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  • « Un jour, vint un homme qui affirma : «Je ne veux pas peindre des anges, parce que je n'en ai jamais vu.» C'était Courbet. Il préférait représenter deux jeunes filles étendues sur les berges de la Seine. Il emmena ses modèles en plein air et les peignit.
    [...] Courbet a tourné une page et lancé la peinture vers cette nouvelle direction qu'elle suivit pendant des années. » Dans ce témoignage, Pablo Picasso attribue à Gustave Courbet la paternité de l'art moderne et du mouvement qui aurait radicalement bouleversé les codes de la représentation, de l'impressionnisme jusqu'au cubisme et ses suites. Cette place majeure interroge, tant Courbet reste une figure peu étudiée du Panthéon personnel de Picasso.
    Pourtant, le jeune peintre catalan découvre tôt la peinture du maître d'Ornans, dès son arrivée à Paris en octobre 1900, à l'occasion de l'Exposition centennale de l'art français. Courbet s'immisce par la suite chez Picasso doublement, à la fin des années 40, par la réinterprétation des Demoiselles des bords de la Seine, ainsi que par l'achat pour sa collection personnelle de l'étonnante Tête de chamois, bête à cornes rappelant le bestiaire picassien.
    Les liens entre ces deux figures révolutionnaires de l'art apparaissent étroits et féconds. Courbet et Picasso se rejoignent, en particulier dans leur rapport au passé comme source de la modernité, dans leur sensibilité à leur temps et leur engagement politique, ou encore dans leur trajectoire. Cette rencontre inédite vise, au-delà de la filiation réelle entre ces deux créateurs, indépendants d'esprit, à mettre en lumière ce compagnonnage.

  • Alsace : rêver la province perdue ; 1871-1914 Nouv.

    Au XIXe siècle, à l'instar d'autres régions françaises, l'Alsace suscite un certain engouement de la part d'artistes « montés à Paris », et qui par l'entremise d'une riche production paysagère ou régionaliste participent de la diffusion de l'image de la région.
    À la suite de la guerre de 1870-1871, la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, puis l'effondrement du Second Empire, font de ce que l'on appelle désormais les « provinces perdues » un élément de cohésion nationale porté par la Troisième République naissante. Bouleversé en tant qu'Alsacien par cette perte, le peintre Jean-Jacques Henner prend une part active dans ce souvenir par l'entremise de son chef-d'oeuvre, L'Alsace. Elle attend, commandé à l'initiative de l'épouse d'un industriel de Thann et offert à Léon Gambetta. Ce tableau, qui lui apporte la gloire, devient rapidement emblématique de la souffrance de l'Alsace, réelle, ou supposée. En effet, passées les réactions suscitées dans les mois qui suivent le traité de Francfort, le souvenir de l'Alsace tend à se figer, largement entretenu par les nombreux Alsaciens installés à Paris. Qu'ils y résident de longue date ou qu'ils aient « opté » pour la France en 1871, nombre d'entre eux nouent des liens de sociabilité dont l'importance culturelle, politique et économique est bien réelle. Une image idéalisée et stéréotypée, voire fantasmée, se diffuse largement dans toutes les couches de la société, sans plus nécessairement de lien avec la réalité de la province, désormais rattachée à l'Empire allemand. L'ouvrage interroge la construction et la diffusion de cette image des « provinces perdues » à travers des oeuvres présentées aux Salons, mais également à travers l'imagerie populaire.

  • Les animaux du Roi Nouv.

