Essais / Réflexions / Ecrits sur l'art

  • L'Orient de Flaubert (1821, Rouen - 1880, Croisset) est imprégné d'histoires et d'influences contemporaines. Dès ses oeuvres de jeunesse, le lien entre textes et images illustrant l'Orient et l'Antiquité semble évident pour le jeune artiste.
    Cet Ailleurs - qui est constitutif de sa vocation d'écrivain - s'affirme très vite comme la contrée de tous les excès, des rêves de luxe impossible, où un esthète exigeant pourrait dormir dans des "hamacs en plume de colibri".
    Premier beau livre sur Flaubert et les arts, cet ouvrage examine à la fois les images et les oeuvres qui ont marqué la formation visuelle de l'écrivain, ou qui ont été les sources avérées de ses créations et les nombreuses réinterprétations plastiques auxquelles celles-ci ont donné lieu. Dès son époque - c'est le cas de Gustave Moreau qui ne peindra pourtant jamais de tableaux directement inspirés de son oeuvre -, puis après sa mort, les illustrateurs, sculpteurs, peintres des courants les plus divers s'en emparent, de Georges-Antoine Rochegrosse à Salvador Dali. À l'époque moderne, le cinéma et la bande dessinée s'approprient également des romans de Flaubert, comme Philippe Druillet qui a consacré une partie de ses albums et de son oeuvre gravée à Salammbô.

  • Yoshitoshi fut le plus prolifique et le plus marquant des maîtres de l'estampe japonaise à l'ère Meiji. Cet ouvrage présente son chef-d'oeuvre, les "Cent aspects de la lune" (Tsuki hyakushi), une série commencée en 1885 et terminée juste avant la mort de l'artiste en 1892. En son temps déjà, chaque nouvelle estampe publiée était un évènement, les tirages s'épuisant bien souvent dès le matin de leur parution.
    Cet ensemble rare, inspiré de récits historiques ou légendaires, est chargé de paradoxes. Tout en perpétuant la tradition nationale, Yoshitoshi inventait un style nouveau, largement inspiré de l'Occident. En un temps où les moyens de reproduction de masse -photographie, lithographie- rendaient l'estampe obsolète, le public s'arrachait celle des "Cent aspects de la lune". L'iconographie renvoyait au patrimoine historique, mais l'artiste révolutionnait l'ukiyo-e par sa façon de peindre l'intensité des émotions humaines.  Chacune des cent estampes est ici reproduite en fac-similé de l'édition originale. Un livre de commentaires retrace la biographie de Yoshitoshi. Des reproductions complémentaires illustrent sa puissante imagination et l'épanouissement de son style personnel. L'auteur éclaire ensuite l'importance de la série dans l'art japonais de l'estampe, ainsi que les aspects techniques de sa producution. Enfin, les récits des "Cent aspects de la lune" sont détaillés planche par planche. 

  • L'art brut

    Martine Lusardy

    L'art brut n'est donc pas "l'art des fous". À côté des créations associés aux asiles psychiatriques -étudiées dès les années 1920 par le docteur Hans Prinzhorn -et l'art médiumnique, se rangent celles de "l'homme du commun" selon Dubuffet - celui qui est en dehors des circuits artistiques.
    Hier confidentiel, aujourd'hui consacré, instituionnalisé et médiatisé, l'art brut a une histoire et la réalité qu'il recouvre échappe à son inventeur et théoricien. D'autres appellations ont vu peu à peu le jour, correspondant à la démarche de nouveaux amateurs et à leur souci de baliser le territoire (hors normes, singuliers, outsider, habitant-paysagiste ...). Outre l'ouverture à de nouveaux champs de prospection, l'interaction avec l'art contemporain, dans une perspective de décloisonnement et d'élargissement, est une mise à l'épreuve de la notion d'art brut.
    Les créations de "l'art brut" sont davantage des énigmes que des productions qui se laisseraient facilement appréhender par notre conceptualité. Aloïse, Wöfli, Darger, Walla, Zinelli, Traylor, Sawada nous fascinent, nous touchent, nous éprouvent sans que nous puissions établir un rapport formel entre eux. L'enjeu est ailleurs. C'est dans le grand créateur d'art brut, le hors norme, le marginal, que nous voyons l'homme accompli et victorieux. Cet "Autre" de la culture ne réalise-t-il pas les possibilités les plus hautes de l'homme, l'héroïque construction de soi, son humanisation, finalement la fin véritable qu'est la culture ? 

