Seuil

  • Indochine

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    • Seuil
    • 18 Novembre 2021

    Quarante ans se sont écoulés depuis le premier concert d'Indochine au Rose Bonbon. Ce 29 septembre 1981, les quatre membres fondateurs, tout juste sortis de l'adolescence, jouaient devant une salle de 200 personnes électrisées.

    Aujourd'hui, le groupe de rock préféré des français parvient à rassembler quatre générations de fans lors de concerts à la scénographie magistrale dans une incroyable communion. Loin de toute nostalgie, il a toujours su se renouveler, et s'inscrire avec force dans la modernité, traitant de sujets de société bien avant qu'ils ne deviennent en vogue, s'affranchissant des modes, pour puiser ses inspirations à de multiples sources, littéraires, picturales, sociétales ou cinématographiques.

    Est-ce pour cette raison qu'Indochine parle à tant de monde ? Rafaelle Hirsch-Doran, en épluchant les nombreuses archives personnelles confiées par Nicola Sirkis, donne des éléments de réponse. Ainsi, sont reproduits pour la première fois des extraits de journaux intimes, photos privées, premières maquettes, brouillons de chansons, feuilles d'enregistrement, photos des costumes de scène, croquis. Elle a aussi interviewé tous ceux qui ont écrit ou ont participé à l'histoire d'Indochine, de la mère de Nicola Sirkis, qui n'avait jamais parlé, à Chloé Delaume, de Xavier Dolan à Erwin Olaf, des ingénieurs du son aux membres du groupe, de Lou Sirkis à Christine and the Queens et surtout, Nicola Sirkis lui-même, qui se livre ici comme rarement.

    En renfermant ce livre global, qui explore les nombreuses facettes d'un groupe que tout le monde croit connaître mais qui échappe aux canons habituels de la musique populaire, on traverse également quarante ans d'histoire française. Et tout au long de ce voyage, on retrouve un seul crédo : la liberté.

  • De Brel, on sait tout. Maisons de disques et héritiers ont tout raclé, fonds de tiroirs pourris et photos jaunies, ça radote comme chez Les vieux, de la fenêtre au lit, du lit au lit, d'un disque à l'autre. Ca ronronne au salon, ça pue la mort. Brel mérite mieux. Il mérite d'être bousculé comme lui-même défonçait la scène ; sinon, à quoi bon une nouvelle pièce à son Olympia ?

    Pour David Dufresne, Brel est tout à la fois « un père de substitution, une insupportable icône, le mec qui braille et qui transpire, le chanteur catho, comédien de seconde zone, et toujours là, quand il le faut, l'âme-soeur qui aide à lever ses cent kilos, quand la vie se joue de drame en drame ». Ses mots sont devenus devise pour la vie : « On fait ce qu'on peut mais il y a la manière »On ne vit qu'une heure est un livre avec Brel, plus que sur Brel, une invitation au voyage : « le plus dur ce n'est pas de prendre le train, dit-il dans un entretien, le plus dur c'est aller à la gare ». David Dufresne nous embarque sur le quai, celui de Vesoul et de sa fameuse chanson, comme un périple dans la France des toiles cirées, des petits salons de coiffure, des centre-ville qui se recroquevillent dès 6 heures du soir.

    Que reste-il du Grand Jacques ? De ses obsessions (la fraternité, l'amour, la soif de vivre et la mort) ? Fonctionnaires, sans le sous, bourgeois, maire de la ville, commerçants, David Dufresne brosse le portrait d'une France provinciale. Drôle et brisée. A la Brel.

    Une virée avec Brel lézardée de multiples citations du chanteur, extraits d'entretiens d'un philosophe intuitif, comme un prolongement du travail de collage de l'auteur déjà mis à l'oeuvre dans ses précédents ouvrages.

