Arts et spectacles

  • New York a-t-il vraiment été le centre de l'innovation artistique depuis 1945, comme on le lit partout?? Une hégémonie mondiale s'étudie à l'échelle mondiale. Or, l'approche comparée démonte le mythe de l'art new-yorkais et souligne l'apparition, dès les années 1950, d'un système internationalisé mais inégalitaire de production des oeuvres et des carrières. Fondé sur le renouvellement rapide des écuries artistiques et la recherche systématique de l'originalité, ce système spéculatif entretenait la concurrence entre pays, musées, marchands, artistes et collectionneurs. Dans une perspective aussi bien sociale et économique qu'esthétique et géopolitique, Béatrice Joyeux-Prunel explore cet univers des avant-gardes artistiques de 1945 à 1970.
    Cette histoire mondiale de l'art parle aussi des oeuvres et des personnes. Elle interroge des tournants mondiaux étonnants?: le choix matiériste de certains artistes dans les années 1950, la violence sadomasochiste de quelques groupes après 1961, et la soudaine politisation des artistes vers 1965 (alors que Mao, Cuba, le Vietnam et la décolonisation les avaient jusque-là peu intéressés).
    Du concrétisme brésilien à l'art cinétique italien et yougoslave, des Neo-Dada Organizers japonais aux actionnistes viennois, en passant par les mondialisations hétérogènes du happening et du pop art, ce livre permet de comprendre ce que nos musées érigent en canon, tout en dévoilant des histoires méconnues du monde de l'art contemporain.

  • La comédie au cinéma n'a pas vocation qu'à faire rire, elle est aussi un subtil moyen d'exprimer des idées subversives. Car la censure baisse souvent la garde devant la comédie, qui peut se permettre d'attaquer tabous et interdits beaucoup plus efficacement. Cela nécessite un fin dosage?: être suffisamment choquant pour provoquer rire et réflexion critique, mais ne pas l'être trop, pour ne pas susciter rejet ou censure. Le tout dicté par un impératif économique?: les producteurs ont toujours voulu éviter que les films n'affichent trop ostensiblement un «?message?», pour ne pas risquer de déplaire. La comédie est d'autant plus facilement acceptée qu'elle semble correspondre à l'idée que l'on se fait du cinéma?: un pur divertissement. Il est ainsi paradoxalement plus facile d'y glisser des idées critiques.
    Mais cet avantage se paie au prix fort?: les comédies accèdent rarement à la légitimité culturelle et, dans la hiérarchie du cinéma, elles sont reléguées après les genres «?sérieux?». Il suffit de constater le faible nombre de comédies dans les palmarès des grands prix.
    Il ne s'agit bien évidemment pas de recenser de façon exhaustive toutes les comédies filmiques transgressives de l'histoire du cinéma, mais de dégager quelques lignes de force en une cinquantaine de titres, tous accessibles, situés, pour la plupart, entre 1920 et 1980, date à partir de laquelle le cinéma est moins en butte à la censure, et où la comédie cesse d'être un refuge.

  • La Sociologie filmique propose une exploration des ressources intellectuelles offertes par l'hybridation de la sociologie et du cinéma?: pratiquer la sociologie, ou d'autres sciences humaines, par l'image et le son. À l'ère de l'image, cet essai invite aux recherches sociologiques, non seulement par la maîtrise de la démarche de la discipline, mais aussi par l'apprentissage conjoint des techniques (prises de vues et de sons, dérushage, montage, etc.) et de l'écriture cinématographiques. La sociologie filmique participe ainsi à la reconnaissance du sensible et du point de vue situé, dans une discipline qui les a souvent tenus à l'écart.
    À partir d'exemples concrets et d'une riche iconographie, les auteurs analysent ce que signifie « penser par l'image », exposent les différentes phases de réalisation d'un documentaire sociologique, et questionnent au moyen du film sociologique les représentations du réel, et plus particulièrement ce qui demeure invisible dans le monde social. D'où un retour réflexif sur les théories et les pratiques exposées, pour mieux armer le sociologue-réalisateur de documentaires.

