Cnrs

  • Les langues

    Claude Hagège

    • Cnrs
    • 28 Novembre 2019

    C'est en linguiste de terrain que Claude Hagège a abordé le champ des langues. Son intérêt pour leur réalité vécue, leur chair vive et le terreau d'origine de la parole humaine en font un adepte d'une approche empiricoinductive, aboutissant ainsi à des conclusions d'ordre général à partir d'une matière concrète.
    Les contributions apportées par Claude Hagège en linguistique se fondent sur l'étude de langues sémitiques, africaines, amérindiennes, austronésiennes puis sinotibétaines. Des formes sagittales et du logophorique à la théorie des trois points de vue et l'anthropologie casuelle, c'est toute la richesse et la complexité des langues qui sont ici creusées et révélées. À travers ces travaux, la linguistique s'incarne comme une science humaine à part entière.

  • Les langues n'échappent pas à la mondialisation. Certaines sont de plus en plus parlées, d'autres de moins en moins. Selon les lieux, les nécessités, les besoins et les politiques, les individus recherchent celles qui leur sont le plus utile ou le plus profitable : ainsi, le « marché aux langues » n'est pas le même à Dakar, à Hong-Kong, à Barcelone ou à São Paulo. Mais alors, quelles chances peut avoir une langue de subsister sur ce marché, quels risques a-t-elle d'en disparaître ? Cet ouvrage original, nourri d'exemples concrets, jette les bases d'une « politologie linguistique » qui permet de lire la mondialisation à travers son versant linguistique, d'élaborer des hypothèses sur l'évolution de cette situation et d'en explorer les modes possibles de gestion, afin, éventuellement, d'influer sur le sort des langues.

  • Hébreu ; du sacré au maternel

    Keren Mock

    • Cnrs
    • 17 Mars 2016

    Quels matériaux sont nécessaires à la création d'une nouvelle langue maternelle et quel processus aboutit à son adoption par ses locuteurs_? L'hébreu, langue aujourd'hui quotidienne dont le fondement est spirituel, culturel et religieux, nous éclaire sur la genèse d'une nouvelle langue maternelle. Mais pour comprendre cette résurgence, il fallait rassembler et interpréter ses archives.

    Procédant à une fouille archéologique qui nous conduit du présent aux strates les plus anciennes, l'auteure dialogue avec deux des plus grands écrivains israéliens, Aharon Appelfeld et Sami Michael, pénètre dans «_la fabrique_» lexicographique d'Eliezer Ben-Yehuda, et revient sur les fondements philosophiques de l'hébreu profane par une lecture inédite de l'Abrégé de grammaire hébraïque de Baruch Spinoza.

  • L' « individualisme » dénomme une notion complexe. Philosophes, sociologues et politistes en ont régulièrement interrogé la signification et la portée. En tant qu'élément caractéristique des sociétés modernes, il est souvent affecté d'une nuance péjorative.
    Quand et comment, à la faveur de quels phénomènes, le mot individualisme, inconnu jusqu'au début du xixe siècle, apparaît-il dans la langue et les discours ? C'est sous la Restauration que surgit le terme. Marie-France Piguet en précise le contexte : il s'inscrit dans des polémiques spécifiquement politiques, du Producteur, le journal des Saint-Simoniens, au Mémorial Catholique, du Globe au Semeur, des livres de théologie aux écrits de philosophie.
    Ce néologisme s'est construit dans un discours particulier, celui des ennemis de l'autonomie de l'individu, qui voyait en elle une menace pour la vie commune. Il dénonce alors la philosophie critique du XVIIIe siècle qui a conduit à la Révolution française. Il donne lieu, ainsi que le développe cet ouvrage, à de nouvelles expressions, comme « liberté individuelle », « rationalisme individuel » et joue avec d'autres termes comme « égoïsme ».
    La connotation négative que l'on attribue toujours à ce terme ne doit pas masquer le fait que l'individualisme désigne aussi une conquête de la modernité.

