Presses De L'universite De Laval

  • Désormais, tout le monde peut intervenir, donner son opinion, mais il va de soi que toutes les opinions ne se valent pas. Aussi, ce manuel s'adresse à quiconque souhaite prendre position dans un débat ou évaluer de manière critique une position qu'on lui présente comme vraie. Échanger à propos des buts et des idéaux avec les membres de nos groupes d'appartenance nous permet de faire évoluer notre pensée de la simple opinion vers la conviction. La poursuite du dialogue, à des degrés divers, devient ainsi prioritaire pour tout être humain qui aspire à contribuer à l'évolution de sa société. Apprendre à faire preuve d'esprit critique pour justifier rationnellement nos croyances est un programme ambitieux, certes, mais accessible. Il suffira d'adopter une approche résolument épistémologique, c'est-à-dire une approche qui privilégie une recherche rigoureuse de la connaissance. Telle est la proposition des auteurs de cet ouvrage.

  • Les textes rassemblés dans cet ouvrage sont le fruit d'une journée d'étude consacrée à la tradition néoplatonicienne et à la gnose, en l'honneur du Professeur Pierre Hadot, qui se tint au Séminaire des missions étrangères de Paris, dans le cadre des Célébrations du 150e anniversaire de la Charte de l'Université Laval, et du 340e anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec, associé au Séminaire des missions étrangères de Paris depuis 1663 et qui est à l'origine de l'Université Laval. Monsieur Hadot recevait par la suite en Sorbonne un doctorat honoris causa de l'Université Laval, lors d'une présentation dont on pourra lire le texte dans cet ouvrage.

  • En 1914, Bertrand Russell (1872-1970) a déjà accompli une bonne part des travaux de philosophie et de logique mathématique qui feront de lui un des plus importants penseurs du XXe siècle et il jouit d'une exceptionnelle renommée intellectuelle. Mais cette année-là, horrifié par la folie martiale qui déferle sur le monde, il rompt avec le milieu académique et s'engage dans un combat pacifiste, devenant l'ardent militant qu'il sera jusqu'à sa mort. Mais la philosophie ne sera jamais bien loin pour ce militant. Et c'est ainsi que, en 1916, Russell a donné à Londres des conférences dans lesquelles il s'est efforcé, d'une part, de comprendre comment nos institutions ont pu nous conduire au désastre en cours et, d'autre part, d'imaginer de nouvelles institutions - économiques, politiques, éducatives et familiales - qui pourraient empêcher ce désastre de se reproduire. L'ouvrage tiré de ces conférences, Principes de reconstruction sociale, qui n'a rien perdu de sa brûlante actualité, est généralement reconnu comme étant la plus importante contribution de Russell à la philosophie politique. Ce document exceptionnel n'était malheureusement plus disponible aux lecteurs francophones depuis sa première et unique parution en français, en 1924. La présente édition vient combler cette lacune. La traduction en a été entièrement revue et corrigée par Normand Baillargeon qui signe, en plus d'une substantielle introduction qui situe l'ouvrage dans la vie de Russell et dans son parcours intellectuel, l'appareil critique (notes et bibliographie) de cette nouvelle édition des Principes de reconstruction sociale.

  • L'hospitalité répond aux caractéristiques de ces expériences éthiques fondamentales qui tissent la vie des êtres humains. Dans l'échange de l'hospitalité se manifeste la première forme d'une humanité générale. L'hospitalité est une catégorie qui permet d'interpréter la situation générale de l'homme dans le monde. Que nous soyons les hôtes les uns des autres signifie que notre situation dans le monde répond à une structure de la réception et de la rencontre, qu'il existe une liberté pour donner et pour recevoir au-delà des impératifs de la réciprocité. Dans une certaine mesure, ce livre propose une éthique de la contrariété face à une éthique de l'initiative, et vise une idée de la vie bonne plus intéressée à laisser ouverte la possibilité de s'émouvoir qu'à se protéger de toute irruption de l'inattendu. La compétence éthique fondamentale consiste à s'ouvrir vers le tout autre et les autres, à être accessible aux sollicitations du monde, attentif à ce qui est différent de soi-même. Il y a une certaine supériorité morale des petites manies sur l'autosuffisance, de l'amour vulnérable sur le contrôle et la modération, de la générosité de la passion sur la prudence rationnelle, de l'excès sur la simple réciprocité.

    L'éthique de l'hospitalité intervient à propos dans un moment culturel tiraillé par le conflit entre les impératifs de la modernisation et de la croissance, d'une part, et d'autre part, par les exigences d'une éthique de la conservation, de la prudence et de la protection. Face à la fragilité générale du monde, nous assistons à l'émergence d'une forte sensibilité, d'une nouvelle sollicitude et d'un souci de l'autre. Dans ce contexte, le devoir des individus ne consiste pas à se protéger de la société, mais à la défendre, à prendre soin d'un tissu social en dehors duquel aucune identité ne peut se réaliser.

