Langue française

  • Les éditions Mermod publient en 1951 une édition de luxe de Pour un herbier, illustrée par Raoul Dufy.
    Cet ouvrage est le fac-similé du n° LXXXIX (exemplaire réservé à l'artiste et aux collaborateurs) de l'édition originale, conservé à la bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, au sein de la prestigieuse collection Jacques Doucet.

    "La rencontre entre Colette et Dufy était celle de sensibilités voisines. Souvent, dans les derniers temps, Colette me demanda à revoir cet ouvrage." Maurice Goudeket (dernier époux de Colette), dans Près de Colette, Flammarion, p.247-248

  • L'Orient de Flaubert (1821, Rouen - 1880, Croisset) est imprégné d'histoires et d'influences contemporaines. Dès ses oeuvres de jeunesse, le lien entre textes et images illustrant l'Orient et l'Antiquité semble évident pour le jeune artiste.
    Cet Ailleurs - qui est constitutif de sa vocation d'écrivain - s'affirme très vite comme la contrée de tous les excès, des rêves de luxe impossible, où un esthète exigeant pourrait dormir dans des "hamacs en plume de colibri".
    Premier beau livre sur Flaubert et les arts, cet ouvrage examine à la fois les images et les oeuvres qui ont marqué la formation visuelle de l'écrivain, ou qui ont été les sources avérées de ses créations et les nombreuses réinterprétations plastiques auxquelles celles-ci ont donné lieu. Dès son époque - c'est le cas de Gustave Moreau qui ne peindra pourtant jamais de tableaux directement inspirés de son oeuvre -, puis après sa mort, les illustrateurs, sculpteurs, peintres des courants les plus divers s'en emparent, de Georges-Antoine Rochegrosse à Salvador Dali. À l'époque moderne, le cinéma et la bande dessinée s'approprient également des romans de Flaubert, comme Philippe Druillet qui a consacré une partie de ses albums et de son oeuvre gravée à Salammbô.

  • Au tournant du XIXe siècle, Vienne, capitale du vaste empire austro-hongrois, devient l'épicentre d'une pensée avant-gardiste qui s'exprime contre le conservatisme ambiant, symbolisé par les façades néo-classiques de la Ringstrasse. Musique, littérature, philosophie, arts plastiques ouvrent de nouvelles voies à la perception. Les cafés de la vieille ville s'animent de l'effervescence de cette émulation créatrice. C'est l'époque de Sigmund Freud et de Ludwig Wittgenstein, de Gustav Mahler et d'Arnold Schönberg, de la Sécession (1897-1905) - courant conduit par les artistes Gustav Klimt, Joseph Hoffmann et Koloman Moser qui ambitionnent de rassembler les arts en une Gesamtkunstwerk, une oeuvre d'art totale. Dans cet esprit, la Wiener Werksätte, atelier fondé en 1903, réunit architectes, décorateurs, stylistes et artisans pour diffuser auprès du plus grand nombre cette nouvelle esthétique de la modernité.
    Avec ses quelque mille illustrations et plus de soixante artistes abordés, cette synthèse exceptionnelle menée par trois spécialistes de renom expose l'extrême fécondité de cette période dans tous les champs de la création ; peinture, dessin, arts décoratifs mais aussi architecture, photographie et arts appliqués tels que le graphisme, la verrerie, la joaillerie, la mode ... Un éclairage particulier est donné au rôle de la femme dans toutes ces disciplines. 

  • Yoshitoshi fut le plus prolifique et le plus marquant des maîtres de l'estampe japonaise à l'ère Meiji. Cet ouvrage présente son chef-d'oeuvre, les "Cent aspects de la lune" (Tsuki hyakushi), une série commencée en 1885 et terminée juste avant la mort de l'artiste en 1892. En son temps déjà, chaque nouvelle estampe publiée était un évènement, les tirages s'épuisant bien souvent dès le matin de leur parution.
    Cet ensemble rare, inspiré de récits historiques ou légendaires, est chargé de paradoxes. Tout en perpétuant la tradition nationale, Yoshitoshi inventait un style nouveau, largement inspiré de l'Occident. En un temps où les moyens de reproduction de masse -photographie, lithographie- rendaient l'estampe obsolète, le public s'arrachait celle des "Cent aspects de la lune". L'iconographie renvoyait au patrimoine historique, mais l'artiste révolutionnait l'ukiyo-e par sa façon de peindre l'intensité des émotions humaines.  Chacune des cent estampes est ici reproduite en fac-similé de l'édition originale. Un livre de commentaires retrace la biographie de Yoshitoshi. Des reproductions complémentaires illustrent sa puissante imagination et l'épanouissement de son style personnel. L'auteur éclaire ensuite l'importance de la série dans l'art japonais de l'estampe, ainsi que les aspects techniques de sa producution. Enfin, les récits des "Cent aspects de la lune" sont détaillés planche par planche. 