  • Bleu mignon, fleur de coing, agriotte, langouste... Des couleurs surgies du passé, un trésor d'inspiration.
    Ce cahier bilingue français-anglais donne la parole aux échantillons de teinture d'Antoine Janot, maître-teinturier languedocien de la première moitié du XVIIIe siècle, aux couleurs appréciées jusqu'aux confins de l'Orient.
    Après une brève présentation du teinturier et de son oeuvre, ce cahier livre les clés des couleurs de 67 de ses échantillons de fin drap de laine?: nom et photo de chaque nuance, description du procédé permettant de l'obtenir et - nouvel apport à l'histoire des noms de couleurs - ses coordonnées colorimétriques dans l'espace chromatique CIELAB. Il devient alors possible de vérifier l'exactitude des essais de reproduction de ces couleurs et de s'en inspirer pour concevoir les couleurs de demain.


    Celestial blue, quince flower, sour cherry, lobster red... How can we not be inspired by these colour names from the past?
    This bilingual Workbook in English and French presents the colour gamut of Antoine Janot, a master-dyer from Languedoc in the south of France during the 18th century whose colours were highly prized as far away as the Levant.
    After a brief introduction of the master-dyer and his work, the authors deliver the key elements defining the colours of 67 swatches of fine wool broadcloth: the name and photo of each shade; a schematic description of the process by which it has been obtained; and (in a new approach to the history of colour names in textiles) its chromatic specification in the CIELAB colour space. This makes it possible to assess the accuracy of attempts to reproduce these colours and use them as sources of inspiration for the future.

  • La civilisation japonaise a développé une perception de son espace qui n'appartient qu'à elle. Le cinéma, les grandes marques de l'électronique ou de la mode l'ont popularisée, en particulier en France. La sobriété, la patine du temps, le confort en sont les caractéristiques constantes. L'organisation des intérieurs domestiques répond ainsi à des canons pratiques et esthétiques qui font de la maison traditionnelle japonaise un espace de vie unique au monde avec son tokonoma, ses shojis ou sa pièce à thé. Le jardin, souvent minuscule, répond lui aussi à des codes précis ou chaque élément, l'eau, les fleurs, la rocaille, les mousses ont une place bien déterminée. L'urbanisme contemporain et ses espaces commerciaux bénéficie, lui aussi, d'une organisation spatiale pensée avec rigueur qui prend en compte aussi bien les rythmes de vie que les normes de sécurité antisismiques ou le cheminement des foules. Sans parler des jardins de pierres, tel le fameux Ryan-ji de Kyoto, propice à la méditation zen. Une conception de l'espace habité qui irrigue aujourd'hui toute la création architecturale, urbaine et paysagere actuelle.
    C'est cet univers singulier, oscillant entre une tradition séculaire et une modernité parfois exubérante, entre nature et néons multicolores, que cet ouvrage révèle. Avec ses 240 notices rédigées par 64 spécialistes français et japonais, il offre à tous les amoureux du Japon, mais aussi aux architectes, aux paysagistes, aux urbanistes, un dictionnaire unique en son genre ou la philosophie et l'art de vivre japonais se révèlent avec une science et un charme inégalés.

  • Les études réunies ici témoignent d'une commune passion pour la maison - traditionnelle ou très contemporaine -, la ville et l'espace japonais, visités par la plume des deux auteurs.

    Ils sont pour l'un géographe - Jacques Pezeu-Massabuau -, pour l'autre architecte et anthropologue - Philippe Bonnin. Chacun, de son côté, a poursuivi un travail obstiné d'observation, de description, de dévoilement, d'analyse approfondie de la réalité de cette habitation japonaise, de son esthétique, des gestes, des paroles qui l'entourent. Réunir ces textes devenait un impératif pour confronter leurs approches complémentaires et décoder cette culture japonaise si passionnante.

