Généralités sur l'art

  • Cette anthologie présente des planches illustrées d'anatomie, révélant comment les secrets du corps ont fasciné les savants, les artistes, mais aussi les profanes. De la Renaissance jusqu'au XXe siècle, les croyances et les savoirs sur le sujet ont évolué de manière spectaculaire. Ce livre retrace l'incroyable diversité des représentations anatomiques, et leurs implications sociales, scientifiques, philosophiques et artistiques. Tous les artistes ont étudié l'anatomie afin de toucher de plus près la vraisemblance de leurs personnages. Elles sont présentées non pas par ordre chronologique, mais organisées en fonction des parties du corps ou de ses systèmes, pour mieux souligner la richesse des approches métaphoriques ou artistiques, et les différents styles utilisés pour comprendre et représenter le corps humain.

  • L'agitation sociale et la contestation politique ont trouvé depuis toujours des formes d'expressions visuelles aussi bien que verbales. Les graffitis sur les murs, les tracts distribués lors des manifestations, les affiches placardées dans les rues ont apporté leur contribution à l'expression de la contestation. Cette iconographie contestataire reflète des luttes de pouvoir, exprime une révolte contre l'ordre établi, appelle aux armes ou pousse un cri passionné en faveur d'une cause.

    Du XVIe siècle à nos jours, de la Réforme aux LGBT, cet ouvrage nous fait voyager à travers des siècles de graphismes qui dénoncent les atrocités de la guerre, raillent les ridicules de la royauté, des hommes d'État, des religions et de la société tout entière, appellent à la fin de la discrimination raciale ou de l'apartheid, revendiquent la liberté contre la tyrannie ou la dictature, se mobilisent pour les droits des femmes.

    Couvrant une gamme étonnante d'émotions, de la satire à l'horreur pure, Rébellion ! célèbre le droit durement acquis à la liberté d'expression, toujours agissant, toujours disputé.

  • Ce n'est pas un hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons verts de peur, bleus de colère ou blancs comme un linge. Les couleurs ne sont pas anodines. Elles véhiculent des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens cachés qui influencent notre environnement, nos comportements, notre langage, notre imaginaire. Les couleurs ont une histoire mouvementée qui raconte l'évolution des mentalités.
    L'art, la peinture, la décoration, l'architecture, la publicité, nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures, tout est régi par ce code non écrit.

    Nouvelle édition illustrée du Petit livre des couleurs.

  • Dans une fable illustre, borges a montré que deux textes littéralement indiscernables pouvaient constituer deux oeuvres différentes, voire antithétiques.
    Arthur danto étend ici à l'ensemble des pratiques artistiques l'interrogation soulevée par une telle "expérience de pensée" : le même objet peut être ici une vulgaire roue de bicyclette, là une oeuvre (roue de bicyclette, par marcel duchamp) fort cotée à cette bourse des valeurs esthétiques qu'on appelle le "monde de l'art". une telle transfiguration montre que la spécificité de l'oeuvre d'art ne tient pas à des propriétés matérielles ou perceptuelles, mais catégorielles : l'oeuvre possède une structure intentionnelle parce que, figurative ou non, elle est toujours à propos de quelque chose.

    La démarche de danto surprendra: vive et amusante, souvent provocante (dans la ligne des pratiques dada ou pop qu'elle prend pour paradigme), elle procède volontiers par hypothèses, paradoxes et variations imaginaires. mais on vérifiera qu'elle ébranle d'autant plus efficacement les habitudes les mieux assises de la pensée esthétique qu'elle s'appuie sur une connaissance intime de l'art classique et contemporain.

  • Comment s'opère une révolution symbolique et comment réussit-elle à s'imposer ? À travers le cas exemplaire d'Édouard Manet, c'est à cette question que s'est confronté Pierre Bourdieu dès les années 1980 et à laquelle il a consacré les dernières années de son enseignement au Collège de France. Ce deuxième volume des cours inédits du sociologue, accompagnés d'un livre resté inachevé, marque ainsi l'aboutissement d'une réflexion centrale dans son oeuvre.

