Poésie

  • Interférences

    Emmanuèle Jawad

    • Les presses du reel
    • 27 Août 2021

    Interférences est composé de trois séries de poèmes, construits comme des photographies textuelles. Le matériau de cette poésie croise souvenirs collectifs (manifestations contre la guerre du Golfe...), actualité sociale et inserts intimistes, dans une logique de télescopage et/ou de brouillage des données.
    On photographie l'appareil en train de filmer on la photographie qui regarde l'appareil en train de filmer très clairs d'avant comme observant avec fixité les épreuves se développent chromogènes lignant les cavités géométriques franchir les rectangles d'eau une distribution dans des récipients mesurés la rupture est une gorge encaissée de plus près des dalles cassées après extraction

  • Procès-verbaux

    Marius Loris Rodionoff

    • Les presses du reel
    • 12 Mars 2021

    Ce document poétique est basé sur des archives des dossiers de procédure personnelle d'un tribunal militaire en Algérie entre 1954 et 1963. Ces dossiers sont des archives soumises à dérogation que l'auteur, également historien, a été l'un des premiers à consulter. Dans la lignée de la littérature objectiviste, ce livre donne à lire les mots de la justice française en Algérie.

    Voir aussi Émilie Goudal : Des damné(e)s de l'Histoire - Les arts visuels face à la guerre d'Algérie.

  • Il a fallu apprendre à lire dans le noir

    Vincent Lafaille

    • Les presses du reel
    • 27 Août 2021

    Ce livre se fabrique dans le temps des mouvements sociaux (de 2016 à 2020). Alors que ce pose la question de comment réinvestir nos villes et nos vies - notre présent -, l'auteur réinvente une poétique qui se construit sur le rythme, parfois hésitant, titubant, de la marche - comme on traverse l'espace pars des chemins de traverse, dans une logique d'écriture buissonnière. Des lettres, envoyées à une camarade, ponctuent ce récit fragmenté par des descriptifs qui sont autant de respirations.

  • Le cours du Danube ; en 2888 kilomètres/vers... l'infini

    Michèle Métail

    • Les presses du reel
    • 1 Juin 2018

    Un long poème vertigineux, virtuellement infini, de Michèle Métail, construit sur le principe de la concaténation et des « ricochets » de compléments de nom : une exploration rigoureuse du langage construite comme une partition, inspirée des techniques de montage de la musique électroacoustique, pour se rapprocher d'une musique verbale.

    2887 ___________________________________________________________________ le poème de l'infini / 2886 ____________________________________________________ l'anniversaire du poème de l'infini / 2885 ________________________________________ l'annuité de l'anniversaire du poème de l'infini / 2884 _______________________ la quarantaine de l'annuité de l'anniversaire du poème de l'infini / 2883 la célébration de la quarantaine de l'annuité de l'anniversaire du poème de l'infini / 2882 la cérémonie de la célébration de la quarantaine de l'annuité de l'anniversaire du poème / 2881 la solennité de la cérémonie de la célébration de la quarantaine de l'annuité de l'anniversaire / 2880 l'occasion de la solennité de la cérémonie de la célébration de la quarantaine de l'annuité / 2879 la voiture de l'occasion de la solennité de la cérémonie de la célébration de la quarantaine / 2878 le conducteur de la voiture de l'occasion de la solennité de la cérémonie de la célébration / 2877 le permis du conducteur de la voiture de l'occasion de la solennité de la cérémonie / 2876 la délivrance du permis du conducteur de la voiture de l'occasion de la solennité / 2875 la préfecture de la délivrance du permis du conducteur de la voiture de l'occasion / 2874 le chef-lieu de la préfecture de la délivrance du permis du conducteur de la voiture / 2873 le canton du chef-lieu de la préfecture de la délivrance du permis du conducteur / 2872 la confédération du canton du chef-lieu de la préfecture de la délivrance du permis / Egalement disponible en édition de tête, accompagnée d'une oeuvre originale.

