Généralités sur l'art

  • L'une des plus importantes artistes de notre temps, Marie-Jo Lafontaine, rencontre, dans Tout ange est terrible, véronique Bergen, écrivaine de même renom : toutes deux portées comme le vent par un certain sens de la tragédie qu'elles expérimentent du point de vue formel, politique, et, toujours, dans le bouleversement émotif du sensible. Livre d'art, récit philosophique et conte érudit, cette monographie offre un parcours moins chronologique que conceptuel dans l'oeuvre de Marie-Jo Lafontaine dont il souligne, d'abord, le décloisonnement inouï des pratiques inauguré par l'artiste. Le rapport texte-image inédit du livre en met en exergue la liberté. car, pour véronique Bergen, une recherche sur les ultimes contrées du visible demeure le projet de l'artiste, et, elle en décline l'importance dans le registre de la perception, de l'espace, de la couleur et de la fulgurance, extatique, des monochromes dont la philosophe donne une synthèse magistrale de l'histoire esthétique. au fil d'inventions poétiques stellaires, l'écrivaine décrit sa fascination pour « le regard » de Marie- Jo Lafontaine.

  • L'histoire de l'art n'est-elle qu'une succession de styles, de ; et de noms d'artistes ? Ou de prix de Le livre -vous avez dans la main vous propose une approche différente, plus simple et plus juste. Son point de départ est la raison d'être de l'art dans la société. Depuis le commencement l'art a relevé et a répondu aux questions essentielles de l'humanité. L'histoire de l'art est l'histoire de ces questions et devrait être présentée dans cette optique.
    En parcourant ce livre qui se lit comme un roman aux mille personnages, vous vous dites probablement : ah oui ; évidemment ; c'est vrai ; pourquoi n'y avoir jamais pensé ? Et vous êtes à nouveau persuadé que l'art est plus qu'un passe-temps ou un divertissement ; il est le battement de coeur de la race humaine.

  • En 1912-1913, James Ensor réalise une série de 32 dessins au crayon de couleur intitulée Scènes de la vie du Christ. Chaque dessin sur papier mesure environ 15 par 21 cm. La série dépeint différents épisodes de la vie de Jésus et de la Vierge Marie.
    Ensor y a réussi à combiner le sublime et le grotesque de manière inégalée. Certaines compositions sont assez conventionnelles, d'autres typiquement "Ensoriennes", et certaines sont même humoristiques. Parmi les oeuvres de la série, on trouve un dessin dans lequel Ensor se représente lui-même comme le Christ, confronté à une douzaine de critiques d'art belges qui se sont réunis devant lui.
    En 1929, les dessins ont été transformés en lithographies et publiés sous la forme d'un album par la Galerie Georges Giroux à Bruxelles. Ces dessins peuvent être considérés comme un lien entre les premières oeuvres du maître ostendais et ses oeuvres ultérieures. La série combine différents motifs qu'Ensor a également exécutés à la peinture à l'huile.
    L'auteur de l'oeuvre, Xavier Tricot, accorde également une grande attention à la figure du Christ dans l'oeuvre de James Ensor. À partir de 1885, la figure du Christ occupe une place centrale dans l'oeuvre d'Ensor. Dans certaines de ses oeuvres, l'artiste s'identifie au Messie.

  • Dave Decat, illustrateur et affichiste bruxellois, explore sans relâche, depuis le début des années 2000, l'univers haut en couleurs des truands qu'il magnifie :
    Que ce soient les bandes criminelles du Paris Belle Époque, les Apaches qui avaient volonté de s'afficher et de parader, les voyous tatoués ou d'autres.
    C'est dans ce monde codé et stylisé que Decat puise ses idées et la matière des portraits imaginaires qu'il réalise. Il s'inspire d'Anatole Steinlen ou de l'imagerie véhiculée par les journaux de l'époque tels Le Petit Journal.
    Pour enrichir son univers, le dessinateur s'est également nourri de références littéraires et cinématographiques précises qu'il fait siennes comme Du rififi chez les hommes d'Auguste le Breton, un classique de la littérature policière ou Bob le flambeur de Jean-Pierre Melville dont il a digéré puis réinterprété les codes. Toujours fasciné par les freaks, les marginaux et les exclus de tous bords, Dave Decat a consacré aussi son travail à ceux qu'on appelait « loubards » dans les années 1980 ou encore aux fans de rock heavy metal.
    Le livre est découpé en chapitres thématiques qui se succèdent suivant l'ordre chronologique des créations de Dave Decat. On trouvera aussi dans ce volume un texte dans lequel l'artiste partage son histoire, son cheminement et sa démarche créatrice tout en donnant les clés de son univers graphique.
    On se glisse progressivement dans une galerie de portraits, des vraies « gueules » représentées avec une empathie palpable. Un intérêt pour un monde que l'on découvre et la curiosité pour l'univers si particulier créé par Decat est maintenue. Le travail de l'artiste est décliné sur des supports aussi variés que l'affiche, le dessin, la pochette de disque ou la couverture de livre.
    Pourtant, son style précis et unique est d'une cohérence évidente et réussira à séduire et créer une évidente empathie voire une vraie affection pour cette galerie de personnages.