    Située en pleine crise de l'Académie, à un moment où la croissance du nombre des peintres remettait en cause la tutelle de l'État sur la définition de la valeur artistique, la rupture inaugurée par Manet a abouti à un bouleversement de l'ordre esthétique. La nouvelle vision du monde qu'elle a engendrée a imprimé sa marque jusqu'à nos jours. En abordant la genèse des tableaux de Manet comme une série de prises de position qui sont autant de défis lancés à l'académisme conservateur des peintres pompiers, au populisme des réalistes, à l'éclectisme commercial de la peinture de genre et même aux « impressionnistes », Bourdieu montre qu'une telle révolution est indissociable des conditions d'émergence des champs de production culturelle.

  • - Ce nouveau volume des "Classiques en images" présente trois des fameux contes des Mille et Une Nuits : - "Histoire de Zobéide"- "Histoire d'Ali Baba et des quarante voleurs exterminés par une esclave" - "Histoire du cheval enchanté". Illustré par des miniatures persanes, ce recueil nous emmène dans un autre temps, au son de la voix de Sheherazade qui parvient durant "mille et une nuits" à repousser la sentence du sultan qui prévoyait sa mort, grâce à ses récits incroyables qui tient son auditoire en haleine.

    - Recueil anonyme de contes populaires en arabe, d'origine persane et indienne.

  • Nées dans les milieux maritimes méditerranéens au cours du XIIe siècle, les cartes marines dites " cartes-portulans " constituent le coeur de l'ouvrage. Dessinées sur parchemin, sillonnées de lignes en étoile évoquant les directions de la boussole et représentant la succession des ports et des mouillages le long des rivages, ces cartes accompagnèrent les navigations européennes et l'exploration du monde jusqu'au XVIIIe siècle. Instruments de navigation utilisés à bord des bateaux, elles furent aussi produites sous la forme d'images du monde enluminées, destinées à de riches commanditaires, illustrant les intérêts économiques et politiques des puissances maritimes européennes. Réunissant les contributions d'une quinzaine de spécialistes européens, le livre fait le point des connaissances sur ce type de cartes et reflète le renouveau historiographique des dernières années.
    Ainsi, sous un angle inédit, l'ouvrage interroge la manière dont les Européens ont découvert et conquis mais aussi étudié et représenté territoires et peuples du XIVe au XVIIIe siècle. Les cartes-portulans s'imposent au regard contemporain comme de véritables oeuvres d'art dont le caractère spectaculaire tient autant à leur taille, imposante, qu'à leur polychromie et à leur univers exotique.

  • Comment le nom de l'artiste est-il devenu un élément clef de la valeur symbolique et commerciale des oeuvres ? Pourquoi les peintres signent-ils leurs tableaux ?
    C'est à Paris, entre les années 1730 et 1820, que se déploie cette enquête novatrice et richement illustrée. Salons et expositions publiques, ventes aux enchères, musées : les institutions artistiques modernes imposent le nom de l'artiste au coeur des mondes de l'art. Critiques, catalogues, cartouches et cartels lui accordent désormais une place essentielle. Un contemporain constate, avec dépit, que les amateurs achètent « des noms, et non plus des oeuvres ».
    Mais pourquoi placer ainsi son nom sur un panneau de bois ou sur une toile ? La tradition est ancienne, et remonte à l'Antiquité. Pourtant, les peintres de l'âge des Lumières surent investir le nom de significations nouvelles. À Paris, le marché pour leurs peintures s'était élargi. Il fallait susciter le désir de consommation au moment où un premier capitalisme commercial fondé sur le luxe et sur la mode connaissait un essor sans précédent. Avec la Révolution, la signature devenait aussi un puissant signe de l'engagement et de l'authenticité en politique.
    Elle fut ce lieu, dans le tableau, où la présence de l'artiste pouvait se manifester et perdurer. L'aura de l'oeuvre en devenait indissociable.

  • Pourquoi le patrimoine historique, architectural et urbain a-t-il conquis aujourd'hui un public planétaire ? Pourquoi sa connaissance, sa conservation et sa restauration sont-elles devenues un enjeu pour les Etats du monde entier ? Ni sa valeur pour le savoir et pour l'art, ni son rôle attractif dans nos sociétés de loisirs ne constituent des explications suffisantes.
    La recherche d'une réponse, qui engage plus profondément la nature de cet héritage dans son rapport avec l'histoire, la mémoire et le temps, passe, pour Françoise Choay, par une remontée aux origines, une archéologie des notions de monument et de patrimoine historiques. Cette investigation, poursuivie sur plus de cinq siècles, éclaire le culte actuel du patrimoine, ses excès, découvre ses liens profonds avec la crise de l'architecture et les villes.
    Ainsi, précieux et précaire, notre héritage architectural et urbain apparaît allégoriquement dans double rôle : miroir dont la contemplation narcissique apaise nos angoisses, labyrinthe dont le parcours pourrait nous réconcilier avec ce propre de l'homme, aujourd'hui menacé : la compétence d'édifier.

