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Karthala

  • Sur la base d'une dramatisation caricaturale, la guerre sévirait partout en afrique.
    Grand corps mou et fantasque, le continent, impuissant, serait engagé dans un processus d'autodestruction ravageante. l'action humaine, stupide et folle, y suivrait presque toujours autre chose qu'un calcul rationnel. cannibalisme, pandémies et pestilence partout imposeraient leur loi.
    Non point que de détresse, il n'y en ait point. d'horribles mouvements, des lois qui fondent et ordonnent la tragédie et le génocide, des dieux qui se présentent sous le visage de la mort et de la destitution, des cadavres errant au gré des flots, des menaces de toutes sortes, des ondes aveugles, des forces terribles qui, tous les jours, arrachent les êtres humains, les animaux, les plantes et les choses à leur sphère de vie et les condamnent à mort : il y en a, en effet.
    Ce qui fait cependant défaut, loin des culs-de-sac, des constats à l'aveuglette et des faux dilemmes (afropessimisme contre afrocentrisme), c'est la radicalité du questionnement.
    Car ce que l'afrique en tant que notion met en crise, c'est la façon dont la théorie sociale a, jusqu'à présent, pensé le problème du basculement des mondes, de leurs oscillations et de leurs tremblements, de leurs retournements et de leurs déguisements.
    C'est aussi la façon dont cette théorie a échoué à rendre compte du temps vécu dans sa multiplicité et ses simultanéités, sa volatilité, sa présence et ses latences, au-delà des catégories paresseuses du permanent et du changeant qu'affectionnent tant d'historiens.

  • La lutte contre la corruption est aujourd'hui devenue le leitmoitiv de toutes les politiques menées en Afrique au nom du développement.
    Echouant très souvent à atteindre leurs objectifs, ces politiques anticorruption sont rarement étudiées en profondeur. Olivier Vallée en offre ici une analyse novatrice et radicale, fondée sur une connaissance intime des rouages de l'économie politique du continent. Ce livre propose une ambitieuse théorie critique des politiques internationales et locales de lutte contre la corruption, mais aussi une herméneutique des discours moraux et normatifs qui les accompagnent.
    A partir de l'analyse comparée des deux pays stigmatisés par Transparency International, le Cameroun et le Nigeria, il retrace la floraison de discours, d'enquêtes, de lois et d'organes de contrôle qui tentent d'endiguer la corruption africaine. Il raconte aussi les retournements et la réversibilité de ces processus d'endiguement.

  • Le premier volume porte plus précisément sur la sociologie historique de la guerre, en rapport étroit avec celle de l'Etat clientélisme étudiée dans ce second volume. Christine Messiant retrace ici l'histoire sociale du MPLA, le mouvement jusqu'à ce jour dominant, pour mieux montrer en quoi ses caractérisitiques ont engendré une misère profonde qui rend le clientélisme d'autant plus nécessaire et extrême. Elle montre que la pacification sans démocratisation (1991-2002) a fait place à un multipartisme sans démocratie qui a permis une reconversion économique hégémonique de la nomenklature au pouvoir.

