Flammarion

  • On sent en soi-même un plaisir secret lorsqu'on parle de cet empereur ; on ne peut lire sa vie sans une espèce d'attendrissement ; tel est l'effet qu'elle produit qu'on a meilleure opinion de soi-même, parce qu'on a meilleure opinion des hommes.
    Montesquieu

  • Essais t.1

    Michel de Montaigne

    Essais.Livre I Qu'un tel homme ait écrit, vraiment le plaisir de vivre sur cette terre en a été augmenté... C'est à son côté que j'irais me ranger, s'il fallait réaliser la tâche de s'acclimater sur cette terre.
    Nietzsche


  • la publication de l'origine des espèces, en 1859, a marqué une révolution intellectuelle comparable à celle qui est associée aux noms de copernic et galilée.
    en proposant une théorie de la " descendance avec modification " et de la " sélection naturelle ". darwin apportait des réponses aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque. le caractère radical de ces réponses aussi bien que les problèmes qu'elles laissaient en suspens ont alimenté d'emblée polémiques et controverses. de là les ajouts et les digressions qui, au gré des six éditions successives de l'oeuvre, en vinrent à obscurcir le propos d'origine.
    en élaguant la traduction d'edmond barbier de ce qui ne figurait pas dans l'édition de 1859 et en y rétablissant ce qui en avait disparu, le présent volume permet au lecteur francophone de retrouver cette oeuvre dans sa fraîcheur initiale.

  • Essais t.2

    Michel de Montaigne

    Essais Livre 2 "Le Montaigne de L'Apologie est un peu comme un Pascal à qui brusquement, par je ne sais quel moyen, la fausseté historique du christianisme aurait été démontrée.
    Dès lors que reste-t-il de tout ce qu'il a écrit et pensé ? Exactement ce qui en reste pour un non-chrétien, il reste qu'il a pensé, écrit en toute sincérité." Michel Butor

  • Quoi de mieux que raconter la vie des grands philosophes pour comprendre notre époque et s'initier à la philosophie ?
    L'auteur nous mène de manière accessible à travers des doctrines qui font directement écho aux questions d'aujourd'hui. Chemin faisant, on rencontre un Descartes enquêtant sur un crime, un Rousseau renversé par un chien, un Diderot croupissant en prison, un Darwin invoquant Dieu et une Olympe de Gouges méditant sur tous ses combats en allant vers l'échafaud... Autant d'anecdotes qui montrent que la philosophie s'enracine toujours dans une expérience singulière.
    Le tout est organisé autour de quatre grandes questions : comment concilier nos croyances parfois mystiques et la connaissance rationnelle du monde ?
    Quelle est la part de liberté dans nos actes ? Ai-je une « nature » qui détermine ma vie ? Comment rester moi-même à l'heure des stéréotypes et des réseaux sociaux ?

  • Après la première partie dans laquelle le voyageur Raphaël Hythlodée dresse le portrait d'un monde imaginaire où règnent la tolérance et la liberté, la seconde partie décrit plus précisément l'île d'Utopie dont le système politique, économique et social est mis en opposition avec l'Angleterre d'Henri VIII.

  • Ce recueil comprend des textes politiques du début (1783-1786) et de la fin (1795-1798) de la philosophie critique de Kant. Aux textes célèbres, nouvellement traduits, nous joignons des textes inédits en français (sur le droit naturel, sur l'illégitimité de la contrefaçon des livres, sur la fabrication des livres...).

  • Il est d'usage, aujourd'hui, de distinguer un bon libéralisme politique et culturel - qui se situerait « à gauche » - d'un mauvais libéralisme économique, qui se situerait « à droite ».
    En reconstituant la genèse complexe de cette tradition philosophique, Jean-Claude Michéa montre qu'en réalité, nous avons essentiellement affaire à deux versions parallèles et complémentaires du même projet historique : celui de sortir des terribles guerres civiles idéologiques des XVIe et XVIIe siècles, tout en évitant simultanément la solution absolutiste proposée par Hobbes. Ce projet pacificateur a évidemment un prix : il faudra désormais renoncer à toute définition philosophique de la « vie bonne » et se résigner à l'idée que la politique est simplement l'art négatif de définir « la moins mauvaise société possible ». C'est cette volonté d'exclure méthodiquement de l'espace public toute référence à l'idée de morale (ou de décence) commune - supposée conduire à un « ordre moral » totalitaire ou au retour des guerres de religion - qui fonde en dernière instance l'unité du projet libéral, par-delà la diversité de ses formes, de gauche comme de droite.
    Tel est le principe de cet « empire du moindre mal», dans lequel nous sommes tenus de vivre.