  • Archives sonores de la poésie

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    • Les presses du reel
    • 3 Janvier 2020

    Un recueil d'essais et de textes fondateurs consacrés aux enregistrements sonores de poésie.
    La poésie, dans les cultures de l'écrit, s'adresse à la fois à l'oeil et à l'oreille. Mais l'enregistrement de la voix constitue dans l'histoire du genre une mutation médiatique majeure. Le corpus dont nous disposons après plus de cent ans d'enregistrements est immense et hétérogène, à la fois en termes de supports (mécaniques, magnétiques, optiques, numériques) et de sources (émissions de radio ou de télévision, enregistrements phonographiques, lectures publiques, lectures privées). Il nécessite un travail considérable d'inventaire, de préservation, de diffusion et d'analyse. Cet ouvrage, qui rassemble des contributions de chercheurs français et étrangers ainsi que deux textes fondateurs, en jette les bases, et invite à un tournant oral des études littéraires.

  • Emmanuel Hocquard ; la poésie mode d'emploi

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    • Les presses du reel
    • 28 Octobre 2020

    Ce volume s'attache à l'ensemble des activités d'Emmanuel Hocquard, afin de faire valoir son importance, et de le situer dans une histoire de la poésie contemporaine dont il fut l'un des principaux acteurs.

    Emmanuel Hocquard (1940-2019) est l'auteur d'une oeuvre poétique où se manifeste l'ambition d'une redéfinition radicale, doublée d'une écriture en prose qui déjoue les catégories de genre autant qu'elle joue avec elles. Élaborer pour soi une écriture à laquelle on donnerait ses propres règles a été l'enjeu majeur de son travail.
    Ce n'est pas une action solitaire. Hocquard a créé, avec sa compagne Raquel, une maison d'édition artisanale, Orange Export Ltd. (1969-1986), pour publier ses amis poètes, et ses livres, parus chez P.O.L, ont contribué à en faire un éditeur emblématique de la modernité. Il a organisé des lectures publiques de poésie au musée d'Art moderne de la Ville de Paris (1977-1990), pratiqué la traduction collective à la Fondation Royaumont (1984-2000), réuni poésie française et poésie américaine dans l'association Un bureau sur l'Atlantique, enseigné à l'École des Beaux-Arts de Bordeaux (1992-2005). Il a composé des anthologies et écrit en collaboration avec des artistes et d'autres poètes.

  • Les échanges féconds entre poésie française et américaine depuis le tournant de 1968.
    Le dialogue entre la poésie française et la poésie américaine remonte au XIXe siècle. Mais si les Américains en quête de modernité se sont d'emblée tournés vers la France, le courant s'est inversé à partir des années 1970, les poètes français regardant désormais vers les États-Unis au moment où la modernité s'essoufflait. Cette étude rend compte de ce phénomène en mettant au jour les enjeux qui ont préoccupé les poésies française et américaine et motivé leurs échanges. Pour y parvenir, elle pose les questions suivantes.
    Pourquoi les poètes objectivistes (Reznikoff, Zukofsky, Oppen...) ont-ils bénéficié en France d'une réception sans cesse recommencée depuis cinquante ans ?
    Pourquoi tant de poètes français et américains de la même génération se sont-ils lus, cités et entre-traduits dans les années 1980, au point d'établir une communauté transatlantique ?
    Comment, après 1968, « dissoudre la solennité poétique » et adapter le « bas voltage » américain dans la langue de Racine ? Comment dire la poésie ? Comment la lecture publique s'institutionnalise-t-elle en France ? « Être debout et parler », est-ce encore de la poésie ?
    Au moment où la poésie en France éprouvait un sentiment d'impasse et entreprenait un bilan de la modernité, la conversation transatlantique lui aura offert un forum pour redéfinir ses formes et sa fonction. S'y sont notamment fait entendre Ashbery, Roche, Roubaud, Royet-Journoud, Albiach, Hocquard, di Manno, Gleize, Leibovici, les Waldrop, Auster, Duncan, Palmer, Bernstein, Hejinian, Watten, Doris, Fourcade, Creeley, Rothenberg, Antin, Heidsieck, Cadiot, Alferi.

  • Poèmes en guerre ; 31 juillet 1914 - 9 novembre 1918

    Guillaume Apollinaire

    • Les presses du reel
    • 19 Octobre 2018

    L'ensemble des poèmes écrits par Apollinaire entre 1914 et 1918, réunis pour la première fois, méticuleusement retranscris d'après les « manuprimes », eux-mêmes reproduits en annexe.

