Dire nous ; contre les peurs et les haines, nos causes communes

À propos

Dire nous, c'est inventer tous ensemble le " oui " qui nous manque, celui d'un peuple réuni dans sa diversité et sa pluralité autour de l'urgence de l'essentiel : la dignité de l'homme, le souci du monde, la survie de la terre. Le " nous " de l'égalité, sans distinction d'origine, de condition, d'apparence, d'appartenance ou de croyance. Le " nous " des causes communes où s'invente concrètement l'espérance, là où nous vivons, là où nous travaillons, dans tous ces lieux où nous faisons déjà route ensemble.
Le " nous " des audaces démocratiques, sociales et écologiques sans lesquelles il n'est pas de confiance retrouvée dans un avenir partagé. Ce " nous ", seul capable d'enrayer la machine infernale qui met la France en guerre contre elle-même, en inventant des boucs émissaires. Ce " nous " qui fera enfin barrière aux divisions où, par la haine, le rejet et la peur, se perpétue la domination d'une minorité et la dépossession de la majorité.
Ce " nous " où s'inventera un espoir commun, dans la délibération collective, plutôt qu'une aventure personnelle, avec son cortège de déceptions et d'amertumes, tant le " je " présidentiel ruine la confiance démocratique en confisquant la volonté du peuple. Dire nous fait suite à Dire non, paru en 2014. L'alarme qui l'animait alors est, hélas, encore plus justifiée aujourd'hui. Les tenants du repli identitaire, du racisme banalisé, de la xénophobie assumée tiennent le haut du pavé médiatique tandis que nos gouvernants leur cèdent du terrain en nourrissant le terreau des peurs et des haines.
Leurs renoncements sociaux et leurs régressions démocratiques, leur manque de hauteur et leur absence de vision, leur soumission aux intérêts minoritaires de l'oligarchie financière sèment le désespoir et la colère. Prisonniers du court terme et obsédés par leur survie, ils ne mènent pas la bataille des idées. Pis, par frilosité, conformisme ou aveuglement, ils ne cessent de reculer face aux idéologies renaissantes de l'inégalité et de l'identité, destructrices de la promesse concrète d'une République démocratique et sociale.
Eux-mêmes gagnés par la peur devant l'inconnu et l'incertain, ils s'avèrent incapables de proposer un imaginaire rassembleur, réduisant la politique à l'économisme, sa vitalité à une statistique, son ambition à la gestion. Il est temps de dire " nous ", et de tracer une autre route, celle d'une civilisation du partage et de l'échange, de la délibération et de la relation, de l'égalité et de la solidarité.


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  • Auteur(s)

    Edwy Plenel

  • Éditeur

    Don Quichotte

  • Distributeur

    Mds

  • Date de parution

    03/03/2016

  • EAN

    9782359495478

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    192 Pages

  • Longueur

    20.5 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Épaisseur

    1.7 cm

  • Poids

    252 g

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Edwy Plenel

Edwy Plenel, né le 31 août 1952 à Nantes, Président et directeur de la publication de Mediapart.fr premier quotidien d'information en ligne indépendant et sur abonnement lancé en mars 2008, est un journaliste politique français.
Ayant participé, auprès du professeur Paul Alliès, à la création du Master II professionnel « Métiers du journalisme » à la faculté de Droit de Montpellier, il y a été nommé professeur associé en 2006.
Il a été le directeur de la rédaction du quotidien Le Monde de 1996 jusqu'à sa démission volontaire en novembre 2004. En désaccord avec les orientations prises par le journal et le groupe dirigés à l'époque par Jean-Marie Colombani et Alain Minc, il quitte Le Monde le 31 octobre 2005 après y avoir travaillé durant vingt-cinq ans.
D'abord spécialiste au Monde des questions d'éducation, il s'y fait remarquer, à partir de 1982, par ses enquêtes, tout en assurant la rubrique « police » du quotidien. Ses révélations sur la plupart des affaires de la présidence de François Mitterrand en feront une figure du journalisme indépendant et critique. Cette indépendance lui vaudra nombre d'inimitiés et beaucoup d'adversité. Jusqu'en 1994, soit pendant une quinzaine d'années, il travaille à l'écart du monde journalistique parisien, en solitaire ou en tandem, essentiellement avec Bertrand Le Gendre, puis Georges Marion. L'élection de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde qui, à l'époque, était simplement un journal et non pas un groupe de presse, va l'amener, malgré ses réticences, à accepter des responsabilités. Principal animateur de la nouvelle formule du Monde sortie en 1995, il devient directeur de la rédaction en 1996. Jusqu'en 2003, sous sa direction, les ventes du quotidien ne cesseront d'augmenter, hissant Le Monde à un niveau qu'il n'avait jamais atteint depuis sa création en 1944, celui de premier quotidien national généraliste, devant Le Figaro. Jusqu'aux violentes polémiques et à la longue crise provoquée, début 2003, par la parution d'un livre à charge contre les orientations éditoriales qu'il incarnait, l'opinion générale saluait le dynamisme, l'originalité et l'indépendance de sa direction éditoriale. Depuis, une sorte de « légende noire » s'est installée qui, tout à la fois, le mythifie et le démonise. Il l'évoque dans la préface de ses Chroniques marranes (2007), sous le titre Autoportrait. Il a annoncé en novembre 2007 un nouveau projet de média participatif de qualité sur Internet, Mediapart.
Éditorialiste à France Info, il tient aussi une chronique hebdomadaire sur France Culture (Ligne de fuite) ainsi qu'une chronique bimensuelle, puis mensuelle dans le quotidien belge Le Soir (La France vue d'en dehors, puis En dehors). Dans ses commentaires de l'élection présidentielle française de 2007, il a été un critique impitoyable de Nicolas Sarkozy.
Il fut d'ailleurs le premier à employer dans les médias, à propos du président nouvellement élu, l'expression d'« hyperprésidence ». Depuis le 10 septembre 2007, il a rejoint l'équipe des polémistes d'On refait le monde sur RTL.
Plenel a publié plus d'une dizaine d'ouvrages, dont L'effet Le Pen (en collaboration, 1984), La République inachevée sous-titré L'État et l'école en France (1985), Secrets de jeunesse (2001), qui a été distingué par le prix Médicis essai, et La découverte du monde (2002).
De 1986 à 1995, Edwy Plenel a codirigé, puis dirigé seul une collection de livres d'actualité, d'abord chez Gallimard (« Au vif du sujet ») jusqu'en 1991, puis chez Stock (« Au vif »). Parmi les quarante-sept ouvrages qui y ont été publiés, on remarque notamment le best-seller de Gilles Perrault Notre ami le roi, deux essais d'Edgar Morin (Penser l'Europe et Mes démons), deux de Daniel Bensaïd (Moi, la Révolution et Jeanne, de guerre lasse), le témoignage précurseur d'Alain Emmanuel Dreuilhe sur le sida (Corps à corps) et la célèbre trilogie d'Anne Tristan (Au Front, L'Autre monde et Clandestine) et dernièrement Combat pour une presse libre aux Ed. Galaade.
Dans le domaine de la fiction audiovisuelle, Edwy Plenel a été coscénariste d'Une affaire d'État (1990), téléfilm de Jean Marboeuf avec Bernard Pivot dans le rôle-titre, et conseiller pour Le Rainbow Warrior (2006) de Pierre Boutron, scénario de Dan Franck.

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