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La Decouverte

  • La guerre sociale en France : aux sources économiques de la démocratie autoritaire Nouv.

    La tentation d'un pouvoir autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat Macron.
    Depuis des décennies, la pensée néolibérale mène une guerre larvée contre le modèle social français de l'après-guerre. La résistance d'une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu'ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d'un compromis social. À partir de la crise de 2008, l'offensive néolibérale s'est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre.
    Emmanuel Macron apparaît alors comme l'homme de la revanche d'un capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le travail, avec l'appui de l'État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour « civiliser » la lutte de classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d'une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l'époque. Le pouvoir n'a ainsi d'autre solution que de durcir la démocratie par un excès d'autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l'épuisement de la société doit provenir son obéissance.

  • Un millier de lettres, plus encore en temps de covid, sont envoyées quotidiennement au chef de l'État. Qui sont les Français qui s'adressent ainsi au président ? Que lui écrivent-ils et pourquoi ?
    Des interpellations véhémentes ou menaçantes aux requêtes désespérées, en passant par l'expression de revendications ou de positions politiques, ces missives révèlent quelque chose de l'opinion en même temps qu'elles véhiculent une vision de la fonction présidentielle. Si certaines sont bien acheminées sur le bureau du chef de l'État, quand la plupart sont orientées vers les administrations compétentes ou reçoivent des réponses types, toutes les lettres sont préalablement triées et soupesées, transformées en chiffres, en graphiques et en tableaux. Les courriers jugés représentatifs deviennent l'une des fenêtres par lesquelles un président de la République peut jauger les protestations, évaluer sa popularité et le consentement de ses concitoyens aux politiques qu'il conduit.
    En pénétrant dans le Service de la correspondance présidentielle et en accédant aux courriers adressés aux présidents de la République, principalement sous François Hollande, mais aussi sous Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron et, indirectement, sous François Mitterrand, cette enquête de sociologie politique offre une analyse inédite de certains rouages de l'Élysée. À côté d'autres moyens de mesure de l'opinion que sont les manifestations, les débats médiatiques, les sondages ou les réseaux sociaux, les lettres au président permettent d'appréhender ce que celui-ci pourrait potentiellement savoir de ce que vivent et pensent « les Français ».

  • La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Élysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige...
    Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ?
    Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.

  • Quand tout sera privé, nous serons privés de tout ! Ce slogan, vu dans les manifestations contre la réforme des retraites ou en défense de l'hôpital public, à l'hiver 2019-2020, est le révélateur d'une prise de conscience collective : alors que les controverses autour des privatisations n'ont longtemps intéressé que des cercles restreints, désormais des mobilisations citoyennes nombreuses s'opposent à ces opérations de prédation, considérant qu'il serait irresponsable d'abandonner des biens publics aux logiques concurrentielles.
    Depuis 1986, la France est frappée par les privatisations. Avec le temps, le séisme a pris de l'ampleur et, après les banques, l'industrie et la finance, de nombreux secteurs stratégiques et services publics sont cédés aux appétits privés (aéroports, autoroutes, EDF) et d'autres sont directement menacés (Sécurité sociale, hôpital public, université, La Poste, SNCF). Le modèle français est démoli par pans entiers au profit d'une marchandisation généralisée.
    Le nouveau capitalisme, plus tyrannique que le précédent, ne connaît pas de bornes, et ce livre apporte de nombreuses révélations sur l'affairisme qui a constamment accompagné ces cessions. Toutefois l'analyse de ce processus montre que toutes les grandes vagues de nationalisations du xxe siècle ont débouché sur des échecs. C'est pourquoi il invite à former un nouvel avenir loin du capitalisme (comme du communisme) d'État : celui des communs.