  • Des lendemains de la première guerre mondiale à la veille de la chute du Mur de Berlin, la trajectoire de Habib Bourguiba, né en 1903, s'est confondue avec le " court XXe siècle ".
    Tour à tour journaliste militant, avocat, leader de parti et chef d'Etat, le fondateur de la République tunisienne aura vécu pour la politique soixante années durant, dont la moitié vouée à l'exercice du pouvoir. Déposé en 1987 par un coup d'Etat " constitutionnel ", il s'est éteint en l'an 2000, dans la solitude d'une semi-captivité. Au-delà des particularités de la scène tunisienne, la figure de Bourguiba est partie prenante des conflits et recompositions du " siècle des extrêmes " : l'apogée des empires coloniaux et les mouvements d'indépendance nationale, la monte des fascismes et leur liquidation à l'issue de la seconde Guerre mondiale, l'ordre mondial bipolaire de la guerre froide et l'implosion de l'URSS, l'essor de l'État social et son démantèlement sous la poussée des force du marché, la sécularisation des formes sociales et le renouveau des idiomes religieux...
    La trace de Bourguiba, réformateur, décolonisateur et tuteur du développement serait-elle dépourvue de prolongement au-delà du siècle qu'elle a parcouru ? N'aurait-elle de signification et de portée qu'au regard de la seule Tunisie ? N'aurait-elle laissé en héritage que l'autoritarisme ? Plutôt que de faire oeuvre biographique, cet ouvrage rassemble des contributions et des témoignages inédits. Il se propose d'analyser et d'interpréter des moments et des sites du parcours de Bourguiba dont les enjeux et la profondeur dépassent, souvent de loin, sa personne et son action.
    Non point pour les besoins d'un quelconque procès en canonisation ou, à l'opposé, en usurpation d'histoire. Mais tout simplement parce que s'abstenir de poser les jalons d'une évocation de la trace et de l'héritage de Bourguiba serait renoncer à la compréhension d'un présent si pesant.

  • La décomposition de l'URSS est un phénomène mystérieux que les spécialistes n'ont pas fini d'explorer. Que s'est-il passé pendant la perestroïka, cette courte période (1986-1991) où tout a basculé ? L'une des singularités de cet ouvrage est de ne pas se concentrer sur le jeu des élites dans les hautes sphères du pouvoir politique, mais sur celui d'acteurs plus ou moins oppositionnels localisés dans leurs périphéries. Il reconstitue l'événement à travers l'histoire des clubs politiques "informels" de Moscou, organisations indépendantes du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) apparues en 1986-1987. Cette mobilisation originale naît dans les milieux universitaires pour s'étendre rapidement dans l'espace social. Sans adopter la stratégie classique d'opposition frontale, elle parvient néanmoins à ébranler les fondements du système politique. Les clubs informels sont des acteurs importants, bien que mal connus, de cette mutation. Ils ont contribué à façonner le nouvel espace politique concurrentiel qui émerge en 1987 et se modifie radicalement à partir de 1989, lorsque les premières élections libres déclenchent une compétition effrénée et généralisée.

  • Postface de l'auteur à la nouvelle édition.
    Si la signature d'accords de paix (Niamey, 24 avril 1995) mit fin à la rébellion touarègue au Niger, le problème posé par l'insertion de cette société dans un Etat et une économie moderne ne semble pas pour autant résolu. A travers l'étude du développement de la région d'Agadès, l'auteur comprend une histoire politique et économique du pays touareg nigérien. Cette genèse met à nu les mécanismes qui ont amené l'accumulation des groupes marchands arabes, haoussas et djermas-songhaïs et ceux qui ont conduit à la marginalisation de la communauté touarègue qui n'a pas pu, ou su, s'insérer dans le nouveau tissu économique mis en place dès l'époque coloniale.
    L'ouvrage, qui se défend de tout parti pris, s'efforce de souligner les terribles défis que doivent relever les Touaregs afin de mettre fin à leur situation de sous-développement. A l'aide de l'Etat nigérien et des bailleurs de fonds internationaux, un sursaut salvateur s'impose pour que cette société prenne enfin sa place dans le monde contemporain et ne devienne pas le figurant d'un merveilleux décor parcouru par des touristes avides d'exotisme. La marche de l'histoire ne l'attendra pas...

  • Cet ouvrage, fruit d'une recherche en ethnologie urbaine, est une contribution à l'analyse des pratiques sociales et spatiales d'enfants et de jeunes qui vivent dans les rues de Mexico. Bien que Mexico soit souvent qualifiée de dangereuse et d'extrêmement violente, la rue n'est pas toujours vécue de manière négative, elle peut être une référence positive pour une partie de ceux qui y habitent. Cet ouvrage nourrit ainsi les réflexions et les débats des sciences sociales sur le phénomène de l'exclusion en s'appuyant sur une mise en perspective du discours des acteurs.