  • Ménon

    Platon

    «Comment devenir vertueux ?» Cette question, posée à Socrate par Ménon, jeune noble thessalien en visite à Athènes, se révèle ambiguë. Car la vertu, est-ce l'excellence du citoyen et le talent de l'homme politique ? Ou bien est-ce la vertu telle que l'entend Socrate, subordonnée au bien et soumise au plus strict exercice de la justice ?
    Mais les essais infructueux d'une définition de la vertu cèdent bientôt la place à une question plus générale : «Comment est-il possible de chercher et d'apprendre ?» Les réponses que Platon nous donne dans le Ménon seront reprises deux mille ans plus tard par Descartes et par Leibniz : «La vérité de ce que nous devrons jamais découvrir et connaître nous appartient depuis toujours.» C'est dans ce dialogue que, pour la première fois, l'idée d'une connaissance prénatale qui appartienne à l'âme indépendamment de tout apprentissage est exposée de façon systématique et argumentée.
    Dernière défense de Socrate que Platon ait écrite, le Ménon fait voir clairement ce qu'est le travail de la pensée, l'approche d'une vérité dont la présence est connue avec conviction, mais dont la forme est encore ignorée.

  • Longtemps sous-évaluée dans la tradition exégétique, la Critique de la faculté de juger (1790) réapparaît aujourd'hui, au fil du libre dialogue entretenu avec elle par une série de philosophes contemporains, pour ce qu'elle est vraiment : le couronnement du criticisme en même temps que l'un des plus profonds ouvrages auxquels la réflexion philosophique a donné naissance. En organisant sa réflexion autour de trois axes (la finalité de la nature, l'expérience esthétique, les individualités biologiques), Kant affrontait le problème de l'irrationnel qui, à travers le défi lancé aux Lumières par Jacobi, faisait vaciller la toute-puissance de la raison. Cette traduction, qui invite à relire la Critique de la faculté de juger à partir de sa première introduction, laissée inédite par Kant, montre que consolider la rationalité, c'était aussi sauver l'unité de la philosophie par la mise en évidence de l'articulation entre raison théorique et raison pratique. Véritable lieu de la politique kantienne selon Hannah Arendt, émergence d'une pensée de la communication selon Jürgen Habermas ou Karl Otto Apel, la dernière des trois Critiques constituait ainsi, surtout, la réponse la plus subtile de la modernité à l'antirationalisme naissant.

  • Tractatus logico-philosophicus Nouv.

  • Métaphysique

    Aristote

    Le texte fondateur de la philosophie occidentale sur la science de l'être en tant qu'être.

  • Paru en 1872, La Naissance de la tragdie est l'acte de naissance d'un philosophe convaincu que seule la confrontation avec ce qui nous est tranger nous donne accs nous-mmes. En interrogeant la gense de la tragdie antique partir des pulsions que sont l'apollinien et le dionysiaque, Nietzsche met en lumire le sens du pessimisme propre la Grce prsocratique. Ce pessimisme de la force , lucide quant au caractre douloureux de la vie humaine, n'exclut pas, mais au contraire renforce le dsir d'exister. Par contraste, Nietzsche interroge galement une autre forme de pessimisme : le nihilisme dont souffre l'Europe moderne, consquence paradoxale du rationalisme socratique. La Naissance de la tragdie inaugure ainsi une forme de philosophie radicalement nouvelle : une philosophie qui, contre la rationalit triomphante, met au jour le fond pulsionnel de toute activit humaine, et qui s'attache comparer et valuer les cultures, en vue de mieux comprendre le prsent et de transformer l'avenir.

  • Dialogues

    Gilles Deleuze

    Dialogues « C'est très difficile de "s'expliquer" - une interview, un dialogue, un entretien. La plupart du temps, quand on me pose une question, même qui me touche, je m'aperçois que je n'ai strictement rien à dire. Les questions se fabriquent, comme autre chose. Si on ne vous laisse pas fabriquer vos questions, avec des éléments venus de partout, de n'importe où, si on vous les "pose", vous n'avez pas grand-chose à dire. (...) Les questions sont généralement tendues vers un avenir (ou un passé). L'avenir des femmes, l'avenir de la révolution, l'avenir de la philosophie, etc. Mais pendant ce temps-là, pendant qu'on tourne en rond dans ces questions, il y a des devenirs qui opèrent en silence, qui sont presque imperceptibles. On pense trop en termes d'histoire, personnelle ou universelle. Les devenirs, c'est de la géographie, ce sont des orientations, des directions, des entrées et des sorties. »