    Des quelque trois cents poèmes écrits par Apollinaire entre la déclaration de guerre le 31 juillet 1914 et sa propre mort le 9 novembre 1918, seul environ un tiers fut publié de son vivant. Le reste n'a été révélé que tardivement, comme les Poèmes à Lou, ou a été dispersé dans des publications posthumes. Il manquait un ouvrage qui permette d'appréhender l'ensemble de cette création.
    En substituant aux rassemblements plus ou moins arbitraires une simple juxtaposition au jour le jour, les Poèmes en guerre déroulent une histoire quotidienne où chaque destinataire reprend sa place et son rôle dans le drame vécu par le poète. Ainsi apparaissent plus clairement, mais souvent entre les lignes et dans le non-dit, la détresse, l'angoisse de mort et les recours qui permettent au soldat de « tenir » : l'amour, les amitiés, la capacité de résilience grâce à l'écriture poétique, toujours prête à cueillir « le mystère en fleurs ». Celui qu'on a trop souvent dépeint comme un va-t-en guerre ne manque rien de la terrible réalité. Pontife et araignée, il tisse les liens qui le retiennent en haut et en bas, impuissants cependant à le détourner de son destin tragique.
    Claude Debon Professeur émérite à l'université de la Sorbonne Nouvelle, ancienne élève de l'ENS, spécialiste de l'oeuvre de Guillaume Apollinaire, Claude Debon lui a consacré plusieurs ouvrages, dont Claude Debon commente « Calligrammes » (Gallimard, 2004).

  • Koma kapital

    Anne-Claire Hello

    • Les presses du reel
    • 12 Mars 2021

    Sortir de la suffocation et du silence, faire émerger du chaos une langue, monstrueuse et irréconciliable, qui ose confronter au monde sa propre singularité... Koma Kapital, en six salves, dit la brutalité de notre société et celle dont peut être capable le monde du travail ; également, de leur capacité, ou à nous formater, ou à nous détruire.

  • Crever les toits, etc. ; déplacements, septembre 2016

    Claude Favre

    • Les presses du reel
    • 18 Octobre 2018

    Texte chargé de corps, corps traversés par le temps, mers et terres traversées par les corps. « on apprend, on compte, on regarde ailleurs », plus loin, « au large du monde ». Claude Favre nous livre une poésie faite de relevés et d'emprunts, poésie présente, attentive aux déplacements des hommes et à ceux qui les contraignent. « la vie tombe tous les jours, d'accueillir ce qu'on n'attend pas, ça fend les peurs à plusieurs, s'arracher la bouche pleine de terre, et c'est documenté ».

    La collection PLI, dirigée par Justin Delareux et Jean-Marie Gleize, est une extension autonome d'Al Dante.

    Depuis 2005, Claude Favre publie de nombreux textes dans des revues / papier telles que Action poétique, Aka, Esprit, Nioques, Pli..., puis à partir de 2007 dans les revues numériques Poezibao, Libr-critique, Remue.net, oeuvres ouvertes, Diacritik, Laviemanifeste... préférant le laboratoire que sont les revues à l'édition stricto sensu, n'écrivant pas des livres mais des textes « Petits machins ». Grande adepte de la lecture publique, elle considère cette pratique comme plus propice à la conversation que le geste d'écriture.
    Claude Favre collabore parfois au Cahier critique de poésie du Centre international de poésie Marseille.
    Parmi ses principales publications : Nos langues pour des prunes, Éditions 22 (montée) des poètes, 2006 ; L'Atelier du pneu, éditions 22 (montée des poètes), 2007 ; Laps 15, Le Suc et l'Absunthe, 2006 ; Sang.S, avec des encres de Jacky Essirard, Atelier de Villemorge, 2008 ; Métiers de bouche, ijkl, Ink, 2013 ; Vrac conversations, Éditions de l'Attente, 2013 ; A.R.N._voyou, éd. Revue des Ressources, 2014.

  • Introduction à la performance

    Julien Blaine

    • Les presses du reel
    • 12 Mai 2020

    Le manifeste de Julien Blaine.
    En octobre 2002, Julien Blaine signe un texte-manifeste de trois pages sur la performance. Depuis, il agrège à ce texte des post-scriptum (217 au total, écrits entre 2002 - « C'est un art désespéré » - et 2019 - « Que de suicidés parmi les poètes. Or, ils ne sont pas suicidés, on les a assassinés ») où se déploie à travers des pensées, réactions, colères, dialogues, amusements, notes et commentaires... toute une argumentation expliquant son arrêt de la performance, et développant une critique acerbe, virulente, d'un art qui, institutionnalisé, tend à perdre ses vertus transgressives.

