Généralités sur l'art

  • Instruments

    Ismaïl Bahri

    Catalogue de l'exposition dédiée par le Jeu de Paume à Ismaïl Bahri, Instruments est aussi sa première monographie. Initié dans les années 2000, le travail de l'artiste franco-tunisien s'apparente au relevé d'opérations précises et sensibles, dont la cinétique, souvent mécanique, évoque notamment le procédé filmique. Basées sur les nuances et développements infimes issus de la rencontre de choses élémentaires, ces expérimentations requièrent une acuité de regard, déroulant un questionnement sur les limites du visible et de la perception.

    Cultivant la lenteur, le travail d'Ismaïl Bahri est fondé sur l'exploration rapprochée d'éléments simples et des réactions, souvent ténues, provoquées par leur mise en contact. L'artiste répète, décline inlassablement des petits gestes - active, met en mouvement, transforme, noue, froisse -, accueillant les développements imprévus que ces derniers suscitent. Ses oeuvres, pour la plupart des vidéos, s'offrent comme la traduction en images de ces expériences, dont elles retiennent les effets les plus significatifs. Une goutte d'eau qui réagit aux intensités organiques (Ligne), une page de magazine qui se dépigmente et colore les doigts qui la manipulent (Revers), une feuille blanche qui se teinte à la lumière (Foyer), un fil qui s'enroule sur lui-même (Dénouement)... Relevant du détail et de l'infime, ces transformations sollicitent une attention accrue. Chez Ismaïl Bahri, c'est dans ce moment de l'accommodation perceptive, sur la corde raide entre précision et fragilité, qu'affleurent l'épaisseur des choses et leur potentiel de variation.
    Les instruments, ces objets sensibles permettant d'opérer dans le monde physique, agissent comme les intercesseurs des actions menées par Bahri. Les éléments auxquels il a recours - eau, fil, tissu, encre, lumière, vent, mains - sont convoqués pour leur aptitude à affecter ce qui les entoure et à s'en affecter. Aussi les notions d'imprégnation (Foyer), de nuance (Sondes), de développement (Source), de capillarité (Film), de transfert (Revers) ou encore de révélation (Esquisse, pour E. Dekyndt) sont-elles récurrentes dans sa pratique.
    Présentée au Jeu de Paume, Paris, du 13 juin au 24 septembre 2017, l'exposition « Instruments », d'une ampleur sans précédent dans le parcours d'Ismaïl Bahri, articule une sélection de huit vidéos récentes, dont trois produites à cette occasion. Le catalogue qui l'accompagne, première monographie vouée à l'artiste, présente un nombre plus important de vidéos ainsi que d'autres réalisations - photographies, dessins et installations -, rendant compte de l'ensemble de sa pratique depuis ses débuts dans les années 2000. Un essai de Jean-Christophe Bailly opère une traversée de l'oeuvre, tandis qu'une discussion d'Ismaïl Bahri avec Guillaume Désanges et François Piron met en perspective sa démarche en éclairant son processus de travail et ses influences. Enfin, des notices rédigées par Marie Bertran portent plus spécifiquement sur les oeuvres exposées au Jeu de Paume.

    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Jeu de Paume, Paris, du 13 juin au 24 septembre 2017.

  • Blackboard

    Bouchra Khalili

    Entre film et installation vidéo, photographie et sérigraphie, Bouchra Khalili organise son travail autour de plateformes depuis lesquelles elle examine les stratégies de résistances des minorités face à l'arbitraire du pouvoir. Ce catalogue revient sur dix ans de créations de l'artiste franco-marocaine.

    Ce catalogue accompagne l'exposition de Bouchra Khalili au Jeu de Paume qui, intitulée « Blackboard », réunit un vaste choix d'oeuvres réalisées depuis 2008. Le projet articule histoire individuelle, histoire collective et transmission des utopies oubliées pour proposer une méditation sur la puissance émancipatrice de la parole lorsqu'elle est portée par des membres de minorités souvent confinées aux marges de la visibilité. Il se conçoit ainsi comme un espace où les protagonistes des oeuvres de l'artiste et les spectateurs peuvent se rencontrer, réactivant la proposition de Pier Paolo Pasolini d'une conception de l'oeuvre d'art comme poésie civile.

