Arts et spectacles

  • Koummiya, nimcha et moukhala du Maroc ; jambiya d'Arabie, katara du Yémen ; bodezi de Bosnie, bichaq, khanjar et yatagan de l'Empire ottoman, etc. : la collection de Pierre Loti offre une large variété d'armes orientales. Certaines pièces, sobres, sont d'aspect modeste, d'autres richement ornées sont impressionnantes et quelques-unes, précieuses et rares, sont particulièrement remarquables. Tous ces objets forment un ensemble d'un grand intérêt historique et artistique.

    La publication de cette collection permettra aux néophytes de découvrir un domaine de l'histoire de l'art aussi riche que surprenant. Quant au public averti, il trouvera dans l'étude scientifique de ce corpus de nombreux éléments d'information pour compléter ses connaissances.

  • Pourquoi, quand vient le mois de décembre, le Japon tout entier se met-il à bruire des accents de la Neuvième ? Pour quelle obscure raison les japonais croient-ils que l'opus magnum de Beethoven est une oeuvre d'hiver ? Et qu'est-ce qui incite alors professionnels et amateurs à monter cette pièce d'exécution difficile jusque dans les recoins les plus improbables de l'archipel, quel miracle éducatif fait-il aussi qu'ils en soient (à peu près) capables ? La réponse à ce questionnement nécessite un détour inattendu par les diverses tragédies du vingtième siècle.
    Elle nous fera découvrir une guerre germano-japonaise (il en fut), arracher Romain Rolland à son purgatoire, et assister aux tribulations en étrange pays d'un chef d'orchestre adulé par Richard Strauss et qui n'en fut pas moins la victime des fureurs de Hitler. Ainsi va l'Histoire qui n'est pas toujours à sens unique.

  • Le Kham, ou le Tibet oriental. Une région traditionnellement divisées en tout petits « royaumes » qu'unissaient le mythe du roi Gesar pourfendeur de démons, une religion lamaïque mâtinée de coutumes chamaniques locales, et l'allégeance religieuse (mais non politique) au dalaï-lama. Unissant le sud du Qinghai au nord du Yunnan, les territoires Qiang et Nuosu à l'ouest du Sichuan aux frontières du Tibet central, le Kham était et reste un carrefour ethnique, une vaste étendue de sommets, de vallées et de hauts plateaux qui garde la mémoire d'avoir été une confédération culturelle et religieuse de sociétés (presque) sans États. Les photos ici rassemblées nous offrent un magnifique témoignage de la vitalité présente du Kham. Elles présentent surtout le coeur du territoire, la préfecture autonome de Ganze au Sichuan. Le grand monastère de Litang, les pâturages de Tagong, les « costumes fous » de Xiangcheng, le paradis naturel de Yading, l'austère district de Batang frémissent de la vie, de l'ardeur et de la beauté dont les pasteurs et les agriculteurs du Kham restent les gardiens patients et tenaces.

  • Mozart a kyoto

    G Wasserman M

    Non, tout entre l'occident et le japon ne se perd pas fatalement dans la traduction, et l'étranger n'est pas condamné dans ce pays à la stupeur et aux tremblements.
    Témoin ce jeune universitaire français qui, en phase avec un partenariat local singulièrement réceptif, fonda au japon des institutions culturelles françaises, créa des festivals de musique et monta des opéras. le tout, y compris selon des cheminements parfois improbables sinon romanesques, à l'ombre de la grande figure tutélaire de claudel, âme de la présence française au japon depuis la mémorable mission d'ambassadeur qu'il y effectua au cours des années vingt.

  • Cette monographie du " Cercle du rock ", la communauté des musiciens rockers de Pékin, est une contribution à l'étude de l'individualisme en Chine au début des années 1990.
    C'est à ce moment-là que la musique rock arrive en Chine et que le grand chanteur Cui Jian connaît la gloire. Le combat interne à la société chinoise entre valeurs traditionnelles et valeurs individualistes modernes se lit à travers les oppositions de structure de groupes rock, les textes des chansons, les relations d'amitié des musiciens et la comparaison des spectacles rock. Les parties ou soirées dansantes rassemblent la communauté des rockers et les concerts réunissent une société déchirée après les événements de Tiananmen en 1989 grâce aux émotions exprimées par des cris, chants, slogans et banderoles, danse etc.
    L'analyse anthropologique est fondée sur la dichotomie entre " rites et musique ", les " rites " représentant les règles sociales conventionnelles, la " musique " représentant l'expression des émotions humaines. Cette dichotomie chinoise classique fondée sur le modèle duel du yin et du yang s'exprime pleinement dans la musique rock moderne.