  • L'ouvrage a pour objet de présenter une synthèse sur l'histoire linguistique, mais aussi culturelle, des peuples du Gabon de langue bantoue. Dans ce but, il fait appel aux méthodes de la linguistique historique et comparée, de la paléontologie linguistique, et de disciplines telles que l'anthropologie culturelle, l'archéologie ou la génétique.
    Après avoir présenté de manière très claire les notions clés de la linguistique historique et comparée (glottochronologie, contact de langues, comparaison de masse...), il étudie les différentes reconstitutions de la langue proto-bantoue à l'origine des 600 langues actuelles et les questions controversées des trajets migratoires et des classifications des langues.

  • Le gris

    Annie Mollard-Desfour

    • Cnrs
    • 3 Décembre 2015

    Couleur-caméléon aux frontières incertaines, ni noir ni blanc, le gris fusionne les couleurs et les matières. Jouant de ses mille nuances, il se fait tour à tour lumineux comme la lune ou poussiéreux comme la cendre. Gris argent, béton, étain, fer, flanelle, perle, pierre, prison, zinc. gris fumée, plomb, poussière, muraille. gris chartreux, éléphant, souris, tourterelle. gris brouillard, brume, orage, nuage, ciel de Paris. gris de Payne ou deperle, gris gustavien, gris Dior ou Montaigne. gris administratif, industriel. Âme grise, éminence grise, enfant à cheveux gris, point gris, révolution grise, théorie grise, en voir de grises. Grisaille, griserie, griseur, feldgrau.

    De Aragon à Goldman, en passant par Beckett, Yourcenar, Godard, ou encore Philippe Claudel, préfacier de l'ouvrage, le gris décline ses associations : gris de la sagesse et de la connaissance, gris de la mélancolie et de la solitude, gris de l'effacement et de l'humilité. Couleur de la ville, de l'industrie, de la standardisation, le gris est aussi celle du sobre et du bon ton, de l'élégance et du luxe, du zen ou de l'ivresse !

    Couleur de notre époque ?

  • Nouveau glossaire nautique d'Augustin Jal

    Collectif

    • Cnrs
    • 18 Février 2021

    Véritable « trésor de la langue française maritime », le Nouveau Glossaire nautique est l'une des plus vastes et originales entreprises lexicographiques de notre temps.

    Plus qu'une simple révision, ce dictionnaire savant et multilingue élargit l'horizon du Glossaire nautique d'Aujustin Jal (1848) tout en conservant l'esprit de son fondateur. Il offre ainsi de multiples témoignages des activités liées à la vie maritime et embrasse largement le langage des « gens de mer », dans toute sa richesse et sa complexité, depuis le IXe siècle, marqué par l'émergence de l'ancien français, jusqu'au XIXe siècle, en faisant de nombreux détours par les dialectes d'oïl et d'oc ou le latin médiéval.

    Réalisé depuis 1970 par le Laboratoire d'Histoire Maritime (CNRS-Université de Paris Sorbonne-EPHE) puis par le Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (UMR CNRS-Université de Paris Sorbonne), le Nouveau Glossaire nautique, par ce dernier volume, a été achevé par le Centre de Recherche d'Histoire Quantitative (ex UMR CNRS-Université de Caen) et la MRSH de Caen, sous la responsabilité éditoriale d'Elisabeth Ridel-Granger et André Zysberg.

  • Il y a bien des façons d'acquérir des langues. Nos parents nous en transmettent, nous en étudions au cours de notre scolarité et il arrive qu'à l'âge adulte, nous décidions d'en acquérir de nouvelles.
    Il existe pour cela des cours privés, des guides de conversation et surtout des méthodes variées.
    Ce livre est une enquête sur ces « glottotropies », sur l'autoapprentissage et sur les méthodes de langue. Ainsi que sur le choix des langues et des orientations pédagogiques des différents éditeurs de méthodes. S'intéressant plus particulièrement à la méthode Assimil et à son histoire, Louis-Jean Calvet teste sur elle les hypothèses formulées. Il souligne les liens entre la vie éditoriale de ces méthodes et les événements politiques et sociaux majeurs qui ont marqué l'histoire française. En ceci, ces méthodes disent beaucoup de notre histoire individuelle et surtout collective.