  • Commémorations célébrant le courage et l'héroïsme au combat, exaltation du patriotisme dans le discours politique et l'espace public, mise en avant des forces armées, politique étrangère visant à la restauration du statut de grande puissance du pays : la Russie semble saisie d'une vague de patriotisme sans précédent dont les formes les plus radicales comme les discours de la " préférence nationale" , les agressions racistes ou la violence extrême du conflit tchétchène, inquiètent.
    Rassemblant des contributions de spécialistes de la Russie autour de l'éducation militaire, des relations entre l'Église et l'Armée en passant par la réforme des troupes, la production de feuilletons patriotiques ou les stratégies de contrôle de l'information, cet ouvrage s'intéresse à la production, à la diffusion et à la mise en oeuvre des discours et des initiatives patriotiques et militaires. Au-delà des aspects les plus spectaculaires, et en s'interrogeant aussi sur les continuités historiques, il montre que le militaire garde une place centrale dans les institutions et la société russes contemporaines.

  • Comment rendre compte d'un événement aux facettes aussi multiples qu'un forum social mondial (fsm), cette grande réunion des altermondialistes et de tous ceux qui revendiquent un autre monde possible ? qui sont les participants au fsm : curieux, militants, activistes, membres d'organisations non gouvernementales et parfois " jet-set de l'altermondialisme " ? enfin, que signifiait le fait de tenir le forum social 2007 en afrique, à nairobi, après notamment porto alegre et mumbai ? cela changeait-il la visibilité de l'afrique dans un événement militant international ? cela influait-il sur la façon dont l'afrique était mise en paroles et en discours, par les militants altermondialistes et notamment par les participants africains au fsm ? c'est à toutes ces questions que ce livre entend se consacrer.
    Il réunit, sous une forme accessible et originale, les contributions d'une équipe de chercheurs et jeunes chercheurs en sciences sociales qui pendant tout le forum en a mené une observation collective et qualitative. loin des formats aseptisés et positivistes de certains courants des sciences sociales, il rend compte de ses débats, de ses protagonistes, de ses lieux, de ses à côtés - de ses paradoxes et de sa complexité aussi.

  • En 1994 s'accomplissait au rwanda le dernier génocide du xxe siècle.
    En trois mois, un million d'hommes, de femmes, de vieillards et d'enfants étaient exterminés uniquement parce qu'ils étaient tutsi. il est vite apparu que la question des responsabilités françaises était incontournable. la france a en effet soutenu un régime fasciste qui couvait l'idéologie et les forces du génocide, puis ces forces en train de commettre l'abomination, avant de favoriser leur repli et leurs préparatifs de " revanche ".
    Les voix qui dénonçaient en france ce sinistre scandale ont été vite étouffées par une chape de plomb politico-militaire et une désinformation incessante. en 1998 cependant, les révélations du journaliste patrick de saint-exupéry contraignaient une mission d'information parlementaire à soulever le couvercle, mais pour conclure seulement à une " erreur " d'appréciation politique, en dépit du contenu même de son rapport.
    Un ensemble d'associations et de citoyens a estimé ne pas pouvoir laisser dans un tel déni la commémoration des dix ans du génocide. ils ont organisé, du 22 au 26 mars 2004, une commission d'enquête citoyenne (cec), appuyée par plus de huit mille signatures. cette semaine intense de travaux et de débats est retranscrite dans le présent ouvrage : rapports, documents (pour certains inédits), paroles d'experts, de rescapés et de bourreaux se prolongent dans les échanges de la commission.
    Les membres de la cec, même ceux qui connaissaient très bien le sujet, ont été saisis d'effroi et de dégoût devant ce qui ressort d'un tel faisceau de preuves et d'informations : leur pays est inextricablement mêlé à un génocide. réfléchissant, décidant et agissant comme si ce génocide n'était qu'un phénomène collatéral d'une guerre civile, les responsables civils et militaires de la france ont favorisé de fait son accomplissement.
    Notre pays ne veut toujours pas le savoir, ni assumer ses responsabilités, ni demander des comptes à ses plus hauts dirigeants. au printemps 2004, la cec n'a pas été seule à relever cette évidence. désormais, il y a deux attitudes incompatibles. certains continueront de considérer que la raison d'etat doit protéger le noeud politico-militaire engagé dans un génocide, dans le sillage d'une doctrine qui a des accointances avec tous les fascismes.
    Pour d'autres, la mémoire des victimes rwandaises, les leçons de ce génocide après celui des juifs où l'etat français s'était déjà trouvé compromis, la prévention de futurs crimes de masse, en afrique ou ailleurs, l'avenir de la démocratie en france, imposent de faire la vérité et d'y restaurer des contre-pouvoirs. la lecture de ce livre peut contribuer à accroître le nombre des citoyens qui refusent l'intolérable.