  • Le 16 mars 1955, Nicolas de Staël, âgé de 41 ans, se donnait la mort à Antibes, laissant une oeuvre considérable - des milliers de peintures, dessins et gravures. Sa figure s'entoura très vite d'une aura de légende. Travailleur intransigeant et passionné, le peintre a marqué par la fulgurance de dix années d'intense création l'art de l'après-Seconde Guerre. Des enchevêtrements abstraits au milieu des années 1940 aux aplats lisses irradiants de ses deux dernières années, son cheminement l'a conduit à éprouver la peinture dans un éternel questionnement, renouvelant sans relâche le motif, l'espace, la lumière, la couleur, le volume et le trait.
    Cette monographie, avantageusement illustrée, retrace la biographie de cet artiste emblématique et l'évolution formelle de son oeuvre en le replaçant dans le contexte de son époque.

  • Le livre Cette histoire visuelle donne à voir la construction et le développement d'un motif qui s'érige en sujet à part entière de la peinture occidentale. Qu'il soit solitaire ou entouré de congénères, garni, à nu, bourgeonnant ou fleuri ..., sa représentation rassemble nombre de difficultés techniques, un véritable défi formel pour l'artiste.
    Des sources variées permettent ici de retracer de manière vivante les différentes pratiques des créateurs : l'élaboration de recettes d'atelier, la diffusion de grands modèles, la pratique au coeur même de la nature.
    Depuis les représentations des forêts sauvages évoquant les déserts érémitiques au XVIe siècle jusqu'à la précoce prise de conscience écologique au XIXe siècle, le spectre étendu des interprétations de la figure de l'arbre nous amène à nous interroger sur la construction et l'intensité de nos liens avec le paysage et la nature.

    Points forts - Une invitation à une promenade arborée en compagnie de 100 artistes, de Giotto à Mondrian - La première synthèse abondamment illustrée sur le sujet - Une approche culturelle d'un sujet au coeur de nos préoccupations contemporaines  

  • Peintre incontesté de l'apogée de la peinture du Siècle d'or, Vélasquez est exemplaire par son destin comme par son oeuvre. Avec constance, il a poursuivi sa marche vers les honneurs et le pouvoir : devenu peintre du roi Philippe IV, il obtient l'un des plus hauts postes du palais, fut anobli et nommé chevalier de l'ordre de Santiago. Comme décorateur, il introduisit le grand art baroque italien à la cour d'Espagne, en particulier à l'Alcazar de Madrid, et fut chargé de l'acquisition de peintures et de sculptures italiennes et flamandes pour Philippe IV. Ces aspects désormais mieux connus de sa carrière ont permis d'approfondir l'analyse de ses oeuvres.

    Vélasquez a peint la vérité humaine et psychologique en faisant preuve, dès ses débuts, d'une maîtrise souveraine, tant dans ses toiles religieuses et mythologiques que dans ses portraits, où il sait faire affleurer avec une acuité et un réalisme sans fard la personnalité de ses modèles, qu'ils appartiennent à la famille royale ou qu'ils soient d'origine plus modeste, tels les nains et les bouffons. La modernité de Vélasquez se retrouve dans le choix de ses sujets, dans son observation directe de la nature et dans son approche picturale extrêmement libre et spontanée, qui joue de l'illusion optique pour atteindre un réalisme saisissant.

    Ces qualités font de lui un des précurseurs de l'art de la seconde moitié du XIXe siècle. En témoigne l'admiration qu'il suscite chez Manet, Goya, ou, plus proches de nous, Picasso, Giacometti et Bacon.

  • Comment les artistes ont-ils représenté la musique du XVI au XX siècle ? Telle est la question soulevée par cet ouvrage, lequel permet de découvrir des oeuvres qui s'intéressent tout d'abord à la matérialité de la musique, c'est-à-dire ses instruments, ses musiques notées, ses gestes, ses acteurs et ses lieux de pratique. En raison de son égale immatérialité, de son caractère éphémère et des sensations qu'elle procure, la musique l'emporte en immédiateté et en intensité sur les autres sens pour solliciter l'imaginaire. Elle innerve de ce fait la fable humaine, ses grands mythes, son histoire, ses religions. C'est pourquoi nombre d'images dépassent la transposition de la réalité sonore pour ouvrir sur un univers symbolique.

