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Honore Champion

  • En conjuguant les réflexions d'environ 300 écrivains livrant plus de 500 citations, et l'explication historique des mots, riche de détails éclairants et inédits, est offert ici un panorama très complet pour quiconque se passionne pour l'enseignement et son univers. D'où viennent potache, chahut, pion ? Pourquoi l'élève de l'école n'est-il apparu qu'au XVIIe ? Quelle est l'origine de la tablette numérique ? de la maison d'école ? Jean Pruvost, lexicologue, a donné plus de 4000 chroniques radiophoniques dans lesquelles il raconte les mots, passionnément et joyeusement. « Pion » à 19 ans puis successivement « professeur » de collège, de lycée, d'université, il n'a jamais caché son enthousiasme pour l'enseignement et le fonctionnement du système scolaire. D'hier jusqu'au confinement de 2020 compris...

  • La Méditerranée, ce continent liquide, qui regroupe une pluralité de civilisations, a été le témoin de multiples exemples de politique linguistique.

    Les actes d'un colloque sur ce thème sont réunis ici pour mettre en perspective diverses tentatives d'orientation des langues dans leur évolution naturelle, sans perdre de vue l'attitude des pouvoirs publics face aux langues minoritaires, pratiques parfois séculaires : épuration, rénovation, assimilation, revalorisation...

    Après une réflexion générale sur le statut et les enjeux des langues de la Méditerranée (Louis-Jean Calvet), le point de vue historique et actuel du français est abordé (Sylvain Auroux, Geneviève Zarate, Aviv Amit).

    C'est l'ensemble de l'espace méditerranéen qui est au coeur de nos travaux à travers des études de cas originales. Sont évoquées ainsi les langues du « Nord » et les langues du « Sud », ainsi que la diversité des expériences des langues orientales (Jacob Landau, Il-Il Malibert-Yatziv, Esther Borochovsky Bar-Aba, Yishaï Neuman, Cyril Aslanov sur l'hébreu ; Tahsin Yücel, Cybèle Berk, Johann Strauss et Michel Bozdémir sur le turc), et occidentales (Isabella Palumbo-Fossati Casa sur l'italien, Line Amselem sur l'espagnol, Henri Tonnet sur le grec, Rexhep Ismajli sur l'albanais et de Thomas Szende sur les langues d'Europe balkanique...) sans oublier deux traversées insulaires (avec la contribution d'Alexander Borg sur Malta et celle de Matthias Kappler sur Chypre).

    L'arabisation y est, bien entendu analysée, dans toute sa complexité linguistique, politique, culturelle et identitaire grâce aux contributions de Joseph Dichy, Mohamed Benrabah et Ahmed Boukouss.

    L'audience internationale de ce colloque a démontré l'intérêt de la communauté scientifique francophone pour les travaux présentés par des chercheurs des pays riverains de la Méditerranée qui livrent ici au lecteur, les fruits de leurs rencontres à l'Université de Tel-Aviv, tenues en novembre 2008.

  • La question de la diffusion de la norme du français est au coeur de nombreuses recherches en linguistique historique. Cet ouvrage offre des regards croisés sur la manière dont la sélection de la variété de français considérée comme légitime à enseigner et à transmettre s'opère au cours de l'histoire et dont elle est représentée dans différents types d'ouvrages de référence. Ses contributions réinterrogent les acquis de la linguistique historique sur la base d'éléments (socio)linguistiques, didactiques et/ou épistémologiques et contribuent ainsi à affiner et parfois à remettre en question des théories établies de longue date.

    L'ouvrage montre également comment l'usage peut infléchir le discours théorique ou inversement par quelles stratégies les discours normatifs de certains auteurs parviennent parfois à influencer la réalité de la langue.