  • Le mot de gouvernance revient désormais à tout propos, comme une espèce de brevet de compétence que les dirigeants qui l'utilisent à profusion se décernent à eux-mêmes, mais sans que " les gouvernés " que nous sommes ne comprennent en général de quoi ils parlent précisément.
    Cet ouvrage se propose d'éclairer " ce que gouvernance veut dire ", sous ses multiples angles d'application et depuis divers lieux l'Europe, le Mexique et l'Amérique du Nord. Le mot souvent ne fait guère que se substituer à celui de gouvernement, sans rien y ajouter, sinon une tonalité caressante inspirée par la mode. D'autres fois, pourtant, il possède des significations bien définies, mais malheureusement dispersées, applicables selon les cas à la conduite des entreprises, ou bien à la gestion des villes, ou encore au fonctionnement d'un système international en quête de procédures nouvelles.
    Cela sans oublier la " bonne gouvernance " exigée des pays pauvres par la Banque mondiale, de même que la gouvernance européenne qui est synonyme du mode de gouvernement post-étatique de l'Union européenne. Au constat de tous ces frémissements qui modifient l'art de mener les peuples, une question cruciale surgit finalement à l'esprit. La gouvernance n'est-elle qu'une simple méthode ou technique nouvelle de " management " de nos sociétés ? Ou bien ne faudrait-il pas y voir déjà le nom d'un régime politique en gestation, futur certes, mais proche, celui d'une après-démocratie qui s'insinuerait dans nos pays sans que nous y prenions encore garde ?.

  • Le genre comme objet de recherche ne participe pas du domaine des objets consacrés et légitimes de la recherche en sciences sociales dans la plupart des pays d'Afrique noire.
    Ce qui est mis en relief, dans cet ouvrage, c'est l'absence relative d'intérêt des hommes, chercheurs en sciences sociales, pour une réflexion sur le genre. La biographie sociale du sexe peut être comprise comme une entreprise de mise en échec de la violence symbolique constitutive de la domination masculine. Ainsi se rejoignent savoir et pratique, science et militantisme. L'analyse de genre enrichit le champ d'étude des sciences sociales.
    Elle évite résolument le sentier périlleux et tortueux de la sociobiologie empruntée par Fukuyama pour rendre compte des rapports hommes-femmes au Cameroun. Les contributions réunies ici abordent le genre aussi bien sur le terrain de l'Etat, de l'école que sur celui de la société et de l'économie camerounaises. Si la route qui conduit à la parité des sexes est encore longue à parcourir, il reste que l'observation dévoile des tendances de modifications des valeurs et des pratiques contribuant, dans une certaine mesure, à moins infirmer les femmes et à délégitimer en partie la civilisation phallocratique des moeurs de genre.
    Le genre est abordé ici comme ayant partie liée avec le changement social.


