Arts et spectacles

  • Notes de chevet

    Sei Shônagon

    Les Notes de chevet sont l'un des plus beaux livres de la littérature japonaise. Composées dans les premières années du XIe siècle, au moment de la plus haute splendeur de la civilisation de Heian, par Sei Shonagon, une dame d'honneur, attachée à la princesse Sadako. Ces notes intimes proposent, sous forme de tableaux, de portraits, de récits, une illustration du Japon sous les Fujiwara.
    Les impressions sur le vif de l'auteur, abordent tour à tour les choses qu'elle aime ou déteste voir, écouter, manger et boire, ainsi que des historiettes au sein de la cour impériale, des poésies et quelques avis sur ses contemporains.
    Cette édition exceptionnelle est illustrée par les oeuvres d'Hokusai, le maître japonais de l'ukiyo-e, dont le trait raffiné entre en parfaite résonance avec la sensibilité et la grâce de l'écrivain. Elle invite le lecteur à découvrir la manière japonaise de sentir le monde, la nature -partie indissociable de la vie affective et intime au Japon-, de se former à l'écoute des mille détails du quotidien et d'en goûter les beautés simples qu'il offre. Une introduction et des notes permettent de comprendre et savourer pleinement cette prose poétique, y compris tous les jeux subtils sur les mots.

  • Billet, pièce de monnaie, lettre de change, carte de crédit, action boursière, lingot peints, en marbre, porcelaine, bois doré, acier ou encore flottants dans un aquarium : la représentation de l'argent est omniprésente dans les oeuvres d'art. Le présent ouvrage l'étudie dans le long terme, depuis la résurgence de la monnaie métallique à la fin du Moyen Âge jusqu'à l'époque actuelle, en envisageant l'Occident, l'Europe tout d'abord, puis l'Amérique quand celle-ci, conquise et modernisée, se convertit au numéraire.
    Durant ces siècles, la situation démographique, économique, sociale, technologique, fiduciaire change : la peinture se modifie au gré des styles et sa place même dans la création n'est plus la même : elle n'est plus aujourd'hui le medium dominant et dès lors sont examinées les installations, la photographie et l'image mouvante - le cinéma ou la vidéo - ainsi que le point de vue des artistes femmes.

  • Les enseignes commerciales, omniprésentes dans l'espace urbain, sont des objets peu considérés. Signes d'une société capitaliste, souvent jugées d'un goûtn douteux, dénoncées pour leur agressivité publicitaire, les enseignes font mauvais genre. Et pourtant, elles sont partie intégrante de l'environnement visuel de générations de passants.
    Cet ouvrage propose de retracer l'histoire de l'enseigne à une époque charnière de son histoire, des années 1850 à l'entre-deux-guerres. Ces années voient, en effet, l'enseigne traditionnelle concurrencée par la lettre, le logo, la marque, et invitent à s'interroger sur ce que cet objet indique de l'évolution de notre rapport aux images.
    Le livre vise à mettre en lumière de nouvelles approches qui touchent à l'histoire de la peinture, de l'architecture, des arts décoratifs et du design, du graphisme et de la typographie, de la photographie, mais aussi à l'histoire sociale, urbaine, commerciale et publicitaire.

  • La Tapisserie de Bayeux relève de deux "miracles" : son exceptionnelle richesse visuelle et son remarquable état de conservation près d'un millénaire après sa réalisation. Longue de près de 70 mètres, elle appartient aux histoires nationales de la France et de l'Angleterre, et figure depuis 2007 au registre "Mémoire du monde" de l'Unesco. Entièrement brodée à l'aiguille en fils de laine colorés, elle relate la conquête du royaume d'Angleterre par le duc Guillaume de Normandie en une longue succession d'images, ce qui fait d'elle "l'ancêtre" de la bande dessinée.
    Beaucoup d'encre a coulé mais les interrogations que suscitent son contexte de création et ses significations restent, aujourd'hui encore, énigmatiques. Le livre que nous proposons permet de faire le point sur l'état actuel des recherches et de se plonger dans l'histoire passionnante de cette somptueuse broderie.