    Première monographie de cette ampleur consacrée à Bouchra Khalili, Blackboard est aussi le catalogue de l'exposition personnelle éponyme de l'artiste au Jeu de Paume (5 juin - 23 septembre 2018). Ce projet emprunte son titre au dialogue que Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin, alors tous deux membres du groupe Dziga Vertov, ont eu avec des étudiants de l'université Yale en avril 1970. Invité à définir la pratique du groupe, Godard pointe du doigt le tableau noir de l'amphithéâtre qui accueille la rencontre et déclare : « Faire un film comme ce tableau noir, et rien de plus. La place du film est exactement là. Mais c'est à vous d'examiner ce tableau et d'en faire quelque chose. » Par la suite, le cinéaste reviendra à plusieurs reprises sur le « tableau noir », une oeuvre produite pour ceux dont les images manquent, qui peuvent ainsi s'en saisir et les partager.
    Cette surface plane qui peut accueillir en creux les exclus du régime de la visibilité est le point de départ du travail de Bouchra Khalili, qui fait se rencontrer une pédagogie de l'image et le « cinéma de poésie » tel que l'a théorisé Pier Paolo Pasolini, source d'inspiration majeure de l'artiste. La prise de parole et son corollaire - le geste de la transmission - sont un acte fondateur de la plupart de ses travaux. La question « qui parle et à partir d'où ? » traverse les multiples récits de résistance au pouvoir colonial et à ses continuums, de lutte pour la survie, de renégociation des termes d'un corps politique propre.
    C'est donc un collectif à la géographie vaste qui prend forme, où chaque participant aux projets de l'artiste s'approprie la proposition de Pier Paolo Pasolini d'une conception de l'oeuvre d'art comme poésie civile. Que ce soit par le biais des récits faits par ceux qui sont contraints de franchir illégalement les frontières (The Mapping Journey Project, 2008-2011), du pouvoir de la parole dans la constitution du sujet politique (The Speeches Series, 2012-2013), de la transmission de l'histoire des utopies internationalistes (Foreign Office, 2015) ou du passage de la scène théâtrale à la scène citoyenne (The Tempest Society, 2017).
    Basée sur des écrits du poète Jean Genet et sa solidarité radicale en faveur des mouvements révolutionnaires, Twenty-Two Hours (2018), l'oeuvre la plus récente de Khalili, réinterprète d'un point de vue contemporain le legs du poète en suggérant que c'est la poésie elle-même qui produit l'acte révolutionnaire.
    Articulant histoire individuelle, histoire collective et transmission des utopies oubliées, l'exposition et le catalogue qui l'accompagne invitent à une méditation sur la puissance émancipatrice de la parole. « Blackboard » se conçoit ainsi comme un espace où les protagonistes des oeuvres de l'artiste et les spectacteurs peuvent se rencontrer, réactivant le geste du poète civil pasolinien.

    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Jeu de Paume, Paris, du 5 juin au 23 septembre 2018.

  • Catalogue documentant deux projets de l'artiste colombien - un reportage photographique et un livre d'artiste - autour de l'immigration et des liens familiaux (dans le cadre du programme « Satellite » organisé par le Jeu de Paume et le CAPC).
    Publié à l'occasion de la double exposition éponyme au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux, du 18 mai au 27 août 2017, et au Jeu de Paume, Paris, du 13 juin au 24 septembre 2017.

    Initiée en 2007, la programmation Satellite du Jeu de Paume est dédiée à la création contemporaine. Depuis 2015, le Jeu de Paume et le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux organisent conjointement ce programme d'expositions, assuré dès sa création par des commissaires d'envergure internationale (Fabienne Fulchéri, María Inés Rodríguez, Elena Filipovic, Raimundas Malašauskas, Filipa Oliveira, Mathieu Copeland, Nataša Petrešin-Bachelez, Erin Gleeson et Heidi Ballet). Pour cette édition 2017, intitulée « L'économie du vivant », le Jeu de Paume et le CAPC musée ont convié Osei Bonsu, commissaire d'exposition et auteur basé à Londres.
    Prenant pour base le support filmique, la programmation sera interdisciplinaire, invitant à un dialogue effectif et ciblé avec l'image mouvante. « L'économie du vivant », qui s'ouvrira avec Ali Cherri et se cloturera avec Jumana Manna, est tournée vers la transmission et la préservation de l'histoire en tant que réceptacle de la mémoire vivante. Ces confrontations ouvriront l'espace propice à l'exploration du temps et de la temporalité que mènent Steffani Jemison et Oscar Murillo, dont les pratiques formelles mettent en évidence une poétique des gestes physiques influencée par ces facteurs socio-économiques que sont les usines, les projets d'aménagement urbain ou les parcs publics.
    Les expositions de la programmation Satellite s'accompagnent de quatre publications, confiés chaque année à des graphistes indépendants. Les expositions de L'économie du vivant sont également présentées au Jeu de Paume à Paris et à la Maison d'Art Bernard Anthonioz à Nogent-sur-Marne en 2017.

