Littérature générale

  • Attendu que

    Layli Long Soldier

    • Isabelle sauvage
    • 27 Octobre 2020
  • Topographie

    Benoît Colboc

    • Isabelle sauvage
    • 24 Juin 2021
  • Incantation pour nous toutes

    Anna Milani

    • Isabelle sauvage
    • 24 Juin 2021
  • Arabat

    Elodie Et Cr Claeys

    • Isabelle sauvage
    • 15 Avril 2019
  • Barque pierre

    Frederique Carvalho

    • Isabelle sauvage
    • 12 Juin 2020
  • Le nom d'un fou s'ecrit partout

    Sandrine Bourguignon

    • Isabelle sauvage
    • 20 Octobre 2021

    C'est le corps-à-corps obstiné avec les mots et les images de Fernand Deligny (1913-1996), éducateur hors du commun, cinéaste, écrivain et poète, qui est au coeur de cette biographie romancée. Deligny s'est acharné à « creuser dans la langue » pour y « chercher l'interstice », à ramasser les « petits copeaux de langage » qui tombent parfois du silence des autistes ou autres adolescents jugés incurables par les institutions - plutôt que leur apprendre à parler, apprendre à se taire soi-même, les écouter, les regarder. Et les dessins, les feuilles volantes, les images filmées, les gestes, les silences, beaucoup de silences, et puis les fameuses « lignes d'erre » qui retracent le trajet des enfants dans les aires de séjour qu'il a inventées pour eux dans les Cévennes. Car au-delà, il est aussi et avant tout question d'interroger « l'homme-que-nous-sommes », et de créer ainsi de nouvelles façons d'être au monde.Sandrine Bourguignon s'empare du sujet à bras-le-corps. C'est une adresse à Deligny, une longue lettre en quatre parties, une biographie en miettes, et exhaustive. Qui épouse ses convictions au plus près, se faisant elle-même « le scribe d'un langage qui n'existe pas », et peut-être d'autant plus qu'elle s'autorise, ici, à imaginer, à intervenir quelques fois, mais sans jamais forcer les portes.« Vous comparez l'écrivain à un alpiniste qui s'encorderait au lecteur. [...] Alors je tourne les pages une à une. / Et nous voilà désormais encordés. »

  • Tremble

    Benoît Colboc

    • Isabelle sauvage
    • 24 Juin 2021
  • Dit la femme dit l'enfant

    Veschambre C.

    • Isabelle sauvage
    • 21 Février 2020
  • Le livre des morts

    Muriel Rukeyser

    • Isabelle sauvage
    • 14 Février 2017
  • Swifts

    Camille Loivier

    • Isabelle sauvage
    • 20 Octobre 2021

    Construit en trois parties, comme Éparpillements (éd. isabelle sauvage, 2017), Swifts en est selon l'autrice le jumeau, mais aussi une suite, au sens musical, une variation sur les mêmes motifs, avec toujours cette même attention aux choses, à la nature, aux bêtes...Le mot anglais swift (en français martinet) dit à la perfection tout à la fois le vol, la trace, la promptitude, le son que produit dans l'air le passage de l'oiseau, mais aussi son sifflement strident si caractéristique - « leurs longs sifflets s'entrecroisent en filets / seul sillon à l'écoute / hauts fins filants ». Les swifts « volent au travers du corps », restent constamment en vol, plongent mais ne se posent : ils ne pourraient plus repartir - « car je n'en ai pas tenu dans ma main / je sais que s'ils tombent ils ne sauraient se relever ». Comme les mots ? « la parole attendue ne vient pas / les mots tombent en avant de la bouche / par terre ».Mais « il existe une autre langue / que je ne parle pas / qui s'apprend / (je l'approche dans le vent) ». Il faudrait donc pouvoir se taire - « car si une parole sort / un silence doit souffrir » - ou « parler la langue des swifts », « la langue de la chienne », « la langue de la laie », la langue des bêtes en somme, une langue qui s'apparenterait au silence, « un silence qui n'a pas peur du silence », une langue du silence qui rassemblerait hommes et bêtes « tandis que la parole nous coupe ».La chienne, les sangliers, les swifts, le jardin aussi, disent tous ce silence, les gestes du silence, une langue du silence à opposer au silence du père, à cette langue paternelle devenue incompréhensible - « car que peut-on dire quand on ne parle pas la même langue / dans la même langue ».À la recherche de cette langue du silence, le texte de Camille Loivier avance par répétitions, reprises ou allitérations, se bat « avec le tourbillon qui écrit » pour finir par écrire le silence même, que ce silence demeure écrit et n'encombre plus la bouche, ne l'asphyxie plus - « ce qui occupe la bouche en sa cavité profonde / est un mot que l'on cherche et qui ne vient pas ».Dire enfin « (qu'écrire redonne vie et ne la retire pas) » et aussi, simplement, retrouver la « joie qu'apporte l'animal sauvage chaque fois qu'on le croise ».

  • L'oubli, la mer

    Danielle Lambert

    • Isabelle sauvage
    • 12 Novembre 2021
  • Kryptadia

    Anne Malaprade

    • Isabelle sauvage
    • 24 Juin 2021
  • Proella

    Erwann Rougé

    • Isabelle sauvage
    • 3 Juillet 2020
  • Ecrire. un caractere

    Christia Veschambre

    • Isabelle sauvage
    • 20 Février 2018
  • Fragments du discontinu

    Howald I B.