    1 autre édition :

  • L'aquarelle

    Marie-Pierre Sale

    Ouvrage de référence, L'Aquarelle étudie au fil d'une remarquable iconographie, le développement de l'aquarelle occidentale en tant que technique - singularisée par la polychromie et l'exigence de transparence -, et en tant que genre à partir de la fin du XVIIIe siècle, depuis la pratique du dessin colorié dans l'enluminure médiévale jusqu'aux lavis libres et éclatants de couleurs des artistes de l'abstraction. portée par les paysagistes, les artistes naturalistes puis les jeunes avant-gardes, elle connaît sa période d'apogée dans le dernier tiers du XIXe siècle. Vers la fin du siècle, c'est en France que s'est déplacé l'épicentre de la modernité : Johan Barthold Jongkind, Paul Cézanne et, dans une moindre mesure, Paul Signac - héritier de Delacroix - seront à l'origine des révolutions majeures pour l'histoire de l'aquarelle au XXe siècle.

  • Cet ouvrage vous invite à pénétrer dans les secrets du Livre de Kells, trésor inestimable du Trinity College de Dublin. Réalisé très probablement dans le courant du IXe siècle, il s'agit de l'un des manuscrits médiévaux enluminés les plus connus au monde. Chef-d'oeuvre du christianisme irlandais, il déroule sur 340 folios les quatre Évangiles du Nouveau Testament accompagnés de notes et d'explications. Riche d'un très grand nombre d'enluminures d'une fraîcheur incomparable, ce manuscrit met en scène avec somptuosité les portraits des évangélistes ou leurs représentations symboliques, la Vierge, le Christ et divers épisodes bibliques ainsi que des entremêlements complexes de lettres, d'animaux et de figures humaines, empreints d'humour et de fantaisie.
    Au fil des pages, ce livre vous présentera les folios les plus importants de ce chef-d'oeuvre et vous conduire dans les arcanes de sa création, mettant en lumière la question des scribes et des artistes à l'origine de cette oeuvre, la matérialité de l'ouvrage, mais aussi son histoire ainsi qu'une description détaillée de son iconographie.

  • Et si la magie du cinéma avait partie liée à la peinture ? Aux tableaux que revisite parfois le réalisateur afin de mettre en image son scénario, aux oeuvres ou ambiances picturales qui s'imposent aux spectateurs au visionnage de certains films.
    Cet ouvrage est né de ces regards croisés entre le septième art et la peinture, là où l'image filmique cache ou révèle une image picturale.
    À cet exercice, presque tous les grands courants cinématographiques se sont illustrés car très nombreux sont les réalisateurs qui ont développé, consciemment ou non, une esthétique en affinité avec l'art silencieux et immobile qu'est la peinture.
    Des frères Lumière à David Lynch, une étude passionnante sur les rapports féconds de la peinture et du cinéma.

  • Le personnage de légende qu'est devenu Toulouse-Lautrec (1864-1901) - forgé autour de ses origines aristocratiques, de son infirmité congénitale et d'une vie aussi brève que nourrie d'excès - a longtemps masqué l'originalité profonde de son travail d'artiste. Sans négliger les incidences d'une biographie romanesque, il est nécessaire de reconsidérer l'oeuvre : plus de 700 peintures, quelque 5000 dessins et près de 400 lithographies et affiches.
    Replacé dans le contexte socio-culturel foisonnant de la fin de siècle, sa carrière se déploye sur une douzaine d'années, le conduisant à varier les techniques, à enrichir les matières, riches et brillantes, à jouer subtilement des couleurs vives, claires, rehaussées de noir, avec un goût indéfectible pour le portrait, non sans puiser aux sources de l'art japonais.
    Lautrec est l'un des rares artistes internationalement reconnus dont la faveur exceptionnelle tient pour partie à des sujets équivoques, dont la prostitution. À une époque de grand conformisme, c'est la singularité qui l'inspire, le menant à créer sa propre voie, hors des conventions sociales, morales et artistiques, passant du milieu fermé de la noblesse à la bohème de Montmartre, du château des comtes aux cercles de l'avant-garde.