    Peut-on imaginer aujourd'hui le château de Versailles et ses jardins grouillant de vie animale ? Et pourtant les animaux de compagnie se comptaient par dizaines dans les appartements des princes, et jusqu'aux antichambres des rois, encombrées de niches : braques, épagneuls, carlins, singes vervets, chats angoras, aras et perruches ; la ménagerie abritait les animaux les plus rares, du coati au couagga, du casoar à la grue couronnée, que l'on surnommait l'« oiseau royal » ; le gibier était abondant dans le petit et le grand parc ; 2 000 chevaux logeaient à la petite et à la grande écurie, 300 chiens de chasse dans le grand chenil...
    L'ouvrage a pour ambition de faire revivre ce bestiaire, et de faire redécouvrir les hauts lieux de la vie animale versaillaise. Ainsi le merveilleux bosquet du Labyrinthe est évoqué par les fragments subsistants de ses fontaines sur le thème des fables d'Esope. Le décor du salon octogone de la ménagerie est lui aussi restitué.
    Les animaux eux-mêmes reviennent en foule à Versailles, car ils n'ont pas disparu sans laisser de traces : les meilleurs peintres du roi, de Bernaerts et Le Brun à Desportes et Oudry, ont fait les portraits des animaux exotiques, sauvages et familiers.
    Ils étaient tissés à la manufacture des Gobelins, mais aussi disséqués, gravés puis naturalisés à l'académie des Sciences et au Jardin du roi. On découvre ainsi le squelette du premier éléphant de Versailles, une éléphante offerte à Louis XIV par le roi du Portugal, qui vécut treize années à Versailles. Les chiens préférés des rois avaient aussi droit à leurs portraits avec leurs noms inscrits en lettres d'or : on fait connaissance avec Misse, Turlu, Tane, Blonde, Diane, Merluzine, Hermine et Cocoq... et même avec le Général, chat de Louis XV, portraituré par Oudry. Enfin on apprend la farouche résistance versaillaise à la théorie cartésienne des animaux-machines : dans le palais des rois de France, on n'a jamais douté que les animaux avaient une âme !

  • En scène ! dessins de costumes de la collection Edmond de Rothschild Nouv.

    La collection du baron Edmond de Rothschild (1845-1934), composée de plus de 40 000 chefs-d'oeuvre du dessin et de l'estampe, de manuscrits et de livres rares, fut donnée au musée du Louvre le 28 décembre 1935. Joyaux parmi les plus secrets des collections artistiques du musée : 14 albums comptant 1 644 dessins ayant pour thème des costumes de ballets, de fêtes et d'opéras ayant été donnés en France pendant les xvie-xviiie siècles. Acquis à la fin du xixe siècle par le baron, ils constituent un fonds extraordinaire pour comprendre l'univers des fêtes et des spectacles sous l'Ancien Régime.
    Représentant pour la plupart des costumes de spectacles, ces dessins permettent de bien saisir toute la richesse des divertissements princiers pendant cette longue période. Partons à la découverte des spectacles équestres d'origine chevaleresque, qui perdurent jusqu'à la fin du xviie siècle, ou des tragédies en musique, données essentiellement pendant le règne de Louis XIV ;
    Redécouvrons un genre plus connu, celui des bals, ballets, mascarades et comédies italiennes, dont les cours princières à partir de la seconde moitié du xvie étaient friandes.
    L'ouvrage met en lumière des artistes variés, qu'il s'agisse de Primatice ou de son entourage, qui ont donné un certain nombre de feuilles pour des bals à la cour de Catherine de Médicis, ou des dessinateurs spécialisés dans le spectacle, tels Jean Bérain ou Henri Gissey. Ils font revivre, par leurs témoignages, des spectacles souvent inconnus ou oubliés du public et mettent en évidence le raffinement de cette société productrice et consommatrice de tels divertissements. Une manière aussi de mieux entrer dans le travail de ces dessinateurs, qui composaient à la fois un dessin technique, destiné à être tissé et cousu, et artistique, à la hauteur du faste des spectacles qui allaient se jouer.

  • En juin 1940, la défaite militaire consécutive à la bataille de France, le chaos provoqué par l'invasion des deux tiers du territoire en l'espace de six semaines, l'exode, les bombardements, les victimes militaires et civiles, l'effondrement des structures de l'État ont provoqué un traumatisme national. Dans une France « éblouie par son malheur », selon les mots de Joseph Kessel, un nombre infime d'hommes et de femmes prennent la décision de s'engager pour contribuer à la lutte menée alors par les Britanniques contre l'Allemagne et l'Italie.
    Les compagnons de la Libération se caractérisent par la précocité de leur engagement auprès du général de Gaulle ou dans la Résistance intérieure. L'ouvrage tend à mettre en lumière leurs diverses motivations : patriotisme, refus de la défaite et de l'occupation, de la collaboration, du national-socialisme, de la suppression des libertés individuelles, mais aussi, humanisme, idéalisme...
    Tout du long de cette présentation du processus de l'engagement, la parole est donnée à ces Compagnons, pionniers de la Résistance ; leurs mots et leurs souvenirs illustrant les trois éléments que sont la décision, les motivations et l'action au cours de la seconde partie de cette année 1940. Une lettre d'époque pour décrire un état d'esprit à l'écoute de l'armistice, un journal intime relatant un désir de continuer le combat pour faire honneur à un parent tombé lors de la Grande Guerre, un déguisement enfilé pour fuir la France, un plan d'évasion dessiné...