  • Il est peu de pages sur la peinture de cézanne (sur la peinture tout court, peut-être) plus denses et plus justes que cet ensemble de lettres et fragments de lettres adressées par rilke à sa femme, le sculpteur clara westhoff, entre le 3 juin et le 4 novembre 1907, autour de la première rétrospective parisienne du peintre d'aix.

    Rien d'étonnant à cela. au moment oú rilke devait faire accepter à clara que chacun d'entre eux menât son combat de son côté, le plus grand exemple de cézanne, encore plus radicalement enfermé dans son travail que rodin, leur maître à tous deux, venait à point légitimer ce choix. plus profondément, en ce moment de sa vie oú le poète commencer à s'affermir, en cette année de 1907 dont l'été lui avait donné nombre de poèmes nouveaux, rilke pouvait voir dans les tableaux de cézanne le modèle le plus admirable de ces " choses d'art " objectives et " miraculeusement absorbées en elles-mêmes " auxquelles il tendait lui-même ; lui, le poète le plus exposé à voir, comme son narcisse, sa substance se diluer stérilement dans l'air.

    Ce volume constitue la traduction intégrale de l'édition préparée à insel verlag par h. w. petzet en 1983, à partir de celle réalisée sur le voeu et du vivant de clara rilke en 1952.

  • Dans cet ouvrage remarquable, les idées, les anecdotes, les passions et l'humour de Hockney élaborent son point de vue sur les problématiques et les paradoxes de la représentation d'un monde en trois dimensions sur une surface plane. Hockney suggère que « dessiner apprend à regarder [et que] plus on dessine, mieux on y voit ». Quels sont les liens qui unissent les images que nous fabriquons à la réalité qui nous entoure ? Comment l'évolution des technologies a-t-elle affecté la manière dont les artistes représentent le monde ? Et comment apprécier à sa juste valeur le plaisir simple de contempler des arbres, des visages ou des couchers de soleil ?
    Nos deux interlocuteurs ponctuent leur conversation d'observations éclairantes sur nombre d'autres artistes comme Van Gogh ou Vermeer, le Caravage, Monet ou Picasso, et formulent des remarques lumineuses sur le contraste frappant entre les paysages de la Californie, où Hockney a passé tant d'années, et du Yorkshire, la région de son enfance où il vit à nouveau aujourd'hui.
    Quelques-uns des artistes qu'il a rencontrés en chemin, notamment Henri Cartier-Bresson et Billy Wilder, font des apparitions intéressantes au détour du dialogue.
    Autoportrait unique et fascinant de l'un des artistes britanniques les plus célèbres et les plus influents de son temps, Conversations avec David Hockney deviendra sans nul doute un ouvrage de référence sur la nature de la création.

  • Comme chaque année, un art vivant est invité à dialoguer avec les oeuvres exposées au sein de la Petite Galerie du musée du Louvre. Cet espace dédié à l'éducation artistique et culturelle est une véritable introduction aux collections du musée. Pour sa quatrième saison, le Louvre convie le neuvième art - la bande dessinée -, avec lequel il dispose déjà d'un riche passé à travers ses publications, ses expositions et ses rencontres d'artistes.

    « Archéologie et bande dessinée » : le sujet a donné lieu à de nombreuses manifestations en France et à l'étranger tant les univers de ces deux disciplines paraissent proches dans l'imaginaire populaire. Préparatifs et départs d'expéditions, émotion de la découverte et fascination pour les trésors émaillent les récits des artistes, des consuls et des savants à la recherche d'antiques civilisations, et forment la trame de bien des scénarios de bandes dessinées.

