Institutions / Economie de l'art

  • Pendant presque un an, Stéphane Blanquet déploie son imaginaire tentaculaire dans la totalité de l'espace de la Halle Saint-Pierre, temple parisien de l'art brut et de l'art outsider : une carte blanche qui est également pour lui l'occasion d'inviter des artistes avec qui il partage le même goût pour notre "humanité souterraine" . L'enjeu : affirmer la vitalité de ces expressions artistiques individuelles et autonomes qui rompent avec les conventions et les codes dominants et renversent les valeurs établies du "beau" et du "laid" , du "bon" et du "mauvais" goût.
    Dessinateur, plasticien, metteur en scène, réalisateur, Stéphane Blanquet est considéré comme l'une des figures majeures de la scène artistique underground. Par un foisonnement d'images, de formes et de sons depuis la fin des années 1980 à travers des oeuvres d'art, des installations, des spectacles vivants et scénographies, par l'édition indépendante, l'art urbain, mais aussi le cinéma d'animation, ou encore la musique...
    Stéphane Blanquet choque, provoque, trouble, aime créer le malaise en manipulant nos frustrations et ses propres obsessions. Son univers torturé, angoissé est peuplé d'hommes, de femmes et d'enfants que nous voyons habités par le démon de la perversité. Mais cette tension entre innocence et cruauté, entre jubilation sexuelle et pulsion de mort n'est pas désespérance sans issue. Blanquet fait la peau au refoulé, ressuscite la chair, les corps délivrés de la culpabilité et de la peur de mourir.
    L'artiste enrichit son travail en explorant avec passion les technologies et techniques les plus variées, des plus traditionnelles aux plus avant-gardistes : dessin à la plume, lithographie, tapisserie numérique, outils informatiques... Publié à l'occasion de l'exposition éponyme à la Halle Saint-Pierre, Paris, du 5 septembre 2020 au 30 juillet 2021.

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