Peinture / Arts graphiques

  • On a tout dit et tout écrit sur l'oeuvre de Picasso, mais personne n'avait encore osé s'atteler à étudier l'ensemble de ses autoportraits, peut-être parce que ce peintre a toujours laissé planer beaucoup de doutes sur son oeuvre. Tout au long de sa vie, de son premier autoportrait en 1894 (il a alors 13 ans) jusqu'au dernier en 1972 (un an avant sa mort), il n'a cessé de se représenter. Sur un croquis, au bas d'une lettre ou sur une toile, Picasso par Picasso pouvait ne pas ressembler à Picasso. Mais Pascal Bonafoux nous guide afin de nous permettre d'approcher au plus près du mystère de cet artiste hors normes et de nous offrir le fruit d'un long travail de recherche très documenté et brillant initié il y a plus de 40 ans.

  • À l'aube de ses quatre-vingts ans, David Hockney a recherché pour la première fois la tranquillité à la campagne, un lieu où observer le coucher du soleil et le changement des saisons, un endroit où tenir à distance la folie du monde. Ainsi, lorsque la Covid-19 et le confinement ont frappé, cela n'a pas changé grand-chose à la vie à La Grande Cour, la ferme normande plusieurs fois centenaire où Hockney avait installé son atelier un an auparavant.

    On ne reporte pas le printemps est un manifeste qui célèbre la capacité de l'art à divertir et à inspirer. Il s'appuie sur une multitude de conversations et de correspondances inédites entre David Hockney et le critique d'art Martin Gayford, son ami et collaborateur de longue date. Leurs échanges sont illustrés par une sélection de peintures et de dessins inédits réalisés par l'artiste sur son iPad en Normandie, en lien avec des oeuvres de Van Gogh, Monet, Brueghel et d'autres encore.

    Constamment poussé à aller de l'avant par son enthousiasme contagieux et son sens de l'émerveillement, à contre-courant depuis toujours, mais très populaire depuis soixante ans, Hockney ne se préoccupe pas de l'opinion des critiques. Totalement absorbé par son environnement et les thèmes qui le fascinent depuis des décennies: la lumière, la couleur, l'espace, la perception, l'eau, les arbres, il a beaucoup à nous apprendre, non seulement sur notre façon de voir... mais aussi sur notre façon de vivre.

  • Hokusai : à la découverte du Japon

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    • Seuil
    • 15 Octobre 2020

    Depuis la ville d'Edo, où Hokusai est né, jusqu'au Mont Fuji, dont ses "trente-six vues" restent célèbres, en passant par la figuration du bouddhisme dans son art ou encore les traditionnels cerisiers en fleurs, ce roman graphique explore la vie d'Hokusai parallèlement à sa vision du Japon. Le lecteur découvre ce pays grâce aux oeuvres de l'artiste, qui ont fortement participé à en forger l'imaginaire collectif, au Japon mais aussi dans le monde occidental. Depuis les impressionnistes, l'art d'Hokusai a influencé nos notions de force et d'harmonie. Ce roman graphique réunit des éléments biographiques avec des descriptions écrites et illustrées de la culture et de la tradition japonaises, deux aspects qui ne peuvent être dissociés.

  • Haïkus ; les paysages d'Hokusai

    Hokusai

    • Seuil
    • 28 Septembre 2017

    Après les Haïkus du temps qui passe illustrés par Hokusai, ce nouveau volume des "Classiques en images" renoue avec la tradition du poème court japonais : 58 haïkus de Basho, Buson, Chiyo-Ni, Dakotsu, Issa, J¿s¿, Kyorai, Ryokan, Ry¿ta, Shiki, Shusai, Teishitsu... choisis pour montrer la beauté de paysages réalistes ou imaginaires à travers différentes saisons, les lieux, les états d'âme, la vie au jour le jour... Un recueil qui nous entraîne, sous le pinceau d'Hokusai, grâce à une représentation du monde vivant douce et poétique, dans une belle rêverie.