  • Le siècle du cinéma rassemble environ quatre-vingts articles écrits par le cinéaste brésilien Glauber Rocha entre 1957 et 1980, sur des réalisateurs ou des films américains et européens. Rocha expliquait que le métier de critique lui était intellectuellement nécessaire-tout en exerçant son travail de cinéaste, il n'a ainsi jamais cessé d'écrire sur les autres, à l'occasion de festivals ou de sorties en salles, pour des journaux comme parfois pour des mises au point personnelles sur des auteurs aimés. L'empathie, le goût de la polémique ou des jugements tranchants, la nécessité d'une reformulation de l'histoire du cinéma depuis " la périphérie des pays capitalistes " font de ce livre bien autre chose qu'une simple compilation de comptes rendus critiques : il s'agit pour Rocha d'un art poétique complet, où esthétique et politique se côtoient constamment pour dresser aussi, en filigrane, un portrait tumultueux du XX° siècle. A la fois écho lointain et déformé de la " politique des auteurs ", terrain d'essai stylistique et libre parcours historique, l'ensemble est toujours vif et déroutant, par les oscillations de l'écriture entre didactisme, reportage et inventions échevelées, comme par ses manières fulgurantes d'entremêler la critique, l'histoire et la théorie du cinéma. Organisé par Rocha en 1981 et publié au Brésil en 1983, deux ans après sa mort, ce recueil constitue son premier ouvrage traduit en français.

  • Du 15 novembre 2018 au 3 février 2019 se tiendra à la fondation Boghossian / Villa Empain l'exposition De liens et d'exils. La problématique de l'exil est au coeur de l'histoire de la famille Boghossian, dont la Fondation éponyme a pour vocation de rapprocher les peuples par le biais de la culture. En cette période où se multiplient les appels à ériger des murs entre les pays, et où des migrants traversent quotidiennement les frontières au péril de leur vie, il a semblé important d'explorer cette thématique du lien et de l'exil. Cette exposition, associée à un projet de résidence d'artistes à la Villa Empain et dans les espaces partenaires du Moussem - Centre Nomade des Arts, réunit ainsi les regards de sept artistes, installés au Maroc, en France ou en Belgique, sur la question de l'exil, et fait dialoguer une sélection d'oeuvres. La curatrice Nadia Sabri nous propose un regard inédit sur la question de l'exil. En mettant en avant les liens que tout déplacement est capable de susciter, elle nous propose d'aller au-delà des définitions classiques de la notion d'exil.

  • En 1922, trois très jeunes gens créent une revue d'avant-garde du nom de 7 Arts. Comme son nom l'indique, elle entend promouvoir tous les arts mais surtout leur synthèse, vue au travers de l'architecture et du cinéma, qui ont cette particularité de les réunir tous. Pierre Bourgeois, le poète, Victor Bourgeois, l'architecte et Pierre-Louis Flouquet, le peintre, seront bientôt rejoints par Georges Monier, le musicien et Karel Maes, peintre mais aussi graveur et créateur de meubles. Les 5, comme ils s'appellent, vont très rapidement fédérer toute l'avant-garde belge et jouer un rôle majeur tant au niveau national qu'international dans la promotion d'un art moderne réconcilié avec la vie. Leur revue, qui paraîtra toutes les semaines, 6 mois par an, tout au long de 6 saisons et ce jusqu'en 1928, attirera des littérateurs comme Paul Werrie, Léon Chenoy et Maurice Casteels, des peintres comme Jean-Jacques Gailliard, Victor Servranckx, Jos Léonard, Jozef Peeters et Felix De Boeck, des cinéastes comme Charles Dekeukeleire, des architectes comme Satanislas Jasinski, Huib Hoste, Servranckx, Lucien de Vestel et Alfons Francken, des urbanistes comme Louis Van Der Swaelemen, et même des spécialistes du sport comme Géo Charles. L'ouvrage qui leur est consacré, tout comme l' exposition en marge de laquelle il est publié et qui se tiendra au CIVA à Bruxelles en 2020, envisage la revue 7 Arts sous l'angle de la synthèse des arts, et pour ce faire, met en évidence les correspondances entre ceux-ci en les plaçant sous le signe de la plastique pure, autrement dit, l'abstraction géométrique. Peu connue aujourd'hui, cette revue a pourtant eu une importance réelle. L'exposition et le livre qui lui sont consacrés sont une belle opportunité de découvrir le projet ambitieux qu'a été la création de 7 arts.