    Les peintures et installations d'Oscar Murillo (né en 1986 en Colombie, vit et travaille à Londres) incorporent une grande diversité de médiums et de techniques, y compris des éléments textuels, des matériaux recyclés et des fragments de son atelier. Associant actions, performances et chaos, ses tableaux grand format sont méthodiquement composés de toiles grossières cousues ensemble qui incorporent souvent des fragments de texte ainsi que des débris, saletés et poussières provenant de son atelier. Ses peintures, vidéos et performances sont liées à la notion de communauté découlant de son attachament pour son pays natal, la Colombie, et son pays d'adoption, l'Angleterre.
    Oscar Murillo est titulaire d'une licence en arts plastiques obtenue en 2007 à l'University of Westminster de Londres, et d'une maîtrise obtenue au Royal College of Art en 2012. Le travail et les projets d'Oscar Murillo ont fait l'objet d'expositions personnelles présentées dans le monde entier par des institutions de premier plan.

  • Dans le cadre du « Nouveau Sanctuaire », la programmation Satellite 12 organisée par le Jeu de Paume et le CAPC, l'artiste américain Ben Thorp Brown met en exergue la notion d'empathie comme la capacité critique et l'expression de la sensibilité de l'homme face aux espaces occupés.
    Dans le cadre du cycle « Le Nouveau Sanctuaire » de Laura Herman, la publication L'Arcadia Center accompagne l'exposition de Ben Thorp Brown qui propose une expérience architecturale inspirée à la fois par la mythologie antique et par les domaines de la psychologie et des neurosciences. Conçu comme un centre de bien-être en réponse aux évolutions politiques de notre époque, «?L'Arcadia Center?» place l'architecture au croisement de l'empathie, du soin et de la survie. Dans ce sanctuaire arcadien, les habitants peuvent jouir d'une existence aussi idyllique qu'intemporelle, les incitant à retisser des liens avec les personnes, les animaux et le monde naturel.
    Tournée dans la VDL Research House II, construite par Richard Neutra près du Silver Lake à Los Angeles, la vidéo Cura présentée dans l'exposition donne vie aux principes développés par l'architecte austro-américain qui considérait l'architecture comme un outil thérapeutique, chaque élément environnemental devant être soigneusement conçu pour susciter une réponse sensorielle et émotionnelle particulière.
    Au travers d'une conversation entre Ben Thorp Brown et Laura Herman ainsi que d'un essai de Sylvia Lavin, théoricienne de l'architecture, cet ouvrage éclaire la notion d'empathie comme faculté critique et comme expression de notre perception des espaces que nous habitons.
    Publié à l'occasion des expositions éponymes au Jeu de Paume, Paris, du 18 juin au 22 septembre 2019, et au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux, du 20 juin au 22 septembre 2019.

  • Wild relatives

    Jumana Manna

    Publication documentant une oeuvre vidéo éponyme de l'artiste palestinienne, mettant en scène les rapports de hiérarchie et de pouvoir qui accompagnent une transaction agricole entre une ville norvégienne et la plaine de la Bekaa au Liban. Avec un essai de l'historienne Shela Sheikh et un texte de Jumana Manna déroulant les réflexions qui l'ont menée à son projet (dans le cadre du programme « Satellite » organisé par le Jeu de Paume et le CAPC).

    Dans son travail récent, Jumana Manna utilise la vidéo et la sculpture comme les supports d'une réorganisation de l'archive relative à l'histoire des pays du Proche-Orient et de l'Europe du Nord - qu'elle envisage comme des entités géographiques distinctes mais néanmoins liées. L'exploration porte ainsi sur la façon dont les formes de pouvoir - économiques, politiques, interpersonnelles - conditionnent aussi bien l'architecture que la vie humaine et végétale. Jumana Manna s'intéresse en particulier aux non-dits qui accompagnent les pratiques scientifiques actuelles de préservation ; son travail questionne ainsi les constructions binaires qui renvoient dos à dos un héritage pur et immuable et l'emprise de l'innovation.
    Dans Wild Relatives [Parentés sauvages], un film réalisé spécialement pour la programmation Satellite, Jumana Manna traque les rapports de hiérarchie et de pouvoir qui accompagnent une transaction de semences entre la ville de Longyearbyen, dans l'archipel arctique du Svalbard (Norvège) et la plaine libanaise de la Bekaa. Le film suit le voyage des semences, retrace le parcours de ces formes de vie à mesure qu'elles sont extraites du sol et transplantées ailleurs, passant du sol aride au permafrost et vice-versa.