    « C'est un corps / dans un espace / et c'est un son / dans un corps, / ce son est celui de mon corps / ou celui de cet espace, / c'est un son de nature : / voix, viande, &c. / ou un son d'artifice : / musique, bruits, &c. / Puis c'est un geste / du corps / et un mouvement / de cet espace / et comment jouent ensemble / le geste du corps / et le mouvement de l'espace. / Le mouvement de l'espace / est proprement celui de l'espace / mais aussi du peuple de cet espace : / du public. »

  • Soleil des autres

    Jean-Luc Parant

    • Les presses du reel
    • 27 Août 2021

    Un poème-fleuve qui interroge notre être au monde avec une liberté à la fois nouvelle et atemporelle, comme si cette parole nous venait des origines.

    Nous sommes immenses mais nous n'avons jamais été plus loin que le bout de notre nez que nous voyons à peine en ouvrant un oeil et en fermant l'autre, comme si nous étions si loin que pour voir juste une petite partie de notre visage nous devions nous regarder dans une longue-vue, un oeil ouvert et un oeil fermé pour voir une petite partie du jour sous une infinie partie de la nuit.

    Soleil des autres est le second volet d'une trilogie. Soleil Absent était le premier volet, publié en 2020. Soleil la nuit, qui clôturera cette triade, sera publié en 2022.

  • Portraits-robots

    Michèle Métail

    • Les presses du reel
    • 5 Mars 2019

    De « L'éditeur de la Rive gauche » à « Miss Fukushima », 102 portraits-robots de personnes ou de professions en 10 expressions mises sous forme d'inventaire, regroupés en 8 chapitres (« Profil grec », « Ich bin ein Berliner », « Gens d'Edenkoben », « Viennoiserie », « Les Marseillais, peuchère ! », « Le Tout-Paris », « Helvétisme », « Estampes friponnes »).

    Ces Poèmes figurés au sens propre font suite à un premier volume de Cinquante Portraits-Robots publié en 1982 à 150 exemplaires (bibliothèque oulipienne n°21). Comme eux ils composent une « imagerie mentale à la manière d'Arcimboldo et de Nicolas de Larmessin ».
    De nombreuses allusions historiques et littéraires se cachent derrière ces personnages. Le lecteur reconnaîtra une citation de J.F. Kennedy et l'évocation de F. Hessel, A. Einstein, A. Döblin, R. Musil, S. Freud, B. Tapie, A. Onassis, M. Callas, A. Tsipras, Rousseau, Voltaire, Guillaume Tell, du clown Dimitri et du grand collisionneur de Hadrons (LHC), de Pierre Loti sans oublier quelques philosophes de l'Antiquité...
    « Gens d'Edenkoben » fut écrit durant une résidence de cinq mois dans la Maison des artistes (Künstlerhaus) de cette petite ville de Rhénanie-Westphalie située au pied du Kesselberg. La Ludwigshöhe et le château de Hambach sont des sites historiques emblématiques de la région. Un festival de guitare se déroule chaque année à la Ludwigshöhe.
    Marseille en treize portraits-robots repris ici avec quelques modifications sous le titre « Les Marseillais, peuchère ! » répondait à une commande des architectes Catherine Rouan et Stéphane Raguenet dans le cadre de « Marseille 2013, capitale européenne de la culture ». Ils conçurent un phare bleu émettant chaque nuit des textes transposés en morse lumineux. Ces treize portraits furent diffusés de juin à septembre, publiés sur le site internet du phare bleu puis dans la revue Pro Memoria n°6, 2014. Le minot et la cagole sont des personnages incontournables de la ville.
    Le Tout-Paris en vingt portraits-robots publié initialement dans Poésie au coeur du monde. Anthologie 2013, Biennale internationale des poètes en Val de Marne, 2013, est repris ici avec quelques modifications.
    À Genève, le sautier de la République est un fonctionnaire qui a notamment pour charge de signaler l'éclosion du premier bourgeon du marronnier officiel situé sur la Promenade de la Treille. Il déclare ainsi chaque année le début du printemps.
    Des extraits de « Profil grec », « Ich bin ein Berliner » et « Viennoiserie » ont paru dans la revue L'intranquille n°12, printemps-été 2017.