  • Modigliani

    Thierry Dufrêne

    Le prisme de la légende de "l'artiste maudit" a longtemps troublé la vision de l'oeuvre d'Amedeo Modigliani. Cet ouvrage monographique invite à se plonger dans l'univers de cette légende artistique du Paris bohème et à envisager son oeuvre d'un nouvel oeil. Plus largement, ce sont les traits d'une société en complète mutation que le peintre a su saisir : la nouvelle place des femmes (la fameuse "Garçonne"), la mise en exergue de la jeunesse et le cosmopolitisme. Une société qu'il aborde selon des convictions sociales jamais démenties avec une prédilection pour les sujets populaires. Quand à son style, il puise ses racines dans l'univers parisien sans jamais s'y enfermer : traversée du cubisme sous l'égide du marchand Paul Guillaume jusqu'à un langage "cubo-métaphysique", désir de simplification au temps de Léopold Zborowski.
    La magie qu'exerce plus particulièrement la dernière période (1918-1919), marquée par un séjour prolongé de l'artiste sur la Côte d'Azur, ne peut s'appréhender sans prendre en compte l'élévation des portraits de femmes, Jeanne, Hanka ou Lunia, qui équilibrent hiératisme issu du Gréco, maniérisme réinventé des attitudes et matière lumineuse de la palette.

  • Cet ouvrage e´blouissant met en lumie`re une partie de la collection textile de Thomas Murray, marchand d'art extra-europe´en qui a re´uni au fil des anne´es un ensemble rare de textiles japonais inconnus du public franc¸ais. Leur e´tat de conservation exceptionnel et leur grande beaute´ ont conduit a` leur acquisition par le Minneapolis Institut of Art en mars 2019.
    Divise´ en trois parties, ce livre pre´sente trois grandes cate´gories de textiles japonais ainsi que diffe´rentes techniques de tissage qui leur sont associe´es. Ceux, extre^mement rares, re´alise´s par le peuple Ai¨nou surprennent tout d'abord par leur matie`re, leur finesse et leur beaute´ singulie`res. Les seconds textiles sont de´signe´s sous le terme Mingei, terme cre´e´ par Soetsu Yanagi au de´but du XXe sie`cle et qui signifie « art populaire ». Utilise´s dans la vie quotidienne, ils sont empreints d'une de´licatesse naturelle et e´le´gante. Quant au chapitre Okinawa, il met en lumie`re les cre´ations de cette i^le japonaise connue notamment pour ses bingata, des textiles aux couleurs vives et e´clatantes aux traits e´pais.
    Gra^ce a` des reproductions splendides et de tre`s nombreux de´tails, ce livre te´moigne de la finesse et de la somptuosite´ cre´ative dont savent faire preuve les tisserands japonais.

  • Inventé à partir de la boutade ironique d'un critique d'art sans qualité, le mot "impressionnisme" désigne moins un mouvement cohérent que la rencontre d'un groupe de peintres, soudé par le même rejet de l'académisme, qui choisirent d'exposer ensemble leurs oeuvres, entre 1874 et 1886. Qu'y a-t-il de commun, en effet, entre les paysages ruraux aux tons sourds de Pissarro et les coulisses de l'Opéra, traversées de lumière électrique et de tulle multicolore, peintes par Degas ?
    Né sous le signe de Manet, l'impressionnisme s'oppose profondément à la conception classique de l'art et annonce l'avènement d'un nouvel ordre esthétique. Travail en plein air et sur le motif, scènes de la vie moderne et quotidienne, couleurs claires et juxtaposées, style inachevé "non fini", touches visibles et légères, vibration de la lumière, effets de cadrage : en moins de vingt ans, en fixant tout un monde de sensations et de visions éphémères, ces artistes ont réalisé l'une des révolutions les plus importantes de l'histoire de la peinture.
    Outre le récit "historique", cette histoire de l'impressionnisme expose pleinement les caractéristiques de cette "nouvelle peinture" et la singularité qui, en dépit d'un projet commun, distingue les artistes du groupe des Batignolles. Elle révèle par ailleurs comment l'impressionnisme influencera les artistes à l'étranger (Angleterre, États-Unis, Espagne, Scandinavie ...), résonnera dans les autres arts (musique, littérature, photographie, cinéma) et conduira aux néo - et post-impressionnisme puis aux grandes mutations du XXe siècle, telle l'abstraction.