  • si le pouvoir politique en europe et en asie du sud-est a historiquement récupéré les symboles religieux pour fonder sa légitimité de médiateur entre le monde terrestre et le monde céleste, rien de tel ne s'est produit dans la version sunnite de l'islam moyen-oriental.
    très tôt, la conscience musulmane, iconoclaste et farouchement égalitaire, a suspecté dans l'état une structure idolâtre ; très tôt elle a cherché à lui dénier toute prétention à jouer le rôle de médiateur, ou à prétendre refléter un ordre autre
    que l'ordre mondain. comment cette entreprise a-t-elle été menée jusqu'à son terme et par quels moyens ? avec quelles conséquences ? c'est en croisant les trois histoires de l'état dans ces trois aires culturelles, ainsi que les théologies politiques qui les ont accompagnées, que la réponse est venue en même temps que la certitude qu'aucun état ne peut se constituer dans un vide religieux total, entendu un iconoclasme total.
    la surenchère actuelle sur " l'état
    musulman " est la pièce maîtresse où se joue le drame obscur de la conscience arabo-musulmane dans sa quête impossible de fixer l'état sur un socle religieux inexistant, parce que sapé par l'iconoclasme. dans les aires occidentale et malaise, anciennement travaillées
    par l'idéologie indo-européenne et indo-bouddhiste, le lien religieux, nonobstant ses métamorphoses, a été maintenu.
    et c'est en cela que réside leur capacité réelle d'organiser aussi bien l'exercice du pouvoir que celui de la liberté. au moyen-orient, la rupture du lien religieux a rendu la liberté fatale au pouvoir et le
    pouvoir fatal à la liberté.

  • Vouloir étudier le retour de quelques milliers de Palestiniens dans les zones autonomes de Cisjordanie et de la bande de Gaza après les accords d'Oslo, c'est se heurter à la difficulté de nommer le phénomène.
    La langue française n'offre guère de terme adéquat pour traduire l'arabe Widûn ou l'anglais returnee, deux vocables communément utilisés dans les Territoires pour désigner ceux qui sont venus ou revenus s'installer en Palestine après 1993. La difficulté de nommer invite à s'interroger sur la nature du processus observé. Les returnees doivent-ils être pensés comme une catégorie spécifique et parfaitement délimitée, ce " triste convoi de returnees et de rêveurs " dont parlait Mahmoud Darwish, nourri d'une mémoire restauratrice qui prétend retrouver une terre à investir ? A moins qu'ils ne viennent plutôt donner un visage concret à une dynamique du retour attachée à un moment singulier, celui de la cristallisation d'une patrie palestinienne en devenir, de part en part traversée par l'exil.
    Concept sociologique ou référence symbolique, catégorie d'analyse ou schème de représentation, tel est bien l'enjeu du débat sur la figure du returnee dans la Palestine d'Oslo.

  • Dans leur quête démocratique, les sociétés africaines francophones, veillées par les partis uniques, ont fait des Conférences nationales des scènes de l'invention démocratique. Mais à peine sont-elles achevées que les dictateurs, chassés quelque temps auparavant, reviennent et retrouvent une légitimité plus grande encore, sinon jamais perdue. Après le désenchantement de la décolonisation, voici venu celui de la démocratie dont la mise en chantier semble n'avoir produit que des sociétés menacées d'autodestruction. Au Congo-Brazzaville, la Conférence nationale de 1991 a ouvert la voie au pluralisme politique et aux premières consultations libres. Pascal Lissouha a succédé, sans heurts, à Denis Sassou-Nguesso à la tête de l'Etat. Mais de parades militaires en coups d'État successifs, ce pays a sombré, de 1993 à 2002, dans une longue guerre civile où chacun des principaux belligérants est soutenu par des milices armées : Bernard Kolélas par les Ninjas, SassouNguesso par les Cobras, et le gouvernement par les Aubevillois (Cocoyes) ou Zoulous. Ces trois leaders, d'une même classe d'âge politique, se l'ont la guerre au rythme des coalitions qu'ils tissent entre eux suivant la logique du tiers exclu, chaque alliance correspondant à un épisode de la guerre civile : 1993-994, 1997, puis 1998-2002.
    Au milieu des morts et des " déplacés " par milliers, les affaires vont bon train ; le pétrole coule à flots et ses dividendes alimentent les camps en guerre. Et là où paradent les miliciens, fleurissent les mercenaires et les marchands d'armes, surgissent les prophètes. L'histoire ne trouve à se singulariser que par le retour aux formes archaïques du mercenariat colonial ou aux valeurs du millénarisme. L'horizon politique serait-il bouché au point de désespérer du changement démocratique ? Quelles sont les raisons immédiates et profondes de cette flambée de violences qui a embrasé le pays ? Comment en est-on arrivé à ce gradient d'instabilité politique qui retarde jusqu'à la résorption du conflit ? Voici quelques-unes des interrogations qui courent tout le long de cet ouvrage où transparaît que la guerre civile au Congo-Brazzaville est l'expression de la conflictualité entre la volonté populaire d'en finir avec un ordre autoritaire et sa réhabilitation par les armes.