  • Autoportraits cachés

    Pascal Bonafoux

    • Seuil
    • 15 Octobre 2020

    Les titres affichés de certaines oeuvres ne disent pas tout du sujet. Ils passent sous silence que, parfois, le peintre s'est glissé dans la scène qu'il a représentée. Dans la toile, se cache un autoportrait.

    C'est ainsi que, par exemple, Botticelli « assiste » à L'Adoration des Mages, que El Greco est présent lors de L'Enterrement du comte d'Orgaz, comme Vélasquez l'est à Bréda le 5 juin 1625 lorsque le ville capitule... Ingres quant à lui se représente derrière Jeanne d'Arc dans la cathédrale de Reims lors du sacre du Charles VII. Or ce sacre a eu lieu le 17 juillet 1429. Ingres a achevé sa toile en 1854... Singulier et très anachronique jeu de cache-cache.

    Rassembler des oeuvres de Michel-Ange et de James Ensor, de Memling et de Véronèse, de Rembrandt et de Masaccio, de Dürer et de Raphaël, de Ghirlandaio et de Dali, c'est devoir s'interroger sans cesse sur la, les raisons qui ont conduit les uns et les autres à vouloir se représenter ainsi. Pour quelle raison, par exemple, Michel-Ange fait-il le choix de se représenter dans le Jugement dernier de la chapelle Sixtine comme la peau écorchée de saint Barthélémy ? Pourquoi Van Eyck fait-il le choix de n'être qu'un reflet dans le miroir convexe accroché derrière les Arnolfini et un autre reflet sur le bouclier de saint Georges dans La Vierge au chanoine Van der Paele ? Max Ernst au XXème siècle, comme Rubens au XVème, ont-ils les mêmes raisons de se représenter entourés d'amis ? Pourquoi Rembrandt se représente-t-il parmi les bourreaux qui dressent la croix sur laquelle le Christ vient d'être cloué ?

    Une invitation passionnante, éclairante et sans précédent qui permet de mettre en évidence les songes et les ambitions des plus grands peintres de l'histoire de l'art.

  • Après les Haïkus des quatre saisons illustrés par Hokusai, ce nouveau volume des "Classiques en images" renoue avec la tradition du poème court japonais : 67 haïkus de Basho, choisis pour égrainer le temps qui passe... Une journée, une année, une vie sous le pinceau d'Hokusai. Un recueil qui nous invite à penser le temps autrement.

  • Lettres d'amour ou de rage, prières poétiques, journaux intimes singuliers, plaidoyers véhéments, missives délirantes et grimoires, les écrits d'art brut ont été créés à huis clos, dans le secret et le silence. La très grande majorité sont privés d'adresse ou réservés à quelque destinataire onirique ou spirituel. Les manuscrits des 30 auteurs réunis ici sont souvent étrangement calligraphiés, enluminés, brodés, accompagnés de peintures et de dessins, mais aussi griffonnés à la hâte. Les lettres et les mots sont fréquemment utilisés pour leurs valeurs plastiques et graphiques, les règles orthographiques et grammaticale s'affolent. Abordée avec désinvolture et inventivité, l'écriture trouve un souffle nouveau et déploie une poésie sauvage.

    Méconnus voire inconnus, ces « graphomanes extravagants » ont été découverts pour certains par Jean Dubuffet (Adolf Wölfli, Jeanne Tripier, Laure Pigeon, Carlo Zinelli) dans les années 1940-1970, d'autres (Melvin Way, Fernando Nannetti, Charles Steffen) plus récemment. Ils proviennent de plusieurs pays d'Europe (France, Suisse, Allemagne, Autriche, Italie) ainsi que du Brésil, d'Indonésie et des Etats-Unis. Beaucoup d'entre eux sont publiés en français pour la première fois.

  • Portraits de Rembrandt

    Pascal Bonafoux

    • Seuil
    • 26 Septembre 2019

    Ces portraits de Rembrandt par lui-même sont un récit intense de ce qu'est la création. Des premiers peints en 1625 - l'artiste a alors dix-neuf ans - aux derniers réalisés l'année de sa mort en 1669, c'est l'essentiel de sa vie qui est livré ici, mis en évidence, puisque sa vie n'est que peinture. Ces portraits révèlent comment Rembrandt invente Rembrandt, comment le jeune peintre de talent, reconnu et adulé qu'il est, devient au fil du temps un génie solitaire et ruiné.