  • Giampietro Campana, directeur du mont-de-Piété à Rome, a constitué la plus grande collection privée du XIX e siècle, qui rassemblait aussi bien des objets archéologiques que des peintures, des sculptures et des objets de la Renaissance. Cette collection se carac- térisait tant par sa quantité (plus de 10 000 pièces) que par sa qualité, comptant de nombreux chefs-d'oeuvre, du Sarcophage des Époux à La Bataille de Paolo Uccello et aux sculptures de Della Robbia. À travers cette collection, à nulle autre pareille, Campana mettait en lumière le patrimoine culturel italien, au moment même où émergeait l'Italie comme nation.
    Après ses démêlés avec la justice pontifi cale, Campana vit sa collection dispersée en 1861 entre la Russie du tsar Alexandre II et la France de Napoléon III, ce qui suscita alors une émotion profonde en Italie et en Europe. C'est ainsi que l'essentiel de la collection Campana arriva au musée du Louvre. Aujourd'hui encore, la galerie Campana, où sont exposés les vases grecs, garde le nom de cette collection qui a joué un rôle décisif dans la constitution des collections du Louvre.
    Ce catalogue entend donner, pour la première fois depuis sa dispersion, une vision d'ensemble de cette légendaire collection.
    Il présente la personnalité fl amboyante de Campana et la société dans laquelle il évolua, l'histoire de la collection, la reconstitution de salles du musée Campana à Rome, le goût du collectionneur pour les pastiches et les faux. Il met également en lumière l'infl uence immense de la collection Campana dans l'art et l'artisanat de la seconde moitié du XIX e siècle.

  • Museon Arlaten

    Collectif

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    • 24 Juin 2021

    Le Museon Arlaten, musée de Provence, à Arles, a fait l'objet d'une rénovation totale, architecturale et muséographique. Sa réouverture s'accompagne de la publication d'un guide de l'exposition permanente, dont le parcours a été repensé sans dénaturer le charme et l'esprit d'un musée plus que centenaire. Ouvrage inédit, grand public, largement illustré et édité en plusieurs langues, il donne à voir la muséographie renouvelée, les ambiances et mises en scène originales des collections et invite à un voyage en Provence.
    Ouvert en 1899, créé par Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature, le Museon Arlaten est l'un des premiers musées d'ethnographie régionale en France. Lors de sa fermeture pour travaux en 2009, il apparaît comme un étonnant «?musée du musée?», certaines présentations ayant été préservées depuis leur aménagement au début du xxe siècle.
    La rénovation a permis la restauration d'un monument à facettes multiples, des créations architecturales hautes en couleur pour améliorer le confort de visite et la présentation des collections, ainsi que des innovations muséographiques subtiles et élégantes pour mettre en valeur un patrimoine provençal exceptionnel par sa richesse et sa diversité.
    L'ouvrage permet de traduire en mots et en images le nouveau Museon Arlaten et propose une lecture actualisée du musée et de ses collections. Il évoque l'architecture du bâtiment et son histoire millénaire, retrace le parcours de visite, pas à pas, tout en apportant des éclairages sur les oeuvres et objets, leurs contextes historique, économique, culturel et social et resitue le musée au coeur d'une aventure humaine centenaire, de sa création au xixe siècle à sa rénovation aujourd'hui.