  • Depuis le sommet de Seattle contre l'OMC en 1999, le mouvement altermondialiste s'est durablement inscrit dans notre actualité.
    La presse internationale donne la parole à ses dirigeants et relaie ses initiatives. Mais que sait-on vraiment de ce courant ? S'agit-il, comme le proclament les acteurs de cette nébuleuse, d'un mouvement nouveau, homogène et transnational car se développant au-delà des frontières nationales ? D'un mouvement unifié par une lutte globale ? Les études publiées dans ce livre interrogent ces évidences.
    Elles sont le résultat d'une coopération entre chercheurs européens et proposent ainsi une histoire comparée des mouvements anti-globalisation. Contre le mythe d'une société civile transnationale, les auteurs montrent que la mondialisation reste profondément ancrée dans des contextes nationaux et qu'il n'existe pas de " génération spontanée " d'un mouvement altermondialiste transnational. Pourtant, en dépit de ses différences, le mouvement engagé contre la mondialisation a su présenter un visage uni et parfois unifié.
    En utilisant avec habileté certaines techniques de communication et en s'appropriant des manifestations institutionnelles internationales, il s'est construit comme un pôle d'opinion incontournable. C'est à la naissance de ce mouvement social que ce livre vous invite.


  • la croissance démographique de l'afrique de l'ouest, ses conséquences sur la croissance urbaine et les crises socio-politiques récurrentes ont complètement modifié les conditions de production et de consommation alimentaire dans la sous-région.
    la demande en nourriture dans les principaux centres urbains est devenue exponentielle, avec une forte dépendance du marché international. cette demande ne concerne plus seulement les produits alimentaires à l'état brut, elle porte aussi sur les denrées transformées telles que les conserves alimentaires, les produits congelés et les huiles végétales. par rapport à cette demande forte en aliments de base, les populations ouest-africaines cherchent elles-mêmes à s'adapter en mettant davantage l'accent sur des innovations.
    celles-ci concernent à la fois les nouvelles cultures pratiquées, dont notamment un développement extraordinaire de l'agriculture périurbaine, la conception de nouveaux aliments et l'évolution des anciens mets traditionnels. ces innovations concernent aussi la façon de présenter ces nouveaux mets aux consommateurs urbains. ainsi, le faible pouvoir d'achat des populations urbaines entraîne désormais le développement extraordinaire des aliments de rue, en lieu et place de la restauration moderne où le coût des aliments reste élevé.
    ce livre étudie ces diverses innovations à travers les expériences de transformation et de présentation des aliments prêts à être consommés, il évoque aussi les risques liés à ces innovations. l'ouvrage est structuré en quatre chapitres ayant trait à des études de cas centrées sur le burkina faso, le ghana et la côte d'ivoire.

  • Les politiques de développement et les savoirs qui les sous-tendent ont, au cours des dernières décennies, été profondément marqués par le processus de globalisation en cours.
    Cependant, par-delà les effets de mode et le poids dominant de certains acteurs, les savoirs mobilisés demeurent multiples et les questions en débat restent nombreuses. Confronté à ce constat, le GEMDEV, en publiant en 1993 " L'état des savoirs sur le développement " avait, discipline par discipline, contribué à ce débat nécessaire. Quinze ans plus tard, le présent ouvrage propose de le poursuivre en se focalisant sur quelques questions nouvelles ou apparemment nouvelles.
    La première partie de l'ouvrage souligne les défis posés par la globalisation des discours et des pratiques à la production et la mobilisation des savoirs comme à l'élaboration des politiques de développement. La notion de développement est remise en cause, tout particulièrement du fait de l'accent mis sur celle de développement durable. Dans le même temps, la perte de spécificité des politiques nationales de développement semble indiquer une tendance à la normalisation des approches.
    A partir de l'examen de champs analytiques particuliers que sont l'urbain, le rural, l'éducation et l'intégration régionale, la deuxième partie de ce livre s'efforce de montrer la nécessité et les difficultés du dépassement des approches disciplinaires, souvent dominantes chez les chercheurs mais qui apparaissent complémentaires pour l'élaboration des politiques de développement.