  • Les raisons de se révolter ne manquent pas.
    Mais, en démocratie, s'engager dans un combat contre l'injustice, l'inégalité ou la domination est un geste qui doit s'exprimer sous une forme d'action politique acceptable. Parmi ces formes se trouve la désobéissance civile : elle consiste, pour le citoyen, à refuser, de façon non violente, collective et publique, de remplir une obligation légale ou réglementaire parce qu'il la juge indigne ou illégitime, et parce qu'il ne s'y reconnaît pas.
    Cette forme d'action est souvent considérée avec méfiance : pour certains, elle ne serait que la réaction d'une conscience froissée, puisqu'elle n'est pas articulée à un projet de changement politique ; pour d'autres, elle mettrait la démocratie en danger en rendant légitime un type d'action dont l'objet pourrait être d'en finir avec l'Etat de droit. Ce livre original, écrit par un sociologue et une philosophe, analyse le sens politique de la désobéissance, en l'articulant à une analyse approfondie des actes de désobéissance civile qui prolifèrent dans la France d'aujourd'hui - à l'école, à l'hôpital, à l'université, dans des entreprises, etc.
    Il montre comment ces actes s'ancrent avant tout dans un refus de la logique du résultat et de la performance qui s'impose aujourd'hui comme un mode de gouvernement. A la dépossession qui le menace - de son métier, de sa langue, de sa voix -, le citoyen ne peut alors répondre que par la désobéissance, dont le sens politique doit être pensé.

  • Depuis la parution du Président des riches en septembre 2010, les relations incestueuses entre le pouvoir politique et le monde de l'argent ont engendré de nouveaux rebondissements dans l'affaire Woerth-Bettencourt et dans l'incroyable feuilleton Lagarde-Tapie. Par ses amitiés et ses réseaux, Nicolas Sarkozy est toujours concerné. Ce qui est encore le cas dans la tourmente qui affecte les tableaux de la famille Wildenstein, ou le Mediator des laboratoires Servier.
    La violence des rapports sociaux atteint des sommets. La réforme rétrograde des retraites, le mépris affiché envers les enseignants et les magistrats, l'appel à la xénophobie en sont des expressions. L'allègement de l'impôt de solidarité sur la fortune est emblématique de cette guerre des classes menée par les plus riches alors que les déficits et les dettes leur servent d'armes et de moyens de chantage pour que le peuple accepte la baisse du pouvoir d'achat et la destruction des services publics. Décidément, Nicolas Sarkozy est bien toujours le président des riches.
    Ce nouveau livre continue à apporter des faits, des analyses et des arguments qui justifient de mettre à bas la puissance de la finance et des spéculateurs sans foi ni loi qui règnent sans partage.

    Indisponible

  • In Girum imus nocte et consumimur igni.« Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu. » Qui aurait pu imaginer que cette locution latine, palindrome à l'origine incertaine, livrerait aujourd'hui la tonalité d'une vaste contestation et, au-delà, l'allégorie d'une époque ?
    En novembre et décembre 2018, ont en effet surgi sur les ronds-points de France des dizaines de milliers de gilets jaunes. S'ils y ont brûlé des feux conjugués de leurs colères, de leurs espoirs et d'une implacable répression d'État, ils y ont aussi entamé une longue marche giratoire autour d'un autre foyer : celui d'une politique ancrée dans le local, où s'articuleraient autonomie, écologie et justice sociale. Une politique de la Commune, ou plutôt des communes, qui ne serait plus seulement une lubie d'anarchistes ou de révolutionnaires sans révolution, mais un appel auquel les mouvements sociaux du futur auront à répondre.
    Pour en entendre d'ores et déjà la rumeur, il faut s'essayer à une lecture d'ensemble du soulèvement jaune. Comprendre comment une mobilisation imprévue a mis en crise les habitudes éculées de la lutte. Expliquer pourquoi ce mouvement s'est tenu à l'écart des idéologies, parvenant, en définitive, à politiser des groupes populaires et périurbains jusqu'alors réfractaires à la politique. Et finir par inscrire l'événement dans une série de protestations qui font des potentialités libératrices et démocratiques du « proche » un nouvel enjeu d'imagination politique.