    « L'Archéologie en bulles » explore la thématique sous un angle inédit, puisqu'il s'agit de mettre en lumière ces deux disciplines au travers de leurs procédés communs, le travail du bédéiste faisant écho à celui de l'archéologue. Découvrir, classer, interpréter : ces trois moments de la recherche archéologique peuvent ainsi servir de fil conducteur à ce parcours original.

    Une large variété de planches, d'originaux de bandes dessinées d'auteurs de renom-Jul, Winsor McCay, Nicolas de Crécy, Enki Bilal, Harold R. Foster, Milo Manara, Emmanuel Guibert, Andreas, Lorenzo Mattotti, François Schuiten, John Buscema, Frank Miller, pour n'en citer que quelques-uns - dialoguent avec les oeuvres du Louvre et celles d'autres grands musées : dessins choisis dans des carnets, cahiers de fouilles, livres, gravures, peintures illustrant le goût des ruines en vogue au 18e siècle chez les artistes et au 19e siècle chez les amateurs qui constituent des collections, comme celle du marquis Campana, sans oublier la figure emblématique de Champollion, le fabuleux trésor de Boscoreale ou encore le site mythique de Suse.

    À l'origine de nombreuses vocations d'archéologues et source d'inspiration pour bien des créateurs, le Louvre tisse un lien entre inventeurs de trésors et inventeurs d'histoires, prouvant une fois encore qu'il est un acteur de son temps.

  • Célébré au XXe siècle comme un génie du noir et blanc, Jacques Henri Lartigue se révèle aussi un artiste de la couleur, et la perception que nous avions de son travail en est bouleversée et enrichie. Pour lui, la vie et la couleur sont indissociables. Les autochromes de sa jeunesse (1912-1927) puis le procédé Ektachrome qu'il adopte à partir des années 50 jusqu'à sa mort en 1986 lui permettent de traduire la joie passionnée qui l'habite et restent, selon ses mots, ce qui est « le mieux capable d'exprimer le charme et la poésie ». Dans les photographies de cette dernière période de sa vie, la couleur apparaît comme la partie enchantée d'une ouvre de plus en plus libre. Une magnifique occasion de découvrir un pan inédit de l'ouvre de Lartigue

  • Depuis le texte fondateur de Vasari, l'histoire de l'art avait tenu dans l'ombre le travail des femmes peintres. À partir des années 1960, les Feminist Studies et les Gender Studies ont permis de mettre à mal cette tendance et de redécouvrir des artistes majeures dont le travail avait été injustement occulté au profit de celui de leurs homologues masculins.
    Du fait de leur isolement et de leur faible nombre tout autant que des interdits et des obstacles qui furent opposés à leur formation comme à leur carrière, l'étude des femmes peintres a engagé Martine Lacas à se poser certaines problématiques qui leur sont propres : dans quelles familles sont-elles nées ? comment se sont-elles formées ? quelles stratégies ont-elles développées pour légitimer leur statut d'artiste et leur production ? Mais aussi qu'est-ce que le fait d'être femme a changé quant au choix des sujets et de leurs interprétations, quant à l'affirmation de soi par l'oeuvre et dans l'ouvre ?
    Pour répondre à ces questions, Martine Lacas s'appuie sur l'étude des ouvres de ces femmes peintres du XVe à l'aube du XIXe siècle, parmi lesquelles on compte Elisabeth Vigée Le Brun, Artemisia Gentileschi, Sofonisba Anguissola ou Adélaïde Labille-Guiard, dont le genre a déterminé et détermine encore la réception, la fortune critique et l'appréciation esthétique.

  • En 1971, Michel Foucault prononce une importance conférence, La peinture de Manet, sous la forme d'un commentaire de 13 tableaux. Cette conférence est à la fois très célèbre et fort peu connue. Rappelons-en ici simplement la conclusion :
    « Manet n'a certainement pas inventé la peinture non représentative, puisque tout chez Manet est représentatif, mais il a fait jouer dans la représentation les éléments matériels fondamentaux de la toile. Il était donc en train d'inventer si vous voulez le tableau-objet, la peinture-objet, et c'était là sans doute la condition fondamentale pour que finalement, un jour, on se débarrasse de la représentation elle-même et on laisse jouer l'espace avec ses propriétés pures et simples, ses propriétés matérielles elles-mêmes. » Par ailleurs, en 2001, Maryvonne Saison a réuni des spécialistes de Foucault et de l'histoire de l'art pour évoquer le texte du philosophe et le reconsidérer à la lumière des travaux effectués sur Manet depuis 1971.
    Notre volume comporte à la fois la conférence de Foucault et les textes de certains des participants à la conférence de 2001.
    Un commentaire magistral et très vivant des oeuvres majeures de Manet.
    Nous publierons à l'automne (dans la même collection) un autre petit volume intitulé Les Conférences de Tunis du même Michel Foucault (une sur le structuralisme et l'autre sur la folie).

