Eclat

  • La demande philosophique est la version intégrale de la leçon inaugurale de la chaire de philosophie du langage et de la connaissance du Collège de France, prononcée par Jacques Bouveresse le 6 octobre 1995. Manifeste et programme de ce que serait une philosophie sans paillettes et porteuse de sens.

  • Paru pour le première fois en 1991, et traduit dans plusieurs langues, ce livre de Jacques Bouveresse examine dans le détail les lectures wittgensteiniennes de la théorie de Freud.«En rassemblant la plupart des remarques de Wittgenstein sur Freud, de nombreux passages caractéristiques de Freud lui-même et une bonne part de citations de la littérature secondaire sur le sujet, Bouveresse a rendu un fier service à ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de Wittgenstein» (Ray Monk, Nature).

  • La parution du Monde des non-A de Van Vogt, en 1945, traduit en français par Boris Vian a éveillé l'intérêt d'un grand nombre de personnes pour la Sémantique générale.
    Cette discipline se fonde sur un système non-aristotélicien formulé par Alfred Korzybski (1879-1950) selon lequel il est possible qu'une chose à la fois soit ET ne soit pas. Ainsi la porte était ouverte à une exploration du monde aux horizons insoupçonnés. En 1997, L'éclat faisaient paraître pour la première fois en français une anthologie d'écrits de Korzybski, permettant de ne plus évaluer le vaste 'territoire' de la Sémantique générale à l'aune des seules 'cartes', quelquefois approximatives, qu'en ont dressées des auteurs comme A.E.
    Van Vogt, mais aussi Bateson, Bachelard, Laborit ou même ... Michel Houellebecq!

  • « Chaque livre de Giorgio Colli est, à y bien regarder, un succédané de l'action, et sous la forme de la littérature nous sentons l'exhortation à vivre di éremment, à vivre une vie digne d'un éternel retour », écrivait son ami Mazzino Montinari. Pour tous ceux qui aujourd'hui veulent s'initier à la philosophie, ce petit livre « sans notes » est une incitation à en vivre di éremment les prémisses.
    La naissance de la philosophie , associée au nom de Platon, marque, pour Giorgio Colli, l'amorce du déclin de l'excellence grecque, dont avait pu témoigner, entre le septième et le cinquième siècle, l'ère des « Sages ». C'est de cette matrice originelle dont il est question dans ce livre écrit en 1975, et qui bouleverse notre vision d'un monde en perpétuel progrès.

  • Après Nietzsche

    Giorgio Colli

    « Un excellent recueil, un livre aigu, pénétrant, neuf, qui reprend les thèmes grecs de Nietzsche, en prolonge ou corrige le sens, revient avec une brutale franchise sur les 'acquis' de la pensée de Nietzsche, sans hésiter à les contester ... Il est rare que nous soyons ainsi gâtés par la fermeté du jugement et par la force du style. » E. Blondel ( Revue Philosophique ).

  • De l'Aurore (1987) fut (presque*) la première traduction en français d'un livre de María Zambrano.?Le livre parut en 1989, traduit par Marie Laffranque, hispaniste et philosophe, qui n'économisa ni son temps ni son énergie pour faire connaître l'oeuvre de son amie. Le volume passa presque inaperçu lors de sa première édition, mais permit à quelques lecteurs de découvrir une oeuvre d'une extraordinaire singularité dans le paysage philosophique contemporain. Depuis, de nombreuses traductions ont pu paraître, assurant à María Zambrano une renommée posthume à l'étranger, quand l'Espagne la célébrait de son vivant comme l'un(e) de ses plus important(e)s philosophes.

    C'est aux «levers de l'Aurore» que nous convie ici María Zambrano, à cette «fête inaugurale» du jour qui, depuis les premières cosmogonies jusqu'à Nietzsche, en passant par les grands mystiques espagnols, nous ­rappelle chaque matin l'intact des commencements, dont on retrouve la trace dans les aurores du geste ou de la parole, et qu'il faut nous remémorer pour que la vie commence.

    « Toute l'intelligence et la parole de María Zambrano tendent à saisir l'éclat de l'insaisissable don de soi de la Vie dans l'insaisissable singularité de ses êtres. » Massimo Cacciari.