    Rembrandt va de la gloire à la solitude par la faillite. En effet, son ambition n'a que faire de reconnaissance et d'éloges ; ils ne le comblent pas, comme ils ne satisfont pas son exigence artistique. Alors finalement, quoi de plus nécessaire que de se peindre soi-même, sans se préoccuper de ressemblance, n'ayant à rendre de comptes qu'à soi, sans dépendre de clients, de mécènes ?

    Rembrandt ne cesse de peindre. De peinture en peinture ces portraits témoignent de l'évolution de sa technique, mais aussi de l'image d'un homme dans la force de l'âge, puis vieillissant, face à Dieu, comme un défi qu'il aurait lancé à la mort.

    Pendant plus de quarante ans de création, Rembrandt, par ses autoportraits, tient tête au terrible partenaire qu'est le temps. À travers cet ouvrage nous en sommes les témoins émus.

  • Van Gogh ou l'enterrement dans les blés

    Viviane Forrester

    • Seuil
    • 6 Mars 2014

    Le livre de Viviane Forrester sur Van Gogh m'avait beaucoup marqué à sa sortie. C'est le premier titre qui m'est venu en tête lorsque s'est posé la question d'une réédition dans le cadre des 40 ans de Fiction & Cie.
    Pourquoi ce livre m'a marqué ? Parce qu'il est habité par une passion, et par une érudition généreuse. Au centre de ce parcours dans la vie et dans l'oeuvre du peintre génial, « suicidé de la société » selon la formule d'Antonin Artaud, il y a un fait biographique précis et lourd de conséquences : Vincent Van Gogh est né le 30 mars 1853, soit un an jour pour jour après son frère portant le même prénom, mort-né le 30 mars 1852. D'où, chez lui, le sentiment tenace et obsessionnel d'usurper la vie d'un autre, cet aîné qui le hante comme un fantôme. Quand il part à l'aventure et abandonne le domicile paternel, il a ces mots : « L'assassin a quitté la maison ».
    Génie méconnu, entretenant une relation passionnelle avec son autre frère Théo, amant éperdu d'une vie qu'il ne sait pas vivre, massacré, écorché, déserté par tous, Vincent Van Gogh crée une oeuvre énorme. Il meurt le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise, à l'âge de trente-huit ans.
    « Je le vois encore sur son lit étroit dans la petite mansarde, torturé par une douleur terrible. "N'y a-t-il personne pour m'ouvrir le ventre ?" Il faisait une chaleur étouffante dans la chambre, sous le toit. » Et il n'y avait personne... Au matin, avant l'arrivée de son frère Théo, une dernière visite : celle de deux gendarmes. Plantés au pied du lit, courroucés, ils interrogent l'agonisant : pourquoi s'est-il suicidé ? D'où tenait-il son arme ? Vincent fume sa pipe, adossé contre les oreillers. Il répond, la voix calme, avoir agi comme il en était libre ; les autres insistent, s'acharnent. Vincent regarde en silence, droit devant lui, ignorant les représentants de cette autorité à laquelle il échappe enfin.

  • Du Moyen Age jusqu'à la fin du XIXe siècle, le nuage hante le ciel de la peinture occidentale. Moins qu'un motif descriptif, le nuage constitue un élément de la sémiotique picturale, un graphe dont les fonctions varient avec l'époque. A l'origine utilisé à l'imitation des machines de théâtre, pour faire apparaître le sacré dans le réel (ascension du Christ, visions mystiques), il joue un rôle plus ambigu à la Renaissance, au moment où le modèle perspectif assure la régulation : le nuage vient alors masquer l'irrepresentable infini, en même temps qu'il le désigne, assurant ainsi l'équilibre paradoxal d'une institution picturale intimement liée aux conditions de la science.
    Ce qui est finalement tenté ici, c'est, à travers un inventaire des fonctionnements successifs du signifiant "nuage", une redistribution critique des domaines et des rôles assignés à l'art, à la science et à l'idéologie dans une structure de représentation: élément pour restituer à l'histoire de Part sa dimension systématique et matérialiste.