  • Le thème perceptif et expressif : entre linguistique, sémiotique et philosophie Nouv.

    La the´orie des formes se´mantiques, propose´e par Yves-Marie Visetti et Pierre Cadiot au de´but des anne´es 2000, a porte´ les questions de la perception et de l'expressivite´ au premier plan de l'analyse linguistique. Elle a contribue´ a` l'e´laboration d'une perspective se´mioge´ne´tique, corre´lative d'une the´orie des champs et des formes se´miolinguistiques. Cet ouvrage se propose d'en e´valuer certaines implications the´oriques et descriptives, ceci aussi bien dans les domaines de la linguistique et de la se´miotique que dans ceux de la philosophie et de l'anthropologie du langage.

    La perception y est conc¸ue comme originairement se´miotique et interpre´tative, et elle s'accomplit au travers de se´miogene`ses et de dynamiques orchestrant la constitution des formes et du sens, en leurs diffe´rentes phases.

    Cette perspective s'inscrit dans le sillage de la pense´e phe´nome´nologique, tout particulie`rement celle de Merleau-Ponty, ou` l'activite´ de langage, semblablement a` celle du corps, se trouve fondamentalement conc¸ue suivant des axes praxiques et expressivistes.

  • Langues baltiques, langues slaves

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    • Cnrs
    • 17 Novembre 2011

    Les relations linguistiques entre les langues baltiques (lituanien, let- ton, vieux prussien) et les langues slaves (russe, polonais, tchèque, sorabe, slovène, serbo-croate, bulgare) ont fait l'objet depuis deux siècles de débats riches et complexes. Si l'on pouvait encore, dans une célèbre encyclopédie des langues du début du xixe siècle, le Mithridates d'Adelung (1806), se contenter de l'idée que les langues baltiques étaient un mélange de slave et de gotique, les progrès de la grammaire comparée indo-européenne ont conduit à s'interroger en profondeur sur les rapports entre ces deux familles de langues.

    Peu à peu s'est imposée une approche génétique de cette question, reconstruisant entre l'indo-européen et les langues considérées, une étape intermédiaire, le «balto-slave». Cette vision fut largement discutée au début du xxe siècle, et l'on s'efforça dès lors d'ouvrir de nouvelles pistes pour rendre compte des évidentes proximités entre les deux familles de langues : outre l'approche génétique, furent ainsi développées une démarche géographique et plus récemment typologique.

    L'objet du présent volume est de présenter la diversité des méthodes actuelles à travers un choix de contributions faisant apparaître la richesse du débat sur les rapports entre baltique et slave. Savants français et internationaux offrent ici un vaste panorama de problématiques alliant la comparaison historique des langues, la confrontation de leurs influences réciproques et leur position dans la typologie des langues d'Europe.

  • Ce volume porte sur la problématique de la négation dans une perspective typologique. La négation a été et continue d'être un thème central dans la recherche linguistique, comme en témoignent de nombreux colloques et publications de par le monde. En revanche, la question des énoncés « non susceptibles d'être niés » - du type « voici des fleurs » vs « voici pas des fleurs » - ne semble pas avoir fait l'objet d'un intérêt particulier et méritait donc qu'on en éclaire la nature et les propriétés. C'est cette lacune que cherche à combler ce volume sur la négation, en mettant à l'honneur les travaux de chercheurs éminents. A partir de données de première main issues des langues les plus diverses, des langues indo-européennes aux langues arawak d'Amérique centrale, l'ouvrage offre ainsi une synthèse inédite sur une problématique jusque là peu étudiée.

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