Gallimard

  • Les cantiques du corbeau

    Bartabas

    • Gallimard
    • 3 Mars 2022

    « La nuit, l'animal me regarde et je lis dans ses yeux de nobles histoires, des chants qui m'invitent au voyage. » À travers les vingt-deux chants qui composent ces Cantiques du corbeau, Bartabas offre un récit fantasmatique des origines de l'humanité. Dans une préhistoire rêvée, où hommes et bêtes ne font qu'un et sont tour à tour proies et prédateurs, on voit l'homme acquérir les facultés qui le conduiront à asservir la terre et le règne animal.
    Une superbe méditation poétique sur la place de l'homme parmi les vivants.

  • Une théorie de l'amour

    Jean-Pierre Siméon

    • Gallimard
    • 4 Novembre 2021

    «Je sais bien que, s'agissant de poésie, qui veut mal de mort à la froideur du concept et à l'esprit de système, ce titre Une théorie de l'amour, semble contrevenir au bon sens. Je tiens cependant que c'est trop rapidement en juger. La vérité est qu'aujourd'hui plus que jamais sans doute, la pensée du monde, de la vie et de ses circonstances, otage des machinologues en tout genre, s'asservit pour notre malheur à la souveraineté d'une abstraction qui s'épargne les démentis du réel. Seule objecte à mes yeux à cette emprise délétère ce que la poésie depuis toujours fomente:une compréhension des choses non surplombante mais impliquée, sensuelle assurément, qui a aussi pour moyen la main et le pied. La pensée dans le poème a du corps enfin, et c'est le corps du monde, et c'est le corps de chacun. En quoi elle s'accroît d'un souffle, d'un rythme, d'un dynamisme, pulsations du sang et du vent. Le poème réchauffe le concept et soumet la pensée au vivant contrordre que recèle la liberté native du réel. Mouvement perpétuel, mort du dogme. Il est temps de repenser poétiquement la vie.»Jean-Pierre Siméon

  • Le dernier livre de Madrigaux

    Philippe Jaccottet

    • Gallimard
    • 4 Mars 2021

    Dans ce recueil d'une trentaine de poèmes, Philippe Jaccottet livre une version moderne des grands textes qui l'ont inspiré. Nous traversons le royaume des ombres sur les traces d'Orphée, d'Ulysse, célébrons les travaux et les saisons, prenons part à des fêtes chargées de mystère. On perçoit en filigrane des références aux traductions de l'auteur (Homère, Ungaretti, Dante) qui viennent flouter le cadre temporel pour donner toute sa nuance de madrigal au recueil, comme un écho à Claudio Monteverdi.
    Les Madrigaux apparaissent dans l'oeuvre du poète comme le point d'orgue de son art : sa virtuosité dans l'usage du vers libre, son extrême musicalité, le fil continu du jeu de l'ombre et de la lumière.

  • Pierrot solaire

    Zéno Bianu

    • Gallimard
    • 3 Mars 2022

    La poésie de Zéno Bianu a cette marque de celles qui se distinguent : sa manière, son timbre, son ampleur saisissent le lecteur d'emblée. Quel plaisir que cette poésie « verticale », pleine d'élan et de ferveur, qui fuit le petit débat intime pour se donner à l'ouvert et à l'universel.
    Le propos de ce Pierrot solaire ferme et puissant, dans la double parenté avouée de Daumal et de Chedid, non loin aussi du Kerouac électrique et mystique, appelle à l'intensité de l'être vécue dans le vertige, revendiquant l'absolu du désir comme quête infinie d'un feu primordial. On est emporté à chaque page par le verbe clair, vibrant, transfusé de bleu, dans une continuelle ascension « au coeur battant parmi les météores ». Cette poésie en effet a le coeur battant, pulsations du sang et du souffle accordées à la pulsation du cosmos. Bianu prouve une nouvelle fois ici, dans ce qui est peut-être son oeuvre la plus aboutie, qu'il est une des grandes voix de la poésie contemporaine, de celles qui ne ressemblent pas.

