Essais / Réflexions / Ecrits sur la peinture

  • Du Moyen Age jusqu'à la fin du XIXe siècle, le nuage hante le ciel de la peinture occidentale. Moins qu'un motif descriptif, le nuage constitue un élément de la sémiotique picturale, un graphe dont les fonctions varient avec l'époque. A l'origine utilisé à l'imitation des machines de théâtre, pour faire apparaître le sacré dans le réel (ascension du Christ, visions mystiques), il joue un rôle plus ambigu à la Renaissance, au moment où le modèle perspectif assure la régulation : le nuage vient alors masquer l'irrepresentable infini, en même temps qu'il le désigne, assurant ainsi l'équilibre paradoxal d'une institution picturale intimement liée aux conditions de la science.
    Ce qui est finalement tenté ici, c'est, à travers un inventaire des fonctionnements successifs du signifiant "nuage", une redistribution critique des domaines et des rôles assignés à l'art, à la science et à l'idéologie dans une structure de représentation: élément pour restituer à l'histoire de Part sa dimension systématique et matérialiste.

  • La ruse du tableau ; la peinture ou ce qu'il en reste

    Hubert Damisch

    • Seuil
    • 8 Septembre 2016

    La forme « tableau » correspondrait à un moment déterminé dans l'histoire de la peinture et de l'art en général. Un moment chronologique : l'apparition du tableau dit de chevalet est assez précisément datée, ainsi que le serait l'annonce de sa fin. Un moment historique : le tableau semble être venu à son heure, laquelle a coïncidé avec le développement du commerce au long cours, l'accumulation du capital et la domination de la marchandise sous son espèce indépendante et fétichisée.
    [...] Telle est la ruse du tableau qu'aujourd'hui encore, toute proposition picturale de quelque conséquence puisse être comme traversée par lui. Le tableau n'en a pas fini de fonctionner tout ensemble comme modèle et comme norme idéale, alors même que la notion en aurait été, non pas tant récusée, que radicalement déplacée.
    [...] Le tableau, chose du passé ? Mais quel tableau, ou le tableau en quel sens du mot ? Le tableau en tant qu'objet ? Le tableau en tant qu'activité, et qui en appellerait à ce titre à une conception élargie du travail de peinture ? Le tableau en tant que fonction, comme l'a voulu Lacan, et qui pourrait s'exercer hors contexte, sinon hors-cadre ? Le tableau en tant que forme, sur laquelle la pensée puisse tabler, au moins par métaphore, dans sa propre activité, ses propres opérations, son propre travail, et jusqu'à en venir à jouer elle-même sur plusieurs tableaux ?
    La question qui est celle du tableau en appelle ainsi à quelques détours, sinon à quelques déplacements auxquels est exposé tout un chacun qui s'intéresse à l'art.

  • Il n'y a pas de règle et encore moins de justice. La mort frappe au débotté, quel que soit l'âge et l'état de santé du peintre. Il disparaît dans ses trente ans ou - aussi bien - au-delà de quatre-vingts, d'un trépas parfois accidentel comme Signorelli tombant d'un échafaudage, parfois attendu comme Cézanne rongé par le diabète écrivant cette lettre : « Mon cher Bernard, je suis vieux, malade, et je me suis juré de mourir en peignant », rarement doux, toujours brutal, si lumineux comme Joan Mitchell qui intitule Merci le salut qu'elle adresse au monde.

    Il n'y a pas non plus d'évidence, d'autant que les oeuvres sont datées par année et non par mois. Des incertitudes demeurent et il aura fallu trancher. Parfois, des débats entre historiens d'art et des expertises règlent, ou ne règlent pas, la question. Mais ces énigmes sont la possibilité d'entrevoir au passage de belles histoires.