    « María Zambrano n'a pas vendu son âme à l'idée, elle a sauvegardé son essence unique en mettant l'expérience de l'insoluble au-dessus de la réflexion sur lui, elle a en somme dépassé la philosophie. N'est vrai à ses yeux que ce qui précède le formulé ou lui succède, que le verbe qui s'arrache aux entraves de l'expression ou, comme elle le dit magnifiquement, la palabra liberada del lenguaje. » E.?M.?Cioran «Lieu des craintes, des indices, des espérances, l'aurore est un confin, l'ouverture d'un sens, mais aussi cela qui fuit, dès que perçu. Elle donne le jour et disparaît. Ce livre propose un jeu d'images suggestives, où chacun peut retrouver ce qu'il ressent, expérimente, dès lors qu'il s'abandonne aux incitations de la vie et du monde.» M. Adam (Revue Philosophique).

  • Ce livre est un cas unique dans l'histoire de la philosophie. Michelstaedter (1887-1910) l'écrivit à 23 ans et se donna la mort le lendemain même de son achèvement.
    « Moi, je sais que je parle parce que je parle, mais que je ne persuaderai personne ». C'est ainsi qu'il s'adresse à ses professeurs dans la préface de ce « travail universitaire », sur les concepts de persuasion et de rhétorique chez Platon et Aristote. Persuasion impossible parce que la vérité est dépendante. Rhétorique qui occulte cette impossibilité d'atteindre la persuasion. Entre Platon et Aristote, la philosophie ne lui o rait pas d'autre alternative que celle d'un revolver qui le fi geait dans un instant éternellement présent, celui d'une oeuvre que l'Italie consacre comme l'une de ses plus extraordinaires réalisations.

  • La nuit de Getshémani, Pierre s'endormit et ne put prévenir le Christ de l'arrivée des soldats. Depuis, nous dit Pascal, « Jésus est à l'agonie jusqu'à la fin des temps et il ne nous faut pas dormir pendant tout ce temps-là ». Cette folle injonction est le point de départ de l'essai de Chestov, qui veut toutefois la prendre au pied de la lettre et nous enjoint à notre tour de rester éveillés pour qu'une nouvelle nuit de Getshémani, pour l'homme, ne se reproduise pas ; pour que l'homme ne se voit pas condamné à l'agonie jusqu'à la fin des temps, parce qu'il n'aura pas veillé sur sa liberté première que lui octroie la connaissance.
    Texte d'une puissance inouïe, la Nuit de Getshémani est aussi un essai sur la philosophie de Pascal, délivré des oripeaux dont l'ignorance et quelquefois l'enseignement scolaire l'auront affublé.

  • Longtemps considéré comme un « brouillon » de « L'Ethique », le « Traité », véritable méthode, d'ailleurs sous-titrée « Traité de la meilleure voie qui mène à la vraie connaissance des choses », délivre un message philosophique original : l'Homme peut être sauvé. Par quelque intervention divine, par quelque grâce de la Providence? Nullement. Par ses propres moyens, par ses propres forces. Telle est, sans doute, la thèse la plus « hérétique » de la philosophie de Spinoza, aujourd'hui encore inacceptable.

  • " Le problème de la peine de mort ne peut être résolu que d'une manière inconditionnelle, inconditionnelle comme le caractère sacré et intangible de toute vie humaine, inconditionnelle comme ce principe suprême de toute humanité." Dans cet extrait de son grand oeuvre inachevé Théorie de la folie des masses (paru aux éditions de l'éclat en 2008), Broch considère la question de la peine de mort comme le baromètre du fonctionnement d'une société humaine : sa pratique est toujours le germe d'une possibilité de basculement vers la folie collective. Le texte s'intéresse aussi au statut de la peine de mort dans l'histoire du peuple juif et sa particularité qui en fit la cible privilégiée d'un régime sous l'emprise de la justice magique.