  • La ruse du tableau ; la peinture ou ce qu'il en reste

    Hubert Damisch

    • Seuil
    • 8 Septembre 2016

    La forme « tableau » correspondrait à un moment déterminé dans l'histoire de la peinture et de l'art en général. Un moment chronologique : l'apparition du tableau dit de chevalet est assez précisément datée, ainsi que le serait l'annonce de sa fin. Un moment historique : le tableau semble être venu à son heure, laquelle a coïncidé avec le développement du commerce au long cours, l'accumulation du capital et la domination de la marchandise sous son espèce indépendante et fétichisée.
    [...] Telle est la ruse du tableau qu'aujourd'hui encore, toute proposition picturale de quelque conséquence puisse être comme traversée par lui. Le tableau n'en a pas fini de fonctionner tout ensemble comme modèle et comme norme idéale, alors même que la notion en aurait été, non pas tant récusée, que radicalement déplacée.
    [...] Le tableau, chose du passé ? Mais quel tableau, ou le tableau en quel sens du mot ? Le tableau en tant qu'objet ? Le tableau en tant qu'activité, et qui en appellerait à ce titre à une conception élargie du travail de peinture ? Le tableau en tant que fonction, comme l'a voulu Lacan, et qui pourrait s'exercer hors contexte, sinon hors-cadre ? Le tableau en tant que forme, sur laquelle la pensée puisse tabler, au moins par métaphore, dans sa propre activité, ses propres opérations, son propre travail, et jusqu'à en venir à jouer elle-même sur plusieurs tableaux ?
    La question qui est celle du tableau en appelle ainsi à quelques détours, sinon à quelques déplacements auxquels est exposé tout un chacun qui s'intéresse à l'art.

  • La peinture des lumières ; de Watteau à Goya

    Tzvetan Todorov

    • Seuil
    • 16 Octobre 2014

    La peinture ne naît jamais dans un monde isolé, elle entre en résonance avec les mouvements sociaux et intellectuels de son époque, et participe elle-même de la pensée. Il s'agit là d'un échange à double sens : les artistes sont imprégnés de l'esprit de leur temps, que pourtant ils transforment et enrichissent. Au XVIIIe siècle, le mouvement des Lumières bouleversera l'ordre de la société ; notre modernité en est issue.

    La peinture des Lumières place l'être humain comme objet central de la représentation. Elle renonce à figurer les surhommes (dieux, personnages mythologiques, héros légendaires), pour se tourner vers des personnes ordinaires, engagées dans leurs activités quotidiennes. Elle met en scène leur variété, montrant hommes et femmes, enfants et vieillards, riches et pauvres, de toutes professions, y compris ceux qui se trouvent en marge de la société, fous, criminels et prostituées. Elle exprime les facettes multiples de la nature humaine : l'amour sous toutes ses formes, mais aussi la violence, les réjouissances et les désespoirs, les activités religieuses et politiques. Parallèlement, les règles de la représentation se transforment. En rupture avec les écoles du passé, cette peinture abandonne les sens symboliques traditionnellement attachés aux objets et aux actions, et les montre pour ce qu'ils sont. La peinture des Lumières propose une interprétation du monde, favorisant l'invention, la fantaisie, le « caprice ».

    Cet ouvrage, illustré par une centaine de tableaux, dessins et gravures en couleurs, analyse la peinture des Lumières dans deux séries de chapitres. Les uns sont consacrés à la figure de quatre grands peintres européens : Antoine Watteau, Alessandro Magnasco, William Hogarth, Francisco Goya. Les autres chapitres examinent quelques sujets révélateurs : les personnages situés aux marges de la vie sociale (enfants, gueux, étrangers), les activités illustrant les marges de l'esprit (fantasmes, érotisme, travestissements), ou encore certains sous-genres picturaux, comme les portraits, les paysages, ou les natures mortes.