    Egalement disponible en édition de tête, accompagnée d'une oeuvre originale.

  • Oeuvres complètes

    Jean-Pierre Brisset

    • Les presses du reel
    • 1 Janvier 2001
  • Dans le mirador

    François Bizet

    • Les presses du reel
    • 18 Octobre 2018

    Un récit poétique en prose à la croisée des genres, difficile à situer tant il se borne à décrire le non lieu dans lequel il se construit.

    « Nous nous contentons de recueillir, presque pieusement, les restes d'une époque qui, nous le sentons bien, a imprimé dans nos organes, dans nos fibres, de manière profonde et durable, son rythme duel. » C'est peut être l'histoire d'un égarement, c'est peut être une histoire d'égaré, c'est peut être le lieu qui nous échappe, auquel il nous est impossible d'échapper. Dans le mirador est un récit en prose difficile à situer tant il se borne à décrire le non lieu dans lequel il se construit. Le texte de François Bizet est à la croisée des genres, le lecteur devient observateur ou visiteur de la condition qui lui est faite. Dans le Mirador pourrait décrire ce qui est situé entre le contenu et le contenant d'un présent friable et fuyant, destructeur et omniprésent... « Le Mirador n'est plus en nous que cette contention partout palpable. Tout en Lui converge impossiblement vers ce point zéro que nous savons être à la fois notre vérité, et l'instant t de notre pulvérisation. » La collection PLI, dirigée par Justin Delareux et Jean-Marie Gleize, est une extension autonome d'Al Dante.

  • Horizons ouverts

    Clemente Padin

    • Les presses du reel
    • 6 Septembre 2019

    Cette première traduction française des premiers poèmes de Clemente Padìn (initialement parus dans sa revue poético-politique Los Huevos del Plata en 1966 puis en recueil l'année suivante) permet de découvrir la préhistoire du chantier poétique de Padín, le socle à partir duquel le poète a remis en cause tous les formalismes poétiques, en a sapé les limites et contraintes, pour devenir l'un des acteurs les plus inventifs et critiques de la poésie-action.

  • Poesiue

    Laurent Cauwet

    • Les presses du reel
    • 21 Janvier 2020

    Document poétique distribué lors de rassemblements politiques.
    Le document original est un livret de 28 pages, format A5 (feuilles A4 pliées en 2 et agrafées), trouvé lors d'un rassemblement en janvier 2019 (contre les prisons) sur une table d'infos, sans nom d'auteur.e, ni aucune indication d'origine. Seule mention en bas de la dernière page : copillage . à diffuser librement...
    Une écriture du quotidien pulvérisée, à la fois en destruction et en composition.

  • Hikuri ; pour un art d'une vitalité sans limite

    José Vicente Anaya

    • Les presses du reel
    • 5 Mars 2019

    Traduit pour la première fois en français, ce texte culte de la poésie contemporaine mexicaine est le fruit d'une longue errance au nord-ouest du Mexique, à la découverte des rites du peyotl chez les Tarahumara. Écrit en 1978, ce long poème porte la trace des expérimentations du courant infra-réaliste, dont Anaya écrivit le premier manifeste en 1975, un texte inédit publié en annexe de cette édition.

    « Les étranges conquistadors (chavochi) parlent des « tarahumara », ils ne savent pas dire rarámuri, pieds coureurs, peuple issu d'où Rayena-Soleil est dévoré par la mer tous les soirs / Les chants Wikaráriame et Nawajíriame sont pour la joie où parlent esprit et corps / chants et danses dans le Tutuguri et dans le Tónari / illuminations, respect avec le Híkuri / noces, farces, rires avec le Batari / Assemblées de tribus pour la justice sociale et individuelle / RÉUNIONS DE RE-CONNAISSANCE / » Híkuri, qui, en langue rarámuri, signifie peyotl, propose une expérience perceptuelle, une quête hallucinatoire, la recherche d'un langage véritable - ne pouvant émerger qu'au contact de cette poésie corporelle et vivante, qu'Artaud avait si bien reconnue comme pulsant dans les rites tarahumara du peyotl. Dans Híkuri, le mot se fait vision. La langue maternelle se brouille, se peuple de langues étrangères. En premier lieu les mots de la langue rarámuri, qu'Anaya a peut-être entendu, enfant, dans la bouche de son grand-père, soldat révolutionnaire indigène de l'armée de Villa. Mais pas seulement. Les noms d'Hölderlin, de Rimbaud, de Pound sont convoqués. La voix de l'aimée, de la mère, du père du poète s'entremêlent, jusqu'à se faire indiscernables. Principe de citation où la notion d'auteur se brouille. Collage ou cut-up. Sans autre cohérence de sens que celle de ce voyage intérieur, à la recherche d'un nom indicible, qui ne saurait s'écrire. D'où la forme la force rhizomatique du poème. À l'éditeur qui lui faisait le reproche, à la fin des années 1970, de n'avoir pas écrit son texte, Anaya avait rétorqué que nul n'aurait pu lui faire de plus belle critique.