    On observe tous les cas de figure : dernier tableau d'une oeuvre déjà célébrée ou qui sera célèbre même si l'artiste n'a vendu qu'une toile de son vivant, travail terminé depuis plusieurs années, ou bien inachevé, ou achevé post mortem par une main amie, toile encore sur le chevalet, ou déjà donnée ou vendue, mais parfois posée à côté d'autres toiles dans l'atelier, dernier opus sachant qu'il était ou qu'il avait toute chance d'être le dernier, le signifiant plus ou moins discrètement à ceux qui le regarderont, voyez je m'apprête à disparaître, l'ignorant ou feignant l'ignorer, revenant à un vieux sujet ou à un sujet de prédilection pour un dernier tour de manège, décidant parfois d'ouvrir l'horizon, cherchant toujours à finir en beauté.

    Cent tableaux donc, pour s'assurer d'un chiffre rond, depuis Simone Martini jusqu'à Zao Wou Ki. En vis-à-vis de l'illustration, un texte évoquera ce qu'on voit ou peut voir sur le tableau, le resituera dans la perspective de l'oeuvre et racontera ce qu'on sait ou croit savoir sur les circonstances de la mort du peintre.

  • Pour un peintre, l'extraordinaire c'est d'arrêter de peindre ! Ainsi, David Hockney a posé ses pinceaux afin de mettre au jour les secrets des maîtres anciens. Au fur et à mesure de ses investigations, ses découvertes ont attiré l'attention des médias et ouvert le débat entre chercheurs, historiens de l'art et conservateurs de musées du monde entier.
    Aujourd'hui, dans cette nouvelle édition augmentée de Savoirs secrets, David Hockney raconte l'histoire de sa recherche et de ce qu'elle a dévoilé. Il explique comment il a établi des preuves scientifiques et visuelles, chacune d'entre elles apportant de nouvelles révélations. Par l'intermédiaire du peintre, le lecteur peut examiner les tableaux majeurs de l'histoire de l'art et apprendre comment des artistes tels que Caravage, Vélasquez, Van Eyck, Holbein, Vinci et Ingres ont utilisé miroirs et lentilles afin de créer leurs célèbres chefs-d'oeuvre.

    Ces centaines de peintures et de dessins, dont certains comptent parmi les plus connus de l'art occidental, sont commentés sur le ton captivant et enthousiaste de David Hockney. Ses propres photographies et dessins illustrent les différentes techniques utilisées par les peintres du passé et présentent les résultats obtenus. Des textes anciens ou récents apportent des preuves supplémentaires et la correspondance d'Hockney avec un aréopage de spécialistes retrace les étapes de cette recherche passionnante.

    Savoirs secrets n'est pas seulement consacré aux techniques perdues des maîtres anciens. L'ouvrage s'intéresse également au présent et à l'avenir, à la façon dont nous voyons, traitons et fabriquons les images d'aujourd'hui, à l'époque des retouches par ordinateur.

  • Pour un peintre, l'extraordinaire c'est d'arrêter de peindre ! Ainsi, David Hockney a posé ses pinceaux afin de mettre au jour les secrets des maîtres anciens. Au fur et à mesure de ses investigations, ses découvertes ont attiré l'attention des médias et ouvert le débat entre chercheurs, historiens de l'art et conservateurs de musées du monde entier. Aujourd'hui, dans cette nouvelle édition augmentée de Savoirs secrets, David Hockney raconte l'histoire de sa recherche et de ce qu'elle a dévoilé. Il explique comment il a établi des preuves scientifiques et visuelles, chacune d'entre elles apportant de nouvelles révélations. Par l'intermédiaire du peintre, le lecteur peut examiner les tableaux majeurs de l'histoire de l'art et apprendre comment des artistes tels que Caravage, Vélasquez, Van Eyck, Holbein, Vinci et Ingres ont utilisé miroirs et lentilles afin de créer leurs célèbres chefs-d'oeuvre. Ces centaines de peintures et de dessins, dont certains comptent parmi les plus connus de l'art occidental, sont commentés sur le ton captivant et enthousiaste de David Hockney. Ses propres photographies et dessins illustrent les différentes techniques utilisées par les peintres du passé et présentent les résultats obtenus. Des textes anciens ou récents apportent des preuves supplémentaires et la correspondance d'Hockney avec un aréopage de spécialistes retrace les étapes de cette recherche passionnante.

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