  • La rage est mon énergie ; mémoires

    Johnny Rotten

    • Seuil
    • 15 Octobre 2014

    John Lyndon, alias Johnny Rotten, chanteur des Sex Pistols, créateur du groupe PiL, est une icône de la contre-culture, une icône de la musique, de la mode et de la politique. Ses chansons incendiaires « God save the Queen » et « Anarchy in the UK » ont fait de lui la cible des tabloïds et de mouvements anti-punks qui lui ont valu d'être molesté, jusqu'à recevoir des coups de couteau et manquer de justesse perdre un oeil. L'année 1977, il l'a passée quasi reclus, alors que son impact sur toute une jeunesse révoltée prenait une place énorme. « Le Parlement a voulu me condamner pour trahison, aucune rock star n'a connu ce traitement à ma connaissance. Moi, je riais. J'étais le seul à avoir le courage de me lever et de dire ce que j'ai dit, et beaucoup de gens n'attendaient que ça. » Puis John, l'instigateur du mouvement punk rock (un terme qu'il n'a jamais approuvé), s'est libéré de tous les costumes qu'on lui a collés et s'est réinventé en créant PiL, mélange de reggae, disco, de musique africaine et de rock. Il n'est jamais là où on l'attend.
    Il raconte les débuts de sa vie dans un quartier mal famé de Londres, où, tout petit, il a contracté la méningite en jouant dans des flaques d'eau contaminées par la pisse de rat. On assiste avec lui à la création des Pistols avec son ami Sid Vicious, nommé ainsi en hommage à son hamster. Il croque à sa manière très personnelle son entourage : Malcolm McLaren, Vivienne Westwood, Richard Branson, Souxsie Sioux ou Paul Weller, Nora Foster, sa femme depuis 30 ans. Il se souvient des descentes de police, de la drogue, de sa carrière d'acteur à NY avec Harvey Keitel, de ses sessions avec David Bowie et Roger Waters. Malgré tous les livres qui sont sortis sur le punk et les années 80, John Lyndon est resté un mystère. Voici ses mots, puissants comme des balles.

  • Le 9 décembre 2017, à la mort de Johnny, ils sont près d'un million sur les Champs-Élysées à lui faire une haie d'amour. Pendant soixante ans, le chanteur à la carrière exceptionnelle leur a donné espoir et joie. Mais peu de gens savent que tout cela aurait pu s'arrêter net en 1996, après le concert très controversé de Destination Vegas. L'artiste n'évoluait plus, ses vieilles recettes s'usaient, son look frôlait la ringardise. Pour se réinventer, Hallyday, quasiment ruiné, prend alors le pari de larguer les amarres dans les Caraïbes, le temps d'une longue pause sabbatique. De Miami à Saint-Barthélémy, en passant par Los Roques, Cuba puis New York, il va d'abord toucher le fond, avant d'atteindre ce retour aux fondamentaux nécessaires à sa reconquête. Régénéré, il va se servir de son yacht comme d'un luxueux bureau pour convoquer artistes, compositeurs, producteurs et patrons de maisons de disques. Hallyday doit impérativement trouver le sang neuf qui lui redonnera de l'énergie pour réussir son défi : une série de concerts au Stade de France. La fin de ces deux années d'errances, d'incertitudes, de trahisons, d'intrigues byzantines et de situations burlesques sera marquée par cet énorme coup de poker où Hallyday va tout miser, pouvant rejoindre le purgatoire des ringards du « métier » ou bien devenir une légende.

    Patrick Mahé et Gilles Lhote ont eu le privilège de vivre pratiquement au jour le jour ces deux années décisives où tout a basculé. Du mariage avec Laeticia à l'incroyable migration de 5?000 fans vers Vegas dans une escadrille de jets, sans oublier les péripéties hilarantes des aventures dans les Caraïbes, les répétitions à Los Angeles et les coulisses secrètes du Stade de France, Lhote et Mahé, témoins privilégiés, racontent un thriller électrique à la sauce rock, dont le héros est un électron libre incontrôlable.

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