  • Les recherches de Leibniz sur le langage sont axées sur deux concepts fondamentaux : la langue originelle et la langue universelle. Il postule l'existence d'une langue originelle parfaite, donnée par Dieu à l'humanité et possédant, de ce fait, les meilleures propriétés possibles. Cette langue se serait composée d'une classification sémantique parfaite en idées premières, logiquement reliées entre elles, et dont les réalisations phoniques reflétaient le plus exactement possible l'essence des concepts. Dans ses projets de langue universelle, Leibniz élabore une classification des concepts (Caractéristique universelle) et une réduction de la grammaire d'une langue naturelle à une forme sémanticosyntaxique logique (grammaire rationnelle). Cette grammaire rationnelle offre de solides analogies avec d'autres systèmes linguistiques, réduits de façons naturelle ou artificielle, ce qui permet de supposer que Leibniz a pu dégager des universaux du langage.

  • Il s'agit ici, en une quinzaine d'essais et l'examen de plusieurs voix féminines et plusieurs littératures, de considérer à nouveaux frais l'inscription du genre - le genre genré, sexuel, masculin/féminin, les entames infinies des différences sexuelles et textuelles - en ce qu'il y va de l'être lettré du vivant et de ses récits aléatoires, lesquels avancent sur les brisées des genres littéraires. Ou, pour le dire autrement : il s'agit, en rapprochant d'une part le concept de « genre », appellation administrative officielle désormais, et d'autre part le phénomène des « écritures migrantes », celles-ci désignant, depuis les années 1980 au Québec, une littérature des bifurs et des troubles de l'introuvable identité, de déconstruire le mot monolithe « genre », par croisées comparatives.

    Les formes d'hybridité étudiées se déploient selon quatre étapes analytiques, scandées par les interventions d'écrivains : Nathanaël (Exulant ou la pluie), Ying Chen (Le plus grand obstacle), Régine Robin (Toutes mes vies) ainsi que les témoignages de Nouryé-Neyr el-Nissa (Notre évasion du harem) et de Yolande Cohen (Retours sur un départ, de Meknès à Montréal). Les analyses considèrent la puissance de subversion des études de genre et leurs enjeux méthodologiques (Partie I : Comment penser-pratiquer une décolonisation de la pensée du genre), les perspectives ouvertes par l'écriture de fiction et les processus de déconstruction poétiquepolitique des appartenances (Partie II : Désappartenir, dénaître ou les langues du dépanneur), la poétique de la désinstallation (Partie III : Exulance, survivance, migrance), et finalement s'attachent aux configurations de l'extrême et des « co-vivances » (Partie IV : Dans l'intervalle, quelles co-vivances ?).

    Sous la dirrection de M. Calle-Gruber, S.-A. Crevier Goulet et C. Lorre-Johnston.

  • « La simplicité, un des maîtres-mots de la culture occidentale », écrivait Renée Balibar en 1994. L'objectif de ce volume, issu des travaux de l'atelier de recherches Textyle, est d'évaluer le pouvoir configurant de la simplicité dans les arts verbaux et non verbaux, et la manière dont elle devient un enjeu culturel, avec ses implications éthiques, esthétiques, spirituelles ou politiques. La question réunit ici stylisticiens, rhétoriciens, littéraires, linguistes, philosophes, sémioticiens et spécialistes des arts non verbaux. Le simple est-il l'élémentaire ? Ou serait-il une réduction de la complexité ? Le simple est-il le sans-art ou le comble de l'art ? Au-delà du domaine esthétique, comment le concept de simplicité, par sa proximité avec les notions de clarté, d'évidence, d'immédiateté, éclaire-t-il l'enjeu sociétal de l'art ? Autant de questions qui, à partir d'une entrée stylistique, sont explorées dans la diachronie, de l'Antiquité à nos jours, et selon une approche transdisciplinaire s'inscrivant dans le cadre général d'une sémiotique des cultures.

    Sous la direction de Sophie Jollin-Bertocchi, Lia Kurts-Wöste, Anne-Marie Paillet et Claire Stolz.