  • Le Musée royal de Mariemont présente en janvier 2020 une exposition explorant le thème des recadrages espaces- temps dans l'art intitulée "Bye Bye Future ! L'art de voyager dans le temps" . La scénographie ludique et originale de l'architecte Sébastien Faye fait la part belle à la carte blanche donnée au célèbre architecte utopiste Luc Schuiten - invité d'honneur de cette manifestation. Le texte de ce catalogue d'exposition, rédigé par Sofiane Lagouhati, envisage diverses formes d'exploration et d'extrapolation du temps : rétrofuturisme, cyber punk, utopies, dystopies et uchronies, avenir du livre et numérique, etc.
    Littérature, cinéma, art contemporain, fan art des cultures pop et de science-fiction... sont autant de mondes créatifs qui amènent le visiteur à (re)vivre non pas un mais des retours vers le futur ! l'exposition compte plus 150 pièces exposées de toutes sortes (manuscrits, sculptures, vidéos, arts graphiques et numériques, installations...) majoritairement modernes et contemporaines. résolument pop, l'exposition présente également tout un pan dédié aux jeux vidéo, aux robots de nos enfances ou héros de nos écrans, ainsi qu'à la manière dont ils investissent notre imaginaire et notre culture contemporaine.

  • Cinéaste de la transparence et de l'observation du quotidien, jacques tati est d'abord cinéaste de la révélation et de la démocratie du regard.
    Inventeur du burlesque sonore, d'une véritable poétique du son, il réconcilie comique et réalisme, pour mieux les confondre dans sa propre mise en scène du monde, totalité organique exemplaire dans toute l'histoire du cinéma. pour jacques kermabon, monsieur hulot est d'abord l'incarnation du mouvement perpétuel, dialecticien subtil de l'équilibre et du déséquilibre, de l'ordre et du léger décalage, du vide et du plein.
    Son essai, synthétique et rigoureux mais toujours passionné, jacques kermabon le conclut en nous révélant l'exacte dimension du monde selon tati, un monde saisi dans son devenir-signe, contemporain de ce qui se tramerait bientôt du côté de roland barthes et du nouveau roman. en annexe, kermabon livre le fruit d'un authentique travail de bénédictin et compare les différentes variantes du film. outre une lecture attentive de plusieurs étapes du scénario, cette étude intègre, dans cette réédition augmentée, la première version du film, considérée comme disparue, dont une copie d'exploitation a été retrouvée.
    Au-delà de l'anecdote, ce qui se dégage alors, ce sont les mécanismes intimes d'une construction artistique constamment en mouvement, la cohérence de l'univers de jacques tati, pour lequel cet ouvrage constitue une introduction idéale.

  • Dans Le Miroir, Andrei Tarkowski, on le sait, évoque son enfance. Pourtant rien ici ne ressemble à un traditionnel film de souvenirs. Tout, sans cesse, excède la simple mémoire lyrique : le rappel du passé n'ayant rien d'une berceuse. Le Miroir n'est donc pas ce rêve cotonneux, hypnotique, sensitif, fascinant, qu'on nous décrit trop souvent, mais une oeuvre dramatique, brûlante, hérétique, érotique.
    L'érotisme, c'est-à-dire un certain abandon aux mystères de la temporalité; l'érotisme : la dépossession de tout contrôle sur le cours du temp; l'érotisme : quand le temps se dérobe sous nos pieds.
    Il y a dans le rêve plus que ce qu'y met le rêveur.

  • Nicolas Kenny prend pour fil conducteur l'expérience, vécue de l'intérieur, d'un journaliste chevronné de la radiodiffusion belge francophone. La carrière de Charles Van Hauteghem débute dans l'immédiat après-guerre, quand les ondes font partie du quotidien à Bruxelles comme dans tout le pays et au Congo, alors colonie belge. Nicolas Kenny qui l'a longuement interviewé, montre, en se basant aussi sur de nombreuses archives d'époque, comment la radiodiffusion a contribué à façonner la culture urbaine d'une époque, avant que la télévision ne s'impose, obligeant les radios tant nationales que locales à s'inventer de nouveaux défis.