  • Leonard, Picasso, Wharol, Koons, les artistes fascinent les foules et obsèdent les intellectuels. L'Art semble aujourd'hui se réduire à quelques figures de la peinture dans un marché mondialisé et conceptuel. Un art où le geste s'efface devant la pensée, où la « main », pourtant capitale, ne compte plus.
    Qui sait que Louis XIV, l'inventeur du luxe à la française, préférait son service de table en or massif aux grandes fresques du génial Lebrun ? Qui se souvient combien les enlumineurs, orfèvres et autres faiseurs d'images avaient les faveurs des princes du Moyen Âge, adeptes des beaux objets ? Ivoiriers, tapissiers et autres artisans d'art sont les vaincus d'une longue et sourde guerre que les succès éphémères des arts décoratifs ou du design contemporain ne peuvent faire oublier.
    Stéphane Laurent revient sur cette histoire et dresse un subtil panorama critique de cette guerre entre l'« Art » et l'artisanat. Il démêle cette question de l'Antiquité jusqu'à nos jours sans omettre des rapprochements avec d'autres civilisations extra-européennes et revient sur les moments essentiels de notre histoire de l'art, relevant les coups de force - telle la naissance des arts libéraux en Italie et en France au XVIe siècle -, les moments d'hésitation ou de reflux, comme le XIXe siècle, avec les Arts and Crafts et l'échec des arts décoratifs. En choisissant le luxe comme fil conducteur, il nous révèle les rapports de l'art avec le pouvoir et l'élite intellectuelle d'un côté, et le rôle de la consommation de l'autre, deux pôles déterminants de la création.

  • Donner à voir et à lire l'art chinois dans son contexte spirituel, religieux et politique, telle est l'ambition de ce livre.

    Dans cette histoire culturelle, Christine Kontler restitue toute la richesse d'une civilisation qui s'est développée pendant quatre, voire cinq millénaires sur un territoire à l'échelle d'un continent. Faisant oeuvre de synthèse, elle saisit à la fois le singulier et le tout. Sans jamais en gommer l'immense diversité, ni en réduire la complexité, elle nous fait découvrir l'essence du monde chinois.

    Nous suivons ainsi pas à pas les évolutions dynastiques qui dessinent les grandes lignes des transformations politiques et spirituelles, mais aussi des changements sociaux et économiques. Et nous découvrons, grâce aux plans et aux documents commentés, les nombreux échanges intérieurs et ceux du monde chinois avec l'Asie des steppes, l'Asie centrale, l'Inde, l'Iran, le monde arabo-islamique, l'Asie orientale et méridionale, mais aussi avec l'Europe.

    Un grand tableau d'ensemble en six grandes périodes de la variété des productions artistiques chinoises.

  • La représentation du monde de la danse classique oscille entre fascination et condamnation. Fascination pour les danseurs et danseuses qui se consacrent « corps et âme » à la recherche de l'excellence artistique. Condamnation de la souffrance et des sacrifices d'une vie d'ascète dans un univers compétitif à l'extrême. Le cinéma, la littérature et les médias véhiculent sans cesse une telle tension, comme en témoigne le fi lm à succès Black Swan.

    Le Ballet de l'Opéra de Paris est au coeur de cette représentation fantasmatique, au point d'en être le modèle. Dévoilement des coulisses de cette institution prestigieuse, cet ouvrage montre comment les désirs des jeunes aspirants sont façonnés, entretenus ou remis en cause au fil d'une vie tout entière consacrée à la danse malgré des chances de réussite très incertaines.

    L'enquête menée auprès des élèves et de leurs parents, des professeurs et des anciens danseurs permet de saisir sur le vif les mécanismes sociaux qui amènent les danseurs à donner du sens à leur engagement. En suivant les danseurs et les danseuses dès l'entrée dans la pratique, durant la scolarité et jusqu'à leur départ à la retraite, Joël Laillier donne à voir la fabrique d'une élite artistique.