  • United C. Sherman company

    Jean-François Bory

    • Les presses du reel
    • 9 Juillet 2020

    La (les) figure(s) de Cindy Sherman comme trame d'un récit personnel de Jean-François Bory.
    Il veut surtout que je lui dise ce que je pense de son travail. Il me pousse contre le mur, il me parle, il m'envahit. Il sait que j'ai beaucoup écrit sur l'art et que je fais encore actuellement une revue soignée. Encore cinq minutes et je devrai céder.
    Mariette qui a vu le manège s'approche pour me sauver.
    - Ah ! Jean-Yves, c'était gé-nial...
    - Justement je disais à notre Auteur favori qu'il faut absolument qu'il vienne à ma...
    - En ce moment, il n'écoute pas. Il n'a rien dû comprendre de ce que tu lui as raconté.
    - Mais pourquoi...
    - Il est tout occupé à écrire un truc gé-nial, tu sais ! C'est sur Cindy Sherman. Ça s'appelle United C. Sherman Company.
    Le regard soudain absent, Jean-Yves m'abandonne pour une autre proie.

  • Le reste c'est la suite

    Sarah Kéryna

    • Les presses du reel
    • 7 Octobre 2020

    Le reste c'est la suite sonde notre présent pour remonter vers le ou les moments de rupture d'une séquence - franchissements, seuils, points de bascule - comme on le fait à la suite d'une expérience traumatique.
    Annotations du quotidien, dates, archives, récits de rêves, étymologies, citations, souvenirs d'enfance, scénarios imaginaires, bribes d'intrigues policières, de chansons, de carnets, dialoguent avec un flux de films, de séries télé, de dépêches en continu, d'images d'actualité, à l'intérieur d'une trame qui recompose une mémoire collective et intime de la « catastrophe contemporaine » et sa représentation, traversée par des menaces inédites et la défaite du politique. Avec, pour fils rouges, l'avènement de ce que l'on nomme aujourd'hui « l'urgence climatique », la sidération des attentats survenus en France en 2015-2016, et, en ligne de mire, d'une révolution massacrée à l'explosion de la violence « dans un pays en paix », la Syrie, comme un miroir tendu.

    « Le souffle du vent / soulève la terre, / charrie la poussière, / et porte les incendies. » / La collection PLI, dirigée par Justin Delareux et Jean-Marie Gleize, est une extension autonome d'Al Dante.

  • Le livre

    Julien Blaine

    • Les presses du reel
    • 29 Avril 2019

    Une fable originelle en guerre contre les livres fondateurs des monothéismes (inédit de 1963).