  • En un demi-siècle, Marseille a connu des bouleversements sociaux, économiques culturels et urbains majeurs. Dans ces tourmentes, et en contraste avec sa réputation de ville rebelle, renommée pour la violence de ses affrontements électoraux, Marseille n'a pourtant eu que trois maires (Defferre, Vigouroux, Gaudin), tous issus du même moule politique et social formé après la guerre par Gaston Defferre. Partant de cette énigme, Michel Peraldi et Michel Samson, spécialistes reconnus des mondes politiques marseillais, proposent dans ce livre magistral la synthèse d'années de travail de terrain et d'entretiens approfondis avec les responsables politiques locaux. Les auteurs mettent ainsi à jour les liens noués par ces derniers avec les autres acteurs du théâtre politique local : entrepreneurs et industriels liés au port ou au BTP, nouveaux spécula-teurs de la « movida » immobilière marseillaise, représentants de l'État, supporteurs de l'OM, syndicalistes, leaders religieux et communautaires, artistes et voyous... Ils en tirent le constat que le récit politique ne s'écrit pas seulement dans les histoires internes au sérail, mais qu'il s'insère dans l'humus social et culturel de la ville, dont il révèle la complexité et les subtils équilibres. Un exercice rarement fait dans un pays où on a tendance à sacraliser le discours politique sans en rechercher la logique sociale.

  • Lorsque le 5 novembre 2018 deux immeubles s'effondrent rue d'Aubagne à Marseille, emportant huit vies et provoquant la colère des voisins, c'est tout un appareil politique qui se trouve mis en faillite. Celui d'abord de la municipalité en place, dont le drame révèle l'incapacité à construire durant son long « règne » une politique du logement et de lutte contre la pauvreté. Mais aussi celui de la vieille gauche institutionnelle dont les appareils ont été dissous dans trois élections successives perdues. Quant aux nouveaux acteurs portés par des vagues nationales, La France insoumise et LRM, ils peinent à s'ancrer localement, tandis que le Rassemblement national, comme une maladie endémique, semble tirer profit de la faiblesse des autres.
    Cet ouvrage est d'abord une chronique sans équivalent de cette décomposition et de ses effets à la veille de nouvelles élections municipales. Marseille y apparaît comme une ville sous tutelle, où les services de l'État assument le quotidien d'une gouvernance à laquelle les acteurs politiques locaux et les petites bourgeoisies qu'ils représentent semblent avoir renoncé. Mais à cette léthargie s'oppose une révolte populaire qui vient de loin, ancrée dans l'humus social d'une jeunesse précarisée mais créative, portée par le dynamisme des industries culturelles et les solidarités populaires, soutenue enfin par une expérience militante acquise de longue date. La résistance s'organise comme l'utopie d'une ville où les mondes populaires n'ont pas encore renoncé à l'urbanité. Ce livre est aussi le récit de cette résistance, assumé parfois comme subjectif et partisan.

  • Publié en mars 1944 sous le titre "Les Jours heureux", le programme du CNR annonçait un ensemble ambitieux de réformes économiques et sociales, auquel le fameux « modèle social français » doit tout, notamment la Sécurité sociale, les retraites par répartition et la liberté de la presse. Or, depuis son élection, Nicolas Sarkozy s'applique à démanteler ce programme, comme s'en réjouissait en 2007 Denis Kessler, l'un des idéologues du Medef : « Le programme du gouvernement est clair, il s'agit de défaire méthodiquement le programme du CNR. » D'où la contre-offensive de l'association « Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui », créée par ceux qui ont réagi dès mai 2007 à l'imposture sarkozyenne.