  • Raoul Dufy est l'un des artistes français les plus marquants du xxe siècle. Peintre, dessinateur, céramiste, créateur de tissus, décorateur, il a su, à l'instar de Paul Gauguin, abolir les frontières entre arts majeurs et arts mineurs. Les peintures et dessins mettent en valeur les thèmes qui sont chers à l'artiste?: la mer, les régates, la musique et les fêtes pavoisées aux couleurs lumineuses. L'ouvrage met l'accent sur une facette moins connue de l'artiste qui a multiplié les expérimentations dans le domaine des arts décoratifs, impulsées par ses bois gravés réalisés pour le Bestiaire d'Apollinaire. Il a en effet collaboré avec le célèbre couturier Paul Poiret et la société Bianchini-Férier, l'une des principales maisons de soieries lyonnaises. Robes et tissus donnent un aperçu de la hardiesse et de la justesse des trouvailles de Dufy, qui ont largement alimenté l'inventivité des grands couturiers des années folles.
    Une invitation à la découverte de la diversité de l'oeuvre d'un chantre de la modernité et du bonheur de vivre. Gertrude Stein ne disait-elle pas que «Raoul Dufy est plaisir»?

  • Sous le règne de Mutsuhito, l'empereur Meiji, le Japon connaît une refonte sans précédent de ses systèmes politiques, écono- miques et sociaux aboutissant à une modernisation extrêmement rapide du pays : c'est la restauration Meiji.
    La vocation de cet ouvrage est ainsi de mettre en lumière les différents aspects de la modernisation du Japon et de l'internatio- nalisation de sa production culturelle à travers différentes techniques artistiques. Pièces d'orfèvrerie, cloisonnés, photographies, textiles, peintures, bronzes, céramiques... illustrent les mutations opérées dans la société tout entière et dans l'art en particulier.
    Au fi l des pages richement illustrées, on y découvre de grands noms de l'art, tel Kawanabe Kyôsai ou Shibata Zeshin. Les liens entre artistes et créateurs japonais et européens sont également évoqués par des rapprochements entre oeuvres japonaises et occidentales contemporaines.
    Nous partons à la découverte d'un chapitre de l'histoire des arts trop méconnu qui montre comment le Japon inventa lui aussi un « japonisme ».

  • Comment utiliser les techniques du textile et les appliquer au végétal avec délicatesse et poésie ? Marinette Cueco a réussi ce pari comme par magie. Plasticienne française, née en 1934 à Argentat en Corrèze, son travail est empreint d'une grande délicatesse et d'une certaine fragilité ; il émane de ses oeuvres une liberté et une grande poésie.
    L'artiste utilise les techniques séculaires du tissage, du tressage, mais uniquement manuel. Elle rend ainsi hommage à sa grand-mère et à sa mère qui lui ont transmis toutes les arcanes de « l'art souple, l'art textile » ; des techniques qui sont alors transposées de manière graphique et poétique en végétal.
    Nous sommes captivés et littéralement attrapés dans cette toile végétale qu'elle file pour « se vider la tête ». Marinette Cueco crée des formes géométriques nouées à l'inifini, tantôt des sphères, tantôt des carrés, ou bien encore des rectangles... de la broderie végétale en quelque sorte.

  • Graver pour le roi

    Collectif

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    • 7 Mars 2019

    Le mot chalcographie désigne tout à la fois l'art de la gravure en taille-douce et une collection méconnue, initiée par le pouvoir royal au XVII e siècle et qui a connu un développement extraordinaire avant l'apparition de la photographie.
    La chalcographie (du grec, khalkos , cuivre, et graphein , écrire) désigne donc non seulement un lieu de conservation mais aussi une technique de reproduction d'images en multiple à partir de cuivres gravés. Jusqu'à l'invention de la lithographie (1796) et de la photographie (1839), la gravure constituait la seule technique de reproduction de l'image. Née au milieu du XV e siècle, la taille douce, où le trait est incisé en creux au moyen d'un burin ou d'un acide sur un cuivre, va progressivement s'imposer et faire des estampes un medium des plus populaires.
    Signe manifeste de cette évolution, Colbert fonda en 1660 le « Cabinet des planches gravées du Roi », pour illustrer et diffuser les grands événements du règne de Louis XIV, les résidences et les collections royales. Destinées à diffuser l'image de la magni- fi cence du pouvoir, ces planches sont l'oeuvre des meilleurs graveurs du temps, tels que Claude Mellan, Gérard Audran, Gérard Edelinck.
    Ce fonds a survécu à la Révolution. Le Directoire, en 1797, crée la Chalcographie en réunissant en particulier le Cabinet du Roi et le fonds de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Le caractère encyclopédique de cette institution devient une réalité et concrétise les exigences de perfection et d'universalité défi nies dès l'origine de cette entreprise.