    Du silence des natures mortes et des vanités jusqu'aux ambiances contrastées de scènes tantôt festives, galantes, morales, parodiques ou symboliques, la musique a passionné les peintres, soit qu'ils évoquent sa place dans l'art de vivre et la variété de ses pratiques, soit qu'ils soulignent son pouvoir maléfique ou rédempteur.

  • Chaque manuscrit est une réalisation manuelle, comme l'indique le terme même (du latin manu scriptus, « écrit à la main »), et chaque enluminure est le fruit de jours voire de semaines du travail d'une ou plusieurs personnes hautement qualifiées. Au vu du coût des matériaux et de la main d'oeuvre engagés dans leur production, il n'y a pas lieu de s'étonner que les manuscrits enluminés de la Bible aient été prisés en leur temps comme des trésors, des présents dignes des saints et des rois. Et c'est aussi pourquoi un si grand nombre d'entre eux sont parvenus jusqu'à nous, amoureusement préservés par les générations successives. Les manuscrits enluminés de la Bible comptent parmi les plus beaux témoins de l'art médiéval, mais aussi parmi les plus mal connus du grand public. Cette sélection magnifiquement illustrée de quarante-cinq joyaux de la British Library nous convie à un voyage à travers mille ans d'histoire, avec pour escales les plus grands centres culturels du monde chrétien. Ce sont autant de chefs-d'oeuvre éternels, reproduits ici à une échelle propice à admirer tout le savoir-faire des enlumineurs.

  • Millet

    Chantal Georgel

    Le 20 janvier 1875, Jean-François Millet s'éteint à Barbizon. Tandis que la presse locale reste silencieuse, se contentant d'accepter de publier, huit jours plus tard, une lettre témoignage d'un ami du peintre, qui déplorait cette "perte pour les arts et pour notre temps", car "des hommes comme cela il n'y en a pas à la douzaine", la presse artistique rend compte, immédiatement, de cette mort.
    L'ambition de cet ouvrage est de restituer Jean-François Millet dans son statut de peintre, au-delà de l'image trop largement répandue d'un paysan qui peint des paysans, héritée de son tableau le plus connu, L'Angélus.
    L'oeuvre de Millet est paradoxalement mal connue en France, peut-être parce que, par le jeu des collections privées, l'essentiel de ses tableaux se trouve aux Etats-Unis et au Japon. D'autre part, il n'existe que très peu de littérature sur l'oeuvre de Millet, aucun catalogue raisonné, et la dernière exposition monographique en France date de 1975 (Grand Palais).

  • Cet essai abondamment illustré offre de pénétrer dans ce lieu opaque et mystérieux qu'est l'atelier de l'artiste -peintre, sculpteur ou graveur -qui, dès la Renaissance et jusqu'à l'époque contemporaine, n'a cessé d'exercer une forme de fascination. Dès lors que l'artiste s'est distingué de l'artisan, établissant son autonomie et son pouvoir, cet espace de l'invention et de la fabrication de l'art a cristallisé toutes les curiosités. La multitude des tableaux, gravures et photographies montrant l'atelier l'atteste, tout comme les témoignages écrits des journalistes ou les pages qu'il inspire aux romanciers. Si l'atelier est un lieu physique et utilitaire, inscrit dans le monde social et la géographie urbaine, son image représente bien autre chose que sa stricte teneur documentaire. Elle est censée, au-delà du lieu même, brosser une sorte de portrait de l'artiste, distiller des indices sur sa condition, son oeuvre, l'esthétique qu'il défend ou promeut.
    De Giorgio Vasari à Jeff Koons, l'auteur livre ainsi une série de réflexions sur les sensibilités et les imaginaires sociaux à travers la figure de l'artiste en ses murs.

  • Dans l'imaginaire européen, l'Orient est un mythe : passions, mystères, magie des couleurs, combats héroïques, musique, faune et flore merveilleuses... Berceau de la civilisation occidentale, les contrées du Levant n'en exercèrent que plus de fascination auprès des Européens. Dès le XVIIIe siècle, les artistes, dont la curiosité était attisée par le développement des échanges diplomatiques et commerciaux avec ce nouveau lointain, s'emparèrent de ses thématiques. Le mouvement orientaliste investit tous les genres picturaux : vie quotidienne, arts et traditions populaires, vues panoramiques de ville et de sites pittoresques, portraits d'officiels et cérémonies royales... Plutôt que promotion d'une esthétique particulière, il fut l'expression de sensibilités personnelles à un monde en voie de découverte tout au long de la période moderne, ce qui explique la variété de ses productions. Des peintres de sultanes aux paysagistes du désert, tous s'attachèrent à livrer sur la toile cet envoûtement pour la magie de l'Orient.