  • Billy Wilder

    Patrick Brion

    « Je me contente de faire des films que j'aimerais voir » ; « S'il y a une chose que je déteste plus que de ne pas être pris au sérieux, c'est de l'être trop. » Derrière ces boutades se cache la personnalité d'un témoin passionné de la société qui l'entoure. Limiter la barrière de Billy Wilder à ses éblouissantes comédies serait une erreur. Il s'est aussi attaché au monde du journalisme à sensation (Le Gouffre aux chimères), à la guerre (Stalag 17, Les Cinq Secrets du désert), à l'univers hollywodien (Sunset Boulevard) et au film noir (Assurance sur la mort), dirigeant au passage certains des comédiens les plus célèbres de l'époque : Humphrey Bogart, Gary Cooper, Bing Crosby, Marlène Dietrich, Audrey Hepburn, William Holden, Dean Martin, Kim Novak, Jack Lemmon, Marilyn Monroe, Barbara Stanwyck, Erich von Stroheim, Gloria Swanson.

    Un livre haut en couleurs sur un artiste hors du commun.

  • Deleuze s'est aventuré à l'intérieur du monde des oeuvres cinématographiques, en dressant une cartographie conceptuelle suscitée par les films eux-mêmes. Mais il n'a pas cherché à en extraire une méthode de l'analyse de film.

    C'est la tâche à laquelle s'attaque ce livre. L'intuition fondamentale de Cinéma 1 : l'image mouvement - le cinéma est fait de mouvements, chaque film est composé par des mouvements spécifiques, des « mouvements de film » - est amplifiée, complétée et retravaillée à l'aide de concepts venus de l'ensemble de l'oeuvre deleuzienne : la territorialisation, le plissement, la bifurcation, l'idée de film, etc.

    Ce sont eux qui sont mis à l'épreuve dans des séquences choisies de films, de Barry Lindon à Margin Call. Chaque film apparaît comme le déploiement d'une question obsédante, dont la figuration se noue en mouvements spécifiques, panoramiques plissés, zooms coagulants, etc. Les problèmes classiques de l'espace et du temps, du sujet, du montage sont revisités et trouvent des solutions originales.


    « Jean-Pierre Esquenazi, écrit Pierre Montebello dans sa préface, nous fait renouer avec le plaisir pris à voir, voir ce qu'on ne voyait plus, voir le mouvement même des images, une gestualité des images, un cinéma en actes. »

  • Le mythe de l'art antique

    Collectif

    • Cnrs
    • 26 Avril 2018

    De la peinture antique, qui fut certainement d'une grande richesse, nous ne conservons que de rares traces matérielles. Mais ces chefs-d'oeuvre disparus ont subsisté à travers des textes qui les décrivent et nous racontent, à leur propos, des anecdotes, mythes et récits que la tradition a fini par transformer en lieux communs : l'artiste tombant amoureux de son modèle, le jeune homme préférant la statue à la femme de chair, le peintre se livrant à la torture pour mieux représenter la douleur, des raisins si parfaitement imités que les oiseaux viennent les picorer.
    C'est par la médiation de ces discours et de ces narrations que l'art antique a irrigué tout l'art occidental, dans sa pratique comme dans sa conception. Sans cesse repensés et reformulés, ces récits fondateurs ont offert à chaque auteur l'occasion d'exprimer sa vision singulière et se sont finalement traduits par autant d'interprétations originales.
    Quelle a pu être l'influence de ces lieux communs sur les théories artistiques de l'âge moderne et contemporain ? Ont-ils contribué à alimenter, enrichir et populariser les discours théoriques, ou au contraire à les mettre en défaut, à les entraver ou à s'y substituer ? Par quelles médiations - rhétorique, philosophique, académique - cet ascendant des lieux communs s'est-il exercé ? Quel rôle ont-ils joué dans la pratique des artistes, notamment dans le choix et le traitement des sujets ? Par quel processus artistique s'accomplit la transposition fictionnelle du lieu commun ? Par quels indices peut-on identifier sa présence subliminale dans une oeuvre ? Voilà l'enquête à laquelle nous convie cet ouvrage qui revisite magistralement l'histoire de l'art à la lumière de ses origines narratives.

