Arts et spectacles

  • «?Maintenant la lande n'existe plus. Au désert magnifique, enchantement des aïeux, déroulant sous le désert du ciel sa nudité des premiers âges, à l'étendue plane, sans limites, où l'oeil avait le perpétuel éblouissement du vide, où l'âme, élargie, enivrée, tantôt débordait de joies neuves et enfantines, tantôt s'abîmait dans d'ineffables et si chères tristesses, a succédé la forêt, la forêt industrielle !

    Avec toutes ses laideurs [...], dont l'étouffant rideau, partout étendu où régnait tant de sereine et radieuse clarté, borne implacablement la vue, hébète la pensée, en abolit tout essor. » Félix Arnaudin Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la plantation des pins bouleverse rapidement le paysage de la lande, son économie et les modes de vie des habitants.

    Convaincu qu'une grande civilisation agro-pastorale est en train de disparaître sous ses yeux, Félix Arnaudin, né en 1844, décide, à l'approche de ses trente ans, de consacrer sa vie à la collecte du patrimoine oral et à la constitution d'une mémoire visuelle : projet colossal. Cette « Grande-Lande », il la parcourt inlassablement en quête d'images, de contes, de légendes, de chants, de proverbes, d'histoire locale et d'histoires naturelles, de croyances, d'usages, et de mots de la langue gasconne.

    Ses champs d'exploration photographique s'organisent selon quatre grands centres d'intérêt : les espaces infinis de la lande, l'architecture vernaculaire et son environnement, les portraits, les scènes de la vie quotidienne. Félix Arnaudin en donne une représentation construite, longuement réfléchie.

  • Les demeures de villégiature de Bordagain, la ville-jardin de Ciboure.

    Bien des années après le flamboyant quartier Aice Errota de Saint-Jean-de-Luz, la colline de Bordagain fut en 1925 un joyau très convoité, objet de plans d'aménagement grandioses à Ciboure et dont les avenues et boulevards actuels sont les témoignages de la naissance d'une ville-jardin.

    De nombreux architectes tels qu'Henri Godbarge, Hippolyte Kamenka, André Pavlovsky, Gustave-René Orlhac, Amédée Aragon, etc, y conçurent un florilège de belles demeures entourées de parcs conçus par les frères Gelos, ainsi que Pierre Saint-Germier qui restaura la tour de guet, l'ancienne église de Bordagain et son oratoire. Au détour de chemins et à des endroits improbables, apparaîtront grilles monumentales en fer forgé, génoises et colonnes, arcades et fenestrons, croix et cimetières qui émergeront des arbres tels les vestiges d'un petit royaume enchanté, d'une ville-jardin unique et fragile dont vous ne soupçonniez pas l'existence.

    Cet ouvrage-guide vous permettra de découvrir le long du coteau maritime et vers le coeur de la colline de Bordagain, une juxtaposition d'époques différentes dont les vestiges pourraient se confronter brutalement s'ils n'étaient unis et noyés dans un océan de verdure bercé par le chant des oiseaux. La colline est une mise en scène bucolique dont les flancs furent parsemés de champs et de fougère, et les sommets couronnés de forts et châteaux mystérieux.

  • Silences

    ,

    • Kilika
    • 9 Mai 2016

    Sculpteur, dessinateur, peintre, poète et photographe, Zigor nous régale d'un magnifique livre de photographies en noir et blanc.
    En parcourant "Silences", on ne peut qu'être saisi par la qualité et la profondeur du travail de celui qui fut également reporter-photographe dans les années soixante-dix.
    Un nouveau coup de coeur vient de s'installer dans nos étagères...

  • Outre la force de leur identité et l'exception de leur langue, les Basques sont connus pour être d'infatigables voyageurs. Leur activité de pêche à la baleine les mena vers les côtes du continent nord-américain dès le Moyen-Age. Outre leur tradition maritime séculaire, la fin du XVIIIe siècle inaugura une importante ère d'exode en raison d'une forte instabilité politique en France et en Espagne, souvent défavorable à leur condition, leur culture et leur identité singulière. Aujourd'hui encore, pour des raisons socioéconomiques ou par goût du voyage, nombre de natifs du Pays basque émigrent en quête d'un Eldorado.

    On nomme désormais "diaspora basque" la population d'origine basque dispersée dans le monde et issue de ces mouvements migratoires successifs. Cette société plurielle, impliquant autant d'identités métissées qu'il existe de cultures, est considérée comme la huitième province du Pays basque, constituant un territoire symbolique et une communauté humaine bien réelle. » Viviane Delpech

empty