Arts et spectacles

  • Figure éminente du Risorgimento, Giuseppe Mazzini (1807-1871) symbolise le combat pour la réunification de l'Italie, qu'il soutint, de son exil londonien, par l'organisation inlassable de soulèvements contre les " occupants " étrangers, et une activité d'écrivain, de journaliste, de pamphlétaire.
    Sa pensée politique est centrée sur les idées d'union, de synthèse, de solidarité, ainsi qu'un renouveau de la Foi, visant à dépasser l'individualisme. Mazzini était un peu musicien (il jouait de la guitare), fréquentant des chanteurs célèbres qui participèrent de temps à autre aux concerts de bienfaisance qu'il organisait. Sa Philosophie de la musique (1835), seul texte qu'il ait consacré à la musique, s'inscrit dans un programme esquissant une régénération de la culture italienne, élément essentiel pour la création de nouvelles mentalités et structures politiques.
    L'essai se présente comme un projet pour le renouveau de l'opéra. L'opéra que Rossini - symbole de l'individualisme conquérant - a porté à son point de perfection est désormais caduc. Mazzini croit d'ailleurs percevoir une nouvelle esthétique chez Donizetti. Le règne absolu de la mélodie et le morcellement de la forme ne sont plus satisfaisants : il faudra une unité, une couleur prédominante, une vraisemblance historique, donner plus de place aux choeur, retravailler le récitatif.
    Mazzini va jusqu'à anticiper le leitmotiv wagnérien - ce qui valut à ses idées d'être à nouveau commentées à la fin du XIXe siècle. Ce texte essentiel n'est donc pas un pamphlet ou une satire de plus : ses formulations incisives sont au service d'une régénération, passage d'une simple forme de distraction vers un " opéra social " qui s'inscrirait dans la cité.

  • La « troisième oreille » est un protocole d'expérience d'une écoute forcée des sons internes au corps, réalisé par Bryan Lewis Saunders. Il utilise à la fois le médium du dessin et celui de l'écriture pour rendre compte des métamorphoses sensorielles produites par l'expérience. Cet ouvrage témoigne de cette expérimentation extrême.
    En connectant sa trompe d'Eustache à sa glande pinéale, Bryan Lewis Saunders a eu pour projet de détourner la voie par laquelle le son entre dans son corps. Durant 28 jours (du 25 octobre au 21 novembre 2011) il gardera les oreilles obstruées et la bouche attachée à un entonnoir, documentant en temps réel cette expérience torturée et méditative à travers des dessins et des textes. Chaque jour donnant naissance à une multitude de nouvelles idées impossibles à détailler, l'acte de documentation s'est révélé être un obstacle à l'expérimentation. Les notes, croquis et peintures, effectués rapidement par Lewis Saunders, sont donc considérés par leur auteur comme des esquisses, un point de départ duquel réfléchir de manière approfondie aux résultats de l'expérience produite par Brant Withers.

    « En privant vos oreilles externes de la possibilité d'entendre, vous redirigez le son qui est alors entendu par l'intérieur de la bouche. Instantanément, les sons de votre corps se mouvant dans le monde deviennent extrêmement forts. Peu après, vous commencerez à entendre avec votre troisième oreille. » Inclus, le CD de Bryan Lewis Saunders, L'expérience de la troisième oreille.

    Edition limitée à 450 exemplaires numérotés.

  • Link human / robot

    Collectif

    Une réflexion transdisciplinaire sur la robotique contemporaine, celle qui commence à pénétrer nos espaces quotidiens intimes et publics, sur l'évolution de ce lien singulier entre robot et humain jusqu'à la possibilité de l'émergence d'une nouvelle forme d'altérité.
    Objet collectif et autonome, cet ouvrage prolonge hors champs le travail de recherche pour la performance chorégraphique éponyme entre un robot et une danseuse. Il parle aussi de ces territoires de recherche croisés et partagés entre artistes et scientifiques.