    Sous la direction de Emmanuelle Hénin et Valérie Naas.

  • Le jeu et la règle

    Collectif

    • Cnrs
    • 4 Juillet 2019

    Être en société nécessite de « jouer le jeu » ! Avant l'invention de la parole, le jeu est au centre de la communication de nos lointains ancêtres, les primates.
    Le jeu entre dans la conversation quand les règles sont redéfinies dans la spontanéité de l'instant. Il permet d'adopter la perspective d'autrui. « Faire semblant » permet à l'enfant l'acquisition de l'attention et la régulation des émotions nécessaires au développement social et cognitif. Le genre, les identités ou la filiation articulent normes et ambiguïté, biologique et social.
    Les rites et les rituels sont à la fois des rapports sociaux et des jeux avec les dieux, des représentations et des métaphores du politique. Dans la Grèce antique, entre hasard et stratégie, les règles du jeu figurent l'ordre de la cité.
    Le jeu est au coeur des arts de la scène quand se croisent présence des corps, conventions, transgressions, imaginaires et attentes des spectateurs.
    En rassemblant les points de vue de chercheurs en littérature, histoire, sociologie, primatologie, linguistique, psychologie du développement, sciences et neurosciences cognitives, ceux de chorégraphes, metteurs en scène et auteurs, cet ouvrage pluridisciplinaire explore comment le jeu raconte la communication humaine et les sociétés.

    Cet ouvrage a été coordonné par Catherine Courtet, Agence nationale de la recherche ; Mireille Besson, directeur de recherche, CNRS-Aix-Marseille Université ; Françoise Lavocat, professeur, Université Sorbonne Nouvelle ; Alain Viala, professeur de littérature française, Université d'Oxford.

    Avec les contributions de Adrien Meguerditchian, Guillaume Dumas, Sonja Kotz, Sasha Waltz, Jochen Sandig, Emanuel Gat, Sylvie Richard, Édouard Gentaz, Véronique Dasen, Philippe Desan, Didier Galas, Alain Badiou, Jacques Moeschler, Rebekah Ahrendt, Vinciane Pirenne-Delforge, Chloé Dabert, Mondher Kilani, Thomas Jolly, Patrick Boucheron, François Chaignaud, Nino Laisné, Sébastien Chauvin et Catriona Seth.

  • Les étrangers le savent mieux que les Français : Paris offre une quantité, une diversité et une qualité d'accès au cinéma sans égal dans le monde - sans même rien d'approchant où que ce soit. Dans cette ville, le cinéma possède un statut particulier, il y est plus vénéré que partout ailleurs.

    C'est dans les salles obscures qu'a lieu la véritable rencontre entre les spectateurs et les films. Paris, qui compte près de 90 cinémas et 400 écrans, est une terre d'accueil unique pour la diffusion d'oeuvres originales, comme en témoignent les réalisateurs du monde entier qui ont souhaité apporter de courtes contributions à cet ouvrage. De nombreux cinémas parisiens ont disparu au fil des ans, mais d'autres ont ouvert tandis que la multiplication des lieux où sont projetés des films, à commencer par les grandes institutions que sont la Cinémathèque française, le Forum des images et le Centre Pompidou, sont le reflet de la vitalité du cinéma à Paris.

    Histoire et fonctionnement des salles, action publique, place des majors, rôle des acteurs indépendants, importance des dispositifs pédagogiques et de la presse (sur papier, sur les ondes et en ligne) : ce panorama du cinéma et des cinémas à Paris montre comment et pourquoi cette ville occupe une telle place et joue un tel rôle. Et, au-delà, met en évidence les effets d'une passion française, et d'une politique culturelle au long cours.

