte comme il l'entend, avec la transparence qui paradoxalement obscurcit la lecture. Il y a saturation, assurément, dans cette superposition des sens.

  • Fantasqueries

    Jean-Pascal Dubost

    • Isabelle sauvage
    • 15 Novembre 2016
  • Une, traversee

    Manno / Calas Di

    • Isabelle sauvage
    • 7 Novembre 2014
  • Basse langue

    Christia Veschambre

    • Isabelle sauvage
    • 1 Juin 2016
  • Negus

    Kamau Brathwaite

    • Isabelle sauvage
    • 1 Mars 2017
  • Parole, personne

    Anne Malaprade

    • Isabelle sauvage
    • 15 Mai 2018
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