  • Il n'y a pas de règle et encore moins de justice. La mort frappe au débotté, quel que soit l'âge et l'état de santé du peintre. Il disparaît dans ses trente ans ou - aussi bien - au-delà de quatre-vingts, d'un trépas parfois accidentel comme Signorelli tombant d'un échafaudage, parfois attendu comme Cézanne rongé par le diabète écrivant cette lettre : « Mon cher Bernard, je suis vieux, malade, et je me suis juré de mourir en peignant », rarement doux, toujours brutal, si lumineux comme Joan Mitchell qui intitule Merci le salut qu'elle adresse au monde.

    Il n'y a pas non plus d'évidence, d'autant que les oeuvres sont datées par année et non par mois. Des incertitudes demeurent et il aura fallu trancher. Parfois, des débats entre historiens d'art et des expertises règlent, ou ne règlent pas, la question. Mais ces énigmes sont la possibilité d'entrevoir au passage de belles histoires.

    On observe tous les cas de figure : dernier tableau d'une oeuvre déjà célébrée ou qui sera célèbre même si l'artiste n'a vendu qu'une toile de son vivant, travail terminé depuis plusieurs années, ou bien inachevé, ou achevé post mortem par une main amie, toile encore sur le chevalet, ou déjà donnée ou vendue, mais parfois posée à côté d'autres toiles dans l'atelier, dernier opus sachant qu'il était ou qu'il avait toute chance d'être le dernier, le signifiant plus ou moins discrètement à ceux qui le regarderont, voyez je m'apprête à disparaître, l'ignorant ou feignant l'ignorer, revenant à un vieux sujet ou à un sujet de prédilection pour un dernier tour de manège, décidant parfois d'ouvrir l'horizon, cherchant toujours à finir en beauté.

    Cent tableaux donc, pour s'assurer d'un chiffre rond, depuis Simone Martini jusqu'à Zao Wou Ki. En vis-à-vis de l'illustration, un texte évoquera ce qu'on voit ou peut voir sur le tableau, le resituera dans la perspective de l'oeuvre et racontera ce qu'on sait ou croit savoir sur les circonstances de la mort du peintre.

  • "Voici la découverte la plus révolutionnaire de toute l'histoire de l'oeuvre de Van Gogh. Non pas un dessin, ni dix, ni même cinquante, mais soixante-cinq !" Ronald Pickvance.

    Du livre de comptes, autrement appelé "brouillard", offert par monsieur et madame Ginoux, les propriétaires du Café de la Gare à Arles, Vincent Van Gogh a fait un carnet de dessins qu'il a emporté avec lui pendant deux années cruciales, dans ses pérégrinations en Provence, entre février 1888 et mai 1890, pour réaliser des paysages, des esquisses, quelques portraits, dont celui de Gauguin, et son autoportrait, de face, saisissant. On découvre ainsi toute la gamme du génie dans les derniers mois de sa vie, juste avant la remontée fatale vers Auvers-sur-Oise.

    Ce document d'une valeur historique et esthétique inestimable a traversé plus de cent vingt ans d'oubli pour ressurgir aujourd'hui comme un trésor intact, dont l'analyse détaillée de Bogomila Welsh-Ovcharov permet de saisir toute la mesure et le retentissement. Elle raconte l'histoire passionnante de ce "brouillard", et resitue chaque dessin dans le contexte de l'oeuvre de Van Gogh et de son séjour à Arles puis à Saint-Rémy-de-Provence.

    Ce livre est l'acte de divulgation d'un carnet enfin retrouvé, et porté à la jouissance de chacun.

  • La Petite Galerie du Louvre, espace dédié à l'éducation artistique et culturelle, célèbre pour sa cinquième saison la « Figure d'artiste », en écho au cycle d'expositions annuel que le Musée consacre aux génies de la Renaissance : Léonard de Vinci, Donatello, Michel-Ange ou Altdorfer.