  • La problématique de la dénomination se situe au carrefour de plusieurs champs disciplinaires : la Linguistique, la Terminologie, la Lexicographie, la Psychologie, la Psychanalyse, la Sociologie, la Philosophie (qu'elle soit du langage ou non), la Logique ou encore la Politique et le marketing. Épistémologiquement, la dénomination fournit une notion qui appartient de plein droit à l'appareil descriptif des langues. Le nom dénomination, et le verbe dénommer dont il est dérivé sont respectivement attestés en français depuis le XIVe et le XIIe siècle. Le concept qui leur est associé accompagne le processus de constitution des langues, et plus particulièrement du lexique. C'est dire qu'il se perd dans la nuit des temps. La dénomination est née avec le besoin de l'homme de classer le réel, de le symboliser par la verbalisation, de synthétiser son expérience cognitive sur le monde et d'échanger avec ses semblables. Le présent ouvrage cherche à analyser la dénomination aussi bien comme procédure d'identification et de classement que comme notion appartenant à l'appareil théorique des Sciences du langage, que ce soit au plan du lexique que de celui des discours.

    Sous la direction de Gérard PETIT, Patrick HAILLET et Xavier-Laurent SALVADOR, avec les contributions de : Jean-Jacques BRIU, Sandrine DELOOR, Loïc DEPECKER, Dardo DE VECCHI, Maria Luisa DONAIRE, Marco FASCIOLO, Olivia GUERIN, Adelaida HERMOSO, Mustapha KRAZEM, Philippe MONNERET, Laurent PERRIN, Gérard PETIT, Laurence ROSIER, Jean-François SABLAYROLLES, Xavier-Laurent SALVADOR, Zina SIBACHIR, Jean SZLAMOWICZ.

  • Cet ouvrage examine des items correspondant au prototype de la catégorie des marqueurs discursifs dans certains contextes, ou s'en rapprochant. Les articles sont regroupés sous 4 sections, eu égard au rattachement catégoriel des unités figurant dans la morphologie des marqueurs examinés. Il s'agit:

    - de prépositions et/ou d'adverbes (après/rapport à/dans un premier + second + nième temps, en premier + second + nième lieu/d'une part, d'un côté/au, de, en fait/façon, manière de/d'ailleurs/en même temps) ;

    - de noms, de pronoms ou de déterminants porteurs d'un sens anaphorique ou cataphorique (ce même N/une chose est sûre/c'est ça/c'est que P/comme ça) ;

    - de subordonnants ou mots en qu- (n'importe quoi, qui, où, n'importe comment/comme/bien que/parce que, quand, puisque, quoique/alors que) ;

    - de verbes (comme qui dirait, c'est-à-dire/c'est dire/j'allais dire/si vous voulez).

    Sous la direction de Gaétane Dostie et Florence Lefeuvre.

  • Dans la tradition de la synonymie distinctive en France, l'ouvrage de P. J. Roubaud, Nouveaux Synonymes français, publié à la fin du XVIIIe siècle, est à redécouvrir. Les contributions ici réunies font apparaître son originalité radicale tout en le situant dans un vaste parcours, de la Justesse de la langue françoise de l'abbé Girard (1718) au Dictionnaire des Synonymes de la Langue française de P. B. Lafaye (1858).

    Roubaud, héritier des étymologistes antérieurs comme Ménage, s'écarte de l'examen des seuls signifiés pour opposer des signes, forme et contenu.

    Découvrant dans les affixes des entités oppositives dotées d'un sens spécifique, il est un des pionniers de la morphologie dérivationnelle.

    Sous une forme pré-structurale qui évoque les tentatives d'un Pierre Guiraud, il ébauche une problématique de l'analogie du son et du sens et renoue, comme de Brosses ou Court de Gébelin, avec la matérialité des faits d'articulation.

    Textes réunis par Françoise Berlan et Maria Gabriella Adamo.