  • En 1943, alors qu'elle a rejoint, à Londres, le commissariat à l'Intérieur de la France combattante, Simone Weil écrit ce qui sera sa dernière oeuvre. Sa mort prématurée quelques mois plus tard met fin brutalement à la rédaction de ce texte majeur par lequel elle entendait apporter sa contribution à la France d'après-guerre.
    Prélude à la nouvelle Déclaration des droits de l'homme souhaitée par le général de Gaulle, essai sur les causes du déracinement du peuple français et sur les conditions de sa renaissance, méditation sur la force et sur l'obéissance, L'Enracinement est aussi le testament spirituel de Simone Weil. Selon Albert Camus, qui l'édita pour la première fois en 1949, ce livre « d'une audace parfois terrible, impitoyable et en même temps admirablement mesuré, d'un christianisme authentique et très pur, est une leçon souvent amère, mais d'une rare élévation de pensée ».

  • Dès sa parution en 1793, La Religion comprise dans les limites de la seule raison se heurte à la censure : Kant y critique les religions établies, auxquelles il reproche de verser dans la superstition au détriment de la morale. Il leur oppose la religion vraie, que cet ouvrage définit. Nous n'avons pas de devoirs envers Dieu, seulement à l'égard de nous-mêmes et des autres hommes, et les textes sacrés ne valent que parce qu'ils nous rendent attentifs à notre devoir.
    Le catéchisme moral doit subordonner entièrement la religion à la raison pratique pure. Constatant que le mal est radical, Kant envisage la religion comme ce qui permet à l'humanité de progresser en la dotant d'une représentation sensible du bien. Cette dernière rend possible l'espérance de la vertu, qui soutient l'individu et l'encourage à s'accomplir en tant qu'être libre. La présente traduction donne à lire avec nuance et exactitude cette pierre angulaire de la réflexion kantienne, où le philosophe, après avoir examiné ce que l'on peut savoir dans la Critique de la raison pure et ce que l'on doit faire dans la Critique de la raison pratique, s'attache à une troisième question : " Que sommes-nous autorisés à espérer ? "

  • Dans son nouveau livre, le philosophe Fabrice Midal décrypte 40 citations inspirantes de penseurs, d'écrivains, de peintres ou de poètes pour inviter les lecteurs à penser autrement et redevenir humain.

    Une expérience inédite et profonde de philosophie et de méditation.

  • Dictionnaire philosophique

    Voltaire

    Le 28 février 1766, le chevalier de La Barre, jeune homme de dix-huit ans accusé d'avoir gardé son chapeau et chanté des chansons impies sur le passage d'une procession, est condamné à avoir la langue arrachée, la main coupée, et à brûler à petit feu.
    Sur son bûcher, on brûle aussi, pour le symbole, un exemplaire du Dictionnaire philosophique. C'est dire le rôle de Voltaire et de son "diabolique Dictionnaire" dans le combat des Lumières contre le déchaînement du fanatisme et l'intolérance des Églises. Au soir de sa vie, le patriarche de Ferney a dressé le plus implacable réquisitoire avant l'Antéchrist de Nietzsche contre la religion judéo-chrétienne et son livre fondateur, la Bible.
    Mais, au-delà du but affiché d'"écraser l'Infâme", Voltaire s'en prend aussi aux préjugés et aux vains systèmes des philosophes tant anciens que modernes; persuadé que nous ne pouvons rien connaître, il élève sa voix contre ceux qui tuent et emprisonnent au nom d'une vérité révélée. Deux siècles et demi plus tard, les 118 articles du Dictionnaire philosophique n'ont rien perdu de leur actualité. Chaque fois que les coutumes les plus rétrogrades et les traditions les plus contestables s'allient afin d'imposer silence à la raison critique et à sa libre expression, il est urgent de reprendre avec Voltaire la lutte pour l'émancipation de l'homme et le progrès de l'esprit humain.