  • Les historiens de l'art ont l'habitude d'utiliser l'expression de "siècle d'or hollandais" (gouden eeuw) pour qualifier la civilisation néerlandaise du XVIIe siècle et, plus spécifiquement encore, l'art de cette période. Ce livre entend repenser cette notion en proposant d'analyser la manière dont elle a été définie, pensée et décrite au XVIIe siècle, par les Hollandais eux-mêmes, comme par leurs contemporains.
    Cet "âge d'or" est un moment historique marque par de profonds bouleversements : alors que les guerres et les rivalités politiques traversent le siècle, la dissipation des tensions religieuses en fait une terre d'accueil et de tolérance ; les Provinces-Unies assoient fermement leur hégémonie économique et commerciale, fondée notamment sur les échanges coloniaux. Savants, poètes, philosophes et artistes forgent, chacun à leur manière, les représentations naturalistes ou idéalisées de ces transformations. Appréhender la société néerlandaise du XVIIe siècle à travers la grande variété de leurs créations rend compte de l'identité plurielle d'une nation en devenir.
    Tout en suivant le fil chronologique de l'histoire, des débuts de la guerre de Quatre-Vingts Ans jusqu'aux premières années du XVIIIe siècle, les principales théories et pratiques artistiques du siècle d'or sont ici exposées, sans tenter de reconstruire a posteriori une unité factice.

  • L'art brut

    Martine Lusardy

    L'art brut n'est donc pas "l'art des fous". À côté des créations associés aux asiles psychiatriques -étudiées dès les années 1920 par le docteur Hans Prinzhorn -et l'art médiumnique, se rangent celles de "l'homme du commun" selon Dubuffet - celui qui est en dehors des circuits artistiques.
    Hier confidentiel, aujourd'hui consacré, instituionnalisé et médiatisé, l'art brut a une histoire et la réalité qu'il recouvre échappe à son inventeur et théoricien. D'autres appellations ont vu peu à peu le jour, correspondant à la démarche de nouveaux amateurs et à leur souci de baliser le territoire (hors normes, singuliers, outsider, habitant-paysagiste ...). Outre l'ouverture à de nouveaux champs de prospection, l'interaction avec l'art contemporain, dans une perspective de décloisonnement et d'élargissement, est une mise à l'épreuve de la notion d'art brut.
    Les créations de "l'art brut" sont davantage des énigmes que des productions qui se laisseraient facilement appréhender par notre conceptualité. Aloïse, Wöfli, Darger, Walla, Zinelli, Traylor, Sawada nous fascinent, nous touchent, nous éprouvent sans que nous puissions établir un rapport formel entre eux. L'enjeu est ailleurs. C'est dans le grand créateur d'art brut, le hors norme, le marginal, que nous voyons l'homme accompli et victorieux. Cet "Autre" de la culture ne réalise-t-il pas les possibilités les plus hautes de l'homme, l'héroïque construction de soi, son humanisation, finalement la fin véritable qu'est la culture ? 

  • La construction de l'Escorial marque le début communément admis du Siglo de Oro espagnol qui s'achève par l'accession des rois Bourbons au trône, toujours au monastère royal de l'Escorial, avec une apogée en 1635 au moment de l'édification à Madrid du nouveau palais du Buen Retiro.
    Après d'être illustré dans la géopolitique, l'économie et la littérature, l'Espagne connaît alors quelques-uns des plus grands génies que la peinture ait donnés. Célèbre et méconnue à la fois, avec ses astres brillants et ses talents dans l'ombre, ses spécificités, ses retards et ses fulgurances ... Une période que le XVIIIe siècle eut vite fait d'oublier pour mieux laisser le XIXe siècle s'en éprendre.
    La visée de cet ouvrage est de faire découvrir par la peinture, à quel point l'or de ce fameux siècle avait été avant tout dans les mains de ses artistes et au bout de leurs pinceaux.