  • Philippe SELOSSE: Préface.

    La glose en question(s) : du Moyen Âge aux temps modernes.

    Pierre NOBEL, Hélène VASSILIADOU: Introduction.

    James HIRSTEIN: De la fin du premier chant des Géorgiques de Virgile (notamment sur auriga, G , 1, 514) chez le jeune Beatus Rhenanus (1485-1547).

    Jessica THOULOUSE: De la glose au commentaire : (re)lectures du Serment d'Hippocrate à la Renaissance.

    Daniéla CAPIN, Pierre LARRIVÉE: Gloses et réécritures des textes coutumiers : les métamorphoses de La Coutume de Normandie du Moyen Âge à la Renaissance.

    Stefania CERRITO: Les gloses aux fables d'Ovide dans les Métamorphoses en français de Colard Mansion (Bruges 1484).

    Pierre NOBEL: Du manuscrit à l'imprimé : le traitement des gloses dans l'editio princeps de la Bible historiée publiée par Antoine Vérard.

    Francine GERHARD-KRAIT: Gloses définitoires de mots : les textes préclassiques, le Thresor de la Langue Françoise et la lexicographie contemporaine.

    Hélène VASSILIADOU, Agnès STEUCKARDT :La glose, ses gloses et leurs instruments : que nous apprend le Français préclassique ?

    Varia.

    Guillaume BERTHON: Du plagiarius au plagiaire.

    Comptes rendus et notes de lecture.

    Autour du Dictionarie of the French and English Tongues de Randle Cotgrave (1611), Champion, 2015.
    Le Choix du vulgaire, Espagne, France, Italie (XIIIe-XVIe siècle), Garnier, 2015.
    L'Épithète, la rime et la raison La lexicographie poétique en Europe, XVIe-XVIIe siècles, Garnier, 2015.
    La Muse et le compas : poétiques à l'aube de l'âge moderne Anthologie, Garnier, 2015.
    Yvonne Cazal, Gabriella Parussa, Introduction à l'histoire de l'orthographe, A Colin, 2015.
    Bernard Colombat (éd ), Johan Barton, Donait françois, Garnier, 2014.

    Index lexical.

  • Phraséologie et discours est un ouvrage qui met en regard deux domaines de la linguistique impliquant des objets et des méthodologies spécifiques. Leur croisement permet de voir dans le discours un espace d'« épanouissement » des phraséologismes et dans le phraséologisme une forme que le discours pourrait générer ou épouser pour se configurer. Cette mise en relation, tout en étant un peu distante, promet d'être d'une richesse heuristique certaine, tant elle ouvre des perspectives pour la recherche aussi bien en discours qu'en phraséologie.

    Sous la direction d'Olivier Soutet, Inés Sfar et Salah Mejri.

  • Cet ouvrage, qui renferme un nombre important des contributions de la rencontre d'Europhras à Paris-Sorbonne en septembre 2014, cherche à orienter le débat concernant la phraséologie vers une vision qui tente de sortir la réflexion dans ce domaine des sentiers battus et de permettre l'émergence de nouveaux moyens heuristiques dans l'analyse des faits phraséologiques. On peut ramener les principales interrogations revisitées dans ce volume aux points suivants :

    - le figement est-il de nature uniquement lexicale, syntaxique, sémantique, pragmatique, ou implique-t-il toutes ces dimensions à la fois ?

    - y aurait-il derrière son fonctionnement des principes généraux directeurs dont la connaissance pourrait aider à mieux connaître le phénomène et à les intégrer dans l'analyse des manifestations linguistiques en général ?

    - si de tels principes existent, seraient-ils en mesure d'en préciser la portée et d'en délimiter les unités ?

    - d'où les interrogations relatives aux éléments définitoires de la phraséologie : le processus impliqué dans la création phraséologique et la nature de ce qui est figé : des séquences ? des structures ? des constructions ? des moules ?