    Publié à l'occasion de la double exposition éponyme au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux, du 23 novembre 2017 au 28 janvier 2018, et à la Maison d'Art Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne, dans le cadre de la programmation hors les murs du Jeu de Paume, du 30 novembre 2017 au 4 février 2018.

    Initiée en 2007, la programmation Satellite du Jeu de Paume est dédiée à la création contemporaine. Depuis 2015, le Jeu de Paume et le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux organisent conjointement ce programme d'expositions, assuré dès sa création par des commissaires d'envergure internationale (Fabienne Fulchéri, María Inés Rodríguez, Elena Filipovic, Raimundas Malašauskas, Filipa Oliveira, Mathieu Copeland, Nataša Petrešin-Bachelez, Erin Gleeson et Heidi Ballet). Pour cette édition 2017, intitulée « L'économie du vivant », le Jeu de Paume et le CAPC musée ont convié Osei Bonsu, commissaire d'exposition et auteur basé à Londres.
    Prenant pour base le support filmique, la programmation sera interdisciplinaire, invitant à un dialogue effectif et ciblé avec l'image mouvante. « L'économie du vivant », qui s'ouvrira avec Ali Cherri et se cloturera avec Jumana Manna, est tournée vers la transmission et la préservation de l'histoire en tant que réceptacle de la mémoire vivante. Ces confrontations ouvriront l'espace propice à l'exploration du temps et de la temporalité que mènent Steffani Jemison et Oscar Murillo, dont les pratiques formelles mettent en évidence une poétique des gestes physiques influencée par ces facteurs socio-économiques que sont les usines, les projets d'aménagement urbain ou les parcs publics.
    Les expositions de la programmation Satellite s'accompagnent de quatre publications, confiés chaque année à des graphistes indépendants. Les expositions de L'économie du vivant sont également présentées au Jeu de Paume à Paris et à la Maison d'Art Bernard Anthonioz à Nogent-sur-Marne en 2017.

  • Dans le cadre du « Nouveau Sanctuaire », la programmation Satellite 12 organisé par le Jeu de Paume et le CAPC, la publication Anna & the Jester dans La Fenêtre d'Opportunité accompagne l'exposition de Julie Béna qui se présente sous la forme d'un conte architectural.
    Dans son film d'animation Anna & the Jester in Window of Opportunity (2019), Julie Béna relate la curieuse rencontre entre une série de personnages, à la fois existants et imaginés. Critiquant le concept de transparence utilisé en architecture ou dans la société, cette exposition est conçue comme une superposition de couches réelles et virtuelles, créant un espace d'opacité et d'indétermination. Cette publication développe les principes et réflexions qui sous-tendent ces dispositifs au travers d'une conversation entre Julie Béna et Laura Herman ainsi que d'un essai d'Irene Sunwoo, historienne de l'architecture et commissaire d'exposition.
    Publié à l'occasion des expositions éponymes au Jeu de Paume, Paris, du 12 février au 2 juin 2019, au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux, du 8 mars au 19 mai 2019 et au Museo Amparo, Puebla (Mexique), du 20 juillet au 12 août 2019.

    Initiée en 2007, la programmation Satellite du Jeu de Paume est dédiée à la création contemporaine. Depuis 2015, le Jeu de Paume et le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux organisent conjointement ce programme d'expositions, assuré dès sa création par des commissaires d'envergure internationale (Fabienne Fulchéri, María Inés Rodríguez, Elena Filipovic, Raimundas Malašauskas, Filipa Oliveira, Mathieu Copeland, Nataša Petrešin-Bachelez, Erin Gleeson et Heidi Ballet). En 2019, elle est également présentée au Museo Amparo de Puebla (Mexique). Chaque exposition est accompagnée d'une publication imaginée comme une carte blanche au commissaire et aux artistes. Conçue dans un dialogue étroit avec un studio graphique renouvelé à l'occasion de chaque édition, cette série d'ouvrages s'offre comme un espace de création autonome au sein de la programmation Satellite.
    Intitulée « Le Nouveau Sanctuaire » la douzième édition de la programmation Satellite, confiée à Laura Herman, présente les propositions de Julie Béna, Ben Thorp Brown et Daisuke Kosugi qui étudient, du point de vue de leurs pratiques individuelles, la capacité qu'a l'environnement aménagé d'accueillir le corps et les sens, d'en prendre soin et de les investir. Comment l'espace détermine-t-il la façon dont nous nous sentons ? Basée sur l'idée d'un environnement menaçant et hostile, l'une des définitions fondamentales de l'architecture est de fournir un abri et un certain confort au corps humain. L'idée répandue de l'habitation comme « peau de substitution » nous vient de l'architecte allemand du XIXe siècle Gottfried Semper qui décrivait l'enclos de l'animal, fait de peaux et de feuillages, comme l'origine de l'espace architectural « privé ». Aujourd'hui, cette conception de l'architecture comme spatialité enveloppante - le désir moderne d'offrir un lieu de refuge - n'est plus opérante. Si nous devons reconsidérer l'architecture comme le point de rencontre entre différentes références culturelles, différentes pratiques, différents rituels, désirs et besoins, comment imaginer un sanctuaire adapté au monde actuel ?

