Arts de l'image

  • Pour son vingtième numéro, Temps Noir change sa maquette de couverture et met en avant deux grands dossiers.
    Le premier porte sur les débuts du cinéma français de la «Série Noire» où brillent Jacques Becker avec Touchez pas au Grisbi, Jean-Pierre Melville avec Le Doulos ou Georges Lautner avec Les Tontons flingueurs, un film devenu culte grâce aux dialogues de Michel Audiard.
    Le second dossier est consacré à une période méconnue, voire en partie occultée, de la vie de ce génial dialoguiste, celle de ses débuts littéraires durant l'Occupation. Est aussi étudiée son intense activité de critique cinématographique des années 1940, pour la première fois analysée en détail.
    Ces deux périodes éclairent de manière inédite le Michel Audiard dialoguiste et romancier.
    Une nouvelle formule pour un public plus large mais toujours exigeant.

  • Remettant en cause la doxa critique assimilant le genre noir à un phénomène uniquement américain, cet ouvrage propose d'utiliser le vocable « film noir » pour identifier une tradition cinématographique française née dans les années 1930, et analyser son devenir après la Seconde Guerre mondiale.
    Soucieux d'envisager le film noir français comme l'expression nationale d'une forme transnationale, le présent volume analyse la persistance du genre dans la France d'après-guerre, en s'intéressant à l'identité ambiguë façonnée par les nombreux transferts culturels entre Paris et Hollywood dans les années 1950 :
    Des films aussi divers que Les Portes de la nuit (Marcel Carné, 1946), La Môme vert-de-gris (Bernard Borderie, 1953) et Touchez pas au grisbi (Jacques Becker, 1954) font appel au cinéma américain pour mieux affirmer une spécificité nationale.
    L'ambition principale du livre est toutefois d'interroger, dans une perspective mêlant l'analyse des formes et la contextualisation historique, le sens des films noirs français dans le contexte d'une nation en transition, devant négocier le basculement entre l'Occupation et l'entrée dans la société de consommation. Après avoir montré que le genre évoluait dans différentes directions entre 1946 et 1960, l'ouvrage relie cette hétérogénéité aux ambivalences d'une France aux prises avec son passé, avec l'Amérique et avec un présent en mutation, marqué notamment par la pénétration de la modernité. Par sa diversité même, le genre illustre les contradictions de la France d'après-guerre :
    Désireuse de se plonger dans l'avenir mais obsédée par son passé traumatique, en partie séduite par la « tentation américaine » mais déterminée à conserver sa « francité ».

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