  • Alix Cléo Roubaud (1952-1983) était photographe et écrivain. Sa vie est renseignée par des lettres, carnets et photographies.
    Jacques Roubaud, son époux-poète, a consacré une partie de son oeuvre au souvenir de sa femme, influencé par sa pensée radicale de l'image.
    Les trente ans de silence qui ont suivi sa brusque disparition semblent aujourd'hui terminés : ses photographies sont entrées dans de grands musées (notamment : Beaubourg, la Maison européenne de la photographie, la BnF, la Bibliothèque municipale de Lyon, le musée des Beaux-Arts de Montréal) et des fragments de son journal intime, publié au Seuil en 1984 ("Fiction & Cie") ont été réédités en 2009.
    Si son oeuvre plastique est en voie d'être redécouverte, un pan entier de son travail demeure oublié ; il constitue le coeur de ce volume.
    Ce livre se fonde sur plus de six cents photographies inédites dont une soixantaine sont publiées ici, des centaines de lettres et d'écrits inédits. Dans ce livre, Hélène Giannecchini approche la vie intime d'Alix, la force de sa conception de la photographie, les errances et la maladie.
    Malgré l'importance de ses archives, la mémoire qui nous est parvenue reste entrecoupée de silences et d'ellipses ; c'est aussi dans ces espaces qu'Hélène Giannecchini a inscrit ce livre pour restituer la vie d'une jeune femme à l'existence d'une intensité exceptionnelle.

  • « J'ai annoncé [...] que vous étiez en train de faire revivre Buffon, et l'on se fait une joie de voir le livre », écrivait le marchand et éditeur d'art Ambroise Vollard à Picasso en 1936, à propos des gravures qu'il lui avait commandées afin d'accompagner une anthologie de l'Histoire naturelle. Mais, à l'exception d'une suite de onze planches, rien ne parut avant la mort accidentelle de Vollard. Ce n'est qu'en 1942 que Martin Fabiani, son successeur, publia le livre avec ses trente-et-une gravures. Adoptant la technique de l'aquatinte au sucre, Picasso accomplissait là son rêve d'une gravure aussi vive et libre que le pinceau du peintre, ce qui constitue un moment-clé de son ouvre graphique.
    L'histoire ne s'arrête pas là : après avoir offert un exemplaire à sa maîtresse Dora Maar le 17 janvier 1943, l'artiste le reprit le 24 janvier à la suite d'une dispute et, en l'espace d'un après-midi, avec une incroyable rapidité, il rehaussa le volume de quarante-quatre dessins à la plume et au lavis d'encre, dont trente-cinq à pleine page. Ces dessins composent une galerie de portraits faite de têtes d'animaux mais aussi d'hommes barbus et de visages de femmes, autant de métamorphoses possibles du peintre et de son modèle. Le portrait en frontispice d'une Dora chimérique, à la fois la créature si charmante qu'il avait dessinée sous les traits d'une « femme oiseau » au début de leur liaison, et la harpie armée des « superbes griffes » de la jalousie, prête à affronter Picasso le Minotaure, illustre bien l'évolution orageuse des rapports entre le peintre et sa compagne.
    C'est la réédition en fac-simile de cet exemplaire unique, conservé à la Réserve des Livres rares de la Bibliothèque nationale de France que nous proposons ici.
    Un bestiaire à la fois fascinant et cruel, parfois énigmatique, qui écrit, en creux, la fin d'un amour.

    Ce fac-simile est assorti d'une étude illustrée rédigée par Antoine Coron, directeur honoraire de la Réserve des livres rares, qui nous aide à mieux comprendre la place de cet ouvrage dans l'ouvre graphique de Picasso et dans l'histoire de la bibliophilie.