    C'est en effet à la Renaissance que l'artiste affirme son indépendance et cherche à quitter le statut d'artisan pour revendiquer une place particulière dans la cité. Toutefois, cette invention de la « figure d'artiste » a une histoire plus ancienne et plus complexe qui débute dès l'Antiquité et dont l'ampleur des collections du Louvre permet de prendre la mesure.

    La signature, l'autoportrait ou la biographie servent son dessein : mettre les mots en images et accéder à la renommée accordée aux poètes inspirés par les Muses.

    C'est ce dialogue entrepris de longue date entre les arts visuels et les textes que l'ouvrage poursuit au fil des pages, les mots donnant vie aux oeuvres et les oeuvres donnant chair aux mots.

  • Parce qu'ils sont peu nombreux, les roux peuvent susciter des réactions ambigües, mêlant fascination et répulsion. L'exposition du musée national Jean-Jacques Henner comme son catalogue ont donc pour ambition, par la présentation d'oeuvres et d'objets venus d'univers différents, de mettre en scène cet imaginaire lié à la rousseur, à la fois attirante et dérangeante.

    Dans l'oeuvre de Jean-Jacques Henner (1829-1905), la multiplication des tableaux figurant des roux interpelle, et permet de mieux comprendre les recherches picturales et la palette de ce peintre qui utilisa le roux tout au long de sa carrière comme une couleur, mais aussi comme une véritable signature.

    Abondamment illustré, l'ouvrage porte un regard nouveau sur le thème de la rousseur replacé dans son contexte historique, culturel et artistique, en établissant des dialogues entre des tableaux emblématiques de Jean-Jacques Henner et des oeuvres de ses contemporains, autour de la thématique du portrait, mais aussi d'autres formes d'expression, allant des masques tatanua de Papouasie-Nouvelle-Guinée aux robes de créateurs hommages à Sonia Rykiel, en passant par les affiches publicitaires dessinées par Chéret ou les héros de la littérature jeunesse.

  • Le Larzac s'affiche

    Solveig Letort

    • Seuil
    • 9 Juin 2011

    Le 28 octobre 1971, les habitants du plateau du Larzac apprennent à la télévision par la voix du ministre des Armées, Michel Debré, la décision officielle de l'extension du camp militaire du Larzac. Les paysans décident alors de s'engager dans une lutte pour défendre leurs terres en mobilisant autour d'eux un large mouvement animé par des comités de soutien répartis dans toute la France. En 1981, la promesse du candidat François Mitterrand, élu, est tenue. Il renonce à l'extension du camp militaire. Mais le Larzac ne s'arrête pas là. Un " après Larzac " se met en place, qui poursuit un développement agricole et culturel basé notamment sur la gestion collective des terres, le renforcement des solidarités locales, nationales et internationales. De 1971 à 1981, en 10 années de création et de diffusion, le Larzac a peu à peu dessiné l'image d'un combat à valeur de symbole. Ces centaines d'affiches réalisées dans l'enthousiasme ou dans la rage parfois ont eu le mérite de mettre à jour une formidable énergie créative. Les affiches et documents iconographiques réunis dans ce livre n'ont pas été uniquement choisis pour leurs qualités esthétiques, mais aussi en fonction de leurs messages. Parfois très belles, signées de grands noms, souvent anonymes, elles permettent de suivre l'évolution de 10 ans de lutte.

  • Manga ; Hokusaï

    ,

    • Seuil
    • 15 Mars 2007

    la manga, publiée entre 1814 et 1878, est l'un des chefs-d'oeuvre du livre illustré japonais de l'époque d'edo.
    cet album de gravures sur bois, composé de quinze volumes, comporte près de quatre mille dessins de katsushika hokusai (1760-1849), l'un des plus grands peintres de l'école ukiyo-e. une sélection d'une soixantaine de planches est ici reproduite, à partir des exemplaires de la manga conservés au département des estampes et de la photographie de la bibliothèque nationale de france et qui ont appartenu à l'origine au célèbre critique d'art et collectionneur théodore duret (1838-1927), le défenseur des impressionnistes.
    destinée à servir de manuel de peinture, la manga nous fait découvrir la méthode de l'artiste, en même temps que l'univers graphique de ce génie du trait que fut hokusai. interprète de la nature et observateur minutieux du monde des hommes, il fut aussi un génie du fantastique, laissant libre cours à son inventivité et à son humour.