    - les grandes difficultés dans la description des faits phraséologiques : la variation, l'opacité et la dimension pragmatique intégrées dans les séquences figées ? Cela se fait dans deux orientations, certes complémentaires, mais tout à fait différentes : l'une insiste sur l'innovation théorique, l'autre privilégie la dimension empirique.

  • S'il y a un domaine où l'approche contrastive trouve le mieux son illustration, c'est bien la phraséologie. De par sa nature, elle implique plusieurs dimensions linguistiques : lexique, syntaxe, sémantique, morphologie, prosodie, orthographe, pragmatique, etc. C'est pourquoi la phraséologie offre aux linguistes un grand nombre de facettes de comparaison entre les systèmes linguistiques abordés dans ce qu'ils ont de commun et de spécifique. C'est en mettant en regard des phénomènes linguistiques tels qu'ils fonctionnent dans deux ou plusieurs langues qu'on peut avoir accès, par un jeu de contrastes, à ce qui pourrait être « universel », ou plus précisément généralisable, ou, au contraire, à ce qui est idiomatique, l'idiomaticité étant ce qui est spécifique à une langue et qu'il n'est pas possible de transférer tel quel à une autre langue.

    Sous la direction de Olivier Soutet, Inès Sfar et Salah Mejri.

  • Accompagnés d'autres articles de Saussure sur le gotique. Edités avec notes et commentaires par André Rousseau.

    Ferdinand de Saussure (1857-1913) a passé dix ans de sa vie à Paris, à l'École des Hautes-Etudes (devenue E.P.H.E.), où il avait été recruté par Michel Bréal comme « Maître de conférences pour le gotique et le vieux-haut-allemand ». Au cours de ces dix années (1881-1891), il a fait très régulièrement des cours sur la langue gotique et parfois sur d'autres langues indo-européennes anciennes (latin, grec, lituanien notamment).

    Nous avons eu la chance de retrouver, plus de cent ans après, deux Cours sur le gotique, celui de la première année (1881-1822), et surtout celui de la dernière année (1890-1891), le plus achevé. Nous sommes heureux d'offrir ces Cours à un public de connaisseurs, après les avoir pourvus d'un appareil complet de notes explicatives, destinées à les rendre intelligibles au lecteur d'aujourd'hui, qui ne manquera pas de les accueillir comme une sorte de testament d'outre-tombe.

  • L'effet cumulatif des recherches menées depuis une cinquantaine d'années dans le champ de l'histoire des théories linguistiques a permis l'élaboration collective d'ouvrages de synthèse importants. Le dynamisme de ce mouvement depuis l'impulsion première ne se dément pas, signe d'un persistant besoin d'histoire dans nos disciplines.

    Néanmoins, aucune synthèse, aucun bilan n'avait été tenté jusqu'ici dans le domaine de l'histoire de la grammatisation du français. Le colloque « Vers une histoire générale de la grammaire française ? » (janvier 2011, université Paris Diderot) a visé à combler ce manque. Le présent volume, qui en rassemble les actes, répond à un double objectif :

    - dresser un état des lieux des travaux consacrés à l'une des traditions en vernaculaire les plus remarquables par la quantité et la diversité des textes et des discours qu'elle a suscités ;

    - articuler l'ensemble des points de vue adoptés par les études récentes dans une histoire générale de la grammaire du français.

    Les 45 articles rassemblés sont distribués en cinq ensembles : méthodologie et enjeux épistémologiques, usages et représentations, grammaire et enseignement, catégories et concepts, questions de syntaxe.

    L'ouvrage se clôt sur un tableau chronologique des grammaires françaises étudiées et deux index (concepts et noms d'auteurs).

    Actes du colloque international de Paris (2011). Édités par Bernard Colombat, Jean-Marie Fournier et Valérie Raby. Réimpression de l'édition de 2012.