  • La technique de la gravure apparaît en Occident au tournant des xiv e et xv e siècles et connaît un extraordinaire épanouissement.
    Son utilisation s'étend alors à de nombreux domaines et l'estampe se voit employée pour des usages quotidiens, commerciaux, dévotionnels et artistiques. L'ouvrage s'attache à un corpus d'objets bien précis ayant trait aux origines de la gravure française, et notamment parisienne : les coffrets à estampe.
    Ces coffrets en bois recouvert de cuir et de bandes métalliques datent pour la plupart de la période 1480-1550 et présentent la particularité de contenir une gravure sur bois collée à l'intérieur, sur le revers de leur couvercle. Cette image, dont le sujet est le plus souvent religieux, est coloriée au pochoir et fréquemment accompagnée de quelques lignes de texte gravé.
    S'ils ont longtemps été appelés, à tort, « coffrets de voyage » ou « coffrets de pèlerinage », l'usage de ces objets reste aujourd'hui incertain, d'autant que les sources, tant visuelles que textuelles, manquent.
    Afin de les replacer dans le contexte de la production artistique des années 1500, les coffrets sont mis en regard avec des livres imprimés ou manuscrits, des ivoires, des vitraux et des tapisseries. Cette confrontation permet de mettre en exergue la person- nalité d'un acteur majeur de la vie artistique parisienne de la fin du Moyen Âge, le Maître des Très Petites Heures d'Anne de Bretagne, identifié à Jean d'Ypres. Ce peintre-enlumineur a fourni quantité de modèles aux artistes de son temps ; c'est notam- ment à lui que l'on attribue les petits patrons de la tapisserie de la Dame à la Licorne.

  • En complément de l'ouvrage scientifi que et exhaustif Un rêve d'Italie. La collection Campana , l'album retrace les grands moments de l'histoire de cette formidable collection, constituée à grands frais par Giampietro Campana, entre les années 1830 et 1850, et vendue par les États pontifi caux après le procès pour malversation intenté à Campana, alors directeur du mont-de-piété. À la suite d'une rivalité entre les principaux musées européens, une partie importante de la collection a été achetée par le tsar pour le musée de l'Ermitage ; le reste de la collection a été acheté par Napoléon III et a été transféré en grande partie au Louvre.
    Cet album entend mettre l'accent sur les principaux chefs-d'oeuvre de la collection et mettre en lumière la personnalité fl am- boyante de Campana et la société dans laquelle il évolua.

  • À l'exposition du Salon de 1819 s'affrontent le Pygmalion et Galatée de Girodet, emblème de l'esthétique de l'école néoclassique, et le Radeau de la Méduse de Géricault, porte-drapeau d'une avant-garde esthétique. Le duel est au coeur de la bataille romantique qui se fait jour alors et qui animera les Salons suivants. C'est cet événement majeur de la scène artistique française que l'exposi-tion et le catalogue dédiés se proposent de commémorer autour des figures célèbres de ces deux artistes.
    L'ouvrage offre un panorama de la richesse et de la diversité de l'art français post révolutionnaire - néoclassicisme, romantisme, anacréontisme, orientalisme, autonomie du paysage, renouveau de la peinture religieuse -, mais aussi des innovations techniques comme la lithographie. Les rapports entre les pouvoirs politiques et les artistes ainsi que le développement et l'importance de la critique sont détaillés pour dresser un juste portrait de ce que fut ce moment historique.