  • Le Bandit-en-chef George W.
    Bush, dit " George II ", et son gang, Dick Cheney, Donald Rumsfeld & Co, gouvernent l'Amérique. Ultraconservateurs et richissimes (leur fortune est liée au big business du pétrole, de l'informatique ou des biotechnologies), ils ont fait main basse sur le pays, et partent maintenant en guerre contre l' " Axe du Mal ". Provocateur, corrosif, inquiétant, narcissique, subversif, Mike l'Agitateur-en-chef refuse de leur abandonner le pays et supplie le secrétaire général de l'ONU de déployer ses casques bleus et de rétablir la démocratie! Le temps est venu, explique-t-il, de lancer la contre-attaque en dénonçant les maux cachés de l'Amérique: l'illettrisme et l'alcoolisme (le président connaît bien les deux problèmes), le racisme (Mike propose aux Noirs un kit de survie !), la libre circulation des armes, la peine de mort, la pauvreté massive, mais aussi l'arrogance et l'irresponsabilité de la politique étrangère de son pays.
    Pas de doute, Mike est de retour Et le moins que l'on puisse dire, c'est que son humour ravageur détonne dans le consensus patriotique qui domine aux États-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001.

  • Lundimatin est un journal en ligne qui paraît chaque lundi matin. C'est aussi la revue papier que vous tenez entre les mains. Il s'agit dans ces pages de remonter à contre-courant le flux de l'actualité et de se dégager de la cadence des parutions hebdomadaires afin d'en extraire les articles les plus significatifs. Prendre à revers la logique d'empilement, d'écrasement et d'obsolescence quasi-immédiate de l'internet. Composer des archives pour éclaircir le présent.
    Pour ce numéro, nous avons tenté de rassembler les thèmes, les angles et les signatures qui font la trame du journal en ligne. Certains s'étonneront de voir compilés dans le même ouvrage un entretien avec Adlène Hicheur, physicien condamné pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, un tract intitulé « Plutôt pédés que français », la chronique d'un blockbuster, une utopie d'Alain Damasio ou encore des considérations sur la commune ou le syndicalisme dans l'Espagne des années 30. C'est pourtant le pari sous-jacent à cette menée qu'est lundimatin : agencer des éléments du réel, des paroles, des angles de vue fragmentaires, voire a priori réfractaires les uns aux autres, afin de produire une machine de vision, une certaine intelligibilité du présent. Soutenir les émeutiers de Bobigny, comprendre l'élection de Donald Trump, raconter le soulèvement syrien, détruire intellectuellement une VRP soralienne, autant d'éclairages et de partis pris qui ont jalonné l'année écoulée. Il ne va de même des paris que nous lançons, à nos lecteurs, comme à nous-mêmes. S'il semblait logique d'appeler à l'annulation pure et simple de l'année 2017, il est tout aussi souhaitable d'imaginer que notre nouveau président démissionne sous deux ans. Si M. Macron fait la Une et le fond de ce numéro 1, c'est à la fois pour son insignifiance personnelle et pour la sorte de synthèse qu'il représente. Il incarne la désuétude d'une gouvernementalité à nu et la fuite en avant folle et furieuse des dispositifs de contrôle et d'asservissement. À l'implosion du champ de la politique classique coïncide le sacre de la plus débile et creuse des formes de vie : manager. La fin d'un monde, en avançant.

  • Sans surprise, cette 5ème édition de lundimatin papier revient sur les quatre premiers mois du mouvement des gilets jaunes. 25 articles sélectionnés et condensés en 224 pages, à même de restituer et de comprendre ce soulèvement inédit. Beaucoup de textes d'analyses donc, mais aussi des témoignages, des entretiens, des photographies et de la poésie.

    Comme toujours, les plumes connues se mélangent à autant de pseudonymes ou d'anonymes, et les angles d'appréhension du sujet sont aussi divers que possibles : des appels au soulèvement, des gloses sur Hanouka, le détournement d'une chanson célèbre de Sabine Paturel, un hommage à Christophe Dettinger, une critique brutale de la violence médiatique, une discussion sur la guerre et la langue avec Eric Vuillard, etc.