    Dès ses premiers gestes, le chantier poétique de Julien Blaine s'affirment dans une recherche inlassable des écritures originelles ; de celles qui furent brûlées, détruites, salies, oubliées, déformées ou ridiculisées par les différents monothéismes. Ainsi, il écoutera et dialoguera avec la nature (les Poëmes soumis à la pluie de 1958) et les animaux (l'interview aux éléphants de 1962...) ; partira à la rencontre des indiens rescapés du génocide US, des Bamilekes rescapés des colonisations allemande puis française... réveillera la Pythie pour qu'elle puisse de nouveau, souveraine, délivrer ses oracles ; ira au fond des grottes du monde, afin de déchiffrer les mystérieux enseignements laissés des aurignaciens aux aziliens ; ravivera des univers oubliés dans la confrontation des mots des Poëmes métaphysiques...
    Le livre, écrit en 1965, est une fable originelle en guerre contre les livres fondateurs des monothéismes (juif, arabe, chrétien), tout d'abord par ce qu'il raconte - de la violence des pulsions de vie et d'un langage qui se creuse et s'invente dans la chair d'une nature dont nous faisons partie -, mais également en combattant la toute-puissance du livre. Car, comme dis Julien Blaine : « Lisez Le Livre (« Je sors de là ») mais ne prenez à votre profit que ce que vous estimez juste et beau. » Entendez : Méfiez vous du livre. Prenez dedans ce dont vous avez besoin, mais n'hésitez pas à le détruire - commencez par celui-ci.
    Publié une première fois en 1965, en version compactée, dans la revue Ailleurs (créée et dirigée par Carmelo Arden Quin), voici enfin, 49 ans plus tard, Le livre dans sa version dépliée en... livre.

    « Leur bible : ramener à la vie des cadavres pour fabriquer une armée redoutable et sanguinaire comme nous pouvons le vérifier au cours de leur 6 millénaires ! »

  • Lacrymogenèse

    Julien Ladegaillerie

    • Les presses du reel
    • 6 Septembre 2019

    Le texte de Julien Ladegaillerie Lacrymogenèse part du corps, est dépouillé par des coupes, des spasmes, des incisions, des coups. Ces coupes et ces coups pourraient être ceux que le corps reçoit, corps et langue mêlés dans l'empêchement. Texte de contradictions et d'enchevêtrements, voix suffocantes, Lacrymogenèse suggère tout autant les conditions de l'enfermement, une écriture tassé dans l'étroitesse de notre époque.

  • Soleil absent

    Jean-Luc Parant

    • Les presses du reel
    • 3 Janvier 2020

    Jean-Luc Parant convoque la poésie, celle qui dit que nous sommes, en toute simplicité.
    « C'est quand les yeux sont allés là où le corps ne pouvait plus aller que les yeux ont cessé de grandir avec lui. Si notre corps grandit c'est juste pour que nos mains puissent être assez grandes pour cacher le soleil et que nos yeux puissent atteindre les étoiles sans être éblouis ou aveuglés par leur lumière. ».

    Jean-Luc Parant n'est pas poète pour nos pieds, il est poète pour ce que le soleil n'ose pas, pour ce que le soleil ne veut pas, ne peut pas nous montrer. Quand le soleil collapse, la vie surgit flanquée de tous nos poings.
    Jean-Luc Parant écrit rotativement, et s'il nous écrit que le soleil est absent, c'est pour mieux nous faire comprendre que là, enfin, tout commence au seuil du visible et de l'invisible, au seuil de soi et de l'infini crépusculaire.
    Poète et joueur, c'est à notre choeur qu'il s'adresse, à mi-voie du profane et du sacré. Quarante années passées à scier les barreaux du panoptique instant présent pour retourner les strates de l'existence. D'abord, c'est quoi qui existe, c'est qui, qui existe, hein ?
    Le Verbe toujours recommencé. Jean-Luc Parant fait un sort au vain ordinaire, il le boit dans son calice transsubstantié. Il n'y a pas d'une seule vie pour couronner l'inexistence de sa tautologie : d'âme, la vie rêvée sans vous ne vaut pas son saoul d'espoir.
    Jean-Luc Parant nous fait découvrir l'ivresse du sens dessus-dessous, je le suspecte même de vouloir traverser les espaces quadrillés. Ne serait-il bavard que pour de célestes clochards ivres de voyance ?
    D'après lui, nous ne mourons jamais assez, pour mourir éternellement. Est-ce que mourir un peu suffirait à exister ? Jean-Luc Parant convoque la poésie, celle qui dit que nous sommes, en toute simplicité. Mais c'est beaucoup. Et s'il s'amuse de nous amuser, c'est pour mieux nous amuser, nous, les pas du peu.
    Laurent Cauwet

  • Attaques n.3

    Collectif Attaques

    • Les presses du reel
    • 28 Mai 2021

    Une anthologie de poésie critique et politique.
    Au sommaire : De la restitution par Seloua Luste Boulbina, Jan Middelbos et La Meute, dossiers Mexique et Soudan, Ahmed Slama, Alexandre Costanzo sur quelques dessins de Kafka, Surréalisme et colonialisme...

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