  • Sensations du combat Nouv.

    Sensations du combat

    Anna Ayanoglou

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    Dans Sensations du combat, Anna Ayanoglou continue de mêler sa petite musique intime à la puissance d'écriture toute en retenue et en éclats qui était à l'oeuvre dans Le fil des traversées, son premier recueil. L'auteure s'inspire d'une réalité dont elle se saisit pour ne plus la lâcher:la vie, la vraie, voilà la matière qui importe. Et les mots pour ordonner le chaos.Ne nous y trompons pas, Anna Ayanoglou mène une lutte permanente face aux défis de la vie:le carcan des discours simplistes, la fadeur du quotidien ou encore la difficulté d'aimer. La seule échappatoire possible est alors de «nourrir en soi le feu / ne pas perdre la force / savoir construire la ruse». La poétesse, qui a trouvé dans l'écriture un foyer, se doit de continuer, avec détermination, et «le coeur débordant, n'en rien laisser paraître.»

  • Un peigne pour Rembrandt et autres fables pour l'oeil Nouv.

    Un peigne pour Rembrandt et autres fables pour l'oeil

    Daniel Kay

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    Cet ensemble de courts poèmes en prose revient, avec plus de naturel et plus de liberté encore que dans les vers des précédents recueils, sur un des thèmes de prédilection de l'auteur:la peinture. Le poète s'y attache à redéfinir avec des images neuves et parlantes tous les éléments qui la constituent:la couleur, l'espace, le temps... Chemin faisant, il remonte les siècles et les peintres, du Tintoret à Soulages, en passant par Rembrandt et quelques autres, et en renouvelle l'approche avec une qualité d'écriture et de sensibilité qui procure à ces textes rêveurs et fluides une belle densité poétique. Ces huit fables pour l'oeil suffisent, semble-t-il, à rafraîchir la pupille du lecteur et à donner à la peinture (et incidemment à la statuaire) un «champ» élargi, capable de réunir peindre et peigner dans le même geste.

  • Polyphonie landaise : paratge

    Diaz Carles

    • Gallimard
    • 3 Mars 2022

    Né de la contemplation du réel, ce diptyque cherche à saisir un lieu, les Landes de Gascogne, exaltant ainsi l'esprit des géographies éprouvée et imaginaire. Polyphonie landaise, écrit dans une prose lyrique mais sobre, défie le temps, les étendues solitaires et la lumière solaire, chantant le paysage qui échappe à toute temporalité. Ancrée dans la terre, réservoir de la mémoire, cette polyphonie combat l'inachevé et la disparition. Paratge, en vers libres, étudie la subtile question de l'être-au-monde, de la recherche d'une « noblesse d'âme » chère aux troubadours occitans. L'unité de ces deux parties procède de la langue elle-même, aiguë, dense et cependant vibrante, de la constance d'une écriture qui se transforme en voix, presque silencieuse.

  • Car la douceur de vivre est périssable

    Alain Duault

    • Gallimard
    • 3 Mars 2022

    En musique, on parlerait de mode mineur, celui qui correspond au blues, et, dans l'écriture, au spleen. Ces poèmes font entendre toutes les nuances de cette mélancolie sans tristesse ; et puis « Quoi/de plus beau qu'une illusion », et qu'importe après tout que les musiciens pleurent puisque la musique qui naît de leurs chagrins vous envoûte et vous bouleverse l'âme.

  • L'espace entre l'éclair et le tonnerre

    Claude Minière

    • Gallimard
    • 10 Mars 2022

    Prenant le contre-pied de l'épigraphe de Blaise Pascal qu'il a choisie:«L'éloquence continue ennuie», Claude Minière invoque l'orage comme principe de discontinuité et place le lieu essentiel de la poésie dans l'entre-deux, l'espace entre l'éclair et le tonnerre, le peintre et son modèle, la source et la mer, l'émotion première et le poème. «Nous aimons les espaces, écrit-il. Leur éloquence n'est pas continue»; ils permettent la mise en oeuvre, à coups de poèmes brefs et tendus, d'une interrogation métaphysique qui confère à cet ensemble poétique son caractère singulier et sa dimension tonique et séduisante.