  • Exceptionnel, ce livre l'est à plus d'un titre. 50e volume de la collection "L'Art et les grandes civilisations", il offre aux arts décoratifs une place de choix au sein du vaste champs de la création artistique mondiale qu'explore depuis plus de cinquante années cette collection de référence.
    Longtemps considérés par les historiens de l'art comme "mineurs", les arts décoratifs sont désormais un réel sujet de recherche. L'heure est venue de proposer une nouvelle synthèse et de dresser un état des lieux chronologique des arts décoratifs en Europe, de la Renaissance à l'aube de la Seconde Guerre mondiale.
    Les auteures ont composé un vaste panorama s'intéressant à la question de la circulation des modèles, des artistes et des artisans, aux matériaux et aux techniques sans en délaisser aucun - arts du métal, du bois, du feu, du fil, du papier -, aux usages, à l'évolution des formes, à la variation du goût et au rôle des collectionneurs et des marchands.

  • Le livre Les animaux occupaient une place centrale dans la société médiévale. Ce livre propose de visualiser cette présence animale au Moyen Âge à travers les représentations que l'on en trouve dans l'enluminure.  La richesse matérielle, ornementale et iconographique  de ce mode d'expression artistique en fait le témoin privilégié de son époque dont il est également emblématique entre tous les arts.  Ce livre est richement illustré de plus de six cents reproductions d'enluminures peintes durant tout le Moyen Âge dans sa plus large acception (du IVe  au début du XVIe  siècle). Nombre d'entre elles qui sont encore inédites ou très peu connues en dehors du cercle des spécialistes, se verront ainsi mises en lumière et portées à la connaissance d'un plus grand nombre d'amateurs. Ces derniers trouveront dans cet ouvrage de nouvelles clefs de lecture du bestiaire de l'art médiéval, comme de la vision du monde qu'il exprime.

     

  • Retraçant en détail la vie de Léonard, ce livre mêle une approche artistique et scientifique afin de percevoir au mieux le génie de cet homme hors du commun. Doté d'une curiosité sans égale, cet artiste-savant s'est intéressé à tous les domaines : philosophie, mathématiques, mécanique, optique, anatomie, cartographie, architecture, astronomie, météorologie, sans oublier bien sûr l'art de la peinture, de la sculpture, mais aussi le théâtre et la musique ! Artiste prolifique, Léonard a représenté sans relâche le monde qui l'entourait, lui conférant une justesse rarement atteinte, tant en peinture qu'en dessin.
    Outre la quinzaine de tableaux célèbres qui lui sont attribués, Léonard de Vinci a laissé derrière lui un nombre impressionnant de carnets et manuscrits témoignant d'une infatiguable quête de compréhension du monde.
    Explorant l'inventivité créative infinie de l'artiste, ce livre montre toutes les facettes d'un génie jusqu'aux découvertes et attributions les plus récentes.