  • Deleuze

    Jean-Clet Martin

    En revenant près de 20 ans plus tard sur l'oeuvre de Deleuze, au moment où son livre de 1993 connaît plusieurs traductions à l'étranger, Jean-Clet Martin s'interroge sur l'impact d'une oeuvre sur notre quotidien et sur les commentaires à l'infini qui finissent par la figer dans une attitude très éloignée de la pensée vivante qu'a pu être la pensée de Deleuze. Parcourir alors (comme on traverse le Musée du Louvre au pas de course), la suite des concepts énoncés par Deleuze, depuis Différence et répétition jusqu'aux écrits sur le cinéma, c'est placer l'oeuvre de Deleuze au coeur de notre expérience quotidienne et s'en imprégner pour penser et créer encore. N'était-ce pas le but ?

  • On connaît, par le volume de Gershom Scholem Walter Benjamin. Histoire d'une amitié, les liens qui unissaient les deux hommes. Ils ont échangé entre 1932 et 1940 une correspondance qui mérite pleinement le terme d'oeuvre, comme si dans cet échange au quotidien, dans cette absolue confiance et confidence l'un par rapport à l'autre, et autrement que dans une oeuvre 'publique', ils s'étaient livrés à une analyse en profondeur d'un siècle bouleversé : vie littéraire et philosophique, montée du nazisme en Allemagne, errance de Benjamin, permanence de Scholem en Palestine dès 1923, où il oeuvre à une symbiose entre les populations juives et arabes... autant de sujets abordés au fil des lettres et qui confirment la pertinence d'analyse dans l'échange et la discussion parfois polémique des deux hommes.

  • " chacun sait quelle folie s'est aujourd'hui emparée du monde, chacun sait qu'il participe lui-même à cette folie, comme victime active ou passive, chacun sait donc à quel formidable danger il se trouve exposé, mais personne n'est capable de localiser la menace, personne ne sait d'oú elle s'apprête à fondre sur lui, personne n'est capable de la regarder vraiment en face, ni de s'en préserver efficacement.
    " ainsi s'ouvre la théorie de la folie des masses de hermann broch. mais nul ne sait oú elle commence, ni oú elle finit, tant son élaboration fut problématique, au point qu'on peut se demander si le sujet n'a pas eu raison de l'oeuvre, et si celle-ci ne se devait pas d'être retravaillée sans cesse, comme n'a de cesse cette folie des masses contre laquelle la raison vient buter sans parvenir à l'infléchir.
    Commencée vraisemblablement à la fin des années 1930, la théorie de la folie des masses accompagne hermann broch jusqu'à sa disparition en 1951 sans qu'il parvienne à lui donner une forme définitive. c'est donc un véritable laboratoire d'idées qui est donné à lire - laboratoire d'une vie tout entière consacrée à la pensée, qu'elle prit la forme des célèbres romans tels que la mort de virgile ou le tentateur, ou d'essais sur la logique d'un monde en ruine, parus il y a quelques années dans cette même collection.

  • Ce texte de Guy Suarès, préfacé par Frédéric Worms, rend hommage à l'une des figures les plus remarquables de la pensée française du XXe, sous une forme évidemment non docte, mais pleine de cette poésie et musicalité qui caractérisent toute son oeuvre.
    Philosophe d'un engagement sans compromission, Jankélévitch (1903-1985) s'est démarqué de ses pairs en refusant une certaine hégémonie de la philosophie allemande, et ouvrant ainsi grand les portes d'une « pensée du midi », qu'il a contribué à faire redécouvrir.
    Le lui a-t-on jamais pardonné ? L'éblouissement Jankélévitch introduit ainsi à une oeuvre sans équivalent et indique la voie, à son tour, pour redécouvrir l'oeuvre elle-même.

  • Le livre rappelle que les enjeux urbains de la pensée de Walter Benjamin ne se situent pas en un lieu unique, mais avant tout dans un entre-deux villes où s'est joué le sort d'une modernité contradictoire : entre Paris, capitale du XIXe siècle et Berlin, capitale du XXe ou, pour le dire autrement, entre la grande ville et la métropole. Il met ainsi en évidence les deux versants de l'analyse urbaine et architecturale dans l'oeuvre de Walter Benjamin : l'un, centré sur Paris et l'archéologie de la modernité ; l'autre sur Berlin, plus attentif à l'émergence de la métropole et de l'architecture modernes. Les essais s'articulent autour de quatre chapitres (I. Paris : un lieu de résistance. II. Berlin, entre deux siècles. III. La ville sans aura. IV. L'impossible habitat.)