  • « La loi morale est sainte (inviolable). L'homme est sans doute très éloigné de la sainteté, mais il faut que l'humanité dans sa personne soit sainte pour lui. Dans la création tout entière, tout ce que l'on veut, et ce sur quoi on a quelque pouvoir, peut aussi être employé simplement comme moyen ; l'homme seul, et avec lui toute créature raisonnable, est fin en soi-même. Il est, en effet, grâce à l'autonomie de sa liberté, le sujet de la loi morale, laquelle est sainte. C'est précisément en raison de cette liberté que toute volonté, même la volonté propre à chaque personne et dirigée sur elle-même, est bornée par la condition de l'accord avec l'autonomie de l'être raisonnable, à savoir de ne le soumettre à aucune intention qui ne serait pas possible suivant une loi pouvant trouver sa source dans le sujet même qui pâtit, et donc de ne l'utiliser jamais simplement comme moyen, mais en même temps en lui-même comme une fin. Cette condition, à bon droit, s'impose, pour nous, même à la volonté divine relativement aux êtres raisonnables dans le monde, en tant qu'il s'agit de ses créatures, parce qu'elle repose sur la personnalité de ceux-ci, par laquelle seule ils sont des fins en soi.» Kant

  • Qu'est-ce que l'ironie ? Quelles en sont les formes ? Quels en sont les pièges aussi ? Autant de délicates questions auxquelles l'auteur répond, non sans ironie lui-même, avec l'aide d'une infinité d'exemples qui montrent son immense culture, musicale aussi bien que philosophique.
    Sommairement, qu'est-ce que l'ironie, sinon la conscience, mais une bonne conscience joyeuse - ce en quoi elle se distingue de l'hypocrisie ? Pas d'humour sans amour, ni d'ironie sans joie. L'ironie, en somme, sauve ce qui peut être sauvé.
    Elle est mortelle aux illusions ; partout elle tisse les toiles d'araignée où se prendront les pédants, les vaniteux et les grotesques. « Ironie, vraie liberté ! », s'écrie Proudhon au fond de sa cellule de Sainte-Pélagie. L'ironie remet tout en question ; par ses interrogations indiscrètes elle ruine toute définition, dérange à tout moment la pontifiante pédanterie prête à s'installer dans une déduction satisfaite. Grâce à l'ironie, la pensée respire plus légèrement quand elle s'est reconnue, dansante et grinçante, dans le miroir de la réflexion.

  • Mettre au jour les lois qui régissent le monde des passions, montrer que les passions engagent un rapport particulier au monde et souligner leur prégnance dans le domaine des actions humaines : telle est l'ambition de Hume dans les deux oeuvres ici réunies. Réécriture du livre II du Traité, la Dissertation sur les passions en rend plus saillantes les thèses originales.À la différence des moralistes qui dénoncent les vices des passions, des rationalistes qui entendent les subordonner aux idées claires et distinctes, et des naturalistes qui les font dériver des états du corps, Hume, s'inspirant des méthodes de la physique newtonienne, les aborde pour la première fois du point de vue d'une science générale de la nature humaine.

  • quels sont les rapports qui doivent exister entre l'état et l'église, ou plutôt entre l'état et les églises ? pour répondre à cette question, la lettre sur la tolérance emprunte la voie d'une double réflexion sur la nature de la croyance et du pouvoir.
    la croyance ne dépend pas de la volonté, tandis que le pouvoir, qui est essentiellement coercitif, ne peut influer sur la conduite des hommes que dans les actions où ces derniers ont la possibilité de modifier leur conduite par une décision volontaire ; or, puisque la croyance n'entre pas dans cette catégorie, elle ne fait pas partie des objets possibles de l'autorité politique. au coeur du raisonnement qui conduit à l'idée de tolérance figure donc une thèse fort simple : nos pensées ne sont pas en notre pouvoir.
    jointe à la conviction que, en matière religieuse, seule la sincérité sauve, elle constitue le fondement de la conception lockienne de la tolérance.

  • A sa parution en 1989, cinq ans après la mort de Foucault, cette biographie fut internationalement saluée comme un événement. Explorant les archives inédites, Didier Eribon y restituait magistralement les mille visages, connus et inconnus, d'un philosophe dont toute l'oeuvre peut se lire comme une insurrection contre la violence des normes et de la normalité. Captant la singularité d'un homme énigmatique et d'une pensée passionnément critique, il la réinscrivait dans ses différentes époques et dans ses multiples dimensions - philosophique, politique, sexuelle... - pour proposer une vaste fresque de la vie intellectuelle française de la deuxième moitié du XXe siècle. Cette nouvelle édition, entièrement remaniée, est largement augmentée de nombreux éléments concernant les relations - positives ou négatives - de Foucault avec Georges Dumézil, Louis Althusser, Jacques Derrida, Pierre Bourdieu, ou encore Simone de Beauvoir... Elle revient également sur les rapports de Foucault à la sexualité ou aux drogues. Qu'est-ce qu'une existence philosophique? Comment un geste théorique s'ancre-t-il dans l'expérience vécue? Telles sont les questions que cet ouvrage entend à nouveau poser, afin de rendre au geste foucaldien et à son héritage leur radicalité.

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