  • Es catacombes de Priscilla à Rome aux photographes Pierre et Gilles en passant par les icônes byzantines, les reliquaires médiévaux et les artistes de la Renaissance, la représentation de la Vierge à l'Enfant est l'un des sujets les plus traités dans l'art occidental.
    Pourquoi tant d'images ? Pourquoi tant de visages prêtés à celui de la Vierge ? Et qu'est-ce qui nous émeut en elle, nous touche au plus profond de nous-mêmes ? Au travers des images de dévotion publique et privée, ce sont celles, idéales, de l'amour maternel, inconditionnel, divin, l'amour agape, qui parle à notre désir d'être aimé infiniment, absolument.
    La permanence et la richesse à travers les siècles, de ces figures de la Vierge à l'Enfant, leur permettent de retracer une histoire de l'art, des idées et de la pensée chrétienne.
    L'auteur décrypte l'archétype et la prodigieuse floraison des symboles qui les accompagne, tout en évoquant la dialectique du sacré et du profane, du visible et de l'invisible. Au fil des pages, les créations reproduites - qu'il s'agisse de chefs-d'oeuvre ou de scènes de genre méconnues - évoquent la diversité de traitement qu'a pu susciter cette figure maternelle intemporelle.

  • LE LIVRE Le terme Préraphaélite fait référence, de façon très large, aux peintres britanniques de la seconde moitié du dix-neuvième siècle associés à William Holman Hunt (1827-1910), John Everett Millais (1829-1896) et Dante Gabriel Rossetti (1828-1882). Ces derniers s'étaient rencontrés à l'école de la Royal Academy, et fondèrent en 1848 la Pre-Raphaelite Brotherhood. Le terme sera employé au sens strict pour désigner ces artistes en tant que membres fondateurs, sur une période relativement courte de cinq ans, durant laquelle ils travaillèrent en un groupe uni, qui se rebellait contre les normes et les standards de la Royal Academy : ils souhaitaient un retour aux origines de l'art, associé à une réflexion sur une réforme sociale, politique et artistique.  L'ouvrage retrace l'histoire complète du mouvement en la replaçant attentivement dans le contexte de production, tout en mettant en avant les parcours et les oeuvres de ses représentants. La place des femmes, importante dans le mouvement et l'impact social et politique des Préraphaélistes, notamment via les arts décoratifs, sont également étudiés. 

  • Ce quarante-huitième titre de la collection "L'Art et les Grandes Civilisations" revisite plus d'un siècle de création (1789-1914), en Europe-pays scandinaves et Europe de l'Est compris - et en Amérique du Nord.
    Rompant avec le découpage classique "peinture/sculpture/architecture/arts décoratifs/photographie", le volume envisage une approche transversale élargie. Le XIXe siècle est, en effet, le moment où se développe une réflexion théorique et où s'amorce une véritable démocratisation de l'art, des oeuvres, du patrimoine. La formation des artistes, les réformes du Salon, l'émergence du marché de l'art, l'inflation de la critique, la naissance du musée, la conception de l'architecture et de l'urbanisme, la sculpture publique, le développement de la photographie ... sont autant de dimensions où est impliqué le public auquel les oeuvres sont destinées.

    Sous la direction de Bertrand TILLIER, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université de Bourgogne et directeur du Centre Georges Chevrier, le présent volume réunit les contributions de Laurent BARIDON, FRANCK CLAUSTRAT, Sébastien CLERBOIS, Rossella FROISSART, Laurent HOUSSAIS, France NERLICH, Dominique POULOT, Julie RAMOS, Paul-Louis ROUBERT et Pierre WAT.

  • Le 16 mars 1955, Nicolas de Staël, âgé de 41 ans, se donnait la mort à Antibes, laissant une oeuvre considérable - des milliers de peintures, dessins et gravures. Sa figure s'entoura très vite d'une aura de légende. Travailleur intransigeant et passionné, le peintre a marqué par la fulgurance de dix années d'intense création l'art de l'après-Seconde Guerre. Des enchevêtrements abstraits au milieu des années 1940 aux aplats lisses irradiants de ses deux dernières années, son cheminement l'a conduit à éprouver la peinture dans un éternel questionnement, renouvelant sans relâche le motif, l'espace, la lumière, la couleur, le volume et le trait.
    Cette monographie, avantageusement illustrée, retrace la biographie de cet artiste emblématique et l'évolution formelle de son oeuvre en le replaçant dans le contexte de son époque.