    De Liotard à Renoir, en passant par Girodet, Delacroix, Ingres, Chassériau, Vernet, Decamps, Fromentin, Lear, Lewis ou encore Alma-Tadema, cet ouvrage, étayé de nombreuses sources littéraires, retrace l'attrait des peintres, leurs regards croisés et leurs aptitudes à saisir un monde différent qui offrait des horizons renouvelés à la création.

  • Pour les grands voyageurs du XVIe au début du XIXe siècle, l'exploration des îles du Pacifique avait été une aventure exceptionnelle, pour de Queiros, Cook, La Pérouse, Bougainville et Dumont d'Urville qui avaient bravé ces mers inconnues pour découvrir ce qu'ils crurent être le paradis.
    Aujourd'hui, le voyageur peut suivre leurs traces, et pourtant de nombreux aspects de ces cultures insulaires demeurent aussi peu familiers qu'autrefois. Parmi ces aspects méconnus, l'un des plus intéressants est l'extraordinaire richesse artistique créée par les habitants de ces îles. Le monde océanien recouvre des milliers d'îles, de l'immense Nouvelle-Guinée à de simples atolls coralliens. Les indigènes y développèrent plus de cultures autonomes et variées que partout ailleurs dans le monde.
    Dans la plupart d'entre elles, les arts tiennent une place fondamentale car ils sont un facteur essentiel d'intégration à la vie sociale et religieuse. Ils incluent non seulement l'architecture, la peinture et la sculpture, mais aussi la musique, la danse, la prière, et l'ornement du corps. Presque tous les matériaux disponibles sont utilisés, durables ou éphémères. Cependant, pour des raisons principalement historiques, l'art des îles du Pacifique a été relativement négligé.
    Si un grand nombre de publications spécialisées, techniques ou anthropologiques existent, principalement sous forme d'articles, aucune synthèse d'ampleur n'a été publiée depuis trente ans. Et cela en dépit des nombreuses découvertes importantes et des études approfondies sur l'art de ces communautés passées et présentes. Présenter au grand public l'art océanien à partir des recherches et des théories contemporaines sur cet ensemble complexe de sociétés et de cultures, c'est ce qu'accomplit cet ouvrage à travers des textes de grande qualité et une iconographie qui réunit les chefs-d'oeuvre dont un bon tiers d'oeuvres inédites.
    Une documentation précise sur les principaux groupes culturels apportent le complément indispensable pour une bonne découverte de ce continent éparpillé entre ciel et océan.

  • L'art roman

    Durliat-M

    C'est une magistrale synthèse que nous propose l'ouvrage de Marcel Durliat. Refusant de le passer au crible d'une théorie exclusive et réductrice comme de ramener son origine à une perspective unique, distinguant au contraire trois foyers différents qui vont animer sa diversité - art roman méridional, source ottonienne, art du nord de la France -, cernant en même temps au plus près sa définition en n'abordant que l'art strictement religieux, délimitant de façon plus rigoureuse sa durée (XIe et XIIe siècles) dégageant enfin de façon neuve l'interaction entre l'oeuvre et la société, c'est à une vision renouvelée de l'art roman que nous invite l'auteur.??
    Avec ses admirables illustrations en couleurs augmentées de 120 illustrations dans cette édition remise à jour, et son exceptionnelle documentation, ce texte, se déployant comme une symphonie magistrale, donne de l'art roman l'image la plus exhaustive.
    Par sa remise à jour très importante, et son élargissement à l'Europe (spécialement l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne), cet ouvrage restera sans rival et assurément encore la référence en la matière.