  • Bien des comportements reliés à l'usage d'Internet sont contraires à l'éthique.
    Pensons par exemple à la diffusion de contenus illicites ou offensants, au piratage ou à la violation de données personnelles, au non-respect des droits d'auteur ou encore à la propagande haineuse. L'éthique pourrait se définir comme l'ensemble des valeurs fondamentales à partir desquelles les êtres humains se positionnent et interagissent les uns par rapport aux autres dans le souci du respect mutuel, de la garantie de la dignité humaine et du bien commun.
    Pour tenter de désigner l'éthique sur Internet, des termes nouveaux apparaissent telles la néthique qui fait référence aux règles de conduite à caractère moral, la nétiquette qui correspond aux règles de politesse, de bienséance et de savoir-vivre ou encore la cyberéthique, terme moins attesté, qui recouvre sensiblement le même sens. L'objet du livre est d'offrir un ensemble de réflexions et de résultats de recherches portant sur des problématiques liées au questionnement éthique et à Internet.
    L'identité virtuelle n'est-elle qu'un concept ou correspond-elle véritablement à une dé-prise d'avec le réel ? L'information devenue numérique transforme-t-elle son traitement dans les médias traditionnels au point de répondre aux seuls enjeux de la logique marchande ? La gestion des organisations et des entreprises à l'heure d'Internet ne soulève-t-elle pas de nouveaux défis éthiques pour la communication organisationnelle ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles le présent ouvrage tente de répondre.

  • Il me semble bienvenu de proposer ici quelques exercices de ­­« ­réhabilitation ­» des refusés de la philosophie platonicienne par la médiation de quelques personnages secondaires des dialogues, face auxquels Socrate, semble-t-il, avait toujours raison.

    L'ancien humanisme socratique est aujourd'hui - après Nietzsche, Wittgenstein, Derrida, Foucault et tant d'autres - tombé en ruine. Néanmoins il est encore temps de construire un autre humanisme, plus modeste, défensif plutôt mais plus solide peut-être, un « ­humanisme secondaire ­», mais à condition de se poser la question première ­: où se trouve donc l'origine des erreurs anciennes qu'il faut en quelque sorte expier ­? Quo numine laeso quels sont donc les dieux qui, autrefois irrités par la philosophie socratique, se sont entre temps vengés d'elle, mais aussi, me semble-t- il, de l'être humain dans son intégrité ­? Seule, la réponse à cette question nous permettrait, à mon sens, de repartir la tête haute et de faire comprendre au monde actuel (contemporain du terrorisme de masse, de la manipulation génétique et de la vulgarité du « ­chat ­» sur le net) que Socrate, si irritant pût-il être dans ses prétentions à avoir toujours et irréfutablement raison (une raison assez fragile somme toute), n'est tout de même pas mort inutilement.

    Voyons donc ce qui se passe lorsque Socrate a tort

  • C'est par " L'autorité et l'individu " qu'en 1948 la BBC inaugurait un programme annuel de conférences (The Reith lectures), désormais célèbre.
    Cette première série de six conférences porte sur l'un des problèmes les plus débattus de l'époque moderne : le conflit entre l'ordre et l'autorité d'une part, la liberté individuelle et la créativité d'autre part. Comment entretenir la coopération nécessaire à la survie du groupe sans étouffer l'initiative individuelle et jusqu'au goût de vivre ? Russell examine cette question dans toute sa complexité et esquisse des pistes de solution d'une étonnante actualité.

  • La polémique contre le socialisme a été, dans la modernité politique, parmi les plus soutenues, les plus âpres, les plus opiniâtres.
    De 1830 à 1917 et de 1917 jusqu'à nous, elle a mobilisé continûment une coalition de réfutateurs de divers bords. Cependant, dans la longue durée historique, ce qui apparaît, c'est l'éternel retour d'un nombre fini de tactiques, de thèses, d'arguments formant une sorte d'arsenal où puisèrent les générations successives de polémistes. On peut aujourd'hui encore relever les ultimes avatars de cette argumentation dans les essais d'adversaires d'un socialisme qui, du moins sous sa forme doctrinaire, appartient au passé.
    Dès qu'apparurent les premières écoles qu'un néologisme (daté de 1832) allait désigner comme " socialistes " - et si contradictoires que pouvaient être les systèmes de Fourier, d'Owen, de Saint-Simon et autres " prophètes " romantiques - une partie de l'opinion s'est dressée contre des doctrines et des programmes qui promettaient de mettre un terme aux maux dont souffre la société, mais qu'elle a jugés absurdes, chimériques aussi bien qu'impies, dangereux, scélérats, et dont des hordes d'essayistes se sont employé à démontrer au public la fausseté et la nocivité.
    L'auteur analyse dans cet ouvrage près d'un siècle de polémiques et d'attaques contre le socialisme, de réfutation de ses doctrines et de dénonciation de ses actions. Ses analyses débouchent sur une réflexion sur certains conflits cognitifs propres à la modernité.