  • Au cours des quatre dernières décennies, la pensée d'Olivier Soutet a modifié durablement le paysage de la linguistique générale et française, en France et au-delà, en imprimant la marque d'un guillaumisme revisité aux théories du changement linguistique et aux approches systématiques de la langue. En accueillant en son sein les corpus littéraires et philosophiques, elle a par ailleurs contribué à ouvrir les sciences du langage à un type de recherche que ces dernières n'avaient pas encore osé entreprendre : celui d'une linguistique « poétique », d'une linguistique du « parler créateur ».

    Les contributions ici réunies rendent hommage à cette pensée originale et novatrice. Intitulé « Sens, Texte, Histoire », tout comme le laboratoire de recherche qu'Olivier Soutet a fondé et longtemps dirigé, le volume éprouve la validité d'une sémantique guillaumienne attentive, tout à la fois, au texte littéraire et à la diachronie. La première section de l'ouvrage est nettement orientée du côté de l'épistémologie. La deuxième est consacrée à des questions linguistiques plus pointues, qui mettent en jeu le rapport entre formes et significations. La troisième s'ouvre en direction du champ textuel.

    Sous la direction de Claire Badiou-Monferran, Samir Bajric et Philippe Monneret.

  • À partir du paradoxe de la représentation linguistique du sensoriel, où le sensible demeure à la marge des études linguistiques alors que la langue se trouve être le relais quotidien de notre environnement sensoriel, cet ouvrage collectif souhaite réhabiliter la part sensible présente dans le discours. De l'élaboration théorique d'un nuancier de l'acte perceptif, vu comme sensoriel, expérientiel, perceptuel, évidentiel, voire contrefactuel, à l'analyse pratique d'un discours témoin de sensations multiples, l'articulation entre langue et sens s'avère féconde pour l'avènement d'une linguistique sensorielle.

  • Comment sur le territoire italien passe-t-on du latin de l'époque impériale aux premières expressions en langue romane ? Comment s'instaure un nouveau système de désignation de l'individu ? Comment la variante florentine tend-elle à s'implanter hors de ses limites ? Ce recueil rassemble une sélection de 19 articles de Sylviane Lazard, publiés entre 1973 et 2010, pour une grande part hors de France et donc mal connus. Sa finalité est de les rendre accessibles à un large public français et étranger de romanistes, latinistes, italianistes, historiens de la langue, médiévistes, dialectologues, lexicologues, onomasticiens.

    Maîtrisant un corpus considérable, l'auteur, bien ancré dans le tissu sociologique, parvient à éclairer, par une analyse perspicace des « écarts » et des innovations, une série de thématiques passionnantes que suscite le foisonnement des parlers de cette Italie médiévale.

    Grâce à l'exploration de vastes sources, parfois inédites ou méconnues en France, du VIe jusqu'au XVIe siècle finissant, se dégage le destin paradoxal de la langue italienne : l'idiome toscan étend certes son emprise, mais plusieurs variétés prestigieuses lui résistent durablement. Seul le code oral conserve longtemps la luxuriance des « volgari » médiévaux.

  • Le vieux-saxon en tant que tel n'est pas enseigné en France, ce qui explique qu'il n'y a pas de Grammaire du vieux-saxon écrite en français. Les ouvrages allemands sont anciens et n'ont pas été modernisés, de sorte qu'on sent intuitivement un manque. L'auteur espère avoir comblé cette lacune en proposant une description globale de cette langue (phonologie, syntaxe, formation des mots et traits généraux du lexique) selon le modèle expérimenté dans Grammaire du gotique. Le vieux-saxon ne mérite pas de sombrer dans l'oubli.

  • Dotée d'une histoire à la fois longue et florissante, la langue picarde jouit sans doute de la tradition lexicographique la plus riche de toutes les langues régionales de France.