  • La pratique de l'écriture du voyage est presque aussi ancienne que l'histoire humaine. A partir du XVIe siècle, elle fit en Europe l'objet d'un intérêt nouveau, des artes apodemicae, ou "arts de voyager", essayant alors de codifier une pratique que les humanistes jugaient essentielle dans la formation de la jeunesse. Par la suite, le grand mouvement d'exploration savante du globe par les Européens conduisit encore à en préciser les codes, jusqu'au tournant des XVIIIe et XIXe siècles où, sous l'influence de l'esthétique romantique, les écrivains entreprirent d'exprimer les émotions ressenties par les voyageurs. Le XXe siècle, enfin, fut dominé par les angoisses nées de la fin de l'exotisme. Ce livre se propose de retracer cette longue histoire : de quelle façon s'est imposé le genre littéraire du récit de voyage, quels en furent les auteurs les plus remarquables, quelle place fut réservé aux grands codes esthétiques et comment furent exprimés le désir de l'exotisme et de l'aventure. Les textes soigneusement choisis de cette anthologie trouvent un écho tout particulier dans les oeuvres appelées à les illustrer -peintures, dessins ou encore gravures -, de Brueghel à Nicolas de Staël, en passant par Friedrich ou encore Manet.

  • Bruegel

    Larry Silver

    Récemment, la redécouverte extraordinaire, en Espagne, d'un tableau perdu de Pieter Bruegel l'Ancien (vers 1525-1569) a fait l'effet d'une bombe et a ravivé l'intérêt que le public porte à ce grand peintre flamand. Cette oeuvre a subi les outrages du temps et est encore en restauration au Prado. Elle est néanmoins reproduite dans ce livre. Célèbre pour ses descriptions amusantes de paysans, de paysages et de tableaux à la façon de Bosch, Bruegel a également créé de nombreuses peintures consacrées à des thèmes religieux dans une époque marquée par les controverses religieuses.
    Cet ouvrage examinera tout l'oeuvre de Bruegel. Tous ses dessins, ses gravures et ses peintures sur toiles ou sur panneaux seront étudiés autant dans leur forme que dans leur contenu par une analyse très actuelle et très complète. De plus, seront présentés une foule de peintres flamands de sa génération qui ont coopérés avec Jérôme Cock, son éditeur de gravures, fondateur de l'officine « aux Quatre Vents ». Celle-ci devint la plus grande entreprise de gravures, éditant des maîtres flamands et hollandais, mais également des oeuvres d'après Raphaël et autres artistes italiens. Il est intéressant de confronter Bruegel non seulement avec ses rivaux d'Anvers, mais aussi avec les peintres qui l'ont inspiré, de loin ou de près, comme Joachim Patinir, Rogier van der Weyden ou Jérôme Bosch. Les historiens de l'art trouveront certainement dans ce livre un nouveau point de vue sur l'oeuvre du peintre qui éclairera certaines de leurs propres conceptions, mais il s'agit ici d'aller également à la rencontre d'un public plus large qui découvrira, ou redécouvrira avec plaisir les facéties, les symboles, les scènes paysannes qui ont permis à Bruegel de faire un portrait sans faille de la condition humaine.
    Une belle façon, à travers des détails somptueux, des reproductions en grand format, de faire le point sur la vie et l'oeuvre de ce peintre si populaire.

  • Première avant-garde du XXe siècle, le fauvisme se caractérise à la fois par sa violence, sa brièveté - à peine trois ans - et par la force de son influence sur les mouvements expressionnistes européens. Il est né du scandale provoqué par l'exposition des tableaux de jeunes peintres - Henri Matisse, Maurice de Vlaminck, André Derain, Charles Camoin, Albert Marquet et Henri Manguin -, dans une même salle du Salon d'Automne de 1905. Le critique d'art Louis Vauxcelles, constatant la présence parmi ces toiles d'une sculpture néo-classique, lance "Donatello chez les fauves", baptisant ainsi le mouvement. Ces oeuvres sont caractérisées par un dessin simplifié, et la couleur est utilisée de manière libre. La touche du pinceau est vive et marquée, la palette chromatique est éclatante. A l'origine, deux groupes d'artistes font union, d'anciens élèves de l'atelier de Gustave Moreau réunis autour de Matisse ainsi que deux peintres de Chatou, Vlaminck et Derain, auxquels se rallieront, après le coup d'éclat de 1905, des artistes plus jeunes - Raoul Dufy, Georges Braque et Othon Friesz.

    L'ouvrage se propose de retracer l'histoire brève de ce mouvement en la replaçant dans un contexte artistique en mutation et en mettant en avant les parcours et les oeuvres des différents artistes. Les nombreux témoignages, textes et correspondances des acteurs du fauvisme viennent ponctuer les analyses historiques, esthétiques et théoriques du propos.