  • Chaque année plus de dix millions de visiteurs du monde entier arpentent ses 68 000 mètres carrés de galerie qui offrent aux regards plus de 35 000 oeuvres. Enrichi par l'ouverture d'un huitième département, celui des Arts de l'Islam, par la création du Louvre-Lens, par le Louvre Abu Dhabi, le musée du Louvre a assis sa place de premier musée du monde.

    Quelle est l'histoire de ce haut lieu du patrimoine ? Comment se sont constituées ses prestigieuses collections ?
    Forteresse au Moyen Age, puis demeure des rois de France, le Louvre a accueilli huit siècles d'histoire. Ses origines remontent au XIIe siècle lorsque le roi Philippe Auguste décide de protéger sa nouvelle capitale, Paris, en la dotant d'une forteresse sur la rive droite de la Seine.
    Avec Charles V, le Louvre devient une résidence royale et les souverains Valois et Bourbons ne cesseront de l'agrandir, l'aménager, l'embellir. Les plus brillants architectes et peintres sont appelés à y oeuvrer.
    Siège des académies de Beaux-Arts et résidence de nombreux artistes au XVIIIe siècle, le Louvre confirme sa vocation de temple des arts avec l'ouverture en 1793 du Muséum des Arts, premier musée national ouvert au public. Dès lors, ses collections issues des collections royales ne cesseront de s'enrichir au fil des acquisitions, des découvertes archéologiques, des dons ou des legs.
    Dans les années 1980, le projet du "Grand Louvre", symbolisé par la fameuse pyramide de Ioeh Ming Pei, est un point d'orgue de ces siècles de transformation.

  • Ecueil incontournable de cynégétique médiévale, ce livre fut réalisé à la fin du XIVe siècle par Gaston III, comte de Foix, surnommé Fébus. Véritable manuel d'érudition, cette oeuvre est dédiée à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.
    Le livre premier de ce traité consacré à l'art de la vénerie, intitulé "Des bêtes douces et des bêtes fauves", présente la nature du gibier. Si plusieurs animaux font l'objet de descriptions précises et détaillées, telles que le cerf, l'ours, le sanglier ou le loup, certains sont peu développés et donnent lieu à quelques erreurs iconographiques, témoignant ainsi des connaissances de l'époque.
    La seconde partie est consacrée au meilleur ami du chasseur, le chien. Y sont présentées les différentes espèces de chiens et leurs qualités ainsi que les soins à leur donner et la manière de les dresser.
    Le troisième livre vise à transmettre aux veneurs les techniques de chasse afin de débusquer, piéger et tuer les animaux.
    Enfin, le quatrième volet traite des divers pièges à mettre en oeuvre afin de capturer le gibier (le vautrer, le dardier, le hausse-pied ...).
    Ce livre offre la reproduction intégrale du manuscrit de la Morgan Library, l'un des rares - et des plus beaux - exemplaires conservés dans le monde.

  • Le livre Cette histoire visuelle donne à voir la construction et le développement d'un motif qui s'érige en sujet à part entière de la peinture occidentale. Qu'il soit solitaire ou entouré de congénères, garni, à nu, bourgeonnant ou fleuri ..., sa représentation rassemble nombre de difficultés techniques, un véritable défi formel pour l'artiste.
    Des sources variées permettent ici de retracer de manière vivante les différentes pratiques des créateurs : l'élaboration de recettes d'atelier, la diffusion de grands modèles, la pratique au coeur même de la nature.
    Depuis les représentations des forêts sauvages évoquant les déserts érémitiques au XVIe siècle jusqu'à la précoce prise de conscience écologique au XIXe siècle, le spectre étendu des interprétations de la figure de l'arbre nous amène à nous interroger sur la construction et l'intensité de nos liens avec le paysage et la nature.

