Le retour de Lilith 1079
Le retour de Lilith 1079

Le retour de Lilith 1079

Traduction ANTOINE JOCKEY  - Langue d'origine : ARABE (LIBAN)

À propos

Dans ce texte poétique sensuel et fervent, Lilith la scandaleuse devient la porte-parole de toutes les femmes libres d'être et d'aimer.
Par l'auteur de J'ai tué Schéhérazade. «Je suis Lilith la femme destin. Aucun mâle n'échappe à mon sort, et aucun mâle ne voudrait m'échapper, Je suis la vierge Lilith, visage invisible de la libertine, la mère amante et la femme homme. La nuit car je suis le jour, le côté droit car je suis le côté gauche, et le Sud car je suis le Nord. Je suis la femme festin et les convives. On m'a surnommée sorcière ailée de la nuit, déesse de la séduction et du désir, reine des plaisirs solitaires.
On m'a délivrée du carcan de procréatrice pour que je sois le destin immortel. Je suis Lilith aux seins blancs. Irrésistible est mon charme car mes cheveux sont noirs et longs, et de miel sont mes yeux.» Lilith, c'est la première femme, compagne d'Adam qui a fui le paradis car elle refusait de se soumettre à l'homme dont elle se considérait l'égale ; la menaçante, la tentatrice, que la Bible ne mentionne qu'à contrecoeur et la plupart du temps sans la nommer, sur laquelle la tradition hébraïque est plus prolixe mais pas moins accablante.
Elle est l'incarnation de la féminité primale, celle que le mâle redoute car elle est capable de se libérer de son emprise, voire de prendre le pouvoir par la ruse. Elle se trouve donc associée aux sorcières, aux serpents, aux sirènes, aux goules. en un mot aux créatures démoniaques capables d'asservir l'homme. Mais elle est aussi et pour les mêmes raisons une figure de la féminité glorieuse, puissante et libre, revendiquée par les féministes depuis les années 1970.
Rien d'étonnant donc à voir l'auteure de J'ai tué Schéhérazade s'emparer de ce personnage biblique dans un texte incandescent, pour évoquer la féminité dans son plein épanouissement, la femme égale de l'homme dans le désir et dans l'accomplissement. Ce long poème en prose sensuel et fervent s'inscrit dans la même tradition que certains quatrains d'Omar Khayyâm ou les poèmes d'Abû-Nuwâs, avec lesquels il partage un érotisme joyeux indissociable de la vraie liberté d'être et d'aimer.
«De la flûte des deux cuisses monte mon chant, Et de ma luxure s'ouvrent les fleuves. Comment pourrait-il ne pas y avoir de déluge, A chaque fois qu'entre mes lèvres verticales brille un sourire ?»

Rayons : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782330000134

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    96 Pages

  • Longueur

    17.6 cm

  • Largeur

    11 cm

Joumana Haddad

Joumana Haddad est née en 1970, à Beyrouth.
Poète et écrivaine, elle est également une traductrice émérite qui parle sept langues. Journaliste culturelle et critique littéraire, elle dirige
les pages du quotidien An-Nahar dédiées à la culture.
En décembre 2008, cette féministe indocile brave les tabous et publie le premier numéro de Jasad (Corps), une revue trimestrielle qui se
propose de parler du corps arabe dans ses diverses représentations, et dont les pages sont ouvertes aux intellectuels et artistes arabes et
étrangers.
Militante de premier plan pour l'émancipation de la femme et la liberté d'expression, en 2014 elle a fait partie des 100 femmes arabes les
plus influentes du monde, sélectionnées par le magazine Arabian Business.
Détentrice de plusieurs prix et récompenses libanais et internationaux, l'oeuvre de cette « femme arabe écrivaine en colère » comprend, entre autres, Le Retour de Lilith, son écrit le plus cher ; La Mort viendra et elle aura tes yeux, une anthologie poétique sur 150 poètes suicidés ; Superman est arabe, une dénonciation de l'hypermâle ; J'ai tué Schéhérazade, le journal d'une femme libre, et Le Troisième sexe, le roman constat d'une vie d'expériences.

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