  • During 1889, Belgian artist James Ensor (1860-1949) painted a monumental canvas that would be his magnum opus: The Entry of Christ into Brussels in 1889. The work is one of the most complex paintings ever painted. It is only forty years after its completion that the monumental canvas was first publicly exhibited at the James Ensor retrospective at the Brussels Palais des Beaux-Arts in 1929. Needless to say, therefore, that the exhibiting of Ensor's work in 1929 was for many a revelation. Until then it had been seen and was known only to a limited group of visitors and insiders.
    Between 1889 and 1929, a veritable revolution had taken place in the visual arts. Before and during World War I, Fauvism, Cubism, Futurism, Expressionism, and Dadaism all came into being. Few explanations can accommodate the full daring and frenzy of such a painting which chaotic composition and barbaric style seem revolutionary, and look far beyond the early twentieth century. Since the purchase of the work in 1987 by the J. Paul Getty Museum (Los Angeles), The Entry has acquired cult status. No other work depicts the notion of belgitude so aptly as The Entry of Christ into Brussels in 1889, and yet the painting can in the first place be regarded as a somewhat quirky but striking representation of Ensor's vision of humanity.

  • Internationalement reconnu comme un maître de la gravure sur bois du XXe siècle, Frans Masereel (1889-1972) est un artiste engagé dans l'histoire de son temps.
    Observateur du monde moderne, son oeuvre dessine les utopies d'une humanité en marche. Ce sont des hommes et des femmes, emportés par la force des événements, qui décrivent des destins souvent tragiques ; le progrès technoscientifique apportant avec le développement industriel son lot d'injustices et de catastrophes. Si l'esthétique de Frans Masereel demeure marquée, voire meurtrie, par les deux guerres mondiales et leurs combats idéologiques, ses thèmes n'ont rien perdu de leur actualité.
    Tirant parti de la brutalité de la taille pour durcir les idées qu'ils illustrent, ses bois gravés ont conservé au surplus du caractère tourmenté des années expressionnistes, une vision éclairante du cycle de rêves de grandeur et de désenchantements d'une civilisation qui se découvrit mortelle. Les dessins rehaussés de gouache qui ont servi pour son livre Route des Hommes, paru en 1964, sont rassemblés et présentés pour la première fois dans ce volume et attestent de l'aptitude de la pensée graphique de Frans Masereel à saisir les moments forts de l'histoire des hommes.

  • Atelier IDM surprise ! le premier jour du reste de ma vie Nouv.

    Placé sous le signe de la surprise permanente, et sous la direction de son chef d'atelier Jean-François octave depuis 33 ans, iMaGes Dans Le MiLieu connu dans le milieu belge de l'art public sous le sigle iDM passe ces jours prochains le relais à équipe renouvelée et formée dans son giron atypique mêlant dessin, peinture, sculpture, textile, scénographie, interventions urbaines et street art, photo, vidéo, performances et installations dans un esprit résolument pop mais engagé et responsable. L'occasion donc de faire le point sur cet atelier d'art contemporain transdisciplinaire, pas tout à fait comme les autres, sous la forme d'un abécédaire de 336 pages qui donne la parole à chacun de ses intervenants et donne à voir ses productions hétérogènes au fil des ans, puis à l'occasion de trois expositions aux abattoirs de Mons (BaM), au BPS22, au Mac's Musée des arts contemporains Grand-hornu et d'une soirée à l'iseLP. Mais aussi, au-delà de cette dimension commémorative et festive, l'occasion de réfléchir à ce que peut être et doit être une école d'art forcément transdisciplinaire ancrée dans la vie et dans la ville.

  • Harry et Monika sont deux jeunes gens ordinaires de Stockholm en 1952.
    Brimés dans leur travail, étouffant dans leurs familles, ils quittent tout pour l'utopie d'un été de liberté sur une île. Mais leur moment édénique va être de courte durée. Rencontre amoureuse et séparation : un film comme les autres ? Non, car ici doublé par un autre où les protagonistes ne sont plus deux mais quatre : Monika, Harry, Bergman et le spectateur. Pour la première fois le rapport créateur-créature-spectateur l'emporte sur la fiction et en devient le véritable enjeu.
    Bergman ne filme pas seulement le scénario, mais aussi et surtout le roman du tournage. L'histoire du cinéma va en être changée.