    Points forts - Une invitation à une promenade arborée en compagnie de 100 artistes, de Giotto à Mondrian - La première synthèse abondamment illustrée sur le sujet - Une approche culturelle d'un sujet au coeur de nos préoccupations contemporaines  

  • Le présent ouvrage vise à cerner au plus près le style qui s'affirme entre 1905 et 1923 et qui a ses propres caractéristiques formelles et techniques. Rapidement, il sera associé à l'Allemagne qui y voit émerger ses deux mouvements principaux et fondateurs : la Brücke (le Pont) avec Erich Heckel et Ernst Ludwig Kirchner notamment, et le Blaue Reiter (le Cavalier bleu) avec, entre autres, Wassily Kandinsky et Franz Marc.
    Toutefois l'expressionnisme se propage également en Autriche mais aussi en Belgique et en France et laissera ses traces au-delà du début du XXe siècle, puisque l'on retrouve bien plus tard aux États-Unis l'appellation d'"expressionnisme abstrait" et celle, en Allemagne, de "néo-expressionnisme".
    L'ouvrage se propose de retracer l'histoire de ce mouvement en la replaçant dans un contexte artistique en mutation et en mettant en avant les parcours et les oeuvres de ses représentants.

  • Peintre incontesté de l'apogée de la peinture du Siècle d'or, Vélasquez est exemplaire par son destin comme par son oeuvre. Avec constance, il a poursuivi sa marche vers les honneurs et le pouvoir : devenu peintre du roi Philippe IV, il obtient l'un des plus hauts postes du palais, fut anobli et nommé chevalier de l'ordre de Santiago. Comme décorateur, il introduisit le grand art baroque italien à la cour d'Espagne, en particulier à l'Alcazar de Madrid, et fut chargé de l'acquisition de peintures et de sculptures italiennes et flamandes pour Philippe IV. Ces aspects désormais mieux connus de sa carrière ont permis d'approfondir l'analyse de ses oeuvres.

    Vélasquez a peint la vérité humaine et psychologique en faisant preuve, dès ses débuts, d'une maîtrise souveraine, tant dans ses toiles religieuses et mythologiques que dans ses portraits, où il sait faire affleurer avec une acuité et un réalisme sans fard la personnalité de ses modèles, qu'ils appartiennent à la famille royale ou qu'ils soient d'origine plus modeste, tels les nains et les bouffons. La modernité de Vélasquez se retrouve dans le choix de ses sujets, dans son observation directe de la nature et dans son approche picturale extrêmement libre et spontanée, qui joue de l'illusion optique pour atteindre un réalisme saisissant.

    Ces qualités font de lui un des précurseurs de l'art de la seconde moitié du XIXe siècle. En témoigne l'admiration qu'il suscite chez Manet, Goya, ou, plus proches de nous, Picasso, Giacometti et Bacon.

  • Comment les artistes ont-ils représenté la musique du XVI au XX siècle ? Telle est la question soulevée par cet ouvrage, lequel permet de découvrir des oeuvres qui s'intéressent tout d'abord à la matérialité de la musique, c'est-à-dire ses instruments, ses musiques notées, ses gestes, ses acteurs et ses lieux de pratique. En raison de son égale immatérialité, de son caractère éphémère et des sensations qu'elle procure, la musique l'emporte en immédiateté et en intensité sur les autres sens pour solliciter l'imaginaire. Elle innerve de ce fait la fable humaine, ses grands mythes, son histoire, ses religions. C'est pourquoi nombre d'images dépassent la transposition de la réalité sonore pour ouvrir sur un univers symbolique.

    Du silence des natures mortes et des vanités jusqu'aux ambiances contrastées de scènes tantôt festives, galantes, morales, parodiques ou symboliques, la musique a passionné les peintres, soit qu'ils évoquent sa place dans l'art de vivre et la variété de ses pratiques, soit qu'ils soulignent son pouvoir maléfique ou rédempteur.