  • Du "beau siècle" à celui des Lumières, la création en France se caractérise par l'apparition dans les différents arts d'une nouvelle modernité.
    A travers les oeuvres majeures en architecture, peinture, sculpture et dans les arts décoratifs, l'enjeu de ce livre est de dégager l'émergence de cette nouvelle culture artistique faite de références à l'Antiquité et à la peinture italienne de la Renaissance, importée à l'aube des Temps modernes par les artistes italiens appelés à la cour de François Ier, et qui, se mêlant à des traditions locales, créent des formes très originales.
    A côté des lieux emblématiques comme Fontainebleau ou Versailles dans lesquels les différents arts sont associés à la gloire du Roi, de nombreux monuments témoignent de la vitalité de la vie artistique et de ses mutations. Primatice, Georges de La Tour, Boucher, Fragonard, Goujon, Lescot, Vouet, Poussin, Le Vau, Girardon, Le Brun, Hardouin-Mansart, Watteau, Fragonard, Houdon et bien d'autres en sont les acteurs.
    Cette histoire de l'art en France est fondée sur ses grandes figures et sur les grands courants qui en découlent, mais elle s'intéresse aussi à la vie des foyers artistiques, à leur perméabilité à l'Italie ou aux régions septentrionales et aux relations intenses entre Paris et la province. Dans l'évolution des styles qui se dessine ainsi se dégage un modèle que l'on pourrait qualifier de français, qui s'exportera ensuite en Europe.
    Fait de perceptions différentes de l'antique, sur la nature, combiné à une recherche constante de mesure, ce modèle français se met en place et se transforme au gré des milieux et des siècles. Il s'accompagne, grâce aux institutions artistiques qui se créent - les académies au XVIIe siècle - et aux amateurs dans les salons au XVIIIe siècle, d'une mutation fondamentale du métier, du statut et de l'image de l'artiste, ainsi que des conditions de la création.
    L'iconographie importante de cet ouvrage autorise des regards différenciés sur ces trois siècles d'art. Sa lecture visuelle permet des comparaisons, des rapprochements souvent très éloquents, et fait ressortir que l'évolution des arts est avant tout mouvement. Le texte s'attache à situer le contexte et informe, mais parce qu'il est toujours particulièrement ajusté aux oeuvres reproduites, il donne également à voir et invite le lecteur à une approche nouvelle en situant l'oeuvre d'art au centre du discours.

  • Des grottes de lascaux aux compositions de maurizio cattelan, le cheval n'a cessé d'inspirer peintres et sculpteurs.
    Les représentations les plus spectaculaires de l'histoire de l'humanité - invasions et conquêtes, guerres et triomphes. cérémonies et défilés - impliquent irrésistiblement les grands mouvements de cavalerie. et l'homme est-il jamais plus grand que lorsqu'il se fait représenter en selle comme sur un trône, dominant sa monture comme il pense dominer le monde ? autrefois omniprésents sur les champs de bataille, clans les travaux agricoles et pour les transports, les chevaux ont peu à peu disparu de notre environnement immédiat.
    Ils n'ont pour autant jamais quitté les cimaises de nos musées et les sculptures de nos villes. en multipliant les approches, en transcendant les genres, les lieux et les époques, les meilleurs spécialistes de l'histoire du cheval et de sa représentation dans l'art composent un panorama idéal où ils nous servent de guides. avec eux, nous franchissons, sur le pas des chevaux, les principaux continents qui.
    D'est en ouest et de la préhistoire à nos jours, servent de cadre à cette galerie d'images sans cesse surprenante. sans cesse renouvelée. uccello, fouquet, limbourg, clouet, verrocchio, gozzoli, piero della francesca, rubens, van der meulen, donatello, van dyck, le brun, velàsquez, véronèse, delacroix, géricault, stubbs, alfred de dreux, gros, david, vernet, chassériau, romney, barye, picasso, bugatti, malevitch croisent les montures ailées de la mythologie, les armées enterrées de l'empire du milieu, le char de toutankhamon, les chevaux des chasses au lion d'assurnazirpal, les chevaux de trajan, les palefrois des tournois médiévaux, les cavaliers de la furûsiyya, les reprises de l'ecole de vienne et le galop des courses d'ascot.
    C'est à cette promenade exceptionnelle dans l'univers du cheval et de son art que cet ouvrage, comportant plus de 300 illustrations en couleurs, parfois inédites, invite le lecteur.