  • « La religion est l'opium du peuple : relisez Marx ! » C'est en ces termes qu'au début de l'année 2010, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) fut renvoyé à ses chères études par un choeur politique et médiatique unanime. Le motif ? La candidature, jugée saugrenue, d'une jeune militante qui avait le mauvais goût d'être musulmane et de porter un foulard. Ce sarcastique conseil de lecture est depuis lors repris quasi-rituellement, dans l'ensemble de la gauche française, à chaque fois que des musulmans investissent le champ politique, tandis que se multiplient les professions de foi antireligieuses.
    C'est ce conseil qu'on a ici choisi de prendre au sérieux - et l'expérience se révèle passionnante. On découvre en chemin qu'il est fort difficile d'enrôler post mortem l'auteur du Capital dans la cabale éradicatrice des chasseurs de voile, d'islam ou de religion. On découvre même qu'un des grands apports du mouvement socialiste au combat progressiste est d'avoir pointé les limites du combat antireligieux issu de la tradition des Lumières, en le dénonçant comme un écueil, un idéalisme ou une ruse de la bourgeoisie. On découvre que Marx et les marxistes ont même théorisé et pratiqué l'alliance entre « celui qui croit au Ciel et celui qui n'y croit pas ». On réalise enfin la malicieuse actualité de leurs analyses : c'est aujourd'hui l'athéisme et le combat antireligieux qui peut être considérée comme l'opium du peuple de gauche.

  • Pour Paul Ariès, la gauche est responsable de ses impasses. Elle a choisi de sacrifier les bourses du travail, le mouvement coopératif ; elle n'a pas voulu mener la lutte des classes dans le domaine des modes de vie ; elle a choisi d'intégrer les milieux populaires dans la nouvelle économie matérielle et psychique du capitalisme. Elle n'a rien compris à l'antiproductivisme et aux conséquences des luttes écologiques.

    Indisponible

  • Depuis sa création en décembre 1997, ATTAC s'est imposée comme un acteur incontournable en France, en défendant une nouvelle façon de faire de la politique. Cet ouvrage analyse l'histoire et le fonctionnement de l'organisation, ainsi que son évolution depuis 1997. Il passe en revue les logiques de pouvoir à l'oeuvre, les conflits de légitimité et le poids des militants et des comités locaux.

  • Bernard-Henri Lévy porte beau : photogénique, il a le sens de la formule et semble toujours prêt à surgir dans votre poste de télévision pour dénoncer l'injustice et les nouvelles "barbaries". En apparence, un démocrate militant, un intellectuel de gauche engagé, à la Sartre. Vous pensez peut-être qu'il est un philosophe courageux, prompt à réveiller les consciences endormies. Vous avez tort. BHL n'est ni philosophe, ni intellectuel influent, ni militant des sans-grade, ni journaliste chevronné. Comme le montre cette enquête fouillée - version très largement actualisée du B.A. BA du BHL (La Découverte, 2004) -, c'est un excellent publiciste, une star des médias et un essayiste à succès. Et aussi un ami des grands patrons et des dirigeants politiques, à commencer par Nicolas Sarkozy. C'est que BHL propose une offre qui rencontre une demande : il fait le spectacle, produisant le grand récit hollywoodien du monde que les médias aiment relayer et que les pouvoirs chérissent, car il les protège du feu de la critique. Il a occupé le devant de la scène lors du déclenchement de la guerre en Libye et, au nom de l'ingérence humanitaire, se préoccupe de l'Iran et du Darfour. Mais sa défense des opprimés passe au second plan lorsqu'il s'agit d'Israël, dont il relaie la communication officielle. Et son féminisme est à géométrie variable : il défend l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani, menacée de lapidation, tout en décrétant par principe Dominique Strauss-Kahn innocent de l'accusation d'agression sexuelle portée contre lui. A soixante ans passés, l'intellectuel est un cas plus intéressant que sa propre personne. Il incarne un mouvement qui le dépasse, mais dont il fut l'un des moteurs : la réinvention du pouvoir médiatique en illusion intellectuelle.

  • Le 13 février 2012, le tribunal de Turin condamne à seize ans de prison deux magnats de l'amiante, créant un précédent historique dans la lutte contre la « fibre tueuse ». Au terme de trente ans de combat, les habitants de la petite ville piémontaise de Casale Monferrato, accueillant depuis 1906 une usine Eternit, voient ainsi reconnaître la responsabilité de deux propriétaires de la multinationale suisse dans l'« épidémie » de cancers de la plèvre et la contamination à grande échelle subies par cette localité.