  • Toutes affaires cessantes

    Henri Droguet

    • Gallimard
    • 10 Mars 2022

    Le plus remarquable chez Henri Droguet, c'est l'ampleur du souffle (un peu comme les vents à Saint-Malo), l'inventivité et la puissance de la voix. Des textes de ce style se prêteraient admirablement à la récitation à voix haute. On y perçoit d'emblée le fracas de la mer contre les rochers, la césure des lames glacées, la ruée des vents dans les voiles dont les poèmes en vers libres épousent le mouvement ; on y hume l'odeur d'iode aussi bien que le pestilence des « entrailles du port ». Il y a des portraits ici, des « paysages avec figures », des historiettes qui ont des airs de légende, le tout distribué en cinq séquences au rythme endiablé. Ce qui donne un nouveau et très beau recueil de ce poète malouin plus discret que ses vers.

  • Vol en V Nouv.

    Vol en V

    Etienne Faure

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    Ce recueil de poèmes en vers libres s'inscrit sous le signe de l'envolée, du mouvement, du changement dans l'espace et dans le temps. À l'image des oiseaux, le poète ne cesse de bouger, de chercher ailleurs une terre plus propice à ses désirs et à ses rêves; à l'image du caméléon, il aime à se couler dans les paysages d'ici et d'ailleurs, à s'identifier aux êtres qu'il rencontre, afin de comprendre «l'Autre», de vibrer avec lui, et de vivre mieux. Tout en rêvant la tête en bas aux antipodes, il arpente le Paris du nord-est et les allées de la mémoire dans les cimetières parisiens, s'attarde aux vitrines et dans les musées, bref, se perd pour mieux trouver, par la grâce du verbe, la route infinie des Hespérides.

  • Oeuvre poetique - 1925-1965)

    Jorge Luis Borges

    • Gallimard
    • 22 Mars 1985

    La place de la poésie dans l'oeuvre de Borges est considérable par sa valeur et sa signification. À partir du moment où il est pratiquement devenu aveugle, Borges n'a plus guère composé qu'en vers.
    Le lecteur trouvera dans cette poésie tous les thèmes de la prose de Borges, mais profondément transfigurés : à la fois humanisés, stylisés et plus dépouillés. Et d'après le poète lui-même, la transposition française d'Ibarra donne à ces textes « une nouvelle vie lucide et mystérieuse tout ensemble ».

  • Une vie ordinaire

    Georges Perros

    • Gallimard
    • 22 Septembre 1988

    «Ce petit livre est né d'une obsession d'origine musicale. Je me suis trouvé comme envahi, sous le coup d'une vermine, d'un pullulement qu'un rythme octosyllabique sollicitait, entraînait vers je ne savais, ni ne sais encore, trop quoi. Il me fallait nourrir cet écoulement, et j'ai pris ce qui me tombait sous la main, ou pour mieux dire, sous la note. Dès lors, jour après jour, et durant deux mois, un mince filet de voix s'est égaré dans des régions qui sont moins d'ordre autobiographique que du mouvement, de l'humeur en marche qui décrétait telle flaque d'écriture. Il n'était pas question de raconter ma vie, mais d'en réciter quelques séquences arrachées à l'écran poisseux du réel. Ce sont donc des huitains qui m'en ont fait voir de toutes les couleurs.» Georges Perros.

