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Anacharsis

  • Le 4 septembre 1866, au Texas, la petite Bianca Babb, âgée de dix ans, était enlevée par une bande de Comanches. Adoptée par une jeune veuve, elle restera pendant sept mois auprès de sa « Maman Squaw ».
    Cinquante ans plus tard, elle se décida à mettre par écrit ses souvenirs de cette période.
    Mélange de cauchemars et de rêves d'enfant, son récit, brut, raconte le quotidien du campement, le travail exténuant, la peur, la faim, mais aussi les joies, les jeux et les peines de la fi llette.
    En une succession d'images fulgurantes, cruelles parfois, elle évoque un monde en voie de disparition, dont sa mère adoptive est sans doute la figure la plus bouleversante.

  • En 1444, le sultan ottoman Mourad II cédait son trône à son fils Mehmed, âgé de 13 ans. Les princes d'Occident, enhardis par des victoires remportées par les populations balkaniques contre les Turcs, décidèrent de profiter de l'occasion. Le pape proclama la croisade. Les forces terrestres, conduites par le roi de Pologne, furent écrasées à la bataille de Varna, en Bulgarie.
    Mais sur le Bosphore, la flottille des croisés du duc de Bourgogne tenait toujours la mer. On décida d'aller tenter le coup de force en voguant sur le Danube. Là encore, on n'accomplit rien.
    Le récit bourguignon de cette Croisade sur le Danube, haletant et plein de péripéties, est aussi la chronique tragicomique de l'ultime désastre des croisades, qui scinda pour longtemps l'Europe en deux.

  • À la fin du xve siècle, le Serbe Constantin Mihailovic adresse aux rois de Pologne et de Hongrie ses Mémoires d'un janissaire, où il récapitule les instants les plus dramatiques du siècle de fer et de feu qui vient de s'écouler.
    Il avait servi, de 1455 à 1463, dans le régiment turc des janissaires, lorsque l'Empire ottoman achevait la conquête du monde balkanique.
    En forme de chronique des règnes des sultans ottomans, son récit rapporte la disparition des principautés chrétiennes, et expose, de la bataille de Kosovo à la prise de Constantinople en passant par la figure de Vlad Dracul « l'Empaleur », toute la matière qui donna lieu, quelques siècles plus tard, aux romans nationaux dans les Balkans contemporains.

  • Au début de l'été 1844, la police d'Istanbul arrête une bande de faux-monnayeurs. Au cours des mois suivants, ils sont longuement, minutieusement interrogés par plusieurs ministres et dignitaires ottomans. Enfin, le verdict est prononcé.

    Marc Aymes livre ici la traduction des audiences relatives à cette affaire tout en questionnant pas à pas le protocole d'interrogatoire observé par les autorités ottomanes.
    Cette lecture rapprochée dévoile une éclectique association de malfaiteurs, menée par un marin de Santorin et un graveur français de Grenoble, et nous fait entendre de vive voix la parole de ses protagonistes. La matière première d'une singulière chronique criminelle d'Orient.


  • en l'an 904, les pirates sarrasins de crète surgissent devant thessalonique, pillent la ville et réduisent ses habitants en esclavage; en 1185, ce sont les normands de sicile qui sèment la ruine et la désolation; en 1430 enfin, les turcs mettent la ville à sac et en prennent définitivement possession.
    de ces trois événements catastrophiques, nous rendent compte trois témoins qui ont connu les préparatifs de l'assaut, l'installation du siège, la défense rageuse des habitants, l'incurie de la soldatesque, l'irruption brutale des assaillants, le meurtre et l'incendie, la capture enfin. les récits saisissants qu'ils nous livrent de la furie du carnage et des humiliations sont comme la relation d'un même scénario, partagé partout et toujours par les villes assiégées enlevées par la force.
    pourtant, dès lors que le travail d'écriture apprivoise le traumatisme, les enjeux littéraires prennent le pas sur la restitution de l'événement. la narration se fait alors instrument d'un appel au secours ou d'une vindicte réorientée, comme si l'outrage des violences infligées par les barbares - qui somme toute n'agissent que conformément à leur nature - devait être recyclé dans des réquisitoires contre le pire ennemi, celui de l'intérieur, afin que puisse s'exprimer la détresse des vaincus.
    l'évocation des malheurs collectifs se trouve ainsi insérée dans la trame plus intime des souffrances individuelles, et le récit historique byzantin, d'ordinaire saturé de formules obligées, se libère et devient le contexte d'émergence d'une littérature ancrée dans l'émotion.

  • L'Expédition des Catalans en Orient.
    Au début du XIVe siècle, les guerres entre Aragonais de Sicile et Français de Naples prirent fin, laissant quantité de mercenaires au chômage. L'un d'entre eux, Roger de Flor, corsaire sicilien d'origine germanique et templier déchu, trouva à s'embaucher en Orient auprès de l'empereur de Byzance aux prises avec les Turcs. Rameutant autour de lui des bandes de soudards catalans et aragonais, il partit guerroyer en Asie.
    Mais la Compagnie des Almogavres, prompte à se retourner contre son employeur, devenue incontrôlable, va bientôt mettre à feu et à sang tout le Levant.
    Ramon Muntaner, l'un des chefs survivants de la Compagnie, rapporte ici dans un grand style les errans des Almogavres, pirates de terre ferme menacés par toutes les puissances rivales de la mer Egée, divisés par les rivalités entre capitaines, décimés par les trahisons et les assassinats et en quête désespérée de légitimité politique, jusqu'à la fondation, en bout de course, d'un improbable "duché catalan d'Athènes".
    Cette épopée catalane en Orient, témoignage unique sur l'expansion aragonaise en Méditerranée, est à lire aussi bien comme un roman d'aventures ; l'ascension fulgurante de Roger de Flor à la cour de Byzance inspirera du reste cent ans plus tard Joanot Martorell son chef d'oeuvre, Tirant le Blanc.
    Postface de Charles-Henri Lavielle.

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