  • ÿþ"Linda Ellia a fouillé, vidé les poubelles, déplié les papiers froissés, rassemblé les morceaux de feuilles déchirées, remis au mur les dessins jetés, exhibé les annotations des professeurs pour nous montrer les arrière-cuisines de l'école, ces endroits où l'on prépare un infâme brouet. Et le mauvais fumet de cet ancien repas qu'elle fit jadis lui revient à l'âme comme un souvenir proustien. Avec cette madeleine négative, elle remonte le fil de cette aventure humiliante. Elle sort de la fange un diamant infantile."Michel OnfrayConstruit en 5 parties, le livre s'ouvre sur la genèse du projet, intimement lié à l'enfance de l'artiste, et développé au gré d'un entretien entre Linda Ellia et Thierry Illouz, auteur du texte. L'ouvrage s'interroge ensuite sur ces "trésors cachés" que sont les dessins d'enfants jetés et perdus, pour mettre en lumière toute la créativité inhérente à ces oeuvres naissantes, et toucher, par un détour dans l'atelier de l'artiste, à cet "hors classe" ici magnifié. Enfin, il s'achève par un dialogue où se répondent, dans un rapprochement inattendu mais saisissant, les oeuvres de Linda Ellia et celles de ces artistes en herbe, "revanche" contre une certaine école, dans ce qu'elle peut parfois avoir d'écrasant et d'autoritaire.

  • Les trente-six vues de la tour Eiffel

    Collectif

    • Seuil
    • 20 Octobre 2011

    ÿþEn 1902 paraissait un recueil de lithographies imprimées en cinq couleurs, Les Trente-Six Vues de la Tour Eiffel, réalisées par Henri Rivière, illustrateur et graveur, ayant travaillé au célèbre cabaret artisitique de Montmartre, Le Chat Noir, où il présentait des vues rapprochées de la Tour Eiffel et des paysages de Paris avec la Tour en fond d'horizon.C'est en découvrant la célèbre série des Trente-Six Vues du mont Fuji d'Hokusai qu'Henri Rivière, grand amateur d'estampes japonaises, eut l'idée de dessiner Paris en prenant la Tour Eiffel, qu'il avait vue construire, comme fil conducteur. Pour mener à bien son projet, il demanda une préface à l'éminent critique d'art Arsène Alexandre et confia à son vieil ami du Chat Noir, George Auriol, la réalisation de l'ouvrage, depuis la création de la typographie jusqu'à la belle ornementation de la couverture et du coffret.Les Trente-Six Vues de la Tour Eiffel furent imprimées en 1902 à 500 exemplaires. Le présent ouvrage reproduit l'un de ces volumes en fac-similé, rendant hommage au plus impressionnant des monuments de la Ville Lumière et témoignant de l'attachement de l'artiste à l'Art nouveau et au japonisme.

  • Hokusaï ; les trentes-six vues du Mont Fuji

    Jocelyn Bouquillard

    • Seuil
    • 28 Octobre 2010

    Qui n'a jamais vu « la grande Vague », démesurée, écumante et menaçante, lancer ses puissants tentacules à l'assaut d'humbles pêcheurs vulnérables ? Mais sait-on toujours que cette estampe, emblématique de l'art japonais, appartient à la série des Trente-six Vues du mont Fuji, qui, publiée dans les années 1830, renouvela l' ukiyo-e. Créateur impétueux et d'une grande audace, Hokusai (1760-1849) y manifeste un style tout à fait original, empruntant aux techniques traditionnelles japonaise et chinoise mais aussi à la perspective occidentale, pour composer des paysages inattendus, d'une saisissante beauté. Bouddhiste et shintoïste fervent, le maître rend un hommage vibrant à la nature et au Fuji, Montagne sacrée qu'il représente sous des lumières et des atmosphères changeantes, sans pour autant oublier les hommes, qu'il évoque, le plus souvent au premier plan, dans des scènes de la vie quotidienne.