    En adoptant une approche métalexicographique, cet ouvrage constitue la première description de l'importante activité lexicographique en langue picarde. L'étude proposée vient ainsi combler un vide scientifique important depuis les recensements de Raymond Dubois (1957), Walther von Warturg (1969), et enfin René Debrie (1982). Alors que les aspects grammaticaux de cette langue ont pu bénéficier de travaux qui font date, aucune entreprise de recherche n'est venue à ce jour mettre en lumière l'extraordinaire richesse lexicographique de cette variété linguistique régionale. C'est précisément ce que nous proposons à travers cet ouvrage qui, à défaut de constituer une histoire de la lexicographie du picard - histoire que nous essayerons peut-être d'esquisser un jour -, souhaite ainsi apporter une réflexion sur les reliefs et les contours d'une tradition lexicographique marquée par une intense diversité de productions à la fois lexicologiques et terminologiques.

    À travers cette étude portant sur l'une des langues régionales de France, nous espérons fournir une ébauche du type d'étude qu'il reste à mener plus largement pour illustrer la grande richesse lexicographique de toutes ces langues régionales et/ou minoritaires qui constituent notre patrimoine linguistique.

  • La pensée de Noam Chomsky sur le langage ne se réduit pas aux innovations théoriques qui ont fait la réputation de leur auteur. Sa singularité dans le champ du savoir doit aussi être cherchée dans un programme scientifique qui s'est développé au cours des années dans une absolue cohérence et dans la relative stabilité des options philosophiques qui constituent le fondement épistémologique de la Grammaire Générative.

    C'est précisément à ces dernières que s'intéresse ce livre. Chomsky aborde des questions qui relèvent de la philosophie des sciences et de celle de l'esprit. Les solutions qu'il propose dérivent de la conception qu'il se fait de l'objet d'étude, la grammaire plutôt que le langage, qui, s'il doit être abordé en utilisant les méthodes en usage dans les sciences de la nature, impose aussi la définition d'une épistémologie spécifique.

    Le linguiste doit en effet procéder de façon indirecte pour atteindre une réalité qui est essentiellement de nature biologique. On montre comment, dans le projet chomskyen, se trouvent conciliés innéisme cartésien et substrat neuronal, cerveau physique et esprit abstrait.

  • Ce livre retrace les changements qui se sont opérés dans la description de la parole du XVIe jusqu'au début du XXe siècle en rassemblant des travaux de spécialistes de différentes époques historiques et spécialités. Ce croisement interdisciplinaire permet de montrer et d'expliquer de manière fine le passage progressif d'une méthode introspective à une méthode de type expérimentale. Grâce aux différentes spécialités des auteur(e)s, il est possible d'aborder une variété de méthodes et d'approches d'étude de la langue parlée.
    Cet ouvrage convie ainsi le lecteur à découvrir en leur compagnie l'évolution de la pensée et de la description de la parole qui en découle, tout en s'inscrivant dans les courants esthétiques et culturels de chaque époque.

  • Envisager la place du français et des autres langues de savoir dans la réalité des activités scientifiques et de transmission des connaissances, tel est ici l'objectif. La condition d'existence d'une conversation scientifique qui s'universalise n'est pas d'adopter l'idiome dominant des échanges mondiaux, l'anglais, mais de rechercher des dispositifs de communication équitables. Où l'on retrouve la traduction avec ses outils contemporains et l'appel à « plus d'une langue ! » Mais au bénéfice des populations de toutes les aires linguistiques, il importe que soit préservé et continue de s'enrichir dans ses registres scientifique et technique ce bien commun qu'est le français.
    Contributions de Mmes et MM. Ameisen, Bonnissent, Boum II, Cano, Cassin, Charest, Combes, Cormier, Cossart, Dacos, Darcos, Dardel, Falquet, de Gaudemar, Gaudreault, Grin, Hambye, Hamel, Judet de La Combe, Klein, Klinkenberg, Kübler, Lafforgue, de Maisonneuve, Riester, Römer, Saint-Geours, de Sinety, Tiercelin, Zinsou.

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