  • "Il y a de la révolte à s'imaginer que l'on se puisse révolter": les mots que Retz place dans la bouche d'Anne d'Autriche à la veille de la Fronde illustrent l'interdit que l'absolutisme naissant fait peser non seulement sur toute révolte, mais sur toute représentation de la révolte.
    Les contemporains de Louis XIV, pourtant, n'ont pas manqué de pratiquer à l'envi cabales, complots et conspirations ; et ces réalités du Grand Siècle trouvèrent amplement à s'insérer dans le domaine des belles lettres. Or, si les historiens ont souvent scruté ce type d'événements, les historiens de la littérature se sont relativement peu intéressés au pendant esthétique de ce qui fut, selon Yves-Marie Bercé, un "âge d'or" des conjurations.
    À la suite de Jean Lafond qui, le premier, a attiré l'attention sur la richesse de ce corpus, notre enquête voudrait contribuer à éclairer un pan de cette province négligée des belles lettres en prenant pour objet une série de textes narratifs en prose centrés sur une conjuration et publiés dans la seconde moitié du XVIIe siècle - au rang desquels figurent les chefs-d'oeuvre que sont La conjuration de Fiesque par Retz et La conjuration des Espagnols contre la République de Venise par Saint-Réal.
    Certes, cet ensemble, qui regroupe à la fois des oeuvres de propagande, des histoires tragiques et des nouvelles galantes, ne saurait constituer, pas plus génériquement que politiquement, un tout homogène. Pourtant, ces textes reposent sur des principes esthétiques communs débouchant sur une leçon contraire à ce que l'on pouvait attendre d'oeuvres souvent présentées comme subversives : en jouant, mais pour la désamorcer, sur la hantise de la chute des empires, en faisant l'éloge, mais un éloge paradoxal, des conspirateurs, les textes étudiés se présentent en effet comme autant de leçons d'obéissance pour les sujets et d'arts de gouverner pour les princes, qui reflètent, dans le miroir inversé des conjurations, l'imaginaire d'un âge d'or sous le règne d'un grand roi.

  • Sous la direction de Christian Frenette Normand Baillargeon, Louky Bersianik, Pierre Bertrand, Josiane Boulad-Ayoub, Luc Brisson, Daniel Jacques, Gilles Labelle, Jean Leroux, Jean-Marc Piotte, Marie-Andrée Ricard, Florence Vinit HOMMAGES Hermas Bastien, Jean-Paul Brodeur, François Hertel Cet ouvrage présente quelques acteurs de la scène philosophique québécoise sous la forme d'entretiens, sans égard à leur attachement institutionnel ou doctrinaire et sans prétendre définir une quelconque essence nationale ou la caractériser dans ses principaux traits. Il se compose, comme le premier de la série, de beaux témoignages en faveur d'une philosophie vivante.

    En lisant l'avant-propos et les transcriptions, nous découvrons peu à peu ce que la société veut ou peut attendre de ses penseurs.

  • Voilà un ouvrage de longue portée qui nous conduit au coeur d´un débat philosophique et théologique extrêmement tranchant : notre salut passe-t-il par la reconnaissance du bien commun ou par la reconnaissance de la subjectivité? Le philosophe de l´Université Laval, Charles De Koninck, mort en 1965, avait pris parti pour le bien commun en s´appuyant sur l´oeuvre de saint Thomas D´Aquin.

  • A quoi le philosophe Gilles Deleuze est-il attentif quand il décrit une image, analyse un récit ou fait le portrait d'un personnage? Quelle valeur accorde-t-il aux couleurs, aux enjeux d'un drame ou aux grimaces d'un acteur? Pourquoi s'attache-t-il autant aux auteurs, à Resnais, Visconti, Welles, mais aussi à Ingrid Bergman, à Jerry Lewis et à la petite bonne d'Umberto D? Que penser de sa singulière pratique interdisciplinaire, qui va de la mathématique à la boulangerie? Peut-on vraiment prendre au sérieux le philosophe lorsqu'il défend une histoire s'apparentant à un classement des animaux ou des plantes? Et que faut-il comprendre du but qu'il assigne à sa méthode: faire le concept d'une image, c'est en dégager l'événement? La connaissance de cette méthode doit rendre la philosophie deleuzienne du cinéma assez ordinaire pour que l'apprenti puisse l'explorer en toute confiance et assez vulnérable pour que l'éclairé puisse la détester en toute connaissance de cause, mais, surtout, elle doit entraîner chacun de nous dans l'évaluation de son propre savoir-faire.
    Tels sont les mille plateaux explorés par cet ouvrage.

  • Les collèges québécois viennent d´avoir quarante ans, de même que la philosophie qu´on y pratique. Qu´est-ce qui la distingue depuis ses tout débuts ? Quelles péripéties l´ont marquée durant cette longue période ? Et qu´est-ce qui la caractérise aujourd´hui ?
    C´est à ces diverses questions que tente de répondre cet essai, en dressant le bilan de quatre décennies d´expérimentation philosophique au collégial.

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