    Comment une modeste ville ouvrière d'Italie a-t-elle pu remporter pareil combat contre un géant industriel ? Et comment une population frappée par la multiplication des pathologies incurables et des décès est-elle parvenue à reprendre espoir et à relever la tête ? Dans un récit à la fois poignant et palpitant, le journaliste Giampiero Rossi nous fait vivre la longue bataille législative, politique, judiciaire et médiatique engagée, à l'initiative de deux syndicalistes, Bruno Pesce et Nicola Pondrano, par toute une communauté pour obtenir réparation des dégâts causés par Eternit.

    Le mouvement de Casale est ainsi devenu l'une des figures de proue du combat mondial pour l'interdiction de la production et de l'utilisation de l'amiante, éclairant de sa trajectoire singulière le front anti-amiante français notamment. Écrit avec simplicité et humanité, ce court livre d'enquête - émaillé de portraits et d'histoires de vie - constitue un précieux rempart contre la résignation économique et civique.

    L'édition originale italienne du présent ouvrage a obtenu, en 2009, la distinction du président de la République du prix journalistique « Piero Passetti ».

  • Tous aux abris

    Michael Moore

    Tous aux abris ! Dans ce nouveau livre, aussi drôle et provocateur que les précédents, Mike est l'Arme de Dérision Massive (il a perdu vingt kilos en quelques mois en cessant de manger des cochonneries sans sucre), il s'attaque aux mensonges et à la propagande dont son pays est victime depuis le 11 septembre, notamment sur les armes de Saddam.
    Il révèle les petits secrets et combines du roi George (du pétrole) avec ses petits copains saoudiens. Et Mike se fâche vraiment quand il voit que sa patrie est devenue les États-Unis de la Peur, où les libertés publiques sont menacées alors que les grands patrons-truands des multinationales US échappent à la prison !

  • Alternatives économiques : " éloge de l'efficacité collective.
    [. ] le propos d'anton brender est simple et fort : la mondialisation réduit le pouvoir des états et met à mal la cohésion sociale. face à ce défi, il ne faut pas tomber dans le piège libéral et rechercher la compétitivité dans l'exacerbation de la concurrence entre individus. il faut au contraire renforcer la solidarité si l'on veut assurer la compétitivité de notre territoire et préserver sa richesse.
    " le nouvel économiste : " dans une préface subtilement laudative, dominique strauss-kahn écrit que son grand mérite est de mettre en cause les idées reçues. on ne peut que s'associer à ce jugement. voilà un livre intelligent, agréable à lire, qui rappelle que la richesse repose sur le progrès technique, l'investissement et la volonté d'une société d'agir et de maintenir sa cohésion sociale. ".

  • L'enseignement supérieur en France connaît des transformations importantes depuis les années 1960, dues à la croissance des effectifs et à la création de nouvelles institutions, filières et disciplines, voire d'une nouvelle organisation des cycles universitaires (LMD). Cet ouvrage livre une synthèse indispensable sur un système particulièrement complexe, en profonde mutation.

  • De l'opération " Résurrection " en 1958, coup d'Etat fondateur qui ne dit pas son nom, à l'affaire Clearstream de 2006, la véritable histoire de la Ve République ne s'apprend pas dans les manuels scolaires. Il y est question d'officines discrètes, d'agents secrets et de " barbouzes ", d'opérations militaires clandestines et souvent sanglantes, d'assassinats, de torture, de disparitions, de suicides, de manipulations en tous genres, de corruption et de scandales financiers, de réseaux occultes et de lobbies puissants et invisibles. Dans ce livre, nourri de nombreuses révélations, sept journalistes d'investigation chevronnés racontent pour la première fois cette histoire secrète sous une forme aussi accessible qu'excitante et rigoureuse, dans une vaste fresque d'une centaine d'articles. Des affres de la décolonisation et de ses suites, sous de Gaulle et Pompidou, aux affaires financières qui ont jalonné les règnes de Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac, en passant par les manoeuvres méconnues des lobbies du nucléaire et de l'armement, ils révèlent à quel point la Ve République s'est construite sur le secret. Cette République monarchique a organisé une concentration inédite des pouvoirs entre les mains de ses présidents successifs. Elle a conduit des guerres secrètes en Afrique et ailleurs. Elle a accordé des pouvoirs sans limites à ses hommes de l'ombre, éminences grises et hauts fonctionnaires, qui ont construit de puissants réseaux d'influence et mené des politiques dont les citoyens français ne surent jamais rien. Une " bombe " salutaire, qui lève enfin le voile...