    La notion de machine a souvent été mobilisée par la littérature et le cinéma pour servir de miroir à l'humain. Mais imiter c'est aussi entrer en résonance, interagir.
    Une machine autopoiétique engendre et spécifie continuellement sa propre organisation parce qu'elle est continuellement soumise à des perturbations externes.

  • Pour Zbigniew Karkowski, les corps sont des composés de fréquence sonore. Par une approche rigoureuse et radicale du bruit, il tente, dans son oeuvre musicale, de procurer une intense libération des potentialités matérielles et physiques du son, à l'encontre des neutralisations contemporaines dont la musique serait aujourd'hui l'un des langages les plus subtilement aliénants.

  • Dans cet essai, Christiaan L.
    Hart Nibbrig explore le phénomène de la voix dans la littérature et la philosophie occidentales, par des lectures entre autres de Hegel, Nietzsche, Baudelaire, Joyce, Benjamin, Kafka, Wordsworth... Il prolonge et amplifie ainsi la réflexion de Roland Barthes, pour qui la voix désignait le "reste" du corps dans la langue. Au point de contact entre signifiant et signifié, la voix n'est plus présence et pas encore représentation, elle n'est plus tout à fait corps et pas encore esprit.
    Spectrales, fantomatiques : les voix des textes. Au fil des lectures ici proposées, il s'agit de les écouter, de les donner à entendre et de mettre ainsi à portée d'oreille une littérature inouïe.

  • Longtemps producteur à France Musique, actuellement directeur à l'abbaye de Royaumont et à Genève de festivals de musique contemporaine et d'un cours de composition, Marc Texier accompagne activement depuis des années l'évolution de la musique d'aujourd'hui.
    Assistant à la disparition progressive de l'idée d'avant-garde pour celle de post-modernité, il retrace ce cheminement du début des années 1990 sous la forme d'un journal mêlant les impressions au sortir d'un concert aux portraits développés de quelques auteurs préférés : Ives, Zimmermann, Ohana, de Pablo, Barraqué, Scelsi, Huber, Ferneyhough... Parallèlement à cette trajectoire, les rencontres fortuites, les " caractères " - au sens de La Bruyère - les paysages et les villes (Jérusalem, New York, Hambourg, Rome, Bruxelles) rythment cette réflexion sur les formes, les rites, les gloires, les ridicules, les discours de la musique moderne.
    Le répertoire en est le point de fuite : Bouzignac si proche de Messiaen, Brahms de Forqueray, l'interprétation de Marcelle Meyer ou de Maria Yudina, Wagner aiguillon d'une renaissance de la poésie française de Baudelaire à Valéry. Car les lectures, en particulier des pensées jetées chaque matin par Valéry dans ses Cahiers, ou les journaux d'écrivains, sont les modèles d'une interrogation sur l'art qui refuse la certitude et le discours critique assuré.
    Pour Marc Texier, la beauté des oeuvres n'est pas " une roche dure noyée dans les sédiments de l'époque qui se dégagerait peu à peu de cette gangue par l'érosion de générations de regards, finissant par former un pic visible au loin dans la grande plaine excavée de l'histoire de l'art. " Avant que le temps n'élague les richesses de l'art contemporain et en fausse à jamais la perspective, il lui faut témoigner le plus subjectivement possible de son histoire.

  • L'échelle 1:1 est une théorie pour le live, la scène (performances conférences théâtre exposés ou diaporamas de mariages) - voire même les films. L'échelle 1:1 réévalue le rapport au spectateur, à l'acteur, aux fictions, en prenant acte des nouvelles coordonnées du monde : de l'urbanisme aux sentiments, détracteurs aux softs, des e-encyclopédies collectives aux concerts dans ton quartier, tout est devenu à la fois plus grand et plus petit.
    Dans ce monde multi-échelle, L'échelle 1 :1 constate que le live a acquis une spécificité inattendue, celle d'être une situation Echelle 1. Situation décapante parce que fondée sur la co-présence.

empty