Lienart

  • Si plusieurs ouvrages ont déjà traité de l'importance de l'impressionnisme français pour la peinture, les rapports entre ces peintres venus des États-Unis pour étudier l'art français et leur rôle dans la découverte de Courbet par les collectionneurs et mécènes américains n'y était pas clairement évoqué. Il restait à l'expliquer. C'est précisément le but de ce livre.
    À l'origine de cette aventure américaine, il y eut le marchand d'art parisien, Paul Durand Ruel. Au début des années 1870, il décida, avec le soutien de la peintre, originaire de Philadelphie, Mary Cassatt, de «?... révolutionner ce pays de milliardaires?» et d'y faire entrer, entre autres, les plus belles oeuvres impressionnistes et les meilleures toiles de Courbet, dont beaucoup font, aujourd'hui encore, la gloire des grands musées américains et de prestigieuses collections privées. Flavie Durand-Ruel, historienne de l'art, descendante de l'illustre galeriste, et Mary Morton, conservatrice à la National Gallery de Washington, spécialiste de Mary Cassatt, nous rappellent le rôle essentiel de ces deux découvreurs de la jeune peinture française.
    Il fallait évoquer les connivences du peintre James Abott McNeill Whisler avec Courbet et les impressionnistes. Whisler fit son apprentissage au plus près de Courbet et tous deux partagèrent une passion commune pour Joanna Hifferman, la belle irlandaise qui posa pour eux. Isabelle Enaud-Lechien, maître de conférences à l'Université de Lille, auteur d'une thèse de doctorat sur Whisler, nous explique ici l'émulation qui le lia à Courbet.
    Enfin, l'intérêt pour cette peinture moderne provoqua chez beaucoup d'artistes américains l'envie de venir étudier en France et bientôt le voyage vers Paris se fit de manière presque obligée, comme autrefois l'on faisait le Voyage d'Italie. Ils s'installèrent auprès de maîtres, Gauguin à Pont-Aven ou Monet à Giverny. Puis ils rentrèrent chez eux et transmirent à leur tour ce qu'ils avaient appris mais en créant un courant plus personnel aux résonances nationales dont l'impressionnisme américain devait naître. Emily C. Burns, enseignante à l'Université d'Auburn en Alabama et professeur invitée à l'Université d'Oxford comme spécialiste de cet exode artistique, en retrace pour nous l'histoire.

  • Matisse dans la collection Nahmad

    Claudine Grammont

    • Lienart
    • 24 Septembre 2020

    L'éminent marchand d'art, grand collectionneur et richissime David Nahmad, dont la fortune est estimée à 1,8 milliard de dollars selon le magazine Forbes, a constitué avec son frère Ezra l'une des plus importantes et prestigieuses collection d'art privée du monde.
    La collection de la famille Nahmad est riche de plusieurs milliers d'oeuvres et chefs-d'oeuvre, signés des grands noms de l'art moderne, depuis les maîtres du pré-impressionnisme et de l'impressionnisme (Boudin, Monet, Renoir, Sisley, Degas), en passant par les Fauves (Marquet, Dufy), les cubistes (Braque, Gris), l'École de Paris (Modigliani, Kisling, Pascin), sans oublier trois cents Picasso (la plus importante collection privée du peintre, en dehors de celle de la famille Picasso). Ces toiles sont régulièrement prêtés aux grandes institutions françaises et internationales.
    Ainsi, à l'occasion des 150 ans de la naissance d'Henri Matisse, les Nahmad font l'honneur de manifester leur soutien au musée Matisse de Nice en prêtant, pour une durée d'un an, les dix-sept peintures d'Henri Matisse qu'ils ont réunies au fil des années. Un ensemble exceptionnel à découvrir.

  • Fenêtres sur cours

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    • Lienart
    • 3 Janvier 2017

    Atrium, cloître, patio, colonnade intérieure de palais, cour de ferme, promenade de prison, préau ouvert d'école ou passage urbain, l'espace de la cour intérieure est riche d'arrière-plans sociologiques, architecturaux ou historiques. Pour le peintre, c'est un lieu où pulse l'histoire mais également un décor de la vie publique ou privée de ses personnages. Entre intérieur et extérieur, cet espace lui permet d'associer la lumière du jour et l'ombre protectrice de l'intimité, la pompe des grands événements et la chaleur du foyer.
    Des tableaux du XVIe au XXe nous invitent à une méditation sur la poétique d'un genre. Au fi l du temps, les artistes, par le prisme de la cour, font pénétrer notre regard dans ces espaces contenus en eux-mêmes mais ouverts sur des réalités multiples. Le XVIIe siècle nordique nous mène dans les cours de tavernes ou de maisons, le XVIIIe siècle vénitien dans celles de palais fantasmagoriques, le XIXe siècle français nous plonge dans sa fascination pour les cloîtres médiévaux reconstitués à la Troubadour ou laissés à l'état de ruines ; mais aussi dans le style néo-grec et sa propension à faire de l'atrium le centre du monde, dans l'orientalisme et son appétence immodérée pour les patios, dans l'impressionnisme et sa captation du plein air qui renouvelle la poésie des cours urbaines ou rurales. Enfi n le XXe siècle nous entraîne auprès des réalistes et de leur regard chirurgical porté sur la misère urbaine, des surréalistes et de leur vision décalée de ce lieu propice à toutes les mélancolies...

  • Picabia pique à Ingres Nouv.

    Les expositions de duo de grands artistes aux rapprochements forcés sont devenus des poncifs ces dernières années. Dans cet ouvrage, il s'agit au contraire de montrer comment Francis Picabia copiait des reproductions de dessins dans les ouvrages sur Ingres. On sait qu'il empruntait aux cartes postales, aux dessins d'ingénieur, aux revues érotiques et aux pages roses du petit Larousse, de même qu'à Ingres, sans avoir trouvé précisément les livres qu'il consultait.
    Les années 1922-1923 sont marquées dans le milieu de l'avant-garde parisienne par un engouement pour la « probité du dessin » à la manière d'Ingres. En guise de provocation dadaïste, Picabia expose aux salons de ces deux années trois grands tableaux peints au ripolin et tirant plus vers l'affiche publicitaire que vers les beaux-arts. Il était établi que les figures de La Nuit espagnole et Feuille de vigne sont empruntées à Ingres, mais la source exacte n'avait pas été identifiée. Le troisième Dresseur d'animaux est une charge contre André Breton qui cherche à ce moment-là à arracher les dadaïstes à l'influence de Picabia pour les regrouper auprès de lui. Le propos du catalogue est de confronter ces trois tableaux aux modèles qui leur ont servi de base, de même que pour une grande partie des projets de couverture de Littérature.
    Partagé entre son admiration pour Picabia et sa volonté d'étendre son hégémonie sur les dadaïstes, André Breton demande à Picabia de lui dessiner une série de couvertures pour la publication. L'artiste lui en livre 26, dont 8 furent publiées. C'est dans les ouvrages reproduisant en grand format les dessins d'Ingres d'Henry Lapauze et d'Édouard Gatteaux que Picabia fait son miel en copiant les figures, pour les reproduire parfois à l'identique ou au contraire en les combinant et les adaptant à ses projets de couverture.

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