  • Stimulée par le dixième anniversaire du MAC's, par le récent classement du Grand-Hornu au rang de 'patrimoine de l'humanité' (Unesco), la revue DITS qui en est à sa dixième année d'activité, avec seize numéros publiés, revivifie sa formule éditoriale en modifiant le principe thématique qui lui a valu d'aborder l'art contemporain, mais aussi d'autres disciplines visuelles (comme la danse, le théâtre ou encore le cinéma), à travers des notions aussi disparates que celles de geste, de voyages, de poésie, de simulacre, de violence, de répétition ou encore de familles. La diversité des 'sujets familiers et d'actualité' inscrits aux sommaires, l'intérêt manifeste des lecteurs, abonnés ou occasionnels, de même que les propositions de plus en plus nombreuses d'articles, nous autoriseraient (et même nous encourageaient) à poursuivre dans cette direction, mais au risque que ce rythme gai devienne une ennuyeuse routine. De plus, cet éclectisme auquel nous tenons exposait visiblement la revue à quelques redites puisque, comme on sait, tout est dans tout et qu'un geste, par exemple, peut être un simulacre, la poésie une sorte de voyage, la répétition une forme de violence (souvenons-nous du supplice de Sisyphe), etc. D'où cette évidence qu'il fallait rompre l'enfilement a priori infini des substantifs et ne plus progresser horizontalement à travers la matière artistique le long d'un azimut thématique. L'option retenue fut de faire dériver désormais chaque numéro non plus d'un terme général, mais d'une proposition singulière, laquelle aura la forme complexe et parfois énigmatique d'une citation (commentaire, poème, chanson, slogan.) ; manière d'en revenir à la définition du 'dit'. Par conséquent, les thèmes de cette 'nouvelle parution' du DITS ne sortiront pas de nulle part, mais plutôt de la mémoire ou de la bibliothèque de l'un ou l'autre amateur de belles formules, de celles qui marquent.

  • En 1989, le Centre wallon d'art contemporain fêtait le vingtième anniversaire de sa première exposition; une belle occasion de plonger dans les pages de la création contemporaine liégeoise. Dès la sortie de Libres échanges. Une histoire des avant-gardes au pays de Liège de 1939 à 1980, nous avions projeté la suite de cette publication. Le quarantième anniversaire du Cwac nous en donne l'occasion. Le Temps des com missaires apporte un éclairage sur l'activité artistique à Liège entre 1980 et 2000. Pour la nouvelle étude, Marc Renwart s'est livré à un travail de compilation suivi d'un travail de sélection d'événements marquants de cette période. Son travail est complété par un site (www.artinfo. be) plus complet où le lecteur trouvera plus largement de quoi satisfaire sa curiosité. Ces recherches font apparaître le rôle capital joué par l'émergence des commissaires. Ils sont artistes, historiens de l'art, conservateurs de musée.

  • Hitler, un film d'allemagne, oeuvre incontournable, reste cependant difficilement analysable de par sa longueur, sa multitude de formes et de procédés.
    Sous le titre show people, cet ouvrage développe un aspect encore jamais exploré : l'implication du personnage de charlot dans la fiction de syberberg, et les connivences dans la mise en scène de ce film avec ceux de chaplin. la tentative de faire un " récit critique du dedans ", pistant les métamorphoses - que cette oeuvre fait subir à son spectateur - au contraire des analyses qui ont toujours rapporté l'expérience d'une projection après-coup -, donne un essai très personnel qui se confronte à la limite d'une écriture entraînée par le cinéma.

  • Le rebelle (1948) de king vidor est pour beaucoup de cinéastes le film de chevet.
    L'architecte qui dynamite des hlm conçues par lui, parce que les commanditaires ont défiguré son projet, évoque évidemment le cas de tous ces cinéastes qui n'ont pu bénéficier du fameux final cut. le dynamitage du rebelle a profité d'un nouveau regain d'actualité avec les implosions récentes de hlm en banlieues. ou : gary cooper à la courneuve. c'est un film malin, savant, glacé, hyperpro, mais aussi un film abrupt, brutal, cinglant, condensé, convulsif, déchiqueté, déjanté, délirant, discrépant, érotique, étourdissant, fascinant, frénétique, grossier, haché, hystérique, mal poli, romantique, surréel, torride, trépidant.
    Un objet barbare, un météorite. s'il ne fallait conserver de toute la production hollywoodienne qu'un seul film, ce serait celui-ci. je l'ai vu une bonne douzaine de fois, et j'ai peur de le regarder à nouveau, tant il m'émeut. en évoquant le comment, je dirai pourquoi le rebelle demeure l'une des plus sublimes créations du génie humain.

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