  • Günther Anders, Hannah Arendt, Hans Jonas, Emmanuel Levinas, Karl Löwith, Herbert Marcuse, Leo Strauss, Eric Weil...
    Non sans quelque paradoxe, la philosophie sociale, politique, métaphysique de l'après-guerre a été largement représentée par des penseurs allemands ou formés en Allemagne, qui avaient la particularité d'avoir été des étudiants de Martin Heidegger et d'être en même temps d'origine juive.
    Ce volume, issu d'un colloque international tenu à Paris en 2012, a voulu les penser ensemble pour la première fois et étudier sur quel fond historique et intellectuel cette double spécificité a été possible.
    Quelle dette chacun d'entre eux a-t-il pu contracter à l'égard de ce maître commun et quelle distance ont-ils pu prendre (ou ne pas prendre) par rapport à lui après la Seconde Guerre mondiale ?
    Un double questionnement qui permettra d'écrire une nouvelle page de la philosophie­allemande, qui pourrait bien être aussi une page de la philosophie juive au XXe siècle.

  • Qu'en est-il de la figure de Jésus dans l'oeuvre de L'"Antéchrist" Friedrich Nietzsche ? Massimo Cacciari renverse les perspectives des lectures du rapport de Nietzsche au christianisme, et ouvre une voie nouvelle pour mieux comprendre la notion d'Übermensch, si abusivement interprétée, à la lumière d'un Jésus, "esprit libre" entre tous, débarrassé des masques rhétoriques de l'Eglise qui en porte le nom.

  • Cet ouvrage regroupe pour la première fois ce qui a été retrouvé de la correspondance échangée de 1916 à 1937 entre Paul Engelmann (de même que quelques proches) et Ludwig Wittgenstein. Ces lettres permettent de mieux comprendre la participation de Wittgenstein à la Première Guerre mondiale, de suivre la genèse du Tractatus logico-philosophicus et de saisir les transformations de la pensée de Wittgenstein au cours de ces années difficiles, qui ont vu l'effondrement de l'Empire austro-hongrois.
    L'ouvrage contient aussi une version considérablement augmentée du «Mémoire» qu'Engelmann a consacré à Wittgenstein et qui a été publié en anglais en 1967. S'y ajoutent des textes d'Ilse Somavilla, Josef Schächter et Brian McGuinness, tous trois spécialistes de l'oeuvre de Wittgenstein. Il s'agit d'une édition critique, pourvue d'un très copieux apparat de notes et de commentaires.

  • De Gottlob Frege aux premières recherches en Intelligence Artificielle, la philosophie du langage au vingtième siècle, frayant sa voie entre la linguistique et la logique, s'est toujours essayé à une domestication de la langue naturelle avec plus ou moins de bonheur, et a voulu quelquefois lui substituer un langage symbolique qui la libérerait de ses " pièges " et de ses " tromperies ".
    Comment philosopher sur le langage avec le seul langage ? Comment déterminer la signification d'un énoncé, avant même de déterminer la signification du mot " signification " ? Autant d'interrogations qui sont au coeur de cette discipline philosophique complexe, qui a connu un essor remarquable au cours de ce siècle, et dont ce livre retrace les étapes essentielles, constituées par les oeuvres de Frege, Carnap, Wittgenstein, Austin et plus récemment J.
    Searle, H. Putnam ou D. Davidson.

  • L'article sur l'encyclopédie tiré de l'«Encyclopédie»de Diderot et d'Alembert constitue un manifeste pour un savoir libéré des dogmes et des obscurantismes, y compris scientifiques. Il explore la voie d'un savoir ouvert à tous, d'une recherche collective de la vérité, synonyme de liberté.

  • C'est autour de la revue de Martin Buber Der Jude et également par l'entremise de Walter Benjamin, que les premiers contacts entre Scholem et Strauss s'établissent, et l'amitié qui liera les deux hommes, le premier à Jérusalem dès 1923, le second à Londres à partir de 1934, puis Chicago à partir de 1938, restera sans tâche jusqu'à la mort de Strauss en 1973. Cette correspondance témoigne alors de ce dialogue ininterrompu de deux personnalités "hors normes" de la pensée du vingtième siècle, et donne la mesure de ce qu'a pu être, en d'autres temps, une amitié "stellaire".

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