  • Mal aimé et mal compris, le « lieu commun » constitue pourtant le ciment discursif indispensable à l'existence d'un lien social : il enregistre ce qui permet le partage. Sartre disait à ce sujet : « ce beau mot désigne sans doute les pensées les plus rebattues, mais c'est qu'elles sont devenues le lieu de rencontre de la communauté. Chacun s'y retrouve, y retrouve l'autre ». Les lieux communs ne sont pas l'expression d'un universel anhistorique, mais formulent au contraire des images et des constructions mentales qui prennent leur source dans un contexte donné : elles sont forgées par et pour une société déterminée qui parle d'elle-même et de son temps.
    Dans son acception courante, le terme a pris un sens péjoratif : celui de la banalité, du cliché et du stéréotype. Pour la création artistique qui vit, depuis l'époque romantique, sous le régime de la singularité, le lieu commun a longtemps été ressenti comme disqualifiant. Donne-t-il pour autant naissance à des représentations nécessairement préconçues et figées ? À partir des années 1960, un double renversement relance le débat : les artistes se révoltent contre la dictature de l'originalité et le concept se trouve replacé, par l'idéologie de l'avant-garde, au centre névralgique de la création. Alors que les lieux communs s'affichaient autrefois comme les idées reçues que l'art avait mission de révoquer en doute, ils s'affirment aujourd'hui, en tant que tels, comme le matériau crucial du geste créateur.

  • Ancien ou contemporain, le noir s'infiltre dans le langage, dans notre relation au monde, dans notre expérience et notre imaginaire : de l'ombre et de la nuit, des Enfers et du diable, du mal à la violence, du danger à la mort ; de l'humeur à la mélancolie, au pessimisme, au désespoir ou à la colère et la folie ; de l'anarchie à la révolte, du racisme au fascisme ; mais aussi de la clandestinité au trouble, au mystère et au secret... Ce voyage dans le noir, à travers textes et mots, nous invite à la réflexion et au rêve en nous plongeant dans cette " couleur " contradictoire et paradoxale, à la fois ombre et lumière, tradition et modernité, classicisme et provocation, devenue la toile de fond du XXe siècle. Il nous aide à percer " cette lumière secrète venue du noir " évoquée par Pierre Soulages dans la préface.

  • Truffaut & Godard

    Arnaud Guigue

    • Cnrs
    • 18 Septembre 2014

    Truffaut /Godard : les deux noms résonnent comme ceux de figures tutélaires du cinéma français. Ces pères fondateurs de la Nouvelle Vague, critiques de la « qualité française », ressemblent-ils à leur image ? L'un, aimé, populaire, sachant raconter des histoires mais sans avoir révolutionné le cinéma ? L'autre, créateur de formes cinématographiques, bénéficiant d'une aura extraordinaire auprès des milieux intellectuels, non commercial ?
    C'est à une véritable enquête cinématographique que nous invite cet ouvrage à travers toutes les oeuvres des deux réalisateurs. Les différences ressortent dès leur première période, comme le relève Arnaud Guigue en comparant leurs films relevant d'un même genre : films de science-fiction avec Farenheit 451/Alphaville, ou sur le cinéma, La nuit américaine/Le mépris. Plus globalement, tous deux prolongent et accomplissent deux tendances de la Nouvelle Vague.
    Deux génies du cinéma dans un passionnant face-à-face.

  • Le théâtre est un lieu d'écoute, un lieu acoustique et phonique, il n'a jamais cessé de l'être. Pourtant, sa théorisation récente l'a longtemps ignoré en ne s'attachant qu'à la scène visuelle ou charnelle ou à l'oeuvre dramatique écrite.

    Une telle surdité n'a rien d'exceptionnel : l'oubli de la dimension sonore a touché l'ensemble des sciences humaines et sociales. On a nommé « tournant acoustique » la restauration de l'importance du son par tout un mouvement interdisciplinaire qui a montré que la période contemporaine n'est pas et n'a pas été plus visuelle qu'auditive, ce qu'a longtemps masqué la prolifération des images et de leurs analyses.