  • Au tournant du XIXe siècle, Vienne, capitale du vaste empire austro-hongrois, devient l'épicentre d'une pensée avant-gardiste qui s'exprime contre le conservatisme ambiant, symbolisé par les façades néo-classiques de la Ringstrasse. Musique, littérature, philosophie, arts plastiques ouvrent de nouvelles voies à la perception. Les cafés de la vieille ville s'animent de l'effervescence de cette émulation créatrice. C'est l'époque de Sigmund Freud et de Ludwig Wittgenstein, de Gustav Mahler et d'Arnold Schönberg, de la Sécession (1897-1905) - courant conduit par les artistes Gustav Klimt, Joseph Hoffmann et Koloman Moser qui ambitionnent de rassembler les arts en une Gesamtkunstwerk, une oeuvre d'art totale. Dans cet esprit, la Wiener Werksätte, atelier fondé en 1903, réunit architectes, décorateurs, stylistes et artisans pour diffuser auprès du plus grand nombre cette nouvelle esthétique de la modernité.
    Avec ses quelque mille illustrations et plus de soixante artistes abordés, cette synthèse exceptionnelle menée par trois spécialistes de renom expose l'extrême fécondité de cette période dans tous les champs de la création ; peinture, dessin, arts décoratifs mais aussi architecture, photographie et arts appliqués tels que le graphisme, la verrerie, la joaillerie, la mode ... Un éclairage particulier est donné au rôle de la femme dans toutes ces disciplines. 

  • La construction de l'Escorial marque le début communément admis du Siglo de Oro espagnol qui s'achève par l'accession des rois Bourbons au trône, toujours au monastère royal de l'Escorial, avec une apogée en 1635 au moment de l'édification à Madrid du nouveau palais du Buen Retiro.
    Après d'être illustré dans la géopolitique, l'économie et la littérature, l'Espagne connaît alors quelques-uns des plus grands génies que la peinture ait donnés. Célèbre et méconnue à la fois, avec ses astres brillants et ses talents dans l'ombre, ses spécificités, ses retards et ses fulgurances ... Une période que le XVIIIe siècle eut vite fait d'oublier pour mieux laisser le XIXe siècle s'en éprendre.
    La visée de cet ouvrage est de faire découvrir par la peinture, à quel point l'or de ce fameux siècle avait été avant tout dans les mains de ses artistes et au bout de leurs pinceaux.

  • Yoshitoshi fut le plus prolifique et le plus marquant des maîtres de l'estampe japonaise à l'ère Meiji. Cet ouvrage présente son chef-d'oeuvre, les "Cent aspects de la lune" (Tsuki hyakushi), une série commencée en 1885 et terminée juste avant la mort de l'artiste en 1892. En son temps déjà, chaque nouvelle estampe publiée était un évènement, les tirages s'épuisant bien souvent dès le matin de leur parution.
    Cet ensemble rare, inspiré de récits historiques ou légendaires, est chargé de paradoxes. Tout en perpétuant la tradition nationale, Yoshitoshi inventait un style nouveau, largement inspiré de l'Occident. En un temps où les moyens de reproduction de masse -photographie, lithographie- rendaient l'estampe obsolète, le public s'arrachait celle des "Cent aspects de la lune". L'iconographie renvoyait au patrimoine historique, mais l'artiste révolutionnait l'ukiyo-e par sa façon de peindre l'intensité des émotions humaines.  Chacune des cent estampes est ici reproduite en fac-similé de l'édition originale. Un livre de commentaires retrace la biographie de Yoshitoshi. Des reproductions complémentaires illustrent sa puissante imagination et l'épanouissement de son style personnel. L'auteur éclaire ensuite l'importance de la série dans l'art japonais de l'estampe, ainsi que les aspects techniques de sa producution. Enfin, les récits des "Cent aspects de la lune" sont détaillés planche par planche. 

