Cnrs

  • La "querelle des bouffons "

    Andréa Fabiano

    • Cnrs
    • 29 Septembre 2005

    La « Querelle des Bouffons » ne se réduit pas à un débat mondain entre tenants de l'opéra italien et tenants de l'opéra français. Elle se révèle comme un évènement important de la vie culturelle français au XVIIIe siècle où se cristallisent politique et esthétique, théâtre et littérature. par l'intermédiaire de Rousseau, de Grimm, d'Holbach, d'Alembert, Rameau, Voltaire, Diderot, l'Europe entière participe à ce débat qui voit en pleine époque des « Lumières », se déchaîner la frénésie verbale et la fièvre « nationaliste ».

  • Des offices de Ténèbres en France, on connaît surtout les leçons composées par Charpentier, Couperin et Lalande. Pourtant, ces cérémonies, dont on sait qu'elles furent très courues du public du temps de Louis XIV, ne se limitaient pas à ces seules oeuvres chantées.

    Marquant la fin du Carême, elles commémoraient des événements essentiels de la chrétienté et prenaient dès lors une place importante dans le calendrier liturgique à l'époque moderne. Aussi, par maints aspects, les Ténèbres se révèlent emblématiques des pratiques religieuses, mais également politiques, culturelles et musicales de l'Ancien Régime, ainsi que de leur évolution à travers deux siècles d'histoire. La connaissance des fastes de la cour et de la Chapelle royale de musique, des rites conventuels ou paroissiaux, à Paris comme en province, des contributions des musiciens, des habitudes éditoriales, des témoignages contemporains à travers mémoires, correspondances et journaux intimes permet de mieux percevoir ces coutumes et d'en dresser une carte géographique.

    L'établissement du catalogue des oeuvres musicales (leçons, répons et psaumes) composées spécifiquement pour les offices des Ténèbres et jouées en France contribue à révéler la diversité de ce répertoire et sa pérennité du XVIIe au début du XIXe siècle.

  • La mélodie française connaît un regain d'intérêt en France comme à l'étranger : on la chante, on l'enregistre, on l'écoute...
    Elle séduit. Les auteurs de cette Histoire et poétique de la mélodie française tiennent à faire partager cet élan d'enthousiasme en offrant aux amoureux du chant et de la poésie un ouvrage de référence. Pourquoi la mélodie naît-elle aux alentours de 1830 ? En quoi se distingue-t-elle de la romance ? Quelles raisons poussent les compositeurs de la seconde moitié du XIXe siècle à mettre en musique ce que notre poésie a de meilleur ? Les fils de l'histoire économique, politique et sociale, ceux de la sociologie, de la technique musicale et littéraire ou de la psychanalyse se croisent et se recroisent ici pour tenter de résoudre ces énigmes.
    Se passant tour à tour la plume, Michel Faure et Vincent Vivès expliquent pourquoi, passé l'âge d'or des Duparc, Chausson, Fauré, Debussy et Ravel, la mélodie témoigne d'une exceptionnelle vitalité et par quel miracle, aujourd'hui encore, après Poulenc, Milhaud, Messiaen, elle se renouvelle. Ce livre s'adresse à un large public : mélomanes que charme le souvenir des donneurs de sérénades, chanteurs désireux d'élargir leur répertoire, musicologues, chercheurs, historiens de la sensibilité et du goût à l'affût d'analyses et d'interprétations sortant des sentiers battus...

  • A partir du XIIIe siècle, s'élabore une nouvelle esthétique musicale fondée sur le clivage, prégnant au Moyen Age, du haut et du bas.
    Cette dichotomie concerne d'abord le corps et la voix avant de passer dans le domaine instrumental. Ces deux catégories qui s'opposent du point de vue religieux- le bas prônant les valeurs chrétiennes de l'humilité et le haut celles de l'orgueil et de l'excès - s'inscrivent dans le partage chrétien du sacré et du profane tout en dessinant les contours d'une part d'une musique religieuse et savante et d'autre part d'une musique populaire volontiers perçue comme diabolique et sorcière.
    S'appuyant sur des sources variées, depuis les récits de vie ou de voyage jusqu'aux écrits spéculatifs et religieux sur la musique, en passant par les sources d'archives, l'iconographie et la littérature orale, c'est une anthropologie historique de la musique savante et populaire que propose cet ouvrage novateur. Ce regard polymorphe renouvelle les approches des fonctions symboliques du sonore et permet, entre autres, de comprendre différemment la musique baroque.

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