  • La chasse infinie et autres poèmes

    Frédéric-Jacques Temple

    • Gallimard
    • 1 Janvier 2020

    Bientôt centenaire, Frédéric Jacques Temple, né en 1921 à Montpellier, est sûrement un des poètes les plus atypiques du siècle qu'il a traversé, indifférent aux modes et avant-gardes successives , gardant obstinément le cap, dans le sillage d'un Cendrars dont il fut proche, d'une poésie de l'ouvert, de la traversée des lieux et des espaces. Et si beaucoup de ses poèmes sont dédiés à quelque ami, poète ou peintre, ce n'est sûrement pas pour faire apparaître un réseau de relations mondaines, c'est parce que le principe même de sa poésie relève de la rencontre, que la poésie se justifie comme occasion du lien fraternel, comme une conversation continue et le déni de toute clôture dans sa propre singularité. Ami d'Edmond Charlot, d'Henri Miller, de Lawrence Durrell, de Joseph Delteil, de Pichette ou de Gaston Miron, combattant engagé en 1943 dans la campagne d'Italie, journaliste, homme de radio, voyageur impénitent sur terre et sur mer, de San Francisco à Saint Pétersbourg, de Dublin au désert du Néguev, Temple nourrit son oeuvre d'une vie qui est étreinte insatiable du monde. Cette poésie claire, franche, concrète et allante est présentée ici par Claude Leroy qui fut, ce n'est pas un hasard, le responsable de la Pléiade Cendrars."ARBREJe suis un arbre voyageurmes racines sont des amarresSi le monde est mon océanen ma terre je fais relâcheMa tête épanouit ses branchesà mes pieds poussent des ancresLoin je suis près des originesquand je pars je ne laisse rienque je ne retrouve au retour."

  • Séduire l'univers ; précédé de à contre-peur

    André Velter

    • Gallimard
    • 11 Mars 2021

    Le temps de la poésie n'est pas celui des horloges ni de la mesure commune. Aussi l'intitulé de ce livre, en forme d'injonction sidérale, m'a-t-il été offert par un copain taoïste qui trinquait joyeusement un soir de pleine lune à une encablure de l'An mille... Séduire l'univers !
    Mais sur le chemin des étoiles et des exoplanètes une pandémie incurablement terrestre est venue assujettir nos destinées, imposant une réplique immédiate, un grand sursaut, une salve de poèmes jetés d'emblée À contre-peur.
    A. V.

  • Crépuscule et déclin ; Sébastien en rêve

    Georg Trakl

    • Gallimard
    • 13 Novembre 1990

    «Trakl est le plus grand des poètes expressionnistes. Ce qui n'a guère de sens:puisque c'est, entre autres, à partir de son oeuvre, mais non de son aspect le plus original, qu'on a défini l'expressionnisme littéraire. Ou bien encore:le troisième homme de la fabuleuse triade des poètes autrichiens du début du siècle. Ce qui est vrai, mais nous oblige d'emblée à l'en détacher. Car si Rilke parle, si Hofmannsthal parle, l'un pour dire ce qu'il fait, l'autre pour faire la théorie de l'impossibilité dans laquelle il se trouve d'écrire, Trakl, lui, se tait. Son oeuvre est brève, plus brefs encore ses commentaires. C'est encore Rilke qui, se prononçant à la place du muet, en a le mieux parlé:le poème de Trakl, écrit-il à propos d' Hélian, est pour ainsi dire construit sur ses silences. Quelques clôtures entourant l'infinie non-parole:voilà à quoi ressemblent ces vers-là. Que dire de plus? Franchement, ce n'est pas la matière qui manque. Une vie ratée, mais le plus magistralement du monde. Poète maudit, Trakl l'a été avec un esprit de suite sans égal. Drogue, inceste, folie, suicide, ne sont pas chez lui des thèmes littéraires, mais un art de vivre.» Marc Petit.

  • éloge d'une soupçonnée ; autres poèmes

    René Char

    • Gallimard
    • 3 Novembre 1989

    Bestiaire dans mon trèfle Soupçonnons que la poésie soit une situation entre les alliages de la vie, l'approche de la douleur, l'élection exhortée, et le baisement en ce moment même. Elle ne se séparerait de son vrai coeur que si le plein découvrait sa fatalité, le combat commencerait alors entre le vide et la communion. Dans ce monde transposé, il nous resterait à faire le court éloge d'une Soupçonnée, la seule qui garde force de mots jusqu'au bord des larmes. Sa jeune démence aux douze distances croyant enrichir ses lendemains s'illusionnerait sur la moins frêle aventure despotique qu'un vivant ait vécu en côtoyant les chaos qui passaient pour irrésistibles. Ils ne l'étaient qu'intrinsèquement mais sans une trace de caprice. Venus d'où? D'un calendrier bouleversé bien qu'uni au Temps, sans qu'en soit ressentie l'usure. Verdeur d'une Soupçonnée... [...]