  • Chaque manuscrit est une réalisation manuelle, comme l'indique le terme même (du latin manu scriptus, « écrit à la main »), et chaque enluminure est le fruit de jours voire de semaines du travail d'une ou plusieurs personnes hautement qualifiées. Au vu du coût des matériaux et de la main d'oeuvre engagés dans leur production, il n'y a pas lieu de s'étonner que les manuscrits enluminés de la Bible aient été prisés en leur temps comme des trésors, des présents dignes des saints et des rois. Et c'est aussi pourquoi un si grand nombre d'entre eux sont parvenus jusqu'à nous, amoureusement préservés par les générations successives. Les manuscrits enluminés de la Bible comptent parmi les plus beaux témoins de l'art médiéval, mais aussi parmi les plus mal connus du grand public. Cette sélection magnifiquement illustrée de quarante-cinq joyaux de la British Library nous convie à un voyage à travers mille ans d'histoire, avec pour escales les plus grands centres culturels du monde chrétien. Ce sont autant de chefs-d'oeuvre éternels, reproduits ici à une échelle propice à admirer tout le savoir-faire des enlumineurs.

  • Le livre Un premier volume sur l'art de la Préhistoire 20 oeuvres majeures de la Préhsistoire, à découvrir de façon ludique et didactique.Les chefs-d'oeuvre de l'art pariétal (peinture, gravure) et mobilier (sculpture)Une sélection mondiale : Europe, Amérique, Afrique, Asie, OcéanieDes pages thématiques sur les différentes périodes de la Préhistoire, les techniques et les analyses plus poussées de certains lieux emblématiques.La collection Une collection encyclopédique originale en 7 volumes sur les grands moments de l'histoire de l'art : Préhistoire / Antiquité / Moyen-Âge / Renaissance / Époque moderne / XIXe siècle / XXe siècle Un voyage visuel et instructif à travers une période artistique :  -  grâce à la découverte de 20 oeuvres majeures de cette période - des remises en contexte temporel, géographique et thématique par des doubles pages dédiées.

    Chaque oeuvre est présentée par :  - un texte informatif court, scindé en petits encarts thématiques enrichis d'illustrations - une découverte visuelle progressive grâce à des pages-cache  

  • Millet

    Chantal Georgel

    Le 20 janvier 1875, Jean-François Millet s'éteint à Barbizon. Tandis que la presse locale reste silencieuse, se contentant d'accepter de publier, huit jours plus tard, une lettre témoignage d'un ami du peintre, qui déplorait cette "perte pour les arts et pour notre temps", car "des hommes comme cela il n'y en a pas à la douzaine", la presse artistique rend compte, immédiatement, de cette mort.
    L'ambition de cet ouvrage est de restituer Jean-François Millet dans son statut de peintre, au-delà de l'image trop largement répandue d'un paysan qui peint des paysans, héritée de son tableau le plus connu, L'Angélus.
    L'oeuvre de Millet est paradoxalement mal connue en France, peut-être parce que, par le jeu des collections privées, l'essentiel de ses tableaux se trouve aux Etats-Unis et au Japon. D'autre part, il n'existe que très peu de littérature sur l'oeuvre de Millet, aucun catalogue raisonné, et la dernière exposition monographique en France date de 1975 (Grand Palais).

  • Cet essai abondamment illustré offre de pénétrer dans ce lieu opaque et mystérieux qu'est l'atelier de l'artiste -peintre, sculpteur ou graveur -qui, dès la Renaissance et jusqu'à l'époque contemporaine, n'a cessé d'exercer une forme de fascination. Dès lors que l'artiste s'est distingué de l'artisan, établissant son autonomie et son pouvoir, cet espace de l'invention et de la fabrication de l'art a cristallisé toutes les curiosités. La multitude des tableaux, gravures et photographies montrant l'atelier l'atteste, tout comme les témoignages écrits des journalistes ou les pages qu'il inspire aux romanciers. Si l'atelier est un lieu physique et utilitaire, inscrit dans le monde social et la géographie urbaine, son image représente bien autre chose que sa stricte teneur documentaire. Elle est censée, au-delà du lieu même, brosser une sorte de portrait de l'artiste, distiller des indices sur sa condition, son oeuvre, l'esthétique qu'il défend ou promeut.
    De Giorgio Vasari à Jeff Koons, l'auteur livre ainsi une série de réflexions sur les sensibilités et les imaginaires sociaux à travers la figure de l'artiste en ses murs.