    • Isabelle sauvage
    • 3 Juillet 2020
  • La premiere nuit est toujours blanche

    Desplantez Anne

    • Isabelle sauvage
    • 11 Septembre 2021

    Invitée en résidence à Plounéour-Ménez à l'été 2020, Anne Desplantez, dont le travail n'est qu'échange, est allée vers les habitants des monts d'Arrée, carnets, appareil photo et dictaphone en main, ne s'imposant jamais et suscitant la confiance, permettant ce qu'elle aime appeler de la création partagée, chacun participant à sa façon, donnant ce qui lui semble important, un souvenir, une image, une voix.Ici c'est la force de la nature renvoyant à la fragilité humaine qu'elle a reconnue, et les liens invisibles qui unissent les uns aux autres. « Je recherche les tensions qui nous font sentir que l'équilibre que nous trouvons pour vivre ensemble est fragile, incertain mais précieux. » Et ce qu'elle sent ici, c'est ce qui précède peut-être cet équilibre, quelque chose de l'ordre de la bascule, un choix ou une décision, un geste, un acte volontaire ou juste évident, ou encore quelque chose d'indicible, plus diffus, mais qui fait l'histoire de chacun. Qui commencerait par une nuit blanche, parce que quelque chose a lieu, là, de profond et déterminant, absolu même si familier.Entre photographies et « confidences » des uns et des autres, adolescents, couples, exilés, femmes et hommes de tous horizons, de toutes générations, des histoires intimes sont révélées, et aussitôt suspendues : on n'en saura pas plus que quelques bribes, juste assez pour sentir ces basculements plus ou moins francs, douloureux ou heureux, un déménagement subit, un soir d'été entre deux âges, une nuit, un jour... Des allers-retours se créent entre les pages, par les mots et par les images, un arbre penché dans la lande, des volets aux fenêtres... Il y a des visages, des corps dont la banalité ou la posture interroge. Des enlacements, beaucoup de tendresse. Des routes, des arbres, des maisons, quelques bêtes, des ciels, des ombres, un clocher, de l'eau, un trampoline, une robe de mariée. La voix de la photographe se mêle aux paroles retranscrites, à même hauteur - quelquefois on ne sait pas trop qui parle, quelquefois on ne sait pas trop d'où vient telle photo, tel détail, tel angle de vue. À mi-chemin entre mise en scène et documentaire, c'est à une exploration en forme de fiction à laquelle nous convie Anne Desplantez, une fiction ordinaire, du vivant.

  • Momo basta

    Frederiqu Germanaud

    • Isabelle sauvage
    • 1 Mars 2021
  • En-dehors

    Angela Lugrin

    • Isabelle sauvage
    • 4 Juin 2015
  • Ou je coule

    Christine Caillon

    • Isabelle sauvage
    • 1 Mars 2021
  • La hure-langue

    Cornthwaite Roland

    • Isabelle sauvage
    • 20 Octobre 2021

    C'est du côté de la bête, du sauvage, des grognements, du terrier, que Roland Cornthwaite, par-dessus son histoire familiale, se tourne, érigeant le sanglier en emblème de liberté, contre le cochon polissé, dressé, dépecé, vidé de sens.Contre la domestication ou, en l'occurrence, un « dérèglement de fam'fille », étant né (« sang lié ») d'un père dont la langue étrangère dut être tue, en « famille, la bonne, la française, la famille maternelle » (« parle pas c't'oiseau / pas not'langue »). Comment s'inscrire dans cette lignée assignée unilatéralement, « avec elle, pour elle, contre elle », comment « oser // to lose her », la mère, comment vivre/rompre avec le « corps frontière [...] toutes racines de terre souffrances / identiques semblables / tous hommes de nuit / même nuit » ? Comment dire « colère sur colère sur colère », sinon « renâcle[r] bâcle[r] la langue », celle qu'on l'enjoint de parler ? Sinon se construire à part soi une hurlangue ? Et oser le « miroir du risque » (« inversion du su- / jet du tu / et sortir par un je »). C'est un corps-à-corps, dès lors, un bégaiement rugueux « doigt sur percuteur stylo », où les jeux de mots déplacent sans arrêt la lecture d'un sens à un autre comme pour empoigner le lecteur, où l'humour a toute sa place également.Car la colère ne saurait suffire, puisqu'il faut bien « sortir de cette ire tirelire l'ire lyre », et interroger ce grondement en soi, et hésiter, le calmer, le reprendre... Face à la mort de la mère notamment (« vu la déesse nue / sans fard ») : que faire avec ça, autrement ? « Tu(e », séquence plus émouvante, apparaît ainsi comme une transition, une pause. Elle s'ouvre sur le récit de la mort de la mère en un texte à elle adressé, posé, et le « tu » ne cessera dans les poèmes suivants de la séquence. « tue, c'est silence », et « tu as / avalé la nuit », c'est « le nu du temps ». Si « [ses] mains / pour pas d'au revoir », « peut-être réparer / le lien de soi à soi [...] peut-être apaiser / un penser va-et-vient » ?Quand « soir de sanglier / rejoint l'enfant », ne faut-il pas rentrer dans la comptine et la prendre pour ce qu'elle est, comme sont les contes, cruels ? Et « tête sortir miroir », accepter une fois pour toutes d'être, debout, « aux marges », titre de la dernière partie en guise d'épilogue : « aux marges / saccage (tu dis) / sa cage / ferme le mot ». Oui, dire pour « sort'ire », se débarrasser de ce qui, toujours, a empêché.

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