  • Entre 1902 et 1904 la toute jeune Ecole française d'Extrême-Orient confie à Charles Carpeaux (1870-1904), le fils du célèbre sculpteur, et à Henri Parmentier (1871-1949), architecte de formation, deux missions archéologiques dans l'ancien royaume du Champa.
    Le premier est chargé des photographies et des moulages, expérience acquise dans l'atelier de son père, le second, du relevé architectural des monuments. Pour la première fois, les sites de Dong Durong et de My San ont fait l'objet de fouilles exceptionnelles révélant l'originalité de l'art cham, l'une des expressions majeures des arts anciens de l'Asie du Sud-Est. Cet ouvrage présente plus de deux cent soixante photographies, conservées aux archives photographiques du musée Guimet, l'une des seules institutions avec l'Ecole française d'Extrême-Orient à posséder un aussi précieux trésor sur l'art du Champa (Ve - XVe siècles) à l'époque de sa découverte, au début du siècle dernier.

  • Alors que depuis une vingtaine d'années l'histoire de l'assistance, de la médecine et des malades fait l'objet d'approches renouvelées, l'histoire du cadre hospitalier, avant les grandes constructions du XVlle siècle, reste un domaine loin d'avoir été systématiquement parcouru.
    À côté de l'étude et de la mise en valeur de vestiges prestigieux (Hôtel-Dieu de Tonnerre, Hospices de Beaune, Hospice-Comtesse à Lille, Grand Hôpital de Norwich en Angleterre, ou encore Santa Maria della Scala à Sienne...), les recherches menées de façon isolée appellent aujourd'hui une large confrontation susceptible de conduire à une vision plus nette, à une réévaluation des problématiques, à l'établissement d'enquêtes programmées et à une sensibilisation accrue des historiens, des archéologues comme du plus large public à l'égard d'un patrimoine souvent diffus et méconnu.
    À quelles réalités matérielles répond la floraison hospitalière médiévale, sous quelles formes et suivant quelles chronologies ? Pour quels hôtes, pèlerins, lépreux, infirmes, enfants ou accouchées, et selon quel niveau de diagnostic ? Du Proche-Orient paléochrétien au Portugal, de Champagne en Flandre ou en Normandie, passant par le Val-de-Loire, le Languedoc ou la Bourgogne, c'est à une appréciation d'ensemble, appuyée sur des exemples variés présentés lors d'une rencontre internationale à l'Université de Paris XII, que cet ouvrage voudrait contribuer, examinant les diverses solutions mises en place durant le long Moyen Age et structurant davantage, au-delà des différentes approches et méthodes requises, le champ d'étude à explorer.
    L'hôpital : une mesure des civilisations.

  • L'Enterrement à Ornans est généralement présenté comme " les colonnes d'Hercule du Réalisme ".
    Dès sa présentation au Salon de 1850-1851, il fut l'objet d'une violente polémique et son auteur fut accusé de peindre " le laid ", " le trivial ", " l'ignoble ". La forte personnalité du " maître d'Ornans ", les engagements politiques qui lui ont été prêtés - notamment pendant la Commune de 1871 - et sa mort en exil en 1877 ont contribué pendant plus d'un siècle à une lecture univoque de l'Enterrement: manifeste réaliste, il ne pouvait que représenter le petit peuple paysan...
    L'application des méthodes de la prosopographie historique aux figurants de l'Enterrement, le recours aux documents originaux - innombrables comptes rendus de presse, correspondances... - et la prise en compte des travaux les plus récents sur Courbet et son oeuvre permettent de proposer une relecture du tableau aujourd'hui installé au Musée d'Orsay à Paris.

  • L'architecture, dans ses manifestations collectives, demande des revenus, qui n'ont pu être acquis que sous une autorité capable d'imposer un plan, un maître d'ouvrage. la principale source de revenus a été pendant longtemps l'agriculture, développée grâce à une hydraulique demandant des travaux importants, commandités sous un despotisme consenti en raison des résultats espérés. Dans la péninsule indienne, dès la préhistoire, les autorités despotiques ont fait les vestiges sont encore présents, en particulier au Balouchistan et dans la vallée de l'indus. Quand la civilisation de l'Inde s'est propagée au-delà de ses frontières, ce fut avec cette forme de gouvernement, s'appuyant sur des cultures irriguées assurant des récoltes régulières. La civilisation hindouisée a atteint le pays khmer et l'Insulinde, donnant naissance, notamment, aux ensembles d'Angkor et à Barabudur. L'analyse des rapports entre politique, agriculture et hydraulique, permet à l'auteur d'éclairer la genèse de quelques unes des plus beaux monuments de l'Asie méridionale.

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