  • Huit notes fluides pour le silence

    Philippe Delaveau

    • Gallimard
    • 4 Novembre 2021

    Composé de poèmes écrits de 1984 à 2020, cet ensemble est d'une grande unité thématique et formelle. Il instaure une manière de dialogue entre peinture et poésie. Le tableau, pour Philippe Delaveau, est le lieu même du « silence », un silence inséparable du mystère de la présence, présence qui peut être temporelle ou intemporelle ; mais aussi de la beauté et donc de la contemplation. Afin de rendre sensible cette présence dans les oeuvres, celles de Corot, Chardin, Hopper, Bonnard, Picasso, etc., auxquelles il attache son « commentaire » ou sa « description » lyrique, et éviter la simple paraphrase verbale des scènes peintes, Delaveau déploie tout un art poétique d'une grande élévation et d'une subtilité remarquable.

  • Les chansons de Bilitis

    Pierre Louys

    • Gallimard
    • 19 Septembre 1990

    « Dans une société où les maris sont la nuit si occupés par le vin et les danseuses, les femmes devaient fatalement se rapprocher et trouver entre elles la consolation de leur solitude. De là vint qu´elles s´attendrirent à ces amours délicates, auxquelles l´antiquité donnait déjà leur nom, et qui entretiennent, quoi qu´en pensent les hommes, plus de passion vraie que de vicieuse recherche.

    Alors Sapphô était encore belle. Bilitis l´a connue, et nous parle d´elle sous le nom de Psappha qu´elle portait à Lesbos. Sans doute ce fut cette femme admirable qui apprit à la petite Pamphylienne l´art de chanter en phrases rythmées, et de conserver à la postérité le souvenir des êtres chers. [...] elle nous a laissé en une trentaine d´élégies l´histoire de son amitié avec une jeune fille de son âge qui se nommait Mnasidika, et qui vécut avec elle. Déjà nous connaissons le nom de cette jeune fille par un vers de Sappô où sa beauté est exaltée : mais ce nom même était douteux, et Bergk était près de penser qu´elle s´appelait simplement Mnaïs. Les chansons qu´on lira plus loin prouvent que cette hypothèse doit être abandonnée.[...] Le jour où elle cessa d´être aimée, elle cessa d´écrire, dit-elle. Pourtant il est difficile d´admettre que les chansons de Pamphylie aient été écrites à l´époque où elles furent vécues. Comment une petite bergère de montagne eût-elle appris à scander ses vers selon les rythmes difficiles de la tradition éolienne ? On trouvera plus vraisemblable que, devenue vieille, Bilitis se plut à chanter pour elle-même les souvenirs de sa lointaine enfance... » Pierre Louÿs.

    Constantine, août 1894.

    Bilitis est également le titre du premier film de David Hamilton

  • à jour passant

    Christophe Mahy

    • Gallimard
    • 4 Novembre 2021

    La poésie de Christophe Mahy possède un charme qui l'apparente à celle de Pirotte ou aux premiers poèmes de Jaccottet, mais avec moins de notes assombrissantes. Elle est composée de courts poèmes, d'une écriture limpide et ténue, qui parlent comme à voix basse de la solitude, de l'absence et de la disparition inexorable des êtres et des choses que nous avons aimés. Ces pièces en vers libre à la mode d'aujourd'hui font montre d'une sensibilité à fleur de mot qui touche et imprègne immédiatement le lecteur. D'ores et déjà, ce jeune poète a une voix bien à lui, attachante et qui tranche en douceur dans la poésie actuelle.