  • La discrimination positive, tout en demeurant controversée, se banalise aujourd'hui dans le débat public et les pratiques institutionnelles. D'autant que la France est fière d'avoir inventé un nouveau mode d'action publique, la discrimination positive territoriale, instrument ingénieux de gestion de l'ethnicité qui permettrait à la fois d'agir en direction des minorités et de conserver le principe républicain de neutralité de l'État. Cette équation entre territoire et ethnicité, qui fait aujourd'hui l'unanimité, est cependant à interroger.
    C'est ce que propose de faire cet ouvrage à travers une étude historique et empirique des politiques de la ville, à qui on doit en France la construction des « quartiers sensibles » en catégorie de l'action publique. Il explore plus particulièrement trois champs problématiques : le développement et l'institutionnalisation des pratiques de discrimination positive territoriale, l'arrimage au territoire des politiques d'intégration puis de lutte contre les discriminations, et enfin le soutien public aux organisations « communautaires » des migrants et de leurs descendants. À partir d'une enquête de terrain, l'auteure met notamment en évidence le caractère incertain des catégories territoriales, construites de manière aléatoire au fil des transactions politiques. Et elle montre comment, dans les interventions publiques, l'ethnicité est souvent contournée, occultée ou instrumentalisée, mise au service de valeurs « légitimes » comme la citoyenneté, la culture, le lien social. Alors qu'il se pose en faire-valoir d'une république soucieuse d'équité et de diversité, le territoire perpétue de fait un phénomène de déni républicain.

  • Depuis l'émergence de l'islam politique dans les sociétés musulmanes des années 1980, médias et experts occidentaux ont multiplié discours et analyses sur les relations entre islam et politique, sans éviter trop souvent les pièges de l'essentialisme, voire de la simple islamophobie. Mais les nombreux penseurs du monde musulman qui ont abordé ces questions restent largement méconnus, en particulier ceux qui s'expriment en arabe. D'où l'intérêt majeur de cette traduction du troisième volume de l'oeuvre célèbre du philosophe marocain Mohammed Abed Al-Jabri, Critique de la raison arabe : cet ouvrage propose une analyse critique, de l'intérieur, du patrimoine politique islamique, qui éclaire d'un jour nouveau les manifestations de l'islam politique moderne - fondamentalisme, extrémisme religieux, etc. Pour en comprendre les ressorts profonds, Al-Jabri iden-tifie les trois facteurs clés, empruntés aux travaux d'Ibn Khaldoun, qui ont déterminé la nature de la « raison » politique en islam dans le monde arabe : la tribu, le butin et le dogme. C'est au moyen de ces trois éléments qu'il analyse - en s'appuyant sur de nombreux textes historiques - les manifestations de cette raison : l'idéologie fataliste des Omeyyades, la mythologie de l'imâmat, le mouvement éclairé, l'idéologie sultanienne. Al-Jabri montre ainsi que l'islam est, certes, une religion et un mode de vie, mais qu'il n'a jamais statué sur le régime de l'État. Ce qui lui permet d'ouvrir les pistes d'un renouveau démocratique de la raison politique en islam, invitant les musulmans à adopter la consultation en tant que principe directeur pour une organisation démocratique et rationnelle de la société, bâtie sur la libre pensée, le droit à la différence et la mise en oeuvre de la raison critique.

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