  • À travers son oeuvre, Edi Dubien, né en 1963, aborde la question de la construction sociale, psychologique et émotionnelle de l'individu.
    Il développe avec sensibilité un dialogue entre l'enfance et la nature, et dénonce la violence subie en prêtant sa voix aux enfants transgenres. L'artiste s'est ainsi distingué, depuis quelques années, par la réalisation de séries de dessins représentant des visages d'enfants et d'adolescents au regard absent, fuyant ou frontal, mais toujours empreint d'émotion et d'humanité. Souvent accompagnées d'animaux, ces jeunes personnes incarnent avec subtilité des questionnements fondamentaux, liés à la construction de l'identité et à la liberté d'être soi-même dans un monde chargé d'une violence normalisante, à la fois mentale et physique.

  • Né à Lyon, en 10 av. J.-C., Tiberius Claudius Drusus fut proclamé empereur par la garde prétorienne, en 41 de notre ère, après l'assassinat de Caligula. Un avènement inattendu pour cet homme d'âge mûr, que des troubles neurologiques avaient jusque-là écarté de toute prétention dynastique.
    Le regard porté sur l'empereur Claude pâtit longtemps de l'image peu fl atteuse transmise par la littérature, la sulfureuse renom- mée de ses épouses Messaline et Agrippine, et le destin funeste de son fi ls Britannicus.
    Depuis peu cependant, les historiens restituent le portrait d'un homme cultivé, soucieux de son peuple et promoteur de ré- formes administratives effi caces pour l'Empire, la plus célèbre concernant l'accession des Gaulois au sénat romain (Table clau- dienne). Dans la continuité de ses prédécesseurs, Claude étendit l'Empire par l'annexion et la conquête de cinq nouvelles provinces, dont la plus importante, Britannia (sud de l'Angleterre), qui lui valut les honneurs. Il engagea également une politique de grands travaux, comme la création du port de Rome à Ostie-Portus.
    C'est ce nouveau visage de l'empereur Claude que cet ouvrage nous invite à découvrir, à travers près de 150 oeuvres (statues, bas-reliefs, camées et monnaies, objets de la vie quotidienne, peinture d'histoire, etc.), des extraits de fi lms, des restitutions 3D et des photographies de l'artiste Ferrante Ferranti.

  • Né en 1621 à Nancy, en Lorraine, dans une famille d'artistes, recueilli après la peste à Paris par son oncle et parrain, le graveur Israël Henriet, également éditeur de Jacques Callot, Israël Silvestre est formé à la gravure dans le milieu de ce dernier.
    Très tôt, il se consacre à la représentation de paysages urbains. Ses premières « vues », pittoresques et de petit format, illustrent aussi bien Nancy que les villes traversées de Paris à Rome, où il effectue plusieurs voyages entre 1638 et le début des années 1650.
    Les oeuvres de la maturité offrent, au contraire, de vastes panoramas, montrant la capitale, ses fêtes royales (carrousel de 1662 et bals au Louvre et à Fontainebleau) et ses transformations, mais aussi le profi l des villes conquises par Louis XIV en Lorraine et dans les Ardennes. En 1665 et 1667, Silvestre se rend en effet dans l'Est de la France à la demande de Colbert pour relever les villes fortifi ées et réaliser des gravures de dimensions exceptionnelles qui clament la grandeur du règne de Louis XIV par l'image.
    Enfi n, ses vues en série des beaux châteaux d'Île-de-France - Vaux-le-Vicomte, Meudon, Montmorency, Versailles - renouvellent le regard sur l'architecture et les jardins.
    Un ouvrage pour découvrir un ensemble exceptionnel de dessins de Silvestre, présenté pour la première fois ; car si ses gravures ont été largement diffusées, ses dessins demeurent méconnus.

  • Réunie par sir William Burrell, un riche armateur, collectionneur d'art, et offerte de son vivant à la ville de Glasgow en 1944, la collection Burrell, aujourd'hui conservée dans le Parc Pollock au sud de la ville, est vaste et hétéroclite : pas moins de 8 000 oeuvres et objets d'art - parmi lesquels un impressionnant ensemble de vitraux - qui couvrent différents lieux et époques :
    Art antique, islamique, art chinois, moderne...
    L'ouvrage présente ici une sélection d'oeuvres signées des grands maîtres de la peinture française : Courbet, Cézanne, Degas, Manet, Pissarro, Boudin, Sisley, Daumier...