  • Michel-ange. une vie inquiète

    Antonio Forcellino

    • Seuil
    • 19 Octobre 2006

    Solitaire. Avide d'argent. Fragile. Obsessionnel. Et génial. Michel-Ange (1478-1564), sans doute le plus grand sculpteur de tous les temps, est aussi un acteur majeur de l'histoire italienne, partagé entre Rome et Florence et courtisé par les papes (il en connut plus de dix de son vivant). Retracer la vie de Michel-Ange est une gageure : comment raconter l'oeuvre, foisonnante, ponctuée de chefs -d'oeuvre (le Moïse, la chapelle Sixtine, le tombeau de Jules II), sans évoquer les luttes politiques (les Médicis, les Borgia), les débats religieux (Savonarole), les rivalités artistiques (Léonard de Vinci, Raphaël,), les troubles familiaux, les émois intimes et nécessairement cachés (Michel-Ange était homosexuel) ? Avec un art consommé de la narration, Antonio Forcellino, s'appuyant sur les tout dernie rs travaux d'histoire de l'art, livre ici la biographie de référence de Michel-Ange : une biographie de l'homme et de l'oeuvre mené sur un rythme trépidant et d'une rare force littéraire.

  • Yeux de rembrandt (les)

    Schama Simon

    • Seuil
    • 26 Mars 2004

    Trois siècles après sa mort, Rembrandt demeure le plus aimé et aussi le plus mystérieux des grands maîtres de la peinture, même si les nombreux autoportraits jalonnant son existence nous ont rendu son visage familier. En réalité nous possédons peu d'éléments biographiques : le fils du meunier de Leyde qui fut brièvement célèbre à Amsterdam et dont le génie fut apprécié de ses contemporains par intermittence, connut la ruine et mourut dans la pauvreté. Pourtant aucun artiste n'a autant stimulé l'imagination, aucun autre ne s'est vu attribuer autant d'oeuvres -- le processus inverse est d'ailleurs en cours.
    Pour Simon Schama, dont le livre a été en gestation pendant 20 ans, c'est dans les tableaux qu'il faut rechercher la véritable biographie de Rembrandt. L'étude qu'il nous fait de son parcours est minutieuse, se fonde sur un examen très fouillé de nombreux tableaux et dessins, d'un ton singulièrement personnel et passionné, d'une autorité parfois agressive, aussi convaincante que provocante.
    Ce livre dépasse largement les frontières de la biographie conventionnelle. Avec une immense sympathie pour son sujet et une profonde connaissance de la Hollande et des Hollandais au 17ème siècle (cf déjà L'embarras de richesses), Schama recrée le monde tel que Rembrandt le voyait et le percevait, avec ses bruits, ses odeurs, ses événements politiques, les influences qu'il eut à subir : à savoir les luttes acharnées entre Provinces Unies protestantes et Espagne catholique, le calvinisme austère dans sa Leyde natale ; les exigences des mécènes, les ambitions des contemporains ; l'importance des femmes (Saskia l'épouse bien aimée, Hendrickje Stoffel la maîtresse) ; et avant tout l'ombre écrasante du grand catholique anversois Pierre Paul Rubens, dont la carrière obséda Rembrandt pendant la première partie de sa vie.
    Un livre à facettes multiples débordant d'énergie intellectuelle. Schama a pleinement et brillamment rempli son objectif principal qui était de montrer comment Rembrandt est devenu Rembrandt, comment celui qui voulait être le Rubens de la Hollande -- et qui a échoué dans cette ambition -- est devenu peu à peu le maître admirable que nous mettons aujourd'hui au-dessus du peintre d'Anvers.
    Jamais livre ne nous a plongés pareillement dans l'oeuvre et la vie non pas d'un mais de deux peintres, le modèle Rubens, et surtout le disciple Rembrandt, en les replaçant dans une fresque historique et sociale d'une magnifique ampleur.

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