  • Février 1917 : dans l'immense Russie épuisée et désorganisée par la Grande Guerre, le tsar Nicolas II est détrôné, un gouvernement provisoire est instauré. Octobre 1917 : à son tour, ce régime est renversé par un gouvernement « ouvrier et paysan » qui ouvre l'ère du communisme bolchevique. Mars 1918 : la Russie des Soviets conclut une paix séparée avec l'Allemagne, tandis que la guerre civile se déchaîne. En France, dès le printemps 1917, l'opinion, la presse, les soldats au front se passionnent pour « la grande lueur à l'Est ». Au-delà de la présentation au public de documents centenaires rarement exposés, enrichis d'emprunts à des institutions partenaires françaises et étrangères, Et 1917 devient Révolution... s'appuie sur une historiographie actualisée, qui montre qu'en 1917 les événements ont mis du temps à prendre une orientation définitive et à asseoir les bases d'un régime qui allait durer soixante-dix ans. C'est ce tourbillon d'événements avant que ne se figent les structures du futur Etat que cet ouvrage s'attachera à montrer.

  • * Publication originale en deux volumes : Seuil, 1994 et 1997.Comment une
    oeuvre d'art le devient-elle ? Qu'est-ce qui conduit le spectateur à la
    considérer comme telle ? Deux questions parmi beaucoup d'autres qui guident la
    réflexion de l'esthétique depuis longtemps. Avec L'oeuvre de l'art, Gérard
    Genette a renouvelé profondement ce domaine et livré une analyse magistrale,
    nourrie par un dialogue avec les thèses de Nelson Goodman et d'Arthur Danto,
    qui reste inégalée en langue française. * Gérard Genette est notamment l'auteur
    de Figures I, II, III, IV, V, et plus récemment de Bardadrac et Codicille. Tous
    ses livres sont parus au Seuil.

  • Dans son livre, qui nous éclaire sur l'acte de naissance de l'esthétique occidental, Jean-Christophe Bailly tente de penser l'unité et la cohérence des diverses opérations qui, dans le monde grec ancien, ont bouleversé la relation des hommes à leur espace. Le livre montre non seulement qu'entre les actes de représentation (sculpture, peinture, danse, théâtre) et l'espace même qui organise la cité il y a interdépendance, mais que c'est un seul et même dispositif qui se met en place. La distance, qui fonde la possibilité même de l'image, est la clé qui ouvre ce dispositif. C'est donc à l'idée d'une politique de la mimésis que cet essai introduit, au croisement de la réflexion philosophique et de l'histoire de l'art.

  • «Gouverner, c'est faire croire», disait Machiavel. Art et pouvoir sont intimement liés, et leur complicité marque de son empreinte toutes les époques. Gouverner, c'est se mettre en scène pour asseoir son autorité, sa légitimité et son prestige. C'est aussi fabriquer des images pour nourrir sa propre légende. L'art, au service des commanditaires mécènes, se fait alors instrument de propagande. Mais il peut également se faire contestataire et bousculer l'ordre établi.

    Fidèle à sa vocation, la troisième saison de la Petite Galerie, espace dédié à l'éducation artistique et culturelle, invite le «visiteur-spectateur» à découvrir le répertoire très codifié du Théâtre du pouvoir de l'Antiquité à nos jours.

    Les oeuvres des collections du musée du Louvre et du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, du Musée national du château de Pau et du Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, illustrent ici l'évolution des codes de représentation du pouvoir politique.

    L'historien Patrick Boucheron nous ouvre dans cet ouvrage les coulisses de la représentation qui voit se succéder les grands acteurs de l'Histoire: César, Louis XIV, Henri IV, Napoléon...

    Des parcours dans les collections permanentes du musée du Louvre, à la rencontre des figures du pouvoir dans l'Orient ancien, le monde égyptien, l'Empire romain, en terres d'Islam ou dans la France du 17e siècle, prolongent la réflexion.

  • Les pelerinages

    Collectif

    • Seuil
    • 1 Juin 1960

    Le Pèlerinage est une forme de voyage, tout à la fois intérieur et dans l'espace, individuel et collectif, qui met l'homme au contact du sacré.
    Cet ouvrage rend compte de cette pratique, partagée par des millions de personnes dans le monde, quelle que soit leur religion. On y découvrira les conceptions, les usages, les parcours importants, les symboles, les divinités protectrices et les principaux lieux de pèlerinage.

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