  • Hicham Berrada

    Collectif

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    • 12 Avril 2018

    Artiste-laborantin, né en 1986 à Casablanca au Maroc d'une mère biologiste et d'un père pharmacien, Hicham Berrada oeuvre à recréer la nature en en réinventant les règles, en détournant ses codes et infl uences, en bouleversant l'évolution logique de ses éléments. Ses créations s'appuient sur des connaissances en sciences (chimie, physique des fl uides, nanosciences, etc.).
    Les pigments, le magnétisme, la catalyse et la corrosion, les éléments et le temps composent sa matière première et sont aussi les outils même de sa création. Sa démarche s'apparente ainsi à celle d'un peintre : il maîtrise des phénomènes et agit sur la réalité comme un peintre maîtrise ses outils et intervient sur sa toile. Associant intuition et connaissance, science et poésie, il compose des paysages en mouvement, des tableaux chimiques qui évoluent constamment et transportent le visiteur dans un monde à la fois vivant et inerte.
    Tel un alchimiste, Hicham Berrada met à l'oeuvre des accélérations du temps, des rencontres impossibles, des alliages impro- bables qui créent la surprise. Il met en scène les changements et les métamorphoses d'une « nature » activée, chimiquement ou mécaniquement. Du laboratoire à l'atelier, de l'expérience chimique à la performance, l'artiste explore des protocoles scien- tifi ques qui imitent au plus près différents processus naturels et conditions climatiques. Dans des béchers ou des aquariums, il manipule des métaux, des produits acides et des molécules, joue avec la température et le temps. Tel un régisseur d'énergies, il élabore ses oeuvres en choisissant une série de règles et de conditions pour établir un protocole provocant dans ses tableaux vivants des excroissances, des effervescences ou des variations chromatiques.

    CATALOGUE DE L'EXPOSITION.
    Abbaye de Maubuisson, Saint-Ouen l'Aumône.
    8 octobre 2017 - 22 avril 2018.

  • Le musée des Beaux-Arts de Lyon conserve un dessin exceptionnel d'Albrecht Dürer étudiant un pan de draperie. Cette étude minutieuse révèle comment la souplesse d'un tissu se prête à une infinité de plis, soulignés par des jeux d'ombres et de lumières.
    Comment une draperie est-elle mise en place?? Pour quelles raisons ce motif perdure-t-il jusqu'à aujourd'hui?? Comment expliquer son pouvoir de fascination??
    Ce sont les questions auxquelles cet ouvrage entend répondre. Le lecteur est invité à pénétrer à l'intérieur des ateliers d'artistes les plus remarquables, tels que Nicolas Poussin, Gustave Moreau ou Ingres, à entrer dans la «?fabrique?» de la draperie et à se placer au plus près du geste artistique, à suivre les étapes d'élaboration d'une draperie, pour découvrir les pratiques singulières des artistes depuis la Renaissance jusqu'à la seconde moitié du xxe siècle.
    Le dessin est au coeur du propos tout en étant confronté à d'autres techniques?: peinture, sculpture, photographie. Si avec l'invention de nouveaux médiums artistiques comme la photographie, l'élaboration patiente d'une draperie semble appartenir à un régime esthétique révolu, des artistes comme George Grosz, Fernand Léger ou Gino Severini continuent de travailler ce motif. Pour certains artistes contemporains, la draperie reste un défi, celui de donner à voir la texture du tissu et le détail des plis. Pour d'autres, elle est porteuse d'une dimension sociale, anthropologique et politique. Ernest Pignon-Ernest, Maurizio Cattelan ou encore Mathieu Pernot inscrivent quant à eux leurs oeuvres dans le sillage d'une «?survivance?» de la draperie à travers le temps.