  • Les historiens de l'art ont l'habitude d'utiliser l'expression de "siècle d'or hollandais" (gouden eeuw) pour qualifier la civilisation néerlandaise du XVIIe siècle et, plus spécifiquement encore, l'art de cette période. Ce livre entend repenser cette notion en proposant d'analyser la manière dont elle a été définie, pensée et décrite au XVIIe siècle, par les Hollandais eux-mêmes, comme par leurs contemporains.
    Cet "âge d'or" est un moment historique marque par de profonds bouleversements : alors que les guerres et les rivalités politiques traversent le siècle, la dissipation des tensions religieuses en fait une terre d'accueil et de tolérance ; les Provinces-Unies assoient fermement leur hégémonie économique et commerciale, fondée notamment sur les échanges coloniaux. Savants, poètes, philosophes et artistes forgent, chacun à leur manière, les représentations naturalistes ou idéalisées de ces transformations. Appréhender la société néerlandaise du XVIIe siècle à travers la grande variété de leurs créations rend compte de l'identité plurielle d'une nation en devenir.
    Tout en suivant le fil chronologique de l'histoire, des débuts de la guerre de Quatre-Vingts Ans jusqu'aux premières années du XVIIIe siècle, les principales théories et pratiques artistiques du siècle d'or sont ici exposées, sans tenter de reconstruire a posteriori une unité factice.

  • L'art brut

    Martine Lusardy

    L'art brut n'est donc pas "l'art des fous". À côté des créations associés aux asiles psychiatriques -étudiées dès les années 1920 par le docteur Hans Prinzhorn -et l'art médiumnique, se rangent celles de "l'homme du commun" selon Dubuffet - celui qui est en dehors des circuits artistiques.
    Hier confidentiel, aujourd'hui consacré, instituionnalisé et médiatisé, l'art brut a une histoire et la réalité qu'il recouvre échappe à son inventeur et théoricien. D'autres appellations ont vu peu à peu le jour, correspondant à la démarche de nouveaux amateurs et à leur souci de baliser le territoire (hors normes, singuliers, outsider, habitant-paysagiste ...). Outre l'ouverture à de nouveaux champs de prospection, l'interaction avec l'art contemporain, dans une perspective de décloisonnement et d'élargissement, est une mise à l'épreuve de la notion d'art brut.
    Les créations de "l'art brut" sont davantage des énigmes que des productions qui se laisseraient facilement appréhender par notre conceptualité. Aloïse, Wöfli, Darger, Walla, Zinelli, Traylor, Sawada nous fascinent, nous touchent, nous éprouvent sans que nous puissions établir un rapport formel entre eux. L'enjeu est ailleurs. C'est dans le grand créateur d'art brut, le hors norme, le marginal, que nous voyons l'homme accompli et victorieux. Cet "Autre" de la culture ne réalise-t-il pas les possibilités les plus hautes de l'homme, l'héroïque construction de soi, son humanisation, finalement la fin véritable qu'est la culture ? 

  • L'incorrigible anticonformiste qu'était Paul Gauguin a métamorphosé le processus de création artistique et ouvert la voie aux générations futures. Il fallut pourtant attendre les dernières décennies du XXe siècle pour que l'on mesure véritablement la portée de son oeuvre. On connaît bien le peintre, même si l'on n'a pas toujours conscience de ce que son originalité a de radical. Son travail novateur dans le domaine de la sculpture, de la céramique, du dessin et de la gravure ne reçoit en revanche que depuis peu toute l'attention qu'il mérite. Quant à ses théories révolutionnaires sur les matériaux et les techniques, elles se sont propagées très lentement à l'ensemble des arts visuels.
    Ce livre examine la production artistique de Gauguin dans sa totalité, retraçant son évolution de jeune peintre du dimanche autodidacte jusqu'à l'artiste majeur, dont l'oeuvre pèse sur l'orientation de l'art moderne. Confrontant vie privée et vie publique, mythe et réalité, il propose un aperçu de l'art de Gauguin par le biais d'une sélection d'oeuvres qui révèlent l'interdépendance des idées et des médias au long de son parcours.