  • Sous l'imperturbable clarté ; choix de poèmes 1983-2014

    Jean-Marie Barnaud

    • Gallimard
    • 19 Septembre 2019

    Même si largement reconnu dans le monde de la poésie (Prix Apollinaire, Prix Georges Perros, exposition rétrospective à la Bibliothèque de Charleville, chroniqueur éminent de remue.net), Jean- Marie Barnaud (né en 1937) est certes un poète discret, mais il a bâti au fil des décennies, dans la proche parenté de Jaccottet et Bonnefoy, au reste très attentifs à son travail, une oeuvre d'une cohérence et d'une constance rares. Riche de seize livres tous publiés à Cheyne, cette oeuvre poétique, qui s'est accompagnée de romans et récits chez Gallimard et Deyrolle notamment, est toute entière vouée à formuler les arguments de la beauté subsistante au coeur des incessants démentis et des inévitables cruautés de l'existence individuelle et de l'histoire collective. On y entend d'un bout à l'autre une voix sobre, pudique, d'une bouleversante humanité dans sa retenue même et qui parle d'emblée intimement au lecteur. Le geste littéraire ici est étroitement tributaire d'une exigence éthique sans faille comme la manifestaient un Paul Celan ou un Claude Simon, avec lequel le poète a correspondu.
    Le présent volume qui reprend des poèmes extraits de plusieurs des recueils majeurs de l'auteur et qui est préfacé par le poète et critique Alain Freixe, doit permettre de mieux distinguer la voix haute et singulière de Barnaud dans la génération des Noël, Venaille, Bancquart ou Deguy.
    "Aurons-nous en ces temps Assez de regard pour tout embrasser Une dernière fois Assez de clairvoyance Pour présider à l'ordonnance du départ Comme un voyageur qui met la clé Sous la porte Et se retourne sur les restes d'un feu Qu'un peu de vent affole Que je vous dise comme je crains La départie Car bien avant que nous soyons dépariés On verra ici et là des craquelures Dans les paysages Et sur la neige Inattendus Des coulures Des cratères d'eau pitoyables Des fêlures grisâtres dans le blanc"

  • Poèmes, 1933-1955 ; trois poèmes secrets

    Georges Séféris

    • Gallimard
    • 14 Mars 1989

    Les Trois poèmes secrets sont traduits par Yves Bonnefoy et Lorand Gaspar

  • Le feu de chaque jour ; mise au net ; d'un mot à l'autre

    Octavio Paz

    • Gallimard
    • 22 Mars 1990

    Intérieur Pensées en guerre veulent briser mon front Par des chemins d'oiseaux avance l'écriture La main pense à voix haute le mot en convie un autre Sur la feuille où j'écris vont et viennent les êtres que je vois Le livre et le cahier replient les ailes et reposent On a déjà allumé les lampes comme un lit l'heure s'ouvre et se ferme Les bas rouges et le visage clair vous entrez toi et la nuit (in D'un mot à l'autre)

  • Poèmes barbares

    Leconte De Lisle C.

    • Gallimard
    • 12 Décembre 1985

    «Les Poèmes barbares ouvrent à la poésie de nouveaux domaines. Comme Baudelaire, écrit Pierre Flottes, Leconte de Lisle crée un frisson:le frisson des grandes inquiétudes cosmiques, des attentes d'apocalypse, et aussi un frisson qu'on appellerait biologique, par quoi le poète se sent en communion obscure avec la vie de la bête et de la plante; il épouse les préoccupations de son temps, scientifiques et politiques (on trouvera par exemple dans les notices des poèmes maint renvoi au fouriérisme, auquel il adhéra dans sa jeunesse); il aborde la description de civilisations primitives avec une précision et un réalisme supérieurs à ce qu'on trouve dans La Légende des Siècles, et dans une forme irréprochable. Violence des actions et des sentiments, dureté du vers et de la syntaxe, barbarie du vocabulaire se conjuguent pour laisser au lecteur une impression de sauvagerie et de dépaysement peut-être unique.» Claudine Gothot-Mersch.

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