l'uniformisation du monde

l'uniformisation du monde

Traduction FRANCIS DOUVILLE VIGEANT 

À propos

«Les visages finissent par tous se ressembler, parce que soumis aux mêmes désirs, de même que les corps, qui s'exercent aux mêmes pratiques sportives, et les esprits, qui partagent les mêmes centres d'intérêt. Inconsciemment, une âme unique se crée, une âme de masse, mue par le désir accru d'uniformité, qui célèbre la dégénérescence des nerfs en faveur des muscles et la mort de l'individu en faveur d'un type générique.» Dès 1925, Stefan Zweig pressent l'un des grands bouleversements sociaux de notre temps?: l'uniformisation du monde. Alors que le concept de mondialisation reste toujours à inventer, il examine avec perplexité des sociétés qui gomment peu à peu toutes leurs aspérités. Comment en sommes-nous arrivés là??
Dans ces pages habitées d'une lumineuse mélancolie, il décrit déjà l'avènement de l'instantanéité et de la simultanéité, à travers la mode, le cinéma, la radio ou même la danse. Facilité par des bouleversements techniques profonds, ce culte de l'éphémère joue un rôle central dans l'unifor­misation critiquée par Zweig.
S'il dénonce la gravité d'un tel processus­, c'est tout simplement qu'il en va de notre liberté. À une époque où le fascisme commence à poindre, Zweig nous met en garde contre une autre forme de tyrannie. Car il n'y a qu'un pas de l'uniformisation des modes de vie à la servitude volontaire des individus. En écho à la massification de la vie sociale, cette uniformisation ouvre finalement la porte à toutes les dérives autoritaires du pouvoir, dont Zweig perçoit le risque avec sensibilité. Dernier recours pour les individualités récalcitrantes?: fuir en elles-mêmes, pour oublier l'oppression du collectif.

Rayons : Littérature générale > Littérature argumentative > Essai littéraire

  • EAN

    9791030413403

  • Disponibilité

    Indisponible

  • Nombre de pages

    48 Pages

  • Longueur

    14 cm

  • Largeur

    9.2 cm

Infos supplémentaires : Broché  

Stefan Zweig

Stefan Zweig (1881-1942), romancier, nouvelliste et dramaturge autrichien, naturalisé britannique, est l'auteur d'une œuvre prolifique qui ne cesse de susciter l'engouement du public et de multiples adaptations. Figure de proue lucide des cercles intellectuels de Vienne d'avant-guerre, il fuit la montée du nazisme et gagne l'Angleterre alors que "La Peur" - écrite en 1913 et parue en allemand en 1920 - paraît enfin en français (1935). Admiré pour la profondeur incarnée avec laquelle il traite l'exploration psychique de ses personnages féminins, il se fait connaître aussi pour son pacifisme. Révulsé par la Seconde Guerre mondiale, il convainc sa jeune épouse de se suicider avec lui, au Brésil, à l'âge de 60 ans.

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