  • Dans l'imaginaire européen, l'Orient est un mythe : passions, mystères, magie des couleurs, combats héroïques, musique, faune et flore merveilleuses... Berceau de la civilisation occidentale, les contrées du Levant n'en exercèrent que plus de fascination auprès des Européens. Dès le XVIIIe siècle, les artistes, dont la curiosité était attisée par le développement des échanges diplomatiques et commerciaux avec ce nouveau lointain, s'emparèrent de ses thématiques. Le mouvement orientaliste investit tous les genres picturaux : vie quotidienne, arts et traditions populaires, vues panoramiques de ville et de sites pittoresques, portraits d'officiels et cérémonies royales... Plutôt que promotion d'une esthétique particulière, il fut l'expression de sensibilités personnelles à un monde en voie de découverte tout au long de la période moderne, ce qui explique la variété de ses productions. Des peintres de sultanes aux paysagistes du désert, tous s'attachèrent à livrer sur la toile cet envoûtement pour la magie de l'Orient.

    De Liotard à Renoir, en passant par Girodet, Delacroix, Ingres, Chassériau, Vernet, Decamps, Fromentin, Lear, Lewis ou encore Alma-Tadema, cet ouvrage, étayé de nombreuses sources littéraires, retrace l'attrait des peintres, leurs regards croisés et leurs aptitudes à saisir un monde différent qui offrait des horizons renouvelés à la création.

  • Pour les grands voyageurs du XVIe au début du XIXe siècle, l'exploration des îles du Pacifique avait été une aventure exceptionnelle, pour de Queiros, Cook, La Pérouse, Bougainville et Dumont d'Urville qui avaient bravé ces mers inconnues pour découvrir ce qu'ils crurent être le paradis.
    Aujourd'hui, le voyageur peut suivre leurs traces, et pourtant de nombreux aspects de ces cultures insulaires demeurent aussi peu familiers qu'autrefois. Parmi ces aspects méconnus, l'un des plus intéressants est l'extraordinaire richesse artistique créée par les habitants de ces îles. Le monde océanien recouvre des milliers d'îles, de l'immense Nouvelle-Guinée à de simples atolls coralliens. Les indigènes y développèrent plus de cultures autonomes et variées que partout ailleurs dans le monde.
    Dans la plupart d'entre elles, les arts tiennent une place fondamentale car ils sont un facteur essentiel d'intégration à la vie sociale et religieuse. Ils incluent non seulement l'architecture, la peinture et la sculpture, mais aussi la musique, la danse, la prière, et l'ornement du corps. Presque tous les matériaux disponibles sont utilisés, durables ou éphémères. Cependant, pour des raisons principalement historiques, l'art des îles du Pacifique a été relativement négligé.
    Si un grand nombre de publications spécialisées, techniques ou anthropologiques existent, principalement sous forme d'articles, aucune synthèse d'ampleur n'a été publiée depuis trente ans. Et cela en dépit des nombreuses découvertes importantes et des études approfondies sur l'art de ces communautés passées et présentes. Présenter au grand public l'art océanien à partir des recherches et des théories contemporaines sur cet ensemble complexe de sociétés et de cultures, c'est ce qu'accomplit cet ouvrage à travers des textes de grande qualité et une iconographie qui réunit les chefs-d'oeuvre dont un bon tiers d'oeuvres inédites.
    Une documentation précise sur les principaux groupes culturels apportent le complément indispensable pour une bonne découverte de ce continent éparpillé entre ciel et océan.

  • L'art roman

    Durliat-M

    C'est une magistrale synthèse que nous propose l'ouvrage de Marcel Durliat. Refusant de le passer au crible d'une théorie exclusive et réductrice comme de ramener son origine à une perspective unique, distinguant au contraire trois foyers différents qui vont animer sa diversité - art roman méridional, source ottonienne, art du nord de la France -, cernant en même temps au plus près sa définition en n'abordant que l'art strictement religieux, délimitant de façon plus rigoureuse sa durée (XIe et XIIe siècles) dégageant enfin de façon neuve l'interaction entre l'oeuvre et la société, c'est à une vision renouvelée de l'art roman que nous invite l'auteur.??
    Avec ses admirables illustrations en couleurs augmentées de 120 illustrations dans cette édition remise à jour, et son exceptionnelle documentation, ce texte, se déployant comme une symphonie magistrale, donne de l'art roman l'image la plus exhaustive.
    Par sa remise à jour très importante, et son élargissement à l'Europe (spécialement l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne), cet ouvrage restera sans rival et assurément encore la référence en la matière.

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