  • ce livre offre un témoignage direct sur le parcours d'un homme que les médias présentent comme le responsable de la guerre qui se poursuit en république démocratique du congo, dans la région du kivu.
    après s'être engagé dans le conflit rwandais qui s'est achevé par le génocide de 1994, ce tutsi congolais a continué sa lutte lors des deux guerres successives qui ont enflammé le congo en 1996-1997 et entre 1998 et 2002. depuis les accords de paix de 2002, les tensions qui persistaient dans sa région natale l'ont conduit à contester le régime du président kabila et à créer son propre mouvement politico-militaire, le cndp (congrès national pour la défense du peuple).
    depuis 2005 il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. fin 2008, il est au coeur de la guerre qui fait de nouveau rage au kivu. il fallait comprendre la logique qui anime ce chef rebelle et son mouvement pour expliquer la guerre au kivu. laurent nkunda a accepté de jouer le jeu de la biographie, de livrer des souvenirs et de donner accès à des documents qui ont pu être confrontés aux données de l'enquête que l'auteur a menée dans cette région en conflit, grâce au tissu de relations dont il disposait sur place.
    on trouvera ici un éclairage sur un " chef de guerre " atypique, mais aussi sur la situation complexe de l'est du congo, alors qu'à l'orée de l'année 2009 se profile le risque sérieux d'une troisième grande guerre en afrique centrale.

  • Symbole de la réinvention par l'Afrique de l'utopie démocratique, la Conférence nationale n'a pas toujours été bien comprise. Le Camerounais Fabien Eboussi Boulaga propose de délaisser l'anecdotique de la conférence nationale pour n'en tenir que la portée universelle.

  • Le travail de mémoire sur la répression sous les régimes dictatoriaux d'Amérique latine dans les années 60 à 80 du XXe siècle n'est pas achevé. Pour le Brésil, il faut rappeler le livre du dominicain Frei Betto sur les tortures subies par les opposants au régime et le souvenir de son frère Tito mort en France sans avoir pu se remettre de ses années de prison. Au Chili, la résistance a connu beaucoup d'exilés et de morts. En Argentine, il y a eu les assassinats de l'évêque Angelelli, du prêtre français Gabriel Longueville, des soeurs Alice Damon et Léonie Duquet et de bien d'autres. Dans le présent livre, il s'agit de l'Uruguay qui a connu une sévère dictature de 1973 à 1985. Des milliers de personnes y ont été séquestrées et torturées, y compris sexuellement. Une fois la démocratie rétablie, un groupe de femmes a commencé à se réunir à partir de 1997 pour parler des sévices subis et retrouver la dignité face à elles-mêmes. Le lecteur trouvera ici le récit de ce travail qui s'est étalé sur plusieurs années. Des 300 femmes qui se sont rencontrées dans cette entreprise de reconstruction, 28 d'entre elles ont déposé une plainte en justice, à titre personnel et collectif. Non pour crier vengeance, mais pour refuser le déni et réclamer justice, dans l'espoir que cette dénonciation guérisse une génération entière et rappelle au peuple uruguayen ses responsabilités futures. Un livre qui est à la fois un témoignage en l'honneur de ces femmes courage et une alerte pour nos consciences, sur le risque toujours possible du retour à la barbarie. L'ouvrage est accompagné du DVD « Graines de lumière », réalisé par Lucia Wainberg.

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