  • Grand peintre du Siècle de Louis XV, Jean Siméon Chardin a su se démarquer de ses contemporains et marquer l'histoire de l'art de son empreinte si particulière.
    Artiste incontesté des scènes de genre et des natures mortes, il a su dépeindre la vie dans ce qu'elle a de plus éphémère et de plus précieux. Peintre des moeurs bourgeoises du XVIIIe siècle, il nous plonge dans l'intimité des élites parisiennes, dépeignant souvent des figures de femmes ou d'enfants. Sa touche lumineuse et réaliste révèle la froideur cadavérique d'un gibier ou encore l'aspect fascinant d'une raie et de ses entrailles, ce "monstre étrange" ainsi que l'appelait Marcel Proust.
    Aspect moins connu de son oeuvre, ses autoportraits et portraits au pastel ont également joué un rôle important dans sa carrière lui permettant d'affiner sa technique et de maîtriser pleinement le dialogue des couleurs.

  • Es catacombes de Priscilla à Rome aux photographes Pierre et Gilles en passant par les icônes byzantines, les reliquaires médiévaux et les artistes de la Renaissance, la représentation de la Vierge à l'Enfant est l'un des sujets les plus traités dans l'art occidental.
    Pourquoi tant d'images ? Pourquoi tant de visages prêtés à celui de la Vierge ? Et qu'est-ce qui nous émeut en elle, nous touche au plus profond de nous-mêmes ? Au travers des images de dévotion publique et privée, ce sont celles, idéales, de l'amour maternel, inconditionnel, divin, l'amour agape, qui parle à notre désir d'être aimé infiniment, absolument.
    La permanence et la richesse à travers les siècles, de ces figures de la Vierge à l'Enfant, leur permettent de retracer une histoire de l'art, des idées et de la pensée chrétienne.
    L'auteur décrypte l'archétype et la prodigieuse floraison des symboles qui les accompagne, tout en évoquant la dialectique du sacré et du profane, du visible et de l'invisible. Au fil des pages, les créations reproduites - qu'il s'agisse de chefs-d'oeuvre ou de scènes de genre méconnues - évoquent la diversité de traitement qu'a pu susciter cette figure maternelle intemporelle.

  • Le Rêve dans le pavillon rouge a été rédigé par Cao Xueqin au XVIIIe siècle, sous le règne de l'Empereur Qianlong, de la dynastie Qing.
    Ce roman-fleuve de 120 chapitres retrace la vie de plusieurs familles aristocratiques chinoises, et en particulier celle du clan Jia. Le récit se déroule principalement dans un vaste jardin aux multiples paysages aménagé par les Jia pour recevoir dignement la concubine impériale. Le "pavillon rouge" désigne le gynécée, l'ensemble des appartements intimes des femmes ; cette couleur, qui décorait les riches résidences, symbolise par ailleurs le luxe et le bonheur.
    Cette édition propose les 230 peintures de l'artiste Sun Wen (XIXe siècle) accompagnées de notices descriptives du livre originel. De la noblesse aux servantes et serviteurs, en passant par les bonzes et les commerçants, les images offrent une description précise de la vie quotidienne et sociale, détaillant les repas, divertissements et cérémonies qui animaient les journées des grandes famills mandchoues dans la Chine impériale.

  • Magritte

    Bernard Marcadé

    René Magritte est sans doute l'artiste qui, au XXe siècle, a assumé avec le plus de rigueur une position en rupture avec le lyrisme et le romantisme, qu'il qualifie lui-même de "conformisme tactique". Une grande part du travail de Magritte s'efforce de retourner contre eux-mêmes les fondements rhétoriques de la peinture. Le peintre prend un malin plaisir à prendre les mots et les choses au piège de leurs agencements logiques et sémantiques réciproques. Magritte ne se fait aucune illusion quant à son art de peindre, il a la volonté d'utiliser la peinture à des fins qui ne sont pas celles de la peinture.
    De la même manière, il se sert de la convention contre la convention, du mot contre la signification (c'est-à-dire l'arrogance du sens logique) et de l'image contre la représentation (c'est-à-dire sa prétention à se substituer à tout).

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