    Laura Herman (née en 1988 à Bruxelles) est diplômée du Centre for Curatorial Studies du Bard College (CCS Bard, 2016), à New York, et titulaire d'un master de littérature moderne comparée. Laura est curatrice pour La Loge, un espace bruxellois dédié à l'art contemporain, à l'architecture et à la théorie. Elle est rédactrice pour De Witte Raaf, revue d'art bimensuelle distribuée en Belgique et aux Pays-Bas. Ses critiques et essais ont notamment paru dans Mousse, Frieze, Spike Art Quarterly, et elle a organisé des expositions et des événements comme « Natural Capital (Modal Alam) » au BOZAR, à Bruxelles ; « Third Nature » au Hessel Museum, à New York ; « Definition Series: Infrastructure » au Storefront for Art and Architecture, à New York et « Wild Horses & Trojan Dreams » chez Marres, à Maastricht.

    Basée à New York, Irene Sunwoo est historienne de l'architecture, commissaire d'exposition et écrivaine. Elle est commissaire d'exposition de l'Arthur Ross Architecture Gallery et la directrice des expositions à la School of Architecture, Planning and Preservation (GSAPP) de l'université de Columbia. En 2015, elle fut commissaire d'exposition associée de la première Biennale d'architecture de Chicago. Elle est également l'auteure de In Progress: IID Summer Sessions (AA Publications, 2016) et ses écrits ont été publiés dans Grey Room, AA Files, Getty Research Journal, The Avery Review et Domus, entre autres revues.

  • Il est toujours délicat de circonscrire un style musical à une liste de disques, a fortiori lorsqu'il s'agit de musiques africaines. Le caractère subjectif de cet exercice est ici renforcé par la pluralité des sources musicales et les dizaines de milliers d'oeuvres enregistrées sur le continent africain au cours du XXe siècle et du début de ce nouveau siècle. Il convient donc ici de trouver un équilibre naturel entre ces di. érents musiciens en provenance du continent africain et la grande quantité des musiques enregistrées et di. usées.
    Loin d'être exhaustive, subjective et assumée comme telle, cette liste de disques contient à la fois des albums vinyles, des rééditions, des productions actuelles et des anthologies cernant les oeuvres des artistes africains les plus prolifi ques.

  • Dicta

    Damir Ocko

    Catalogue s'articulant autour d'un projet de l'artiste croate qui, dans la lignée des fictions brechtienne et orwellienne, propose, à travers un collage-vidéo, une réflexion engagée sur les dangers de l'appauvrissement du langage dans l'espace public (dans le cadre du programme « Satellite » organisé par le Jeu de Paume et le CAPC).

    À l'ère de la parole-spectacle, de l'horizontalité de l'information ou encore du langage-écran, la voix du plus fort a-t-elle toujours raison ? Le novlangue, fil d'Ariane du roman dystopique 1984 de George Orwell, a été élaboré par le gouvernement à des fins de perte d'individuation. Prônant un rapport non-distancié aux faits et une diminution de l'appareil critique, cette nouvelle langue se construit sur la simplification langagière, le néologisme et l'affect. Son vocabulaire regroupe trois classes. Le groupe B, celui de la parole publique, est le terreau du projet proposé par Damir Ocko.
    L'exposition s'articule autour du film Dicta II (pluriel de « dictum », latin pour dicton, le terme qualifie une vérité non remise en question). Faisant suite à Dicta I, réalisé autour des écrits autobiographiques de Bertolt Brecht Telling the Truth: 5 Difficulties (1934), rédigés lorsque ce dernier s'est vu dénaturalisé par le régime allemand, Dicta II se construit autour d'une série de mots d'alerte. D'influence conceptuelle et dadaïste, le film prend la forme d'un collage et regroupe un ensemble de déclarations inaudibles et contradictoires, aussi obscures que son image. Le film évoque le théâtre épique et la distanciation brechtienne qui politise la conscience chez le spectateur.

    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Jeu de Paume, Paris, du 6 février au 20 mai 2018, au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux du 13 février au 6 mai 2018, et au Musée Amparo de Puebla, Mexique, du 7 novembre 2018 au 19 janvier 2019.

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