    Inscrit dans ce mouvement critique, le présent ouvrage réunit 35 collaborateurs de 8 pays différents. Théoriciens ou praticiens du son et de la voix, spécialistes de théâtre, d'architecture, d'acoustique, de création sonore, historiens et analystes des techniques, des médias et de la culture, livrent ici un ouvrage total, ouvert à tous ceux qui, selon la formule de Jonathan Sterne, ont développé une « imagination sonique ».

  • Si les Français connaissent mal la France d'outre-mer, ils connaissent encore plus mal les espaces outre-mer des autres pays européens et l'on peut supposer que la plupart des citoyens de l'Union européenne (UE) les connaissent tout aussi mal, sinon plus, attendu que seule une petite minorité d'États de l'UE ont un outre-mer. Mais quand on parle d'« outre-mer » de quoi parle-t-on exactement ? Jean-Christophe Gay fait le point sur l'héritage de la colonisation et sur l'extrême diversité de l'outre-mer européen, tant sur les statuts administratifs, le lien aux métropoles que sur la spécificité géographique de chaque territoire, ses ressources, atouts et vulnérabilités.

  • De la préhistoire à la Grèce antique, des civilisations traditionnelles aux sociétés contemporaines, les représentations symboliques, les mythes, les rites, les récits, les fictions contribuent à figurer un ordre du monde. En mettant en résonance la pensée des oeuvres, le point de vue des artistes et des chercheurs, cet ouvrage explore les dialectiques de l'ordre et du désordre.
    Entre désordre des guerres, des économies et des communautés politiques, bon gouvernement et justice ; entre désordre des passions et des identités, héroïsme, altruisme, conscience et sentiments... la fiction, le théâtre, les analyses des phénomènes sociaux questionnent ces tensions qui traversent les collectifs comme l'expérience individuelle.
    En réunissant des travaux dans le domaine de la préhistoire, de la génétique humaine, de l'anthropologie, des sciences et neurosciences cognitives, des études littéraires et théâtrales, de l'histoire des sensibilités, de la sociologie, de la philosophie politique, ce recueil met la pluridisciplinarité au service de la compréhension des transformations des figures de l'humain et de la cité.

    Cet ouvrage a été coordonné par Catherine Courtet, Agence nationale de la recherche, Mireille Besson, directeur de recherche, CNRS-Aix-Marseille Université, Françoise Lavocat, professeur, Université Sorbonne Nouvelle, Alain Viala, professeur, Université d'Oxford. Avec les contributions de Julie Bertin, Boris Burle, Raphaëlle Chaix, Sabrina Corbellini, Jean-Jacques Courtine, Gilles Dorronsoro, Francesco d'Errico, Marion Fourcade, Ute Frevert, Carole Fritz, Jade Herbulot, Arthur M. Jacobs, Pierre Judet de La Combe, Pascal Kirsch, Françoise Lavocat, Anne-Laure Liégeois, Larry F. Norman, Lionel Obadia, Olivier Py, Robin Renucci, Pierre Serna, Céline Spector, Oliver Taplin, Yoshiji Yokoyama.

  • Marges, marginalité, marginalisation... L'ambivalence des termes est immédiatement perceptible. Qu'il s'agisse d'une recherche de liberté, d'un désir de vivre autrement, ou au contraire d'une situation subie, d'une mise à l'écart, d'une exclusion, c'est bien la France des minorités et des interstices qui se révèle. La notion de marge est devenue une question centrale en géographie pour l'étude des territoires et des inégalités spatiales et sociales. Un dossier particulièrement utile pour préparer le CAPES d'histoire-géographie et l'agrégation de géographie.

  • Depuis deux siècles, en France, l'histoire du vote est marquée de tâtonnements, de flux et de reflux. Et si la Seconde République accorde le droit de vote aux hommes, elle le refuse aux femmes, qui doivent patienter jusqu'en 1945 afin de pouvoir glisser un bulletin dans l'urne. Quant à l'isoloir, si familier aujourd'hui, il n'a été instauré qu'en 1913, au prix d'âpres discussions. Outre l'obtention d'un résultat, le fait de voter constitue bien un apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie.

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