  • Conçu comme un dialogue à partir des fonds XXe et XXIe siècles de deux musées, le musée des Beaux-Arts et le musée d'Art contemporain de Lyon, cet ouvrage inaugure la collection « Transversalités », dont chacun des parcours visera à explorer la résonance des deux collections, entre correspondances et dissonances. Ce premier opus propose un aperçu des différentes recherches menées par les artistes modernes et contemporains autour de la couleur et des rapports entre forme et couleur.
    Outil de composition libératoire, vecteur de sentiments ou de projections symboliques, paysage mental, monochrome, éblouissante... la couleur est versatile et les artistes exploitent toutes ses facettes, jouant avec les sens et la perception du public. La qualité vibratoire et lumineuse de la couleur, sa capacité à créer du mouvement sur une surface pourtant plane est régulièrement mise à l'épreuve. Elle disparaît cependant au profit de réflexions autour du geste, du signe, du hasard ou encore de la lumière.
    À travers près de 120 peintures, sculptures, installations, dessins et objets, une soixantaine d'artistes emblématiques des deux collections sont présentés, parmi lesquels Georges Adilon, Robert Delaunay, Jean Dubuffet, Jean Fautrier, Lucio Fontana, Hans Hartung, Fernand Léger, Christian Lhopital, François Morellet, Olivier Mosset ou Pierre Soulages.

  • Ben. être libre

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    • 17 Août 2020

    «?Être libre?». Le titre de ce catalogue, dédié à la nouvelle exposition de Ben accueillie au Domaine départemental de Chamarande, résonne tout particulièrement alors que le monde entier a dû faire face à un virus et rester confiné des semaines durant. Le moment semble idéal, en effet, pour rappeler notre attachement à la liberté. Par cette simple affirmation, Ben nous étonne une fois encore par l'acuité de son regard sur notre société, par sa pertinence dans l'impertinence de son art, très singulier.
    Avec ses mots signés en grand, devenus si familiers, l'artiste questionne, nous interpelle, déconstruit notre réalité, remet en cause nos habitudes. Un chamboule-tout nécessaire aujourd'hui alors que la liberté reste toujours et partout un objet de lutte. Car si le fait d'être libre semble naturel dans nos sociétés, l'actualité récente et l'Histoire nous rappellent sans cesse qu'il n'en est rien et que cette liberté reste un bien fragile, qu'il nous appartient de chérir et de protéger.

  • Le musée des Beaux-Arts de Lyon s'associe au Museo Nacional de Arte de Mexico (MUNAL) pour mettre en regard deux cultures fortes chacune d'une identité millénaires, en faisant dialoguer leur collection d'art moderne.
    Léger, Picasso, Bacon, Matisse, Rivera, Siqueiros, Orozco... Une sélection d'oeuvres signifi catives de l'art français et de l'art mexicain rend compte des échos, des correspondances, des infl uences qui se sont noués entre les deux scènes, l'une en miroir de l'autre : de la réception féconde des avant-gardes européennes au Mexique à la richesse des liens tissés entre artistes d'une rive à l'autre de l'Atlantique, comme Diego Rivera avec les artistes cubistes, ou certains photographes comme Henri Cartier- Bresson ou Bernard Plossu.
    L'ouvrage présente également un focus sur le patrimoine mexicain (photographie, cinéma, estampes, objets ethnologiques) dans les collections lyonnaises.

  • De la Hyre, Jordaens, David, Chassériau, Géricault, Delacroix, Corot, Millet, Courbet, Boudin, Sisley, Pissarro, Fantin-Latour, Vuillard, Gauguin... Le musée des Beaux-Arts de Reims conserve une prestigieuse collection qui illustre les plus grands mouvements artis- tiques d'une période allant du XVI e au XXI e siècle, à travers peintures, sculptures ainsi que mobilier et objets d'art. Ainsi, un ensemble exceptionnel d'oeuvres de Camille Corot, le plus riche en Europe après celui du Louvre, ou encore un riche fonds Art nouveau et Arts décoratifs, dans lequel le vitrail occupe une place importante.
    En attendant son agrandissement, le musée propose un nouvel accrochage des pièces majeures de sa collection que l'on retrouve dans ce guide : quelque 110 oeuvres invitent à un voyage de cinq siècles à travers l'art français et européen, de la Renaissance à l'Art déco en passant par la peinture du Grand Siècle, l'impressionnisme et l'oeuvre inclassable de l'artiste franco- japonais Léonard Foujita.

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