  • Botanica magnifica

    Singer-J

    Botanica Magnifica réunit deux cent cinquante et une photographies exceptionnelles signées par Jonathan M. Singer. Elles représentent des fleurs rares ou exotiques surgies des ténèbres à la manière des grands maîtres de la peinture. Inspiré par l'oeuvre des grands artistes botaniques qui l'ont précédé, Jonathan M. Singer a élaboré un style de photographie numérique moderne qui restitue à la fois la clarté et le talent des illustrations botaniques traditionnelles ; à travers l'objectif de son appareil, ce n'est pas seulement l'apparence formelle d'une plante qu'il capture, mais aussi son essence.
    Ainsi, nombre de ces portraits révèlent les pièces délicates des plantes avec une finesse de détails qu'un pinceau ne saurait imiter, nous offrant un aperçu inédit sur la complexité et la singularité de ces êtres vivants. On trouvera cinq parties dans ce livre : les Orchidacées, qui présentent toute la diversité des orchidées, une des plus riches et des plus belles familles de plantes à fleurs ; Florilège, qui décrit la complexité et la beauté des fleurs, chefs-d'oeuvre de l'évolution ; Merveilles, un échantillon de plantes aux formes insolites, parfaitement adaptées à leur environnement ; les Zingibéracées, en hommage à la famille des gingembres, dont les membres réunissent des plantes tropicales communes et des espèces rares menacées d'extinction ; et Botanicus, une sélection de spécimens superbes et étranges issus des célèbres collections d'étude botanique du Musée national d'histoire naturelle du Smithsonian Institute.
    Chaque illustration s'accompagne d'une description simple et accessible de ses caractéristiques botaniques, sa répartition géographique, son folklore, son histoire et sa conservation. Par ses reproductions exceptionnelles et son texte brillant, Botanica Magnifica est certainement un des plus remarquables ouvrages de photographie d'histoire naturelle jamais publiés.

  • La représentation de l'enfance accompagne l'histoire de la peinture depuis le Moyen Âge. Des tableaux d'église aux tableaux de Salon, les artistes ont brossé tous les visages de l'enfance : enfants divins de la peinture religieuse ou mythologique, petits princes de l'art de cour, anges du foyer de la peinture de genre, enfant modèle du portrait de famille, sans compter tous les irréguliers de l'enfance qui n'ont pas moins intéressé les artistes, petits gueux et petits bâtards, enfants surnaturels ou démoniaques, cancres et révoltés. Cette place dévolue à l'enfance conduit à s'interroger sur les fonctions mêmes de la peinture, sur son évolution du sacré au profane et du profane à l'intime, sur son implication dans la formation des identités sexuelles et dans les pratiques éducatives, sur sa quête de naïveté primitive. Figure incontournable de la peinture, l'enfant est une grande question pour l'histoire de l'art. À travers plus de 130 artistes, du XIVe siècle à nos jours, une étude sans précédent sur le sujet.

  • Aux premiers siècles de notre ère, alors que l'Empire romain brûle de ses derniers feux, l'astronomie, la plus ancienne des sciences, s'invite déjà dans le répertoire artistique. De Ptolémée aux premières explorations du Système solaire à l'aide de sondes, les artistes ont su trouver dans le développement de l'astronomie une source d'inspiration inépuisable. A la Renaissance, l'apparition progressive d'un style plus attentif à la réalité des phénomènes naturels incite désormais l'artiste à interroger davantage les cieux et leurs représentations.
    Au XVIIe siècle, l'apparition de la lunette offre aux savants et aux peintres un champ d'exploration inédit. Source de connaisances pour les uns, source d'inspiration créatrice pour les autres, le ciel se laisse peu à peu apprivoiser. L'avènement de la peinture de paysage en tant que genre indépendant ne pourra que favoriser un tel engouement pour les astres. Au tournant du XIXe et du XXe siècle, les gigantesques progrès accomplis par l'astronomie vont donner lieu à l'établissement d'un véritable bestiaire astronomique où les cieux se peuplent de satellites, de nébuleuses, voire de galaxies.
    Au XXe siècle, la nature des relations entre l'art et l'astronomie revêt des formes radicalement nouvelles. Une multiplicité de courants naissants, comme l'art abstrait, l'expressionnisme ou le futurisme, pour ne citer qu'eux, bouleversent l'ancienne iconographie céleste. Ainsi au fil des siècles, de la représentation des comètes jusqu'à celles des étoiles, en passant par la Lune et les planètes, l'